L'Agenais au XIIIe siècle


Autant de poursuivre cette rapide revue historique, il est peut-être utile de consacrer quelques lignes aux conditions politiques des communes de l'Agenais, à leurs Coutumes et aux Juridictions du moyen âge.
Ancien municipe romain, Agen conserva-t-il ensuite, sous ses nombreux maîtres, ses premiers privilèges et franchises? La question est controversée. Les annalistes agenais sont généralement affirmatifs à cet égard; mais l'opinion contraire a été récemment soutenue. Quoi qu'il en soit, les Coutumes d'Agen, bien que rédigées seulement en 1370, remontaient certainement alors à un passé lointain, sinon à ses origines historiques.
Le texte écrit, dont on connaît jusqu'à cinq versions, ne faisait donc que rappeler, que codifier des privilèges immémoriaux, et l'émancipation communale du xn c siècle sous Louis le Gros, son extension au xiii c sous Louis IX et Philippe le Bel eurent ainsi moins d'importance qu'en d'autres lieux.
La commune d'Agen était librement administrée, d'abord par douze consuls, puis par six à partir de 1558, consuls dont l'élection lui appartenait et qui exerçaient à tour de rôle deux mois de majorie. La commune de Condom avait quatre consuls, de même que celles de Marmande, de Villeneuve et de Tonneins. Mézin en comptait cinq; Villeréal, six; Penne, huit d'abord, puis quatre.
Les consuls, nommés pour un an et rééligibles après un certain temps, étaient assistés d'un Conseil de jurats qu'ils devaient consulter et dont faisaient partie de droit les anciens consuls. Au XIVe siècle, les jurats étaient au nombre de vingt-quatre. Les Assemblées avaient lieu à la Maison commune. Pour Agen, dis-je, l'institution consulaire n'emprunta guère à l'expansion communale du XIIe siècle.
Sa constitution était aristocratique : l'élément populaire en était exclu, comme, par exemple, à La Réole et à Cahors, tandis qu'il en était tout autrement en diverses villes, à Moissac, Montauban, Lectoure, etc. Les jurats ou les consuls sortants désignaient eux- mêmes leurs successeurs à Marmande, Tonneins, Villeneuve, Casteljaloux, Penne, Mézin; ailleurs, comme à Nérac, Castillonnès, Villeréal, etc., l'élection était due à tout le corps de ville. Nous verrons se produire une complète désorganisation à la fin du XVIIe siècle.
Le rôle des consuls avait une haute importance. Ces magistrats étaient chargés de la garde de la cité; ils avaient pour mission de veiller aux intérêts communs, de sauvegarder les Coutumes, d'exercer la police, et de rendre impartialement la justice à tous, soit directement par eux-mêmes sous la présidence du baile, ou bailli, soit comme assesseurs du seigneur, tant pour les affaires civiles que pour les cas criminels. Cette dernière prérogative, surtout en ce qui touchait les causes civiles, rencontra toujours dans le pouvoir féodal des difficultés d'où naquirent des protestations et des procès sans fin. D'incessantes usurpations, puis des institutions nouvelles la réduisirent peu à peu, notamment à partir de 1453, date de la réunion définitive de l'Agenais à la France.
Au surplus, une Cour d' Agenais, composée de tous les magistrats et officiers du comté, délibérait souverainement, en attendant la création des Présidiaux en 1552, et de la Cour des Aides en 1637. Le Parlement de Bordeaux fut institué en 1462.
J'ajoute enfin qu'en Agenais, où les tailles étaient réelles et non personnelles, la propriété indépendante s'était plus ou moins maintenue depuis la période romaine sous le nom de franc-alleu. Les Juridictions, du reste, furent loin d'être immuables. Les limites de celle d'Agen furent considérablent réduites après le XIIIe siècle.
Au moment où nous sommes parvenus, les citoyens se divisaient en hommes libres et en serfs. Etaient libres les nobles et les bourgeois des villes. Les premiers ne devaient que le service militaire et des obligations de vassalité variant selon les fiefs; les autres payaient des tailles au seigneur et à la ville, et devaient également le service militaire soit au duc de Guyenne, soit au seigneur du lieu.
Les nobles comprenaient les barons ou grands vassaux ne relevant que du duc ou du roi; les châtelains ou possesseurs de châteaux jouissant du droit de justice; enfin les simples gentilshommes, chevaliers ou damoiseaux. En dehors des attributions des consuls et des bailes, des officiers supérieurs gouvernaient le comté au nom du suzerain, avec le titre de sénéchal. Ils rendaient la justice, administraient les finances et commandaient la Noblesse dans les Assemblées et les prises d'armes. Au temps de la guerre des Albigeois et pendant les périodes de compétition entre les rois de France et d'Angleterre, il y eut en même temps deux sénéchaux distincts.
