V



Châteaux-forts.



XVIe SIECLE.



Le château de Teyssonnac (commune de Villeneuve-sur-Lot), avec sa haute tour carrée, ses courtines aux angles flanqués d’échauguettes, rappelle encore des types anciens; il est possible que ce château date de la seconde moitié du XVe siècle. Le plus ancien seigneur de Teyssonnac connu est Bernard de Cours, en 1465.
Le château de Perricard (commune de Montayral), construit en 1565, avec son logis éclairé par de larges fenêtres, n’a plus rien des repaires du moyen-âge; ses tours sont édifiées plutôt pour la décoration que pour assurer un refuge en temps de guerre. Cependant Monluc, toujours défiant, élevait encore en 1567 un quadrilatère bastionné, renforçant son château d’Estillac, dont une partie remonte au XIIIe siècle. Ces curieux ouvrages ont été l’objet d’une notice spéciale.
Nous en avons fini avec l’énumération des châteaux forts qui furent l’œuvre et la propriété des barons.
Il faudrait y ajouter la mention de quelques villages fortifiés et d'un petit nombre de bastides telles que Laplume, Montpouillan, Vianne, Sérignac, pour apprécier la proportion des domaines et des forces des seigneurs comparés aux domaines royaux.
En 1300, le roi avait dans son domaine direct de vieilles villes, telles qu'Agen, Port-Sainte-Marie, Penne, et les neuf dixièmes des bastides ou villeneuves fondées depuis un siècle par ses auteurs, rois de France et d’Angleterre, et comtes de Toulouse (1).
Le succès de ces fondations avait été si grand que la population des seigneuries s’était déplacée en masse pour s’assurer dans les villes royales une condition meilleure. Tout en constatant ce fait, nous n’allons pas jusques à dire comme l'auteur de l'Histoire de l’Agenais que l'expansion communale des XIIe et XIIIe siècles aurait marqué dans notre pays la fin de la féodalité. »
Non seulement la féodalité agenaise a vécu et lutté jusques à la fin du moyen âge mais encore, à la faveur de l’anarchie et des guerres, elle a regagné une partie du terrain perdu et, jusques au XVIIe siècle, elle a trouvé des occasions de majorer les redevances qui constituaient ses principaux revenus.
Avant de déterminer en de courtes pages les phases d’extension ou de décadence des principales familles de l'Agenais, quelques mots encore sur les châteaux.
Faisons des vœux pour la conservation des rares débris qui nous restent des constructions militaires du moyen âge. La Révolution les avait respectées beaucoup plus que l’on ne le croit généralement: elle a fait, il est vrai, marteler des écussons, enlever des girouettes, raser de quelques assises les tourelles pour les mettre au niveau des toitures mais elle n’a détruit aucun château.
En 1800, les châteaux de Nérac et de Pujols étaient à peu près intacts, la haute tour de Monségur, debout. Le château de Bonaguil, muni de ses charpentes et de ses toitures, pouvait braver des siècles. Il faudrait aujourd’hui des centaines de mille francs pour rétablir ce qui a été détruit.
Une tour de porte à Bruch a été démolie à moitié pour le ballastage d’un chemin vicinal. Un propriétaire a exploité le château de Dolmayrac comme une carrière de moellons. Les trois tours de Moncaut ont été rasées jusques aux fondations. Et combien d'autres actes de vandalisme demeurés inconnus!
L’année même de sa mort, notre ami P. Benouville, architecte diocésain, avait reçu du Comité des Monuments historiques une mission officielle pour relever les plans et les vues de tous les monuments intéressants de notre département et notamment de ses châteaux. Sa perte est irréparable, car on sait quel était son talent. Le projet même n'a pas été repris.
Que du moins les municipalités, les propriétaires apprennent à respecter ces témoins des vieux âges qui fixent des souvenirs historiques, sauvent un pays de la banalité et donnent tant d'intérêt aux excursions! Que les archéologues, les artistes, les touristes s’empressent d’étudier, de dessiner, de photographier des ruines que le temps doit faire disparaître!
Et etiam periere ruincae!

