L'Agenais au XVe siècle


Charles VII avait alors son quartier général à Toulouse. Il partit de cette ville à la tête d'une brillante armée où se trouvaient le dauphin, le gouverneur de Languedoc, le connétable de Richemont et de nombreux bannerets. Il se présenta devant Tartas ainsi délivré le 23 juin, marcha sur Saint-Sever, qui fut pris, et ensuite sur Dax, qui capitula, mais fut repris peu après par le gouverneur de Bayonne.
Dans la vallée de la Garonne, Charles VII reçut la soumission de plusieurs villes, y compris Marmande, dont les clefs lui furent remises à Agen. La Réole, qui dut être assiégé en avril, ne tint que trois jours; puis le roi divisa son armée et se retira à Montauban, en passant par Aiguillon.
Le vicomte de Lomagne, marquis de Fimarcon, fut chargé d'opérer en Agenais. De fin août à lin septembre 1442, il s'empara de Meilhan , Caumont, Sainte-Bazeille , Tonneins, Mauvezin, Monclar, Montastruc, Gontaud et autres places. Clermont-Dessus fut aussi repris sur les hommes du captal de Buch qui s'en étaient emparé par escalade en 1439.
Charles VII, repassant par Agen, vint à Marmande, où il séjourna du 24 septembre au 1er décembre. On a prétendu gratuitement qu'il avait alors érigé cette ville en évêché, mais que, sur les protestations de l'archevêque d'Auch, l'élection avait été abandonnée. De Montauban, en janvier 1442 (1443), le même roi confirma les privilèges d'Agen.
En 1443 fut rétabli le Parlement de Toulouse, dans le ressort duquel était encore l'Agenais, et l'année suivante de nouveaux désordres éclatèrent, dus surtout à un retour offensif des compagnies de mercenaires et d'aventuriers qui reprirent La Réole. Une bande opérant pour les Anglais s'était retranchée dans Tournon-d'Agenais, d'où elle fut délogée par les troupes de cette ville.
Une trêve de deux ans intervint le 20 mai 1444 et fut prolongée plus tard jusqu'en 1449. Les Anglais recommencèrent alors les hostilités; mais ils perdirent bientôt la Normandie, et en août 1450 une armée conduite par Jean de Penthièvre fut envoyée en Guyenne. Dans une seule campagne, cette armée chassa l'ennemi du Périgord et fit des progrès considérables.
Après Bergerac, Sainte-Foy fut prise, et malgré l'hiver, les opérations se poursuivirent avec un constant succès. Le sire d'Orval, qui, dès 1447, tenait Bazas pour le roi de France, poussa même ses courses jusqu'aux portes de Bordeaux, secondé par Etienne de Vignoles et autres gentilshommes.
Nous touchons, du reste, aux dernières phases de cette lutte séculaire.
En 1451, Dunois, le Bâtard d'Orléans, à la tête de 20.000 hommes, rejoignit Jean de Penthièvre devant Blaye, en passant par Montguyon, en Saintonge. Ils prirent ensemble cette ville défendue par Montferrand, et entrèrent à Bourg le 29 mai.
Le sire d'Albret assiégeait Dax, qui se rendit bientôt. Libourne était prise; Castillon capitula; Saint-Emilion ouvrit ses portes; Fronsac fut emporté, et Bordeaux dut enfin se soumettre le 12 juin, sous réserve qu'aucun secours anglais ne lui viendrait avant le 23. Au jour dit, les Français, ayant Dunois à leur tête, entrèrent dans cette ville et reçurent la soumission de toutes les places de Guyenne.
Bayonne tenait toujours; mais le comte de Foix y fit son entrée le 21 août.
La Guyenne entière était alors reconquise.
Cependant tout n'était pas fini encore. Les exactions des vainqueurs exaspérèrent la contrée par trop surmenée; le roi resta sourd aux doléances sans nombre qui lui furent soumises, et le mécontentement public fut habilement exploité par les partisans de l'Angleterre.