Le rôle des sénéchaux ne parait pas cependant avoir eu une très grande importance, même avant le XVe siècle, en dehors des commandements effectifs qui leur furent attribués pour certaines opérations militaires. L'administration du pays se passait fort bien d'eux, puisque, dès qu'une affaire sérieuse survenait, on en référait au roi par l'envoi de délégués spéciaux. Bien des sénéchaux d'Agenais n'ont figuré que nominalement, n'exerçant d'attributions judiciaires que par leurs lieutenants.
Il serait d'ailleurs difficile, en dehors des conjectures, de bien définir les conditions politiques de la commune d'Agen antérieurement au Xe siècle, au milieu des vicissitudes de toutes sortes qui suivirent la domination romaine.
On sait que le pouvoir des évêques dès le VIe siècle fut presque illimité, et nous avons vu que ceux d'Agen furent nantis de nombreuses prérogatives, confirmées au XIe siècle par Guillaume VII d'Aquitaine, et plus tard encore par divers actes royaux, notamment du droit de faire rendre la justice en leur nom. Ces prélats ne jouirent pas en paix de ce dernier privilège, que les consuls se refusaient à reconnaître. En toute occasion, ceux-ci créaient des conflits d'autorité au détriment de l'ordre public. Un paréage ne les satisfit même pas, et ils finirent par s'attribuer tout le pouvoir.
En 1472, une dernière tentative de l'évêque Pierre Bérard pour ressaisir le droit perdu étant encore restée infructueuse, ce dernier abandonna la cause.
Cet abandon assura le triomphe définitif de l'élément civil, dont le développement latent et l'importance croissante s'étaient déjà affirmés dans les lettres patentes de Richard Cœur de Lion relatives au pont d'Agen, en 1189. Un Statut de 1197 révèle une constitution communale presque parfaite.
Le droit coutumier était seul usité au moyen âge. Il s'était formé insensiblement de conventions et de pratiques perpétuées par la tradition, et quand vint l'heure de codifier ce droit, d'écrire ces Coutumes, on n'eut évidemment rien à innover ni à créer.
Les textes des Coutumes sont précieux à bien des titres et méritent assurément la vive curiosité qu'ils excitent de nos jours. Ils témoignent de la marche lente mais sure de l'esprit de justice et de progrès, nous font assister à la formation laborieuse du Tiers Etat, à la gestation pénible des idées modernes. Le démembrement féodal n'avait pas peu contribué, du reste, à ce résultat. Le fier seigneur du XIIIe siècle, qui, aux rares heures de paix, s'ennuyait dans son castel, était conduit à se préoccuper de l'exiguité de ses ressources, et s'ingéniait à attirer près de sa demeure le plus de vassaux possible par des concessions foncières et des privilèges variés. Pour jouir de ces dons, et surtout pour être mieux protégés contre les routiers et malandrins qui infestaient les campagnes, les serfs répondaient souvent à son appel, et des bastides ou villes nouvelles se formaient ainsi à l'abri des murailles seigneuriales.
Pendant le règne d'Alphonse de Poitiers, le frère de saint Louis, ces créations se multiplièrent encore. Ce prince, plein de sagesse et d'habileté, parvint à improviser lui-même assez de bastides pour amener le pays sans la moindre secousse à s'accommoder au mieux de l'autorité royale, au détriment de celle des seigneurs, qui voulurent lutter avec lui de libéralités afin de retenir leurs vassaux. Les chartes, alors, rivalisent de privilèges et de dégrèvements de charges.
Le premier texte complet des Coutumes d'Agen est de février 1369 (1370). Il est écrit en roman et fut délivré par Louis d'Anjou, frère de Charles V et son lieutenant en Languedoc. Ce texte était porté sur le livre juratoire de la ville. Ses éléments se retrouvent en partie dans divers actes antérieurs, tels que le Statut de 1197, les concessions de Raymond VII de 1221, le règlement de 1248, l'ordonnance d'Alphonse de Poitiers de 1252 et la charte d'Edouard Ier. Le texte de 1370 à été imprimé en 1850, avec les variantes des manuscrits de Bordeaux et de Paris, également du XIVe siècle.
Les Coutumes d'Agen forment comme un code abrégé de la constitution communale politique. La police proprement dite en est exclue. Il est dit au chapitre XIX que les consuls ont mission d'y pour- voir par des règlements spéciaux, et il y fut pourvu, en effet, au moyen d'innombrables ordonnances, surtout à partir du XVIe siècle. J'ajoute que l'interprétation des points douteux était attribuée au témoignage de douze prud'hommes.