Personnel Féodal



Au début de ce mémoire, nous avons étudié la féodalité au XIIIe siècle, au point de vue de son rang, de ses devoirs, de son recrutement. Nous avons vu combien peu de hiérarchie existait entre barons et combien il y avait alors peu de différence entre la noblesse et la bourgeoisie.
L’énumération et la courte description des châteaux forts a permis de dégager les éléments sur lesquels se fondait la puissance de la féodalité.
Le château fort assurait la possession du fief; il permettait de le défendre eu temps de guerre et de contenir en tous temps les vassaux. Le chevalier sans terre n’est qu’une individualité; le possesseur d’une seigneurie est un chef de dynastie. L’autonomie, la perpétuité sont acquises à la seigneurie, comme à une commune.
Dans l'Agenais, au XIIIe siècle, les fiefs sont assez nombreux mais petits. Il est peu de seigneurs qui possèdent plusieurs châteaux. Un bon nombre de châteaux sont, au contraire, la propriété collective de plusieurs coseigneurs. L'extrême division est alors, dans notre pays, le caractère de la féodalité.
Les péripéties de la guerre de Cent ans devaient modifier profondément cet état de choses. De grandes seigneuries se formèrent au profit des plus forts et des plus habiles.
Les changements politiques eurent aussi leur influence sur l’évolution de la féodalité. Peu après que l'Agenais eût été détaché du Languedoc pour être uni à la Guienne, les grands seigneurs Languedociens, qui avaient des fiefs en Agenais, les perdirent.
Il n'est donc pas indifférent de passer une revue sommaire du personnel féodal au XIIIe siècle pour marquer de quelques traits les accroissements ou les déchéances qui devaient élever ou abaisser certaines familles.
Sur ce sujet, pour être exact et aussi complet que possible, il faudrait dépouiller tous les documents touchant à la féodalité qui ont été conservés du milieu du XIIIe siècle à la fin du moyen âge. Travail immense pour ce petit résultat d’écrire un des chapitres qui manquent le plus à nos histoires de l’Agenais. Ce travail restera à faire; les quelques notes qui suivent passeront à peine pour une esquisse.

Les de l’Isle. — Les titres de cette grande famille de la Gascogne toulousaine ont été réunis dans un cartulaire des plus volumineux comme format qui existent en France. Ce registre de 1621 pages, conservé aux archives de Lot-et-Garonne, est connu sous le nom de Saume de l'Isle.
Dans la seconde moitié du XIIIe siècle, des alliances avec les Gontaud-Biron, les Caumont, les Durfort implantèrent les de l’Isle dans le pays. Un Jourdain de l'Isle eut quelque temps en son pouvoir les seigneuries de Puch, Montgaillard , Saint-Julien-de-Cap d'Ourbise (Fargues), Lausseignan, Estussan, Labarthe près Montaut, Fumel, Monsempron, des possessions à Lafox.
Ce beau domaine, réparti sur trois ou quatre points différents de l'Agenais fut saisi aux environs de l’année 1323 et jamais rendu aux de l'Isle, malgré des appels au sénéchal d’Agenais et à celui de Gascogne (2).

