De Bernard

par
M. O’Gilvy,… [puis] M. J. de Bourrousse de Laffore

Dumoulin & H. Champion
Paris
1856-1883


NOBLES, MESSIRES, ÉCUYERS, CHEVALIERS, SEIGNEURS JUSTICIERS DE PLAICHAC ; —SEIGNEURS DU TUQUO, DE LÉCUSSAN, ROZÈS, PÉHILLO ; — COSEIGNEURS DE DOLMAYRAC ; — SIEURS DU BRANA, DE SAINT-LARY, SABAUMÉA, LE BARTHÈS, GOUARDÈRE, ROUSSÈRE, LAGRANGE, CASTAIGNON, LARROC, etc. — En Bruilhois, Condomois et Agenais.

ARMES : De gueules, au chevron d’or, au chef d’argent, chargé d’un croissant de gueules, accosté de deux étoiles de même. — Les seigneurs de Lécussan et du Tuquo écartellent les armes de Bernard de celles de Larroudé, qui sont : D’argent, à une roue à six rais de sable, au chef d’azur, chargé de 3 étoiles d’or.

La famille DE BERNARD habite sans interruption depuis quatre siècles au moins la ville de La Plume, petite capitale de la vicomté et du bailliage d’appel de Bruilhois. Elle s’est divisée en branches nombreuses, et de nos jours est représentée par les quatre branches de Saint-Lary, du Barthès, de Lécussan et de Lagrange du Tuquo.

Son nom s’est exclusivement orthographié de Bernard dans les actes publics ou privés du XVIe siècle ; il est souvent écrit de Bernat, du Bernat et du Bernard aux XVIIe et XVIIIe siècles ; mais l’orthographe la plus ancienne, la plus habituelle et la véritable est de Bernard.

Peyrothon de Bernard, sieur du Tuquo, capitaine sous François Ier, eut pour descendants de nombreux officiers de son nom qui ont servi dans les armées françaises, entre autres un lieutenant colonel ; un conseiller et procureur du Roi à l’élection d’Agenais, seigneur justicier de Plaichac sous Henri IV ; un conseiller du Roi, lieutenant du bailli de Bruilhois sous Louis XIV ; des chevaliers de Saint-Louis, etc.

La branche de Saint-Lary fut maintenue dans sa noblesse par jugement rendu le 22 juin 1668 par M. Pellot, intendant de Guienne ; elle obtint une nouvelle maintenue de noblesse en 1715 par jugement de M. Legendre, intendant de Montauban. Elle possédait au dernier siècle la seigneurie de Péhillo.

La branche de Lagrange du Tuquo rendit hommage au Roi pour la seigneurie du Tuquo, située dans la commune de La Plume, le 2 octobre 1756 et le 5 octobre 1776. Elle reçut, en 1785, ainsi que les seigneurs de Lécussan, des lettres de noblesse ou de confirmation de noblesse, dans lesquelles la communauté d’origine des branches de Saint-Lary, du Barthès, de Lécussan et de Lagrange du Tuquo est constatée. Le seigneur de Lécussan et son frère, appelé le Chevalier, tous deux officiers au régiment d’Aunis, ont voté à l’Assemblée générale de la Noblesse de la sénéchaussée d’Agenais, en mars 1789.

I. Peyrothon DE BERNARD, sieur du Tuquo, né sous le règne de Charles VIII, vers 1490 était capitaine dans les armées de François Ier. Il possédait dans la commune de La Plume le domaine du Tuquo et de grands biens, et ne vivait plus en 1570 (Livre terrier de La Plume). Il eut entre autres enfants :

1° Peyrotet, qui suit, auteur de toutes les branches existantes ;
2° Bertrand de Bernard, sieur de Lagrange, Etienne Captan, sieur de La Casserre, Pierre de Bousugu, sieur de Pisay, et Giraud La Mude, sieur de Ribière, signent en qualité de témoins, le 7 novembre 1551, dans le château de Bax, en Bruilhois, le testament de noble Pierre de Touton, seigneur justicier dudit Bax, retenu par Me Couleau, notaire royal (Copie collationnée); Lagrange était une partie du domaine du Tuquo ;
3° Antoine de Bernard, qualifié frère de Peyrotet, vivait en 1579 et 1581 ;
4° Pierre de Bernard, habitant le domaine du Brana, limitrophe et probablement détaché de celui du Tuquo (Livre terrier de La Plume), était mort avant 1570 (Idem). Il eut pour fils :

