De Cambefort

Auvergne, Velay, Rouergue, Agenais.

Barons de Cambefort ; Seigneurs de Selves, de Bains, de Mazic, de la Mothe-Bezat, d’Ouradoux, de Saint-Etienne, de Mazeyrac, Etc.

De Cambefort
De Cambefort

Armes : De gueules, au lévrier d’argent rampant, colleté d’or, à la bordure crénelée d’or. Couronne : De marquis. Supports : Deux lévriers. Devise : Muris et armis.

La maison de Cambefort, que l’on croit originaire d’Ecosse ou d’Irlande, apparaît en France dès le XIIIe siècle, et en la trouve établie dès cette époque dans la ville du Puy, en Velay.

En effet, Pierre de Cambefort était premier consul de la ville du Puy, lors du passage du roi Saint-Louis dans cette ville, à son retour de la Terre Sainte, en 1254. Il eut l’insigne honneur de recevoir et loger chez lui le Roi, qui, en reconnaissance de cette hospitalité, le fit chevalier. (Voir d’Hozier, Armorial général, Registre VI.)

Il possédait alors la seigneurie de Bains, près le Puy. Théodore Hermite, l’auteur de l’Histoire de l’Église du Puy, dit aussi, page 291 : « Le roi Saint Louis et la reine Blanche étant allés en dévotion visiter l’église angélique de Notre-Dame du Puy, logèrent chez Pierre de Cambefort, chevalier, seigneur de Bains. »

Les guerres civiles qui désolèrent si lontemps la province d’Auvergne, et surtout la ville d’Aurillac (laquelle fut prise et saccagée par les huguenots en 1569, sous le règne du roi Charles IX), et plus tard sous ceux de Henri III et Henri IV, ont été, comme on le sait, la cause, de la perte des titres de la majeure partie des familles nobles de cette province.

Bien que la famille de Cambefort ait été privée de ses archives à la suite de ces désastres, elle a pu néanmoins en sauver une quantité suffisante qui lui permet d’établir sa filiation, d’une manière authentique, suivie et non interrompue, à partir de l’année 1300.

La maison de Cambefort s’est divisée en quatre branches principales, savoir :

1° La branche ainée des de Cambefort, d’Aurillac, seigneurs de Selves, de la Salle-Doyé, de Mazeyrac, de Niocel, de Mazic, etc., laquelle est actuellement représentée par le baron Marie-Louis-Raymond de Cambefort ;

2° La deuxième branche des seigneurs de la Mothe-Bézat, d’Agen, barons de Cambefort, qui vint se fixer en cette ville en 1556, et s’est éteinte au XVIIIe siècle ;

3° La troisième branche des Camberfort, de Colmar, sortie de la première, actuellement existante ;

Et enfin la quatrième branche des Cambefort d’Ouradoux et de Saint-Etienne, également existante.

La maison de Cambefort a produit un grand nombre de personnages notables et distingués, dans l’armée comme dans la magistrature. Au nombre des plus marquants, nous citerons :

Pierre de Cambefort, consul du Puy, en Velay, en 1270 ;

N. de Cambefort, son fils, consul d’Aurillac, en 1300;

Jean de Cambefort, receveur général du Quercy, en 1545 ;

Guy de Cambefort, écuyer, capitaine de Capdenac, conseiller du roi et sous-viguier de Figeac, en 1556 ;

Julien de Cambefort, écuyer, seigneur de Selves, premier consul de la ville d’Agen, était au nombre des députés des Etats généraux de France, tenus à Paris en 1614. (Voy. Anquetil, tome IV, Intrigues de cabinet.)