Le 21 octobre 1452, Talbot débarqua avec de nouvelles troupes. A la tête de 6.000 hommes, il parvint en quelques jours à rétablir les affaires anglaises jusqu'en Agenais. Bordeaux l'avait accueilli dès le 23 octobre, et bientôt, de toutes les places de la région, seule La Réole resta fidèle à la France. Les Anglais pénétrèrent en Périgord et détruisirent la ville et le château de Biron.
Evidemment, si l'habile capitaine anglais eût été mieux servi et eût reçu des renforts convenables, la guerre pouvait se prolonger longtemps encore; mais il n'en fut pas ainsi. Pendant qu'il demandait en vain des secours, Charles VII déployait une activité toujours plus grande. Une armée nouvelle partit de Lyon pour la Guyenne, où prenant l'offensive dès le printemps de 1453, elle enleva d'assaut plusieurs places.
Le 14 juillet, elle vint camper devant Castillon, en Périgord, et, retranchée dans son parc d'artillerie, attendit les Anglais qui accouraient. Le 17 juillet, la bataille fut vive. Les Anglais perdirent plus de 4.000 hommes, et Talbot et un de ses fils furent tués.
Castillon capitula le lendemain, entraînant la soumission de Castelnau, Blanquefort, Villandraut, Langon, Saint-Macaire, etc. Charles VII, qui était à Angoulême, vint à Libourne recevoir la capitulation de Fronsac et assista à la prise de Cadillac.
Bordeaux se rendit le 12 octobre; le roi y fit son entrée le 19 du même mois, et les Anglais disparurent définitivement de la Guyenne, après une occupation de plusieurs siècles. Calais seul leur restait en France.
Une période de paix allait succéder enfin pour l'Agenais aux longues années de trouble qu'il avait traversées.
Charles VII mourut le 26 juillet 1461. Il fut remplacé par Louis XI, à qui succéda Charles VIII le 30 août 1483; puis vint Louis XII de 1498 à 1515.
J'ai peu à dire maintenant de la fin de ce siècle.
Vers 1454 avait débuté la lutte entre Charles VII et le comte Jean V d'Armagnac, un des libérateurs de la Guyenne. A propos de la nomination de Philippe III de Lévis au siège archiépiscopal d'Auch, une armée de 24.000 hommes, commandée par le comte de Clermont, avec les maréchaux de Lohéac et Xaintrailles, avait été envoyée en Gascogne contre le comte, alors réfugié en Aragon, et après l'occupation de Lectoure, un arrêt du Parlement de Paris du 14 mai 1460 confisquait ses biens, que lui rendait bientôt Louis XI, en 1464.
Mais Jean V, turbulent et de mœurs pitoyables, ne pouvait pas vivre en repos. Malgré la bienveillance extrême de Louis XI à son égard, il participa contre ce roi à la Ligue du Bien public dès 1464; puis, après son pardon, épousa la cause des ducs de Bourgogne et de Bretagne. Il invita même les Anglais à opérer une autre descente en Guyenne, où Antoine de Chabannes fut alors envoyé comme lieutenant général.
Jean V, menacé, s'enfuit encore, et ses biens furent de nouveau confisqués par arrêt du 7 septembre 1470.
Dès l'année 1468, le roi avait attribué le duché de Guyenne à son frère Charles de Valois, comte de Saintonge et seigneur de la Rochelle. Le Parlement de Bordeaux, établi par le traité du 20 juin 1451 et érigé par un édit du 10 juin 1462, fut transféré alors à Poitiers, d'où il ne revint qu'après la mort de Charles, en 1472.
Déjà, une enquête avait été prescrite sur les droits des évêques d'Agen, et par lettres patentes du 7 octobre 1469, le nouveau duc avait donné mission à son trésorier général Pierre Marin, à son maître des comptes Jacques Berzian et au lieutenant du sénéchal d'Agenais et Gascogne Bernard de Gots de rechercher les usurpations commises par divers sur les terres, places, seigneuries, etc. du domaine de Guyenne.
Naturellement, ces commissaires avaient une rude besogne. De Lectoure, ils subrogèrent à leurs droits le receveur ordinaire de la sénéchaussée d'Agenais, Jean de Montravel, écuyer, à qui Robert de Balzac ' délivra des lettres de pareatis. Ce receveur opéra très activement durant toute l'année 1470, et obtint même d'importants résultats, notamment dans la juridiction de Marmande.