Abraham de Bernard, sieur du Brana, consul de La Plume en 1594, 1598, 1602, et premier consul de ladite ville en 1609 et 1619 (Livre de la Jurade). Il épousa damoiselle Jehanne, alias Catherine DE BONNOT, fille de noble Arnaud de Bonnot, écuyer, seigneur de La Tuque, en la juridiction de La Plume, et de damoiselle Antoinette de Massas. Il eut de cette union :

1° Noble Arnaud de Bernard, sieur du Brana, ainsi nommé et qualifié dans plusieurs actes authentiques faisant partie de nos archives des années 1642, 1647 et 1649, premier consul de La Plume en 1645, marié :

1° le 23 août 1654 à noble damoiselle Claire DE LA BRUNETIÈRE ;
2° en 1662 avec damoiselle Marie DE BERNARD DU TUQUO, sa cousine, dont :

Noble Jean de Bernard, sieur du Brana, marié à demoiselle Marguerite DE BAYLE DE LATUQUE. Cette branche s’est éteinte vers le milieu du dernier siècle.

2° Me Pierre de Bernard, prêtre et curé de Plaichac, passe un acte de transaction, le 17 juin 1672, devant Me Martin, notaire royal, avec ledit Arnaud de Bernard, sieur du Brana, son frère, qui lui doit 3,900 livres. Il a procès devant le bailli de Bruilhois, le 28 février 1673, relativement à cette somme, avec noble Gracien de Bonnot, qualifié aussi, dans l’acte, seigneur baron de Lespiasse (Archives de La Plume).

3° Jehan-Hercules de Bernard, baptisé le 8 février 1607, a pour parrain et marraine noble Hercules de Bonnot et Jehanne de Bonnot, frère et soeur, enfants du seigneur de La Tuque, comme la mère du baptisé (Etat-civil de La Plume). Il doit être le même que Jean de Bernard, religieux de Grand-Selve, parrain, en 1666, de Jean de Bernard du Brana, son neveu;

4° Françoise de Bernard, née, le 29 mars 1605, est tenue sur les fonts baptismaux par damoiselle Françoise de Bonnot, fille de M. de La Tuque (Etat-civil de La Plume).

II. Peyrotet DE BERNARD, sieur du Tuquo, né vers 1520, mentionné en 1579 et 1581, était second consul de La Plume en 1585. Il est nommé dans le testament de Jean de Bernard, son fils, en date du 7 février 1602, et ne vivait plus en 1605. Nous nommerons parmi ses enfants :

1° M. Me Etienne de Bernard, sieur du Tuquo, conseiller et procureur du Roi à l’élection d’Agenais, devint seigneur justicier de la paroisse de Plaichac par l’acquisition qu’il fit de ce fief à la famille de Secondat. Mais après quelques années, les consuls de La Plume et les officiers du bailliage de Bruilhois obtinrent des lettres-patentes en vertu desquelles le roi Henri IV, en sa qualité de vicomte de Bruilhois et comme tel seigneur dominant de Plaichac, retrayait ladite seigneurie de Plaichac par droit féodal et puissance de fief, et l’ajoutait aux treize paroisses de La Plume. Etienne de Bernard, sieur du Tuquo, en cessant d’être seigneur de Plaichac, reçut une faible indemnité en compensation du fief qu’on lui retirait (Livre de jurade de La Plume, lettres-patentes signées HENRY, etc.).
2° Noble Odet de Bernard du Tuquo était consul de La Plume en 1603 et 1613, premier consul en 1624, et signe : LE TUQUO. Odet ou Etienne, son frère aîné, fut père de :

A. Noble Raphaël de Bernard, sieur du Tuquo, consul de La Plume, ainsi nommé et qualifié dans un acte notarié qu’il passe à Lectoure le 30 septembre 1642, en son nom et en celui des sieurs consuls, ses collègues (Copie collat. faisant partie de nos archives). On le trouve en outre souvent qualifié sieur de Gouardère. Cette branche est éteinte.