Les Alaman, d’origine albigeoise. — Raymond VII, comte de Toulouse, donna Lafox à Sicard Alaman, en l’année 1236 (3).
Ce Lafox, une tour édifiée au confluent de la Séoune et de la Garonne, un petit village, moins peut-être, un simple hameau, c’était il semble peu de chose; mais à ce petit fief se rattachaient des droits de pêche, de moulin et surtout un péage sur le fleuve dont les revenus étaient énormes. Le tout était plus convoité que de grandes seigneuries.
Tandis que les habitants d’Agen obtenaient rarement et pour un temps fort court le droit de percevoir un péage, quand il s’agissait de rétablir leurs finances ou d'exécuter de grands travaux publics, le péage de Lafox fonctionnait sans trêve au profit d’un favori du comte.
Raymond VII avait fait plus encore pour Sicard. Il lui avait concédé les biens confisqués sur un habitant d'Agen inculpé d'hérésie albigeoise, Elie d'Agrefol.
En 1237. Sicard Alaman acheta de G. de Tantalon une maison à Marmande.
Les Alaman, qui occupèrent de hautes situations sous Alfonse de Poitiers, continuèrent à s’enrichir. Ils trafiquèrent sur le péage de Lafox, dont ils vendirent des fractions.
Ils ont possédé des biens à Laugnac, à Casseneuil et pendant quelque temps, Port-Sainte-Marie et Thouars.
Ceux, qui traiteront de l’histoire de ces localités, auront à relever la nature des actes en vertu desquels les Alaman ont acquis et perdu ces nombreux domaines. Ce n’est pas ici qu’il convient d’entrer dans ce détail; une seule pièce doit être citée: Marguerite Alaman. religieuse à l’abbaye de Sainte-Claire d’Avignon, avait hérité de son père Sicard et de son frère Sicard. A sa mort, l’abbaye réclama toutes ses possessions, entre autres les domaines agenais, qui lui furent disputés par Philippe de Lévis, auquel il fallut les céder (1304).
Ainsi les Alaman disparaissent au commencement du XIVe siècle. Cette famille féodale n’a joué un rôle dans notre pays que pendant une période de soixante-dix ans.

Les Lautrec. — Bertrand, vicomte de Lautrec, possédait au XIIIe siècle le péage de Thouars, qui passa à Philippe de Lévis par son mariage avec Béatrix de Lautrec.
Le même acquit une partie de la seigneurie et du péage de Lafox, des droits sur Casseneuil et Laugnac (4).

Les Lévis. — Philippe de Lévis possédait le péage de Thouars à la fin du XIIIe siècle. Il le vendit pour le prix de 3,000 livres, à Raymond-Guillaume de Goth.
Philippe de Lévis hérita, comme nous venons de le dire, des biens si considérables des Alaman (1304).
Le château de Lafox, pris par les Anglais et repris, fut remis en la possession de Philippe de Lévis, en 1327 (5).
Il semble que les Lautrec et les Lévis aient perdu toutes leurs possessions en Agenais dans le cours du XIVe siècle.

Les Lomagne. — Ils possédaient la vicomté de Lomagne, limitrophe du territoire de l’Agenais. Il n’est donc point surprenant que certains membres de cette ancienne famille aient pris pied dans notre pays. Quelques-uns ont figuré parmi les coseigneurs d’Astaffort du XIIIe siècle à la fin du moyen âge.
Sous Louis XII et François Ier, des Lomagne possédèrent quelque temps les seigneuries de Montaigut, sur la rive droite de la Garonne, et Montagnac d’Auvignon, Fieux, Calignac, Pouy-sur-L’Osse sur la rive gauche (6).

Les Talleyrand. — Originaire du Périgord, cette famille fut introduite en Agenais par Alfonse de Poitiers, qui leur céda de beaux domaines, Lavardac et Cauderoue avec les terres voisines ou intermédiaires de Salles, de Brazalem, de Limon.
Ils possédèrent ces seigneuries plus d'un siècle et y ajoutèrent quelque temps la vicomté d’Auvillars. Ils n'acquirent que plus tard la seigneurie de Boville, la seule qu’ils devaient conserver jusques à la Révolution.

Les Tantalon. — D'origine bazadaise, cette famille a compté parmi ses membres deux sénéchaux d’Agenais (1216-1247); mais elle ne s’implanta pas définitivement dans le pays, où elle a possédé, durant le XIIIe siècle, une partie des châteaux de Monheurt et de Bouglon, des terres à Saint-Geniès, Grézet, Martaillac et une maison à Marmande.

Les Pestillac, du Quercy. - C’étaient de puissants barons. Bien que le château qui porte leur nom soit situé sur les confins de l’Agenais, ils se sont peu étendus dans ce pays. Au XIIIe siècle, ils accusent seulement quelques possessions dans la paroisse de Vart (Sauveterre-Lémance) et dans celte de Turac (7).