Pierre de Cambefort, d’abord mousquetaire, puis lieutenant au régiment du roi en 1687 ;

Antoine de Cambefort, lieutenant au régiment royal-vaisseaux, tué au siège de Philisbourg en 1734 ;

N. de Cambefort, lieutenant-colonel, commandant une compagnie franche de dragons en 1759 ;

Jean-Paul, baron de Cambefort, lieutenant-colonel du régiment de Berry, cavalerie, chevalier de Saint-Louis, en 1760, vivant à Paris en 1771. (Etat de la noblesse, de 1781) ;

Et, enfin, Joseph-Paul-Augustin, baron de Cambefort, fils du précédent, lieutenant-colonel du régiment de l’Ile-de-France, en 1786, puis colonel du régiment du Cap, en 1788, qui a laissé de grands souvenirs dans la mémoire des colons de Saint-Domingue. Il fut traduit devant la Convention. (Voir le Moniteur des 19 décembre 1792, 4 et 5 février 1793 ; Archives du ministère de la marine et des colonies des années 1784, 1786 et Etat de la noblesse, année 1781.)

Le titre de Baron leur avait été concédé par le roi Louis XV, en considération de leurs services militaires.

Les alliances de la maison de Cambefort ont été prises dans les familles les plus nobles et les plus illustres de l’Auvergne, du Rouergue, de l’Agenais et de l’Orléanais. Nous citerons entre autres celles : d’Humiéres, de Selves, de Toulouse-Lautrec, de Rieu, d’Ayrolles, de Passefond, de Servières, de Tourdes, de Chaumel, de Veyre, de Talon, de la Carrière, de Crozade, de Cortès de la Volpilière, de Nozères, de Monmejean, de Loret, Le Carlier, de Fienne, de Chazelles, de Sarrazin, de Tassin, de Montcourt, etc.

La filiation de la famille est établie sur titres originaux à partir de Pierre de Cambefort, consul de la ville d’Aurillac, en 1395.

La généalogie complète de la maison de Cambefort ayant été publiée dans le IVe volume du Nobiliaire universel, nous ne croyons pas utile de la reproduire ici, et nous nous contenterons d’en rapporter seulement les derniers degrés.

La maison de Cambefort était représenté au XIe degré par :

XI. Antoine de Cambefort, écuyer, seigneur de Mazic, de Mérals, de Saint-Florentin, etc., conseiller du roi, né le 19 février 1671, lequel fut pourvu le 7 avril 1714, de la charge de procureur du roi, puis nommé receveur des finances à Vic (Lorraine), et, enfin, trésorier de la ville de Marsal. Il avait épousé, par contrat du 9 juillet 1701, demoiselle Marie-Bonne Dauphin.

De ce mariage sont nés entre autres :

1° Salvi, qui suit ;
2° Joseph-Pierre de Cambefort, prieur de Jussac, archiprêtre d’Aurillac ;
3° Guillaume de Cambefort, auteur de la première branche, dont l’article
sera rapporté plus loin ;
4° Antoine de Cambefort, lieutenant au régiment de royal-vaisseaux, tué à la bataille de Philisbourg, en 1734 ;
5° François de Cambefort, chirurgien-major des hôpitaux, à Colmar, marié à mademoiselle Marie-Thérèse de German, dont un fils :

A. François-Xavier-Charles de Cambefort, né à Colmar, le 3 mars 1751, licencié ès-lois en l’université de Strasbourg, reçu au nombre des avocats du conseil souverain d’Alsace. (Titre original aux Archives de la famille). Il est auteur de la branche de Colmar.

XII. Salvi de Cambefort, écuyer, seigneur de Mazic, avocat au parlement, procureur du roi en l’élection d’Aurillac, né le 7 novembre 1707, fut nommé, en 1740, contrôleur provincial de l’artillerie de France aux départements de Roussillon et de Languedoc ; puis il fut choisi pour secrétaire du point d’honneur au tribunal des maréchaux de France, poste qu’il a rempli pendant six ans. Il a épousé, par contrat du 6 novembre 1752, demoiselle Antoinette Relier, dont il a eu les enfants ci-après :

1° Jean-Joseph-Toussaint, qui suit ;
2° Jeanne-Françoise-Geneviève-Antoinette de Cambefort, mariée à Jean-François Melon de Pradou, procureur du roi à Tulle ;
3° Marie-Rose-Elisabeth de Cambefort, mariée à N. Chaselette de la Brousse, sans postérité.