Bien d'autres Coutumes de l'Agenaisont été publiées de nos jours :
Astaffort, Auvillars^Gastel-Amouroux, Gastelsagrat, Clermont-Dessus , Fumel, Gontaud , Goudourville, Lafox, La Montjoie, Laroque-Timbaut, La Sauvetat- du-Dropt, Layrac, Marmande, Meilhan, Monclar, Monflanquin, Montesquieu, Nérac, Nomdieu, Prayssas, Pujols, Puymirol, Saint- Maurin, Saint-Pastour, Sauvagnas, Tonneins, Valence-d'Agen, Villeneuve-sur-Lot.

Voici les Coutumes connues encore inédites :

Aiguillon, Aubiac, Bouglon, Buzet, Castelnau-sur- Gupie, Caumont, Damazan , Mas-d'Agenais , Miramont, Port-Sainte-Marie et Sainte-Foy-la-Grande, aux Archives ou à la Bibliothèque nationale; Caudecoste, Lamothe-Bézat, Mézin, Montpouillan, Penne, Sérignac, Villeréal, etc., aux Archives départementales de Lot-et-Garonne ; Le Temple, aux Archives de la Haute- Garonne; Daubèze, au château de Nexus, près de Foix.

Je le répète, l'expansion communale des XIIe et XIIIe siècles provoqua la multiplication des bastides, que la prospérité transforma presque toutes en villes de quelque importance. Ce fut la fin de la féodalité. J'ai déjà remarqué combien cette éclosion, si favorable à l'émancipation populaire, devait avoir d'heureuses conséquences au point de vue politique.
Comme dans tout le reste de la France, ces villes neuves surgirent donc nombreuses en Agenais, et il serait intéressant d'en avoir une nomenclature complète. Plusieurs ont été déjà mentionnées (Auvillars, Marmande, Nérac, Port-Sainte-Marie, Tournon, Vianne, etc.); d'autres viendront ensuite ; mais il me paraît utile d'en grouper ici un certain nombre:

Aiguillon (1300 ou 1301). — Fondé par Philippe le Bel, malgré de très vives protestations des habitants de Port-Sainte-Marie.

Aubiac (XIIIe siècle). — Coutumes données en 1252.

Cancon (Vers 1255). — Fondé par Amanieu de Madaillan, alors seigneur de cette baronnie.

Castel-Amouroux (1287). — Identifié par plusieurs auteurs avec le petit bourg de La Bastide , canton de Bouglon.

Castelsagrat (1270). — Fondé par Alphonse de Poitiers, et remplaçant une ville plus ancienne.

Castillonnès (1259). — Fondé, au nom du même prince, par le sénéchal Guillaume de Baignols.

Caudecoste (XIIIe siècle). — Origine peu précise. C'était une haute justice dépendant du Bruilhois et dont les prieurs de Layrac étaient co-seigneurs. Elle reçut en 1259 les Coutumes de Layrac. Ses Statuts municipaux sont du XIVe siècle.

Clermont-Dessous (XIIIe siècle). — Origine incertaine. Le château, du XVe siècle, remplaça probablement une construction antérieure. Les remparts sont du XIIIe siècle. L'église, de l'époque romane et fortifiée, devait servir de donjon.

Clermont-Dessus (1262). — Fondé par Alphonse de Poitiers.

Damazan (1259). — Même fondateur.

Dunes (Vers 1253). — Fondé par le sénéchal d'Agenais Philippe de Ville-Favreuse et Raymond-Bernard de Durfort, qui fit hommage à Edouard Ier d'Angleterre en 1280 et 1286.

Francescas (XIIIe siècle). — En 1286-4287, le syndic de l'abbaye de Condom fut reçu à l'hommage pour cette bastide.

Golfech (XIIe siècle). — Origine encore indéterminée. Importante Commanderie du Temple, puis de Malte, citée dès 1207. Elle dépendait du Grand-Prieuré de Toulouse.