Les d’Albret, des Landes. — Il faudrait plus d’un volume pour donner les détails des agrandissements de cette famille, depuis ses modestes débuts dans les Landes jusques au temps d'Alain dit Le-Grand (8).
Le sujet ne peut-être traité ici. Contentons-nous de mettre en relief, en quelques lignes, les deux faits suivants. Au milieu du XIIIe siècle — les hommages de l259 le prouvent — les d’Albret étaient à peine implantés dans l’ancienne baylie agenaise d’Outre-Garonne, la plus vaste de toutes et la moins connue, celle qui a formé en partie le Condomois. Il est vrai d'ajouter qu'ils en occupaient le centre.
A la fin du moyen âge, ils détenaient toute cette partie de l’Agenais; ils avaient même franchi le fleuve et acquis les baronnies de Verteuil et de Tournon.
Ceux qui voudront écrire la géographie historique de l'Agenais au moyen âge, c’est-à-dire une géographie documentée, marquant les étapes, révélant les transformations successives du pays, ont là un thème des plus intéressants.
Et de même ceux qui voudront étudier sur le vif la féodalité. Combien nous parait étonnante la fortune d’une famille obscure qui, en moins de cinq siècles, arrive, degré par degré, lentement et sûrement au trône de Navarre, et, en perdant son nom, monte sur le trône de France!
Dans la seconde moitié du XIIIe siècle, les d’Albret possédaient seulement chez nous l’équivalent du territoire actuel de la commune de Nérac. Les petits châteaux de Bréchan et de Nérac étaient dans ces limites; le château d'Andiran, en dehors, de même que la terre de Cieuse (Serezoza). Ils bâtirent le château de Nazareth. Leurs possessions à Puy-Forte-Aiguille étaient restreintes, car cette position forte était occupée par les Templiers. Ils n’avaient pas Cauderoue, simple hameau de nos jours, mais dont le vieux château, qui parait avoir été très fort, devint une des plus belles propriétés des Talleyrand.
Les d’Albret étaient mieux établis du côté du Bazadais, tandis que leur domaine agenais était encore mal fondé. Ils n’entrevoyaient peut-être pas que Nérac dût être un jour le centre de l'un de leurs plus beaux domaines, une résidence qui devait le disputer à celle de Pau.
Isabeau d’Albret avait même commis la faute de vendre (en 1294) la baronnie de Nérac à Gaston, vicomte de Fézenzaguet, et à Jacques d’Armagnac. Toutefois ce domaine fut bien vite récupéré: nous voyons, douze ans après (1306) Amanieu d’Albret acheter à l'abbé de Condom les droits de justice qu’il possédait sur Nérac (9).
Dès lors il avait la plénitude de la seigneurie.
Les actes du moyen âge et particulièrement ceux du XIIIe siècle nous révèlent rarement des traits de caractère. Il faut toujours les lire entre les lignes pour deviner quelles passions les ont souvent inspirés et quel est l’état d’esprit des parties intéressées. L’hommage rendu au roi d’Angleterre par Amanieu d’Albret, en 1286, est remarquable par sa forme absolument inusitée. Amanieu se déclare jeune, plein de bonne volonté à servir son seigneur pour ce qu'il doit et presque au-dela (10).
Il est difficile de faire plus de zèle, non sans arrière-pensée, soyons-en sûrs. Avec les d’Albret c'était donnant, donnant. Il n’est pas de famille qui, à chaque génération, ait fait payer d’un plus haut prix ses services toujours intéressés. Comtes de Toulouse, rois d'Angleterre et rois de France, ils ont exploité tour à tour tous leurs suzerains en politiques avisés. Avec cela, de la bravoure gasconne, nul scrupule sur les empiétements, nul remords des injustices commises et aussi cet élément auxiliaire qui échappe aux calculs, aux efforts humains et qui semble un don de fée, la chance.