B. Et probablement Marthe de Bernard du Tuquo, veuve de noble François de Carbonneau, le 30 août 1640.

3° N… de Bernard, nommé Pierre ou Guillaume ;
4° Jean de Bernard, né vers 1550, fait son testament le 7 février 1602, dans lequel il nomme Peyrotet, son père ; dit avoir eu de damoiselle Estienie D’AIGNAN, sa première femme, une fille, religieuse au couvent du Chapelet, à Agen, et de damoiselle Jeanne FICATEL, sa seconde femme, Catherine, Béatrix et Isabeau de Bernard, et deux fils, savoir :

A. Pierre de Bernard, sieur de Saint-Lary et de Sabauméa, premier consul de La Plume en 1623 et 1627, qui eut de damoiselle Maudine DE MOLINIS, sa femme :

Noble Etienne de Bernard, écuyer, sieur de Saint-Lary, capitaine au régiment de Roquelaure, maintenu dans sa noblesse par jugement rendu le 22 juin 1668 par M. Claude Pellot, intendant de Guienne (Original faisant partie de nos archives). Son petit-fils, noble Joseph de Bernard, écuyer, sieur de Saint-Lary, lieutenant colonel de cavalerie, obtint en 1715 une nouvelle maintenue de noblesse de M. Legendre, intendant de Montauban. Cette branche, qui possédait pendant le dernier siècle la seigneurie de Péhillo, existe encore.

B. Noble Etienne de Bernard, sieur du Barthès, marié : 1° le 30 janvier 1609 à damoiselle Louise DE BANDINELLY, fille de feu noble Jérôme de Bandinelly, sieur de Paulet, et de damoiselle Jacquette de Chazettes (copie collat.); 2° le 4 août 1633 avec damoiselle Florette DE RENS. Cette branche, qui a, comme la précédente, donné des officiers et des chevaliers de Saint-Louis, a également des représentants actuels.

5° Quinqué, auteur des branches de Lécussan et de Lagrange du Tuquo.

SEIGNEURS DE LÉCUSSAN, ROZÈS, LE TUQUO ; COSEIGNEURS DE DOLMAYRAC ; SIEURS DE LAGRANGE, CASTAIGNON, LARROC, ETC. ; —existants.

III. Quinqué DE BERNARD, cinquième fils de Peyrotet de Bernard, fut consul de la Plume, comme son père, son frère, ses neveux les sieurs de Saint-Lary et du Barthès, ses cousin et neveux les sieurs du Brana. Il eut pour fils de son mariage avec Françoise Ficatel, damoiselle.

1° Philippe, qui suit ;
2° Bertrand de Bernard, sieur de Lagrange, dut avoir pour parrain Bertrand de Bernard, sieur de Lagrange, son grand oncle paternel ; il épousa damoiselle Marguerite DE LAROCHE, fille de noble Jean de Laroche, bailli de Bruilhois, gouverneur de La Plume, maître des requêtes au Conseil d’État du roi de Navarre, et de noble damoiselle Claire d’Arbieux de Poupas. Marguerite de Laroche, marraine à La Plume en 1604 avec Daniel, son frère, qui fut bailli de Bruilhois en 1616, était veuve en 1629 et avait eu de son mariage :

A. Claire de Bernard,
B. Jeanne de Bernard,
qui eurent pour tuteur Etienne de Bernard, sieur du Barthès, leur oncle à la mode de Bretagne.

3° N… de Bernard, père de :

A. Pierre de Bernard, écuyer, sieur de Castaignon, passe un acte devant Me Martin, notaire, le 11 février 1663 (Copie collat). Il avait épousé, le 11 avril 1654, devant Me Tissandé, notaire, damoiselle Françoise DE MONBET, dont :

Guillaume de Bernard, sieur de Larroc, a laissé d’Henriette DE LAFITTE, sa femme : André, Joseph, Guillaume, Simon de Bernard de Larroc, morts sans postérité, Catherine et Marie.

B. Messire Guillaume de Bernard, curé d’Estillac en 1667.
C. Etienne de Bernard de Larroc, né en 1643, mort en 1730 sans postérité.