Artisan d'intrigues, Charles avait appelé le comte d'Armagnac auprès de lui, à Bordeaux, en 1471, l'avait rétabli dans ses domaines et fait son lieutenant général. C'était comme une bravade.
Associé au comte de Foix, Jean V s'était emparé d'une partie de la Gascogne; mais une armée commandée par les sénéchaux de Beaucaire et de Toulouse, dans laquelle se trouvaient les sénéchaux d'Agenais, de Quercy et de Rouergue avec leurs troupes, opéra contre lui, soumit l'Agenais, le Quercy, le Roussillon, l'Armagnac, etc., et assiégea le comte dans Lectoure où il s'était enfermé.
La mort du duc Charles, mort attribuée à un empoisonnement, survint alors (28 mai 1472). Louis XI réunissant aussitôt la Guyenne à la couronne en nomma gouverneur Pierre de Bourbon, sire de Beaujeu, qui se dirigea immédiatement sur Lectoure. Jean V capitula en juin. Moyennant l'abandon de ses biens, il obtint une pension de 12.000 livres; mais quatre mois s'étaient à peine écoulés qu'il reparaissait à Lectoure, et, avec l'aide du sire de Sainte-Bazeille, s'emparait de Pierre de Bourbon qu'il faisait enfermer.
En janvier suivant, Louis XI le fit assiéger encore par le cardinal d'Albi, le seigneur du Lude, le sénéchal d'Agenais Robert de Balzac et le sénéchal de Languedoc. La défense du comte fut des plus énergiques. Sur des promesses cauteleuses, il se rendit le 5 mars, et le lendemain il fut poignardé par un franc-archer nommé Pierre Gorgias, que conduisaient Robert de Balzac et Guillaume de Montfaucon, lieutenant de Ruffec de Balzac, sénéchal de Beaucaire et de Nîmes, frère du sénéchal d'Agenais. Sa femme, Jeanne de Foix, fut emprisonnée au château de Buzet, près de Lectoure, et la ville fut horriblement saccagée.
Or, tandis que tombait ainsi la puissante maison d'Armagnac, une autre, celle d'Albret, prenait une extension immense. Les biens des Armagnacs, confisqués définitivement sur le dernier représentant de cette lignée, Charles, frère puîné de Jean V, furent attribués en 1473 au sire Alain d'Albret, surnommé le Grand.
Ce Charles d'Armagnac, qui ne devait mourir qu'en 1497, mais dont quinze années de captivité avaient affaibli l'esprit, fut fait prisonnier par Alain en 1483 à Tournon-d'Agenais et enfermé au château de Casteljaloux. Il y était fort durement traité et tenu au secret, séparé de sa femme Catherine de Foix et de tous ses serviteurs.
Sur commandement du roi, en 1484, un conseiller du Parlement de Bordeaux, Jean Raphaël, sieur de La Salle et d'Artigue, fut chargé d'intimer au sire d'Albret l'ordre de mettre son prisonnier en liberté.
Mais la mission de ce conseiller ne fut pas de facile accomplissement. Il arriva à Agen le 6 décembre 1484 et ajourna Alain, à Montignac-le-Comte d'abord, puis à Nérac et à Casteljaloux, à comparaître devant lui. Il n'eut que la visite, le 9 décembre, de Catherine de Foix, et toutes ses sommations restèrent sans effet.
Il poussa néanmoins le zèle jusqu'à se présenter lui-même et par deux fois, les 19 et 22 décembre, à Casteljaloux, où il fut accueilli hors des murs par des quolibets et des menaces.
Au surplus, le sire d'Albret tira profit de ses violences, bien que Charles d'Armagnac eût fait donation de ses terres à son neveu le duc d'Alençon le 18 juin 1497.
Alain le Grand fit entrer dans ses vastes domaines les comtés de Foix et de Bigorre, le Béarn et le royaume de Navarre. Il prétendit même un moment au duché de Bretagne, que visait aussi Charles VIII.
Les incidents nés de cette compétition en 1487 et 1488 n'intéressent point l'Agenais. La guerre fomentée par le duc d'Orléans, plus tard Louis XII, était en cours.
