De Bouglon

Guienne

Imprimerie de Chaix
Paris
1886

Armes : D’argent, au bouc naturel sur une terrasse de sinople, surmonté d’un globe d’azur, cintré et croisé d’or (alias) d’argent, au bouc de sable, surmonté d’un globe d’azur cintré, et croisé d’or. — Couronne : de Baron.

Maison originaire de la province de Guienne, dont l’origine remonte à Raymond de Bouglon, qui fut l’un des seigneurs présents à la confirmation des privilèges concédés à l’abbaye de la Sauve par Guillaume IX, duc d’Aquitaine, le 18 avril 1120. (Biblioth. de Bordeaux, Grand cartulaire de la Sauve, fos 23 ; 30.)

En janvier 1187, Guillaume-Raymond de Pins, qui avait épousé la fille d’Amanieu De Bouglon, affranchit de tous péages les religieux de Grand-Selve, en présence de Sans-Amanieu et Géraud-Amamieu de Bouglon, ses beaux-frères. (Bibliothèque nationale, Recueil de Doat, t. LXXVIII, pages 193, 194, 405.)

Gaillard de Mola, évêque de Bazas, signa, en 1192, devant deux chevaliers, P. de la Motte et Amanieu de Bouglon, le règlement du chapitre de son église. (Gallia Christ., t. I. Instr., p. 189.)

Amanieu de Bouglon se fit remarquer avec le comte Centule d’Astarac à la défense de Marmande, que Amaury de Montfort, chef des Croisés, vint assiéger en 1219. (Histoire de la Croisade contre les hérétiques albigeois.) On le retrouve plus tard nommé le troisième sur la liste des barons d’Aquitaine mandés par Edouard Ier à une enquête faite en 1236, concernant les franchises des habitants de l’Entre-deux-Mers. (Biblioth. de Bordeaux, Petit cartulaire de la Sauve, f° 127. — Gallia Christiania, t. II, Instr., col. 292.)

Plusieurs membres de la famille de Bouglon rendirent hommage pour leurs fiefs en 1273. (Manuscrit de Wolfenbuttel, pièces 173, 186, 187, 188, 198, 199, 234, 299.)

En mars 1275, Raymond de Bouglon, damoiseau, se rendit caution de Raymond de Pins, chevalier, qu’il remettrait au roi Edouard les châteaux de Montgalhard et de Gontault dès qu’il en serait requis. (Bureau des Finances de Montauban, Somme de Lisle, 694.)

Le 4 octobre 1288, Raymond de Bouglon, captal de Latrêne, est un des otages livrés à Alphonse d’Aragon par le roi d’Angleterre pour sûreté des conditions de délivrance du prince de Salerne. (Rymer, t. I, part. III, pages 29, 30.) Des lettres royaux, datées des 20 avril et 4 juin 1289, donnent à Raymond De Bouglon, chevalier, en récompense de ses services, la haute et basse justice de Latrêne et Senac : « Rex omnibus ad quos, etc., salutem. Sciatis quod propter grata et laudabilia servitia per fidelem et dilectum nostrum Raymundum de Boglonio militem impensa. » (Rot. Wasc, an. 17, ed. 1.) — D’autres lettres, des 29 juin 1294 et 19 octobre 1295, réclament au vassal son concours armé contre Philippe le Bel. (Rymer, t. I, part. II, 133, 134, 151, 152). Dans la suite, le roi de France manda au sénéchal de Périgord de poursuivre Raymond de Bouglon et ses complices. (Archives nationales, section judiciaire, registres criminels, t. III, f° 23). — Ce Raymond, qualifié baron de Bouglon dans son contrat de mariage (Bibliothèque nationale, Fonds Prunis, t. XV, H. 5), avait épousé dame Nagos, captalesse de Latrêne, dont il eut un fils : Jean, qui suit, et une fille, Navarre de Latrêne, mariée, le 2 février 1299, à Arnaud de Lalande.

Jean de Bouglon, seigneur de Monteton, était membre du conseil de Gascogne. (Archives de l’Échiquier, Charter house, royal and other letters.) Il fut convoqué en 1320 auprès du roi Edouard II pour la guerre d’Ecosse. (Bibliothèque nationale, collection Bréquigny, t. LXXI.) Les rôles gascons mentionnent deux lettres royaux des 12 mars 1325 et 25 février 1326, adressées « nobili viro et fideli suo, Johanni Boglonio, Domino Montis Totonis. » (Rymer, t. II, part. II, pages 133, 151, 152.)

Jean de Bouglon avait épousé Géralde Gondomer, petite-fille de Pierre Gondomer, maire de Bordeaux. Par faveur spéciale, des lettres de bourgeoisie furent expédiées à sa fille Géralde de Bouglon et à Doat-Amanieu de Bouglon : « Nonobstante quod idem Doatus de genere nobilium traxerit originem. » (Bibliothèque nationale, Bréquigny, t. XXXVI, XXXVII.)

Edouard III permit à Doat-Amanieu de Bouglon, damoiseau, de bâtir un château-fort dans les paroisses de Bouillac et de Tabanac. (Bréquigny, t, XXXIV). Le même monarque lui donna les revenus des baillies de Castelmoron, Salles, Eliac, Aulas, le 20 mars 1335, et toute la baillie de Castillonnès, le 21 juin 1340, comme dédommagement des pertes qu’il avait subies à son service. (Ibidem, XXVI.)

Jehan de Bouglon rendit hommage au prince Noir, l’an 1363, a le quart jour du mois d’aust, en la chapelle de Deinz-le-Chatel et ville de Bruggerack (Bergerac). (Archives de l’Échiquier, procès-verbal des hommages, library, A. L, 34.)

Heliot de Bouglon acheta, le 28 février 1411, à Jean de Ferriol, seigneur de Tonneins, la seigneurie de Villefranche-de-Cayran. (Bibliothèque nationale, Papiers d’Estissac, Titres de Cahuzac, Cartullaire 2, n° 41.)

La fin de la domination anglaise fit perdre aux Bouglon, comme à beaucoup de familles de Guienne, une grande partie de leur importance. A mesure que nous approchons des temps modernes, leur individualité s’efface peu à peu et ne présente plus l’intérêt historique qui nous a porté à écrire cette notice.

Nous dirons seulement qu’on trouve à la fin du XVe siècle un Bouglon, trésorier des guerres (Rymer, t. V, part. IV), et dans le XVIe, un Jean de Bouglon, jurat-gentilhomme de Bordeaux (Bibliothèque de Bordeaux) ; un Antoine-Rufin de Bouglon, gentilhomme de la chambre du roi François Ier, sénéchal d’Agenais, et son fils François-Rufin, qui lui succéda dans sa charge. (Arch. nation., sect. administ. Agénois.)

A l’époque de la Révolution française, deux membres de la famille de Bouglon suivirent le parti de l’émigration et se distinguèrent dans les rangs de l’armée de Condé. Les seuls héritiers de leur nom sont aujourd’hui :

1° Jean-Marie-Ferdinand, baron de Bouglon, marié, le 10 avril 1853. à Adèle-Rose de Boubers-Vogeanlieu, dont :

A. Henri-Ferdinand-Louis-Simon;
B. Marie-Marguerite.

2° Joseph-Amanieu-Raymond-Jean, baron Raymond de Bouglon, marié, le 18 juillet 1878, à Armantine-Pauline-Virginie d’Omezon, dont :

A. Jules-Amable-Jean-François ;
B. Françoise-Alexandra-Marie-Odette ;
C. Simone-Marie-Henriette-Suzanne.

De Bouglon, Guienne, Paris, 1886.