XIII. Jean-Joseph-Toussaint de Cambefort de Mazic a épousé, en 1799, demoiselle Jacquette de Champflour De Loradou. De ce mariage est née une fille :

Marie-Constance-Catherine-Fanny de Cambefort de Mazic, mariée en 1823 à M. le comte de Sarrazin. (3° volume du Nobiliaire universel, folio 25.)

Première Branche

Des Barons de Cambefort, en Orléanais

XII. Guillaume de Cambefort, seigneur de Roquesagne, troisième fils d’Antoine de Cambefort et de dame Marie-Bonne Dauphin, est né le 8 mai 1713. Étant avocat au Parlement et procureur du roi en l’élection d’Aurillac, il fut pourvu de la charge de receveur général des aides à Granville (Normandie), le 26 octobre 1736. Il épousa, par contrat du 7 février 1748, mademoiselle Jeanne-Françoise Armand, fille de feu Jean Armand, conseiller du roi. Peu de temps après son mariage, il revint en Auvergne où il fut pourvu de la charge de receveur général des fermes à Clermont, charge qu’il a occupée jusqu’à sa mort, arrivée le 4 mai 1773. De son mariage sont nés les enfants ci-après : :

1° Guillaume, qui suit;
2° Jeanne-Françoise de Cambefort, mariée à Jean-Baptiste-Anne de Champflour de Loradou. De ce mariage sont nées deux filles ;

A. Jeanne-Marguerite de Champflour, mariée en 1798, à Gabriel-François-Jean-Etienne de Varennes, ancien officier, chevalier de Saint-Louis, dont une fille :

AA. Anne-Jeanne-Gabrielle de Varennes, mariée, en 1836, à Pierre-Joseph de Chabron de Solilhac ;

B. Marie-Jacquette de Champflour, mariée en 1799 à Jean-Joseph-Toussaint de Cambefort de Mazic, son cousin germain, rapporté plus haut;

3° Marie-Jeanne-Louise de Cambefort, mariée à M. Lebrun de Valleron, ancien officier, chevalier de Saint-Louis, mort sans postérité en 1832.

XIII. Guillaume de Cambefort, seigneur de Roquesagne, naquit à Granville en 1754. A la mort de son père, en 1773, il lui succéda, quoique mineur, dans sa charge de receveur général des fermes à Clermont, qu’il occupa jus qu’à la Révolution. Il a épousé, le 6 septembre 1802, mademoiselle Catherine-Adélaïde Lemirre, d’une famille de Paris. Il est mort dans sa terre de Pierrelaye, le 17 août 1821, laissant de son mariage les deux enfants ci-après :

1° Louis-Auguste, qui suit ;
2° Adélaïde-Claudine-Guillemette de Cambefort, mariée, le 4 avril 1819, à Félix Melon de Pradou, officier de la Légion d’honneur, colonel d’artillerie en retraite.

XIV. Louis-Auguste de Cambefort, né le 16 mai 1804, président au tribunal de première instance d’Orléans, chevalier de la Légion d’honneur, a épousé, par contrat du 24 février 1834, mademoiselle Marie-Rose-Félicie Tassin de Montcourt, décédée en 1873. Il est mort en 1863.

De son mariage sont issus deux fils :

1° Marie-Charles-André de Cambefort, né le 22 janvier 1839, chevalier des ordres de la Légion d’honneur et de Pie IX, fut successivement attaché d’ambassade à Rio-de-Janeiro et chargé d’affaires par interim dans cette capitale, puis envoyé à Athènes et nommé secrétaire d’ambassade au Chili, où il remplit par intérim les fonctions de chargé d’affaires, et enfin secrétaire d’ambassade auprès du Saint-Siège où il exerça également les fonctions de secrétaire d’ambassade ; décédé le 24 juin 1879.
2° Marie-Louis-Raymond, qui suit.

XV. Marie-Louis-Raymond, baron de Cambefort, par substitution à ce titre porté par la deuxième branche éteinte, aujourd’hui chef actuel de nom et d’armes de sa maison, est né le 9 juin 1846 ; en 1866, lors de la grande inondation de la Loire, il se distingua brillamment et sauva un grand nombre de ses concitoyens au péril de ses jours ; ancien zouave pontifical, il fut capitaine de mobiles pendant la guerre prussienne (1870-1871), et cité à l’ordre du jour (Journal officiel du 19 décembre 1870).