Les Montpezat. — Pour déterminer l'origine de celte famille, on se heurte à la même difficulté que je signalerai à propos des du Fossat et des Durfort. De même qu'il y a eu deux terres dites du Fossat appartenant à la famille de ce nom, deux châteaux de Durfort appartenant aux Durfort, il y a eu deux Montpezat, l'un en Quercy, l'autre en Agenais qui ont appartenu aux Montpezat.
En pareil cas, selon toute probabilité, la famille, après avoir emprunté son nom à une terre, l’a reporté à une autre terre acquise par elle et qui a été débaptisée.
Cependant une autre hypothèse peut s’appliquer à ces questions d’origine si difficiles à résoudre faute de documents suffisants. Il est des noms de lieu assez répandus; celui de Montpezat est du nombre. Chacune de ces localités dites Montpezat a pu donner son nom à une famille; ces homonymes n’auraient rien de commun: nous nous tromperions en leur attribuant la même origine.
Je donnerai bientôt une preuve des confusions que peuvent entraîner les homonymies, en traitant la question des Lusignan de l'Agenais qu’on a voulu rattacher à ceux du Poitou. Nos auteurs ont confondu trois familles agenaises distinctes, dont aucune ne se rattache à la souche des rois de Jérusalem.
Il peut fort bien y avoir eu deux familles de Montpezat également anciennes et sans parenté entre elles, dans le Quercy et dans l’Agenais.
Dans un ouvrage posthume sur Montpezat qui vient de paraître, feu M. de Bellecombe se prononce, avec raison peut-être, pour l’origine agenaise des Montpezat qu'il fait remonter au XIe siècle. Cet auteur affirme aussi l'ancienneté du château, mais il n'a pas observé que le château de Montpezat en Querçy est également ancien et très fort. En portant toute son attention d’un seul côté on s’expose à des erreurs. Selon nous, en voici une qu’il est bon de relever en passant.
Un château de Montpezat fut pris et rasé par Simon de Montfort, en 1214, et les historiens de l’Agenais qui, de Labrunie à Andrieu, se sont tous répétés à ce sujet, affirment qu’il s’agit du Montpezat d’Agenais. Avant eux, les auteurs de l'Histoire du Languedoc s'étaient prononcés pour Montpezat en Quercy, qui se trouvait également sur la route suivie par l'armée de Montfort, entre le Rouergue, point de départ, et Marmande, terme de l'expédition. L’opinion des savants Bénédictins aurait dû, à tout le moins, inspirer quelques doutes à nos annalistes. S’ils ont voulu remonter aux sources, ils ont pu être induits en erreur par un détail: la place de Montpezat avait été remise en l’obéissance de Raymond par des chevaliers agenais.
Montpezat du Quercy est à dix lieues de l’Ageuais et ses seigneurs avaient peut-être des parents dans ce pays: il n'est donc point surprenant que des agenais aient pris part à cette affaire. Du reste ce détail, si l'on y réfléchit, condamne au lieu de l’appuyer, l'identification soutenue par Labrunie, Saint Amans, Samazeuilh, l’abbé Barrére, Jules de Bourrousse de Laffore et Andrieu. Le vieux chroniqueur, sur lequel se fondent les historiens du Languedoc, aurait-il signalé l’origine agenaise des chevaliers intervenus à Montpezat s'il se fut agi d'une place ageuaise? A quoi bon, ceci étant la règle? Il devait au contraire noter que le sort d’uue place forte du Quercy ait tenu à l'influence de chevaliers étrangers au pays, ceci constituant l’exception.
Après avoir pris et rasé Montpezat, Simon de Montfort, étant près de Montcuq, reçut la soumission de Déodat de Barasc, un des principaux barons du Querçy. Un acte en fut passé le 12 juin 1214. Si le Montpezat détruit par Montfort eut été celui d’Agenais, on ne s’expliquerait pas une reculade vers Montcuq au moment où on se préparait à pousser une pointe vers Marmande. Les étapes de la campagne de Montfort et la succession des événements sont parfaitement établies et tout prouve que le Montpezat en question est celui du Quercy (Tarn-et-Garonne).
Dans le texte des hommages de 1259, notre Montpezat n’est point cité comme castrum. S'il y a eu là un vieux château antérieurement à cette époque, ce château avait été ruiné comme celui du Quercy.
En 1259, nos Montpezat, qui avaient fondé l'abbaye de Pérignac, résidaient à Cours, le vieux curtis de l'époque barbare. Comme cette dernière position n’est pas très forte, ils édifièrent bientôt sur la butte de Montpezat un nouveau château dont l'enceinte protégera un village. Les coutumes données par Amanieu de Montpezat aux habitants fixés sur ses terres datent de l'an 1279 (11).
Les Montpezat embrassèrent d’abord la cause anglaise. Edouard III eut pour sénéchal d'Agenais Amanieu II de Montpezat (1362-1363). Il se produisit dans la famille un revirement complet: durant la dernière période de la guerre de Cent ans, les Anglais n’eurent pas d'ennemis plus acharnés qu’Amanieu III, sénéchal d’Agenais pour le roi de France, de 1425 à 1439, Rainfroid, Raymond-Bernard de Montpezat.
Ces derniers travaillèrent surtout à réduire les places et châteaux voisins de leur baronnie; la guerre terminée, ils émirent la prétention d’en retenir une bonne partie. Il se trouva que dans ce domaine étaient englobées les anciennes baylies royales de Sainte-Livrade, Granges, Saint-Sardos et Feltoune. Les habitants de Port-Ste-Marie se plaignaient que leur juridiction eût été entamée; mais les rois de France fermèrent les yeux sur d'évidentes usurpations (12).
Les Montpezat gardaient aussi Prayssas. Une alliance, qui les fit succéder aux du Fossat, mit sous leur pouvoir la baronnie de Ma-daillan. Ils eurent ainsi, au XVe siècle, le domaine féodal le plus compact, sans enclaves, et le plus considérable qui existat en Agenais sur la rive droite de la Garonne. Aiguillon, Sainte-Livrade, Madaillan marquèrent les trois pointes du triangle de la nouvelle baronnie. Au témoignage de leurs voisins, Bernard Gros, commandeur du Temple, et les Agenais, ce furent de terribles seigneurs.
Tout le monde les redoutait et leurs pairs, les autres barons agenais, fléchissaient devant eux (13).
La branche aînée des Montpezat tomba en quenouille, après Guy, sénéchal d'Agenais de 1493 à 1498. Le domaine de Montpezat devait constituer, à partir de la fin du XVIe siècle, le duché d’Aiguillon. Il est intéressant d’en suivre le développement, de voir les petits fiefs de Cours et de Montpezat déborder et s’arrondir ainsi, même au détriment du domaine royal. Un certain nombre d'évolutions de ce genre, faciles à constater, prouvent que, dans notre pays, contrairement à l'opinion reçue, la féodalité ne fut jamais plus puissante, plus conquérante que durant les deux derniers siècles du moyen âge.