IV. Noble Philippe DE BERNARD, marié le 9 janvier 1628 avec damoiselle Marguerite DE COQUET, fille de noble Géraud de Coquet, écuyer, ancien gendarme dans la gendarmerie du Roi, et de Louise Danduran. Marguerite de Coquet, dans son testament du 9 mai 1684, nomme ses huit enfants :

1° Gabriel de Bernard, mort jeune;
2° Arnaud, qui a continué la postérité ;
3° Messire Georges de Bernard de Lagrange du Tuquo, prêtre, docteur en théologie,
curé de Sainte-Quiterie de Frespech, inhumé dans l’église Saint-Pierre de Cazaux, à La Plume, en 1712;
4° Louise de Bernard, mariée à noble Jean-François de Saugentis, sieur d’Aguzan ;
5° Marie de Bernard épouse en 1662 noble Arnaud DE BERNARD, sieur du Brana, son cousin ;
6°, 7° et 8° Jeanne, religieuse ; autre Marie et Fleurette de Bernard.

V. M. Me Arnaud DE BERNARD, consul de La Plume en 1667, qualifié sieur du Tuquo en 1677, conseiller du Roi, lieutenant du bailli de Bruilhois, marié le 8 février 1675 avec damoiselle Anne DE TOUTON, veuf le 26 avril 1694, mort en 1699, a laissé de son mariage quatre filles : Marie, Rose, Suzanne-Thérèse et Anne, et deux fils, savoir :

1° Etienne, qui suit;
2° Noble François I de Bernard de Lagrange, sous-lieutenant au régiment de Cotentin, lieutenant en 2e au régiment de Bourbonnais, lieutenant de la maréchaussée, à Agen, père de :

A. Noble François II de Bernard de Lagrange, major au régiment de Forès, obtient une gratification pour ses blessures, à la suite de l’affaire de l’Assiette, en 1747, chevalier de Saint-Louis en 1763. Il est qualifié : « Écuyer, capitaine, chef d’un bataillon de notre régiment de Bourbonnais, chevalier de notre ordre militaire de Saint-Louis » dans des lettres de chancellerie données le 8 avril 1775, signées : « Par le Conseil, MATHIEU loco LAMOTHE, » par lesquelles il est ordonné que l’affaire qu’il a au sénéchal d’Agen avec le sieur Lafargue, négociant, ancien fermier de sa métairie de Sougaillou, sera portée devant le présidial dudit Agen (Original en parchemin). Noble François de Lagrange du Bernard, écuyer, est ainsi nommé et qualifié dans un acte relatif à la métairie de Sougaillou, que dame Marie DE GARDES, sa veuve, passe, le 23 juin 1768, devant Me Rouillés, notaire royal d’Agen, avec le sieur Jean Lafargue, marchand d’Agen (Acte authentique faisant partie de nos archives; J. DE BOURROUSSE DE LAFFORE).

B. Noble Jean de Bernard de Lagrange, lieutenant dans la compagnie de son frère, est tué à l’affaire de Warbourg, en 1760.

VI. Noble Etienne DE BERNARD, sieur du Tuquo, né à La Plume le 42 novembre 1686, épouse, le 8 janvier 1706, demoiselle Marie-Anne DE LARROUDÉ, du château de Lécussan, morte en 1719, âgée de 52 ans, et inhumée dans l’église Saint-Pierre de Cazaux. Compris à la capitation noble à Fleurence le 4 janvier 1746, il fait son testament le 28 mars 1747, laissant trois fils officiers et quatre filles, savoir :

1° François, qui a formé la branche des seigneurs de Lécussan ;
2° Joseph, auteur des sieurs de Lagrange, seigneurs du Tuquo ;
3° Noble Etienne de Bernard, sieur de La Bonne, lieutenant au régiment de Médoc, prisonnier à Égra, mort en Styrie ;
4° Foy de Bernard du Tuquo, religieuse au Tiers-Ordre, à Agen ;
5° Marie-Anne de Bernard du Tuquo, née en 1712, a pour parrain messire Jean de Secondat de Roques ; épouse, le 11 mars 1740, noble Joseph de Bonnefous, écuyer, seigneur de la maison noble de La Garenne, et transige avec Joseph, son frère, le 13 mai 1753 ;
6° Anne de Bernard du Tuquo, religieuse à Astafort ;
7° Marie de Bernard du Tuquo, née,en 1719.