Granges (1291). — Fondé par le sénéchal anglais Bertrand-Raymond de Campagne et l'abbé de Clairac, et appelée d'abord Saint-Damien, du nom patron de son église romane. Granges, qui avait reçu des Coutumes en 1291, fut ruiné en 1366.

Lacène (XIIIe siècle). — Cité dès 1311. Chef-lieu de bailliage au XVIe siècle, et nommé d'abord Penchaville.

La Montjoie (1298). — Fondée par le sénéchal d'Agenais pour le roi de France.

La Parade (Avant 1269). — Fondée par Alphonse de Poitiers, sur un terrain dépendant de l'abbaye de Clairac. Remise en fut faite à cette date de 1269 à ladite abbaye , sous simple réserve du maintien des Coutumes déjà concédées.

Laplume (1252). — Coutumes d'Aubiac. Siège d'appel des hautes justices du Bruilhois.

La Sauvetat-de-Savères (XIIe siècle). — Bastide élevée autour d'un prieuré de Bénédictins. Un paréage eut lieu en 1204 entre Raymond VI et le Chapitre de Saint-Caprais. De la juridiction de Puymirol au XIIIe siècle, La Sauvetat-de-Savères devint chef-lieu de bailliage au XIVe.

Lavardac (Vers 1168). — Fondé par Richard.

Layrac (XIIe et XIIIe siècles). — Né du prieuré fondé en 1062.

Miramont (XIIIe siècle). — Origine mal déterminée.

Monclar (1256). — Chef-lieu de bailliage au temps d'Alphonse de Poitiers.

Monflanquin (Avant 1256). — C'est la date des Coutumes qui lui furent données par Alphonse. On a reporté son origine au Xe siècle, époque où existait en ce lieu un couvent dépendant de l'abbaye d'Eysses et un petit bourg dénommé Saint-André. En 1256, Monflanquin était déjà chef-lieu de bailliage.

Monheurt (XIIe siècle). — Né probablement d'un prieuré fondé vers 1050.

Montagnac (XIIIe siècle). — Les Coutumes de La Montjoie lui lurent données en 1298.

Montréal (1255). — Fondé sur la frontière de l'Agenais par le sénéchal Guillaume de Baignols, au nom d'Alphonse de Poitiers. Philippe de Valois échangea cette bastide en 1342 contre le château de Miremont, au comte d'Armagnac.

Nicole (1293), — Bastide qui eut peu d'extension. Elle donna lieu à un paréage entre Bertrand-Raymond de Campagne, sénéchal d'Agenais pour le roi d'Angleterre, et l'abbé de Clairac. Chef-lieu de bailliage au XIVe siècle, Nicole figure comme détruit dans les comptes anglais de 1363.

Puymirol (1246). — Fondé, ai-je dit, par Raymond VII, Puymirol, appelé d'abord Grande Castrum, reçut des Coutumes d'Edouard I er en 1286.

Saint-Julien-de-Colorbisse (Vers 1245). — C'est aujourd'hui un petit village de la commune de Fargues, canton de Damazan.

Saint-Maurin (XIIe siècle). — Né d'un monastère de Bénédictins dont la fondation a été signalée.

Saint-Pastour (Avant 1289). — Bastide due au sénéchal du roi d'Angleterre, Jean de Grailly.

Saint-Sardos (1289). — Sur la limite des possessions respectives des rois de France et d'Angleterre. Ce fut d'abord un prieuré dépendant de l'abbaye de Sarlat. Un paréage eut lieu en 1289 entre l'abbé et le roi de France. Il en sera question plus amplement au XIVe siècle.

Sainte-Colombe (XIIIe siècle). — Coutumes de 1268, dont on ne possède pas le texte original.

Sainte-Foy-la-Grande (Vers 1255). — Fondée par Alphonse.

Sainte-Livrade (XIe siècle). — Fondée sur un terrain dépendant de l'abbaye de la Chaise-Dieu.

Sérignac (1273). — Fondé par Gaston de Béarn, vicomte de Bruilhois, et Gaillard, abbé de Figeac et administrateur du prieuré de Layrac. Louis XII lui accorda des privilèges en 1504, et aussi Antoine, duc de Vendômois et comte d'Armagnac, en 1553.

Valence-d 'Agen (1283). — Fondée par Edouard Ier, qui lui donna des Coutumes à cette date.
Villefranche-du-Queyran (1281). — Fondée par le même roi.