Les Du Fossat. — A peu de distance du château fort de Madaillan (canton de Prayssas) on voit le hameau du Fossat. Un quartier d'Aiguillon, qui a fourni une seigneurie distincte, porte aussi le nom de du Fossat. Les du Fossat ont possédé, au XIIIe et au XIVe siècle, les deux terres ainsi désignées. Il est donc vraisemblable qu’après avoir emprunté leur nom à l’une d'elles, ils l'ont transmis à l’autre. En tous cas, l’origine agenaise de cette grande famille féodale n'est pas douteuse.
Elle devait avoir une situation dès le commencement du XIIe siècle. Un de ses membres, Raymond-Bernard du Fossat, fut évêque d’Agen, de 1128 à 1149.
Arnaud-Garsie et Gauthier du Fossat étaient au nombre des barons agenais qui signèrent le traité passé en 1242 entre Henri III, roi d’Angleterre, et Raymond VII, comte de Toulouse.
Le 10 juin 1249, Arnaud-Garsie du Fossat rendit hommage au comte de Toulouse, pour le château de Bruch et Floirac et pour toutes les terres que tenait autrefois R. de Teillac (de Telhaco. Ne serait-ce pas Thézaco?) sur les deux rives de la Garonne (14).
Un premier Amanieu du Fossat (il y eu eut quatre portant successivement ce même prénom ou plus exactement ce même nom) possédait Madaillan à la fin du XIVe siècle. La construction sur ce point d’un château fort, qui pendant trois siècles devait tenir en échec les habitants d'Agen, donna à cette famille une grande puissance. Elle posséda Prayssas, partie d’Aiguillon, de Thouars et de Monheurt. Elle s’attacha presque constamment au parti anglais, et, de 1313 à 1357, fournit à l’Agenais deux sénéchaux pour le roi d'Angleterre et un sénéchal d'Aquitaine en 1319.
Entre ces divers Amanieu les confusions sont faciles. L’un d'eux, en 1338, passait, au dire des consuls d’Agen, pour le meilleur « capitaine des Gascons que les Anglais ayent en cestes parties, excepté le captal. »
Ces du Fossat, dont la branche directe s'éteignit à la fin du XIVe siècle, nous apparaissent comme de rudes batailleurs. Il faut les mettre au nombre de ces barons qui pratiquèrent impitoyablement, bien longtemps avant qu’elle ne fut formulée, la maxime : « La force prime le droit (15). »