L'armée française envahit la Bretagne; le peu d'entente des dissidents facilita sa tâche, et le duc de Bretagne, qui mourut d'ailleurs peu après, traita de la paix après la sanglante affaire de Saint-Aubin-du-Cormier, le 27 juillet 1488. Le roi épousa Anne de Bretagne, tille et héritière du duc, en 1491.
Du reste, les événements les plus importants des règnes de Louis XI, Charles VIII et Louis XII furent à peu près étrangers à notre région, alors à peu près paisible. Les luttes contre les grands vassaux et les guerres d'Italie n'eurent chez nous que de faibles retentissements.
Nous devons arriver aux troubles religieux du XVIe siècle pour retomber dans l'agitation et le tumulte.
Je dois signaler toutefois, sous Louis XI, en août 1481, un conflit assez grave survenu à Agen, à propos d'une injuste répartition des impôts écrasants que la plèbe était presque seule à supporter et dont le Clergé, les nobles et les gros bourgeois s'exonéraient plus ou moins.
A la suite d'exactions commises par la compagnie de Comminges, des plaintes très vives s'élevèrent, et sur une requête présentée par les opprimés, le Parlement de Bordeaux chargea le conseiller lai Pierre de Champeaux d'informer à ce sujet. Le Consulat agenais était aristocratique. Les protestataires réclamaient dans sa composition deux artisans et deux laboureurs. Toute transaction étant reconnue impossible, les consuls sollicitèrent eux-mêmes l'intervention directe du Parlement. Le roi commit alors le premier président de Bordeaux pour examiner les propositions faites aux dissidents et, au besoin, poursuivre les coupables. Dans deux jurades du 24 août 1482, des idées de conciliation furent émises, et même l'admission au Consulat de trois représentants du peuple fut proposée. Malheureusement, les Archives d'Agen ne disent pas comment se termina cette affaire, ni ce que décida le commissaire royal.
En 1472, et encore en 1483, le sénéchal, gouverneur et amiral de Guyenne était Odet d'Aydie, qui fit une entrée solennelle à Agen, convoqua les Etats et s'occupa surtout activement des choses militaires. Il mit, notamment, des garnisons à Agen, Marmande et Villeneuve, et purgea le pays des bandes qui le ravageaient.
Du 14 janvier au 14 mars 1484, des Etats généraux avaient été tenus à Blois. Les députés de la sénéchaussée d'Agenais avaient été messire Christophe, vicaire de l'évêque d'Agen, pour le Clergé; Charles de Montpezat pour la Noblesse et Jehan de Gailleto pour le Tiers Etat. Ces Etats généraux obtinrent quelques concessions royales et une foule de promesses qui n'eurent pas d'autre suite.
En 1492, Jean, bâtard d'Armagnac, s'étant emparé du château de Cancon appartenant alors aux héritiers mineurs de Jean de Verdun, y tenait sous ses ordres une troupe dangereuse. Sur mandement de Charles VIII, le comte d'Angoulême, alors lieutenant général et gouverneur en Guyenne, donna mission à son chambellan Jean de Saint-Gelais de s'emparer de ce château. Une armée, que rejoignit le sénéchal d'Agenais, se présenta, en effet, devant la place qui fut presque entièrement détruite. Les aventuriers qu'elle abritait furent exterminés et leur capitaine disparut.
Les évêques d'Agen eurent pendant le XVe siècle une situation souvent très difficile.
Il a été parlé d'Imbert de Saint-Laurent, dont l'épiscopat commencé en 1398 ne prit fin qu'en 1438.
Ce prélat, qui reçut une nouvelle confirmation de plusieurs privilèges, donna tous ses soins, toute sa sollicitude aux intérêts de son diocèse. Il eut pour successeur, en 1438, Jean V de Borgia, nommé par le pape Eugène IV au lendemain de la pragmatique sanction du 7 juillet de la même année.