Il est aujourd’hui capitaine dans le 40e régiment territorial d’infanterie, et chevalier de l’ordre de Saint-Grégoire le Grand, officier du Nicham-Iftikar et chevalier de l’ordre royal du Cambodge.

Deuxième Branche

Des Barons de Cambefort Seigneurs de la Mothe-Bézat
(Éteinte)

Cette branche qui eut pour auteur Michel de Cambefort, 1er du nom, écuyer seigneur de Selves (deuxième fils de Michel de Cambefort et d’Hélène De Chaumel), marié par contrat du 29 janvier 1502, à noble demoiselle Françoise de Cortès, était représentée au XIe degré par :

XI. Pierre de Cambefort, écuyer, seigneur de la Mothe-Bézat et autres lieux, né en 1665, qui servit d’abord aux mousquetaires du roi, puis obtint, le 6 août 1687, une commission de lieutenant dans le régiment du roi.

Il sollicita des lettres de confirmation de noblesse, qui lui furent données à Versailles, au mois de février 1700. Une copie de ces lettres est conservée aux archives de la famille ; nous en avons extrait les passages les plus saillants qu’on va lire :

« Désirant traiter favorablement le sieur Pierre de Cambefort, sieur de la Mothe-Bézat, tant en considération de ses services près de nous et dans nos armées, en qualité de mousquetaire, que de ceux de ses ancêtres, nous avons maintenu et confirmé, maintenons et confirmons ledit sieur Pierre de Cambefort de la Mothe-Bézat dans son ancienne noblesse.
Permettons en outre au sieur de Cambefort de continuer à porter les mêmes armoiries de ses ancêtres, telles qu’elles sont blasonnées et enregistrées par le sieur d’Hozier.

Données à Versailles, au mois de février de l’an de grâce mil sept cent
et de notre règne le cinquante sept. »

Signé : LOUIS.

Par contrat du 31 janvier 1701, passé par-devant M. Thouvenot, notaire royal au Châtelet, Pierre de Cambefort a épousé noble demoiselle Jeanne-Françoise Ives de Saint-Prest, dont il eut trois fils, savoir :

1° Jean-Pierre-Claude-Jules de Cambefort, seigneur de la Mothe-Bézat, ancien mousquetaire, fit foi et hommage au roi, à cause de la maison noble de la Mothe-Bézat, au comté d’Agenais, en 1732. Il a épousé, le
14 août 1747, mademoiselle Elisabeth de Danzac, dont il n’eut pas d’enfants.
2° Jean-Paul, baron de Cambefort, lieutenant-colonel au régiment de Berry, chevalier de Saint-Louis. En 1779, le baron de Cambefort habitait à Paris, rue du Bac. (Voir l’Etat de la Noblesse de 1781.) Il avait épousé mademoiselle Agnès-Gabrielle, fille de Pierre de Fienne, vicomte d’Ully, ancien capitaine au régiment de la Couronne, et de Barbe Donné, qui le rendit père de :

A. Joseph-Paul-Augustin, baron de Cambefort, né en 1751, fit ses preuves de noblesse pour entrer à l’école militaire. En 1784, il était major au régiment de la Guadeloupe et se maria dans cette île cette année même, avec l’agrément du roi, à mademoiselle Dubuq du Galion (voir sa lettre signée : baron de Cambefort, aux Archives de la marine et des colonies). En 1786, il remplit les fonctions de lieutenant-colonel commandant le régiment de la Guadeloupe, puis celles de colonel du régiment du Cap, ainsi qu’il résulte d’une lettre adressée le 9 novembre 1786, au ministre de la marine, signée : Denicourt, et baron de Cambefort. Il n’a point laissé d’enfants, et son titre de Baron a été relevé par le chef de la première branche.

De Cambefort, Auvergne, Velay, Rouergue, Agenais. Barons De Cambefort, Saint-Ouen, 1881