Villeneuve-sur-Lot (1254). — Bastide due à Alphonse de Poitiers, et établie sur un terrain du nom de Gajac dépendant des possessions de la baronnie de Pujols et de l'abbaye d'Eysses. Les transactions eurent lieu en 1252 entre le baron de Pujols et le sénéchal d'Agenais Philippe de Ville-Favreuse, et en 1253-1254 entre ce dernier et Bernard du Jourdain, abbé d'Eysses.

Villeréal (1269). — Fondation d'Alphonse de Poitiers.

Bien d'autres bastides encore furent certainement créées chez nous vers les mêmes époques; mais les documents font défaut pour en préciser convenablement l'origine. Répétons qu'en Agenais, sans en excepter les dépendances de sa capitale, chacun était libre d'élever sur ses propres domaines des constructions quelconques, même fortifiées, châteaux et bastides, sans autorisation préalable, et pouvait octroyer des Coutumes particulières. Avant 1285, les châteaux ne consistaient guère qu'en une simple tour environnée de palissades ou de fossés; mais bientôt les nécessités d'une défense plus efficace s'imposèrent. Les châteaux-forts, les fortifications sérieuses surgirent alors sur tous les points, même jusqu'aux portes d'Agen, et il en résulta des empiétements et des abus innombrables.

Rien que sur le territoire de la juridiction de cette ville se dressaient à la fin du XIIIe siècle une foule de châteaux :

Bajamont, à 9 kil. N.-E., cité dès 1271. Il avait peut-être remplacé une construction antérieure. On n'en retrouve plus aujourd'hui qu'un angle de mur et ses deux étages de terrassements.

Castella, à 12 kil. 500 m. N., dans le village de ce nom, détruit en 1418 par les habitants d'Agen. Il en reste encore quelques substructions.

Castelnoubel, à 7 kil. E., dans la commune de Bon-Encontre. Château dont les proportions étaient sans doute très considérables. Il est cité dès 1271 et dut être reconstruit au XVe siècle.

Fauguerolles, à 11 kil. N., appartenant en 1358 au seigneur de Castelculier.

Lafox, à 8 kil. S.-E., cité en 1239. C'est un des très rares échantillons bien conservés de châteaux antérieurs au XIIIe siècle.

Laugnac, à 11 kil. N. Il en reste encore quelques ruines.

Madaillan, à 9 kil. N.-O. Château dont l'importance devait tant s'accroître.

Monbran, à 4 kil. N. Il appartenait aux évèques d'Agen dès le commencement du XIIIe siècle et fut fréquemment remanié.

Montpezat, à 17 kil. Une des seigneuries les plus considérables de l'Agenais, mentionnée en 1176. Le château, dans une position très forte, reçut des Coutumes en 1279.

Montréal, à 6 kil. N.-O., sur le plateau du même nom dominant Saint-Cirq. Il n'en reste aucune trace.

Pléneselves, à 8 kil. E., commune de Bon-Encontre, cité en 1271. On en retrouve quelques ruines provenant d'une restauration du XVe siècle.

Sainte-Foy-de-Jérusalem, ou Sainte-Foy-du-Temple, près de Bajamont, détruit probablement en 1347.
Sauvagnas, à 7 kil., appartenant, comme le précédent, à l'ordre du Temple.

Savignac, à 12 kil. N., commune du Castella, dont il reste de belles ruines.

Je pourrais citer encore : Artigue (à 7 kil.); Fontirou, qui appartint plus tard à Diane de Poitiers; Mérens, Monbalen, Monviel, Naux et Péleguignon, dont il ne reste plus de traces, etc.
En dehors du territoire d'Agen, mais au plus près, se dressaient, au Nord, l'imposante citadelle de Lusignan, bâtie au XIIIe siècle sur l'emplacement d'un riche édifice de la période gallo-romaine, et au Sud, celle de Castelculier, l'une et l'autre à 8 kilomètres d'Agen.
Et que de noms à mentionner ensuite : Bonaguil, Duras, Durfort (disparu vers 1250), Fumel, Lustrac, Mauvezin, Penne, Pujols, Sauveterre, etc., etc.

Mais les entreprises des seigneurs prirent bientôt des proportions intolérables et amenèrent d'incessants conflits. Dans le bailliage d'Agen, notamment, les Madaillan, les Pléneselves, les Castelnoubel, les Bajamont, les Laugnac, etc., se proclamèrent indépendants et consommèrent les plus audacieuses et les plus graves usurpations. Il se présentera plus d'une occasion de revenir sur ce sujet.


Source: Histoire de l'Agenais par Jules Andrieu, 1893