VII. Noble, messire François DE BERNARD, écuyer, seigneur de Lécussan et de Rozès, coseigneur de Dolmayrac, lieutenant dans le piquet d’Artois, qui entra dans le régiment de la marine, épouse demoiselle Marie DE LA MOTHE, fille de noble Pierre de La Mothe, écuyer, porte-étendard des gardes du corps du Roi, capitaine de cavalerie, chevalier de Saint-Louis, pensionné du Roi. Il rendit en 1759 hommage de son fief de Lécussan à dom de Lanove, doyen du prieuré de Moyrax, et fournit son dénombrement. Il laissa de son mariage :

1° Noble, messire Joseph-François de Bernard, écuyer, seigneur de Lécussan et de Rozès, coseigneur de Dolmayrac, lieutenant au régiment d’Aunis, marié à demoiselle Marie-Victoire DE BONNOT, fille de messire Charles de Bonnot, écuyer, sieur de Saint-Maurice, assiste à l’Assemblée de la Noblesse de la sénéchaussée d’Agenais, en 1789 (procèsverbal de ladite Assemblée), et laisse une fille unique :

*Dame Pauline de Bernard de Lécussan, veuve de messire Marc-Antoine DE MELLET, marquis de Bonas.

2° Paulin-François, qui suit ;
3° Messire Jean de Bernard de Lécussan, né le 21 août 1761 au château de Lécussan, commune de Moyrax, et inscrit sur les registres de l’état civil de ladite commune, a été chanoine d’Agen.

VIII. Noble, messire Paulin-François DE BERNARD, appelé le Chevalier de Lécussan, fut, comme son frère aîné, lieutenant au régiment d’Aunis, puis maire de La Plume. Il assiste en 1789 à l’Assemblée de la Noblesse d’Agenais (Idem). Il épouse : 1° dame N… DE MONTAGU DE MONDENARD, veuve en premières noces du général de Montagu de Mondenard, seigneur de Bière, son oncle ; 2° demoiselle Marie DE BONNOT, fille de messire Charles de Bonnot, écuyer, sieur de Saint-Maurice, nommé plus haut. Il a laissé du premier mariage :

1° Romain, qui suit;
2° Victoire de Bernard de Lécussan, mariée le 8 juillet 1833 à noble Edouard DE LA FORCADE DU PIN, petit-fils de messire Renaud de La Forcade, écuyer, sieur du Pin, seigneur du Grand-Tauzia.

IX. Noble Romain DE BERNARD DE LÉCUSSAN, marié à demoiselle Danaé DE FUMEL, petite-fille de messire Bernard-Silvain de Fumel, écuyer, seigneur de Roquebrune et de La Salle, et de, dame Gabrielle de Guiscard (Voir la généalogie de la maison de Fumel, t. Ier de ce Nobiliaire, p. 59 et 40), dont :

1° *Joseph de Bernard de Lécussan;
2° *Etienne de Bernard de Lécussan;
3° *Augustine de Bernard de Lécussan, religieuse au Sacré-Coeur;
4° *Gabrielle de Bernard de Lécussan, mariée en octobre 1858 à noble Henri du Bernet de Peyriac ;
5° *Jeanne de Bernard de Lécussan.

VII. Noble, messire Joseph DE BERNARD, écuyer, sieur de Lagrange, seigneur du Tuquo, second fils de noble Etienne de Bernard, sieur du Tuquo, et de dame Marie-Anne de Larroudé, né le 1er août 1715, a pour parrain son oncle paternel par alliance noble Joseph de Frère, seigneur de Peyrecave, coseigneur de la commune de Montagnac-sur-Auvignon, et pour marraine demoiselle Jeanne de Larroudé ; lieutenant au bataillon de Libourne le 24 février 1747, maire de La Plume le 2 juin 1769, il rend hommage au roi Louis XV le 2 octobre 1756 pour la seigneurie du Tuquo (original en parchemin), et au roi Louis XVI le 5 octobre 1776 pour le même fief (Autre original en parchemin. Ces deux hommages existent aussi au Trésor des Chartes de Pau). Bien que ses ancêtres et lui eussent, en fait de noblesse, une longue possession d’état, le seigneur du Tuquo crut, ainsi que son neveu, le seigneur de Lécussan, devoir solliciter des lettres de confirmation de noblesse ou d’anoblissement. Ces lettres-patentes, accordées au mois de juillet 1785, constatent la communauté d’origine des branches de Lécussan et du Tuquo avec celles de Saint-Lary, maintenue en 1668 et 1745, et du Barthès. Elles rappellent aussi les services rendus à la France par les nombreux officiers fournis par les quatre branches existantes. Elles règlent enfin que les seigneurs de Lécussan et du Tuquo porteront les armes de Bernard, écartelées des armes de Larroudé (Lettres patentes en original, signées LOUIS ; par le Roi : GRAVIER DE VERGENNES ; et pour le règlement d’armoiries, signées D’HOZIER DE SÉRIGNY). Le seigneur du Tuquo avait de son mariage avec dame Marie ROUIR, veuve de M. d’Aussion :