Jean de Borgia eut de graves démêlés avec les consuls d'Agen, qui parvinrent à le dépouiller de ce droit de justice objet d'éternelles querelles. Il se démit en 1460 en faveur de Pierre Bérard, dont le père, d'une noble famille de Touraine, possédait les châteaux de Lafox et de Monteils. Le nouveau titulaire complétait alors ses études et ne fut d'abord qu'administrateur nominal du diocèse, dorît la gérance resta provisoirement aux mains de Jean V.
Pierre Bérard fit son entrée dans Agen en 1466, assista aux Etats de Tours en 1467 et mourut le 21 juillet 1477. Il revendiqua hautement les droits dont les consuls d'Agen avaient dépouillé le siège. Charles, duc de Guyenne, ordonna une enquête dont le résultat ne fut probablement pas très favorable au réclamant et servit plutôt de sanction aux empiétements consommés. C'est alors que, comme compensation sans doute des prérogatives perdues, ce prélat prit le titre de Comte d'Agen, formule anodine qui se perpétua chez ses successeurs jusqu'en 1789.
La mort de Pierre Bérard amena quelques troubles dans l'Eglise d'Agen. Les Chapitres tentèrent de ressaisir un privilège archaïque et élurent eux-mêmes, en 1477, Pierre Dubois, chanoine et chantre de Bordeaux, dont l'élection fut annulée par Sixte IV.
Louis XI nomma, de son côté, et fit agréer par le pape Jean de Monchenu. Mais celui-ci fut transféré à Viviers avant de prendre possession du siège, et sur la présentation du roi, Sixte IV désigna son petit-neveu Galéas de La Rovère le 3 juillet 1478.
Or, Pierre Dubois, qui en novembre 1477, s'inclinant devant le veto pontifical, avait renoncé à son élection en faveur de Jean de Monchenu, retira alors sa renonciation et fut soutenu par les Chapitres.
Ce conflit étrange ne dura pas moins de dix années. Il se dénoua seulement le 25 janvier 1487 par une transaction attribuant à Pierre Dubois une rente annuelle de 400 livres.
Galéas de La Rovère mourut en 1487. Son successeur fut Léonard de La Rovère, neveu du futur pape Jules II. Il n'était âgé que de quatorze ans le 9 décembre 1487, au moment de son institution par Innocent VIII, qui le nomma d'abord administrateur du siège, en attendant sa vingt-septième année.
Léonard de La Rovère fit néanmoins une entrée solennelle dans Agen le 28 octobre 1492 et obtint par son mérite le titre d'évêque avant l'âge canonique. Il se désigne ainsi, en effet, sur les statuts publiés dans un synode général du 23 avril 1493.
Ce prélat bâtit en partie le château de Hautefage, près de Penne, non loin duquel il se plaisait à habiter. Il restaura la cathédrale et la collégiale, fut nommé cardinal en 1506, puis grand pénitencier, et se démit en 1518 en faveur de son neveu Antoine de La Rovère, mais en conservant l'administration du diocèse jusqu'à sa mort, survenue en 1520. Son épiscopat fut des plus remarquables pour l'Eglise d'Agen. En quittant le XVe siècle, faut-il rappeler les grandes conquêtes qui font de cette époque, si voisine encore de la barbarie, comme l'aurore des temps modernes?
La découverte de l'Amérique, l'invention de la poudre à canon, de la boussole, du papier de linge, de la peinture à l'huile, et surtout de l'Imprimerie annoncent une période de création et de progrès. L'unité nationale se dessine. Le patriotisme est né avec la sainte bergère lorraine. Le pouvoir royal, foulant aux pieds la féodalité, s'affirme, grandit, se développe, et crée les trois grands facteurs du gouvernement: l'armée permanente,l'impôt régulier, la Justice.
La fin de l'empire romain d'Orient, la prise de Constantinople par Mahomet II en 1453 conduit les émules de l'ancienne Grèce, les artistes et les savants byzantins, vers l'Italie, puis vers la France. Le moyen âge a vécu. Les sciences et les lettres reviennent enfin vers cet Occident déshérité depuis la chute de Rome. Le siècle de Léon X est proche. On assiste, en quelque sorte, à l'éclosion d'un esprit nouveau: ce sont les préludes de la Renaissance.


Source: Histoire de l'Agenais par Jules Andrieu, 1893