VIII. Noble, messire Jean-Chrisostôme DE BERNARD, écuyer, sieur de Lagrange, seigneur du Tuquo, né le 27 janvier 1762, lieutenant au régiment de Forès en 1785, fut chevalier de Saint-Louis le 6 mars 1817, et laissa de son union avec dame Adelaïde MARTIN, soeur de mesdames de La Devèze et de Gallé, une fille, mariée avec M. DE GARIN-TOUNINOT, et un fils, qui suit :

IX. Noble Zacharie-Cazimir DE BERNARD DE LAGRANGE DU TUQUO, né en 1791, épousa le 8 décembre 1814 demoiselle Aminthe DE FABRI D’AUGÉ, fille et héritière de messire Jean de Fabri, écuyer, seigneur d’Augé et de Martet, chevalier, commandant du génie, et de dame Augustine de Montault de Saint-Sivié, et nièce de l’abbé Raymond de Fabri, grand-vicaire, puis chanoine d’Agen, qui pendant l’émigration avait été aumônier du dernier roi de Pologne (Stanislas II Poniatowski), retiré à Grodno.

Augustine de Montault, mère de Madame de Lagrange du Tuquo, était fille du comte de Montault, vicomte du Saumont, nièce de Marie-Josèphe de Montault, mariée avec messire Joseph-Juste-César de Lescale de Vérone (Scaliger), seigneur de Vivès, dont les ancêtres avaient immortalisé leur nom, et petite nièce du comte de Montault, brigadier des armées du Roi, gentilhomme de la manche des enfants de France sous Louis XV, chevalier commandeur des ordres royaux et militaires de Saint-Lazare et de Montcarmel, premier veneur en 1775 de MONSIEUR, frère du Roi. Elle était de la même famille que Philippe de Montault, duc de Navailles, pair et maréchal de France, né en 1619, mort en 1684, et que dame Joséphine de Montault Navailles, ancienne gouvernante des enfants de France, mariée en 1792 à Charles-Michel, vicomte de Gontaut-Biron, marquis de Saint-Blancard, duchesse de Gontaut-Biron en 1827, qui a laissé deux filles, mariées à deux pairs de France : l’aînée à Fernand, duc de Rohan-Chabot, la seconde au comte de Bourbon-Busset.

Madame de Lagrange du Tuquo, née de Fabri, veuve le 10 décembre 1850, à de son mariage :

1° Charles-Gabriel-Jules, qui suit ;
2° *Angelina de Bernard de Lagrange du Tuquo, mariée : 1° à noble Henri DE SEOVAUD ;
2° à noble André-Maximien D’AYRENX, fils de messire Barthélemy d’Ayrenx, seigneur de Baultian.

X. Noble Charles-Gabriel-Joseph DE BERNARD DE LAGRANGE DU TUQUO, né au château d’Augé, commune de La Plume, le 15 août 1826, marié au mois de juillet 1849 à demoiselle Clémence SALINÈRES, dont :

1° *Gontran-Marie de Bernard de Lagrange du Tuquo ;
2° *Cazimir-Pierre de Bernard de Lagrange du Tuquo ;
3° *Marie-Antoinette de Bernard de Lagrange du Tuquo ;
4° *Augustine-Magdeleine de Bernard de Lagrange du Tuquo ;
5° *Marie-Juliette de Bernard de Lagrange du Tuquo.

Nobiliaire de Guienne et de Gascogne : revue des familles d’ancienne chevalerie ou anoblies de ces provinces, antérieures à 1789, avec leurs généalogies et leurs armes ; Traité héraldique sous forme de dictionnaire, par M. O’Gilvy,… [puis] M.J. de Bourrousse de Laffore, Paris, 1856-1883 .