Les Durfort. — La généalogie documentée de cette grande famille se trouve dans l’ouvrage classique du P. Anselme. Il est inutile d’énumérer ces titres et de rappeler que les Durfort se ramifièrent en plusieurs branches, dont la plupart eurent des possessions en Agenais. Nous ne ferons pas la distinction de ces branches puisque nous nous proposons seulement de dire en quelques mots quel fut le rôle des familles féodales dans notre pays. Celle des Durfort est, avec celle de Caumont, la seule qui ait survécu, en maintenant, eu fortifiant même sa situation jusques dans les temps modernes. Elle débuta par de petits fiefs et finit par des duchés.
Il n’est pas impossible que son origine soit agenaise. Une terre de Durfort, dans la juridiction de Penne, parait êlre un très ancien fief. Cette terre fut donnée par les souverains aux Durfort, en 1331, en 1338, en 1352. La première de ces donations répétées parait être comme les autres, une remise en possession. Les plus anciens actes cités par le P. Anselme, datés de 1063, 1091, sont des contrats entre les abbayes de Moissac et de Saint-Maurin et des Durfort. Certains domaines de ces derniers étaient donc voisins de Saint-Maurin.
D’autre part un grand fief de Durfort était situé dans le comté de Foix. Ce Durfort, qui leur appartenait également, élait-il leur berceau? La question d’origine parait insoluble.
Au milieu du XIIIe siècle, les Durfort sont installés à Clermont-Dessus; ils ont des possessions à Fumel et à Monsempron.
A la fin du même siècle, ils tiennent Duras, dont ils ne devaient plus être dépossédés que temporairement.
De 1315 à 1351, ils reçoivent de la munificence des rois nombre de terres et des seigneuries entre Agen et Penne. Groupées, ces terres finirent par constituer en quelque temps dans leur ensemble un vaste domaine: c’étaient Frespech, Bajamont, La Tour (on appelait ainsi Fontirou), Monbalen, Auradou, Saint-Just, Castelnoubel. Dès lors les Agenais eurent un voisin trop puissant pour n’être pas dangereux. J’ai raconté ailleurs les péripéties des luttes qui s’engagèrent pour des siècles entre la république agenaise et ces barons.
Les Durfort eurent aussi des droits sur des seigneuries fort dispersées, Durance, Montgaillard, Allemans, Monségur, Sauveterre-Lémance.
Au XVe siècle, nous les trouvons bien près d'Agen, à Vitrac, à Mérens (aujourd’hui Pont-du-Casse), à Lafox.
Louis XI leur donna Saint-Pastour, Castelnaud, la moitié de Port-Sainte-Marie. Ils tinrent quelque temps Montpezat, Madaillan, puis au XVIe siècle, Pujols, le comté de Laugnac, Laroque-Timbaut.
Et toutes ces possessions agenaises qu’ils furent loin de conserver intégralement ne constituaient qu’une partie des domaines répartis en France entre les descendants fort dispersés des premiers seigneurs de Durfort qui faisaient si petite figure au XIIIe siècle 16. Deux Durfort furent sénéchaux de Guienne, l'un au commencement du XIVe siècle, l’autre au commencement du XVe.

Les Ferréol. — Au commencement du Ve siècle, un Tonnantius Ferréolus était Préfet des Gaules et ses fils, dont un porta le même nom, eurent de grandes situations.
Au XIIIe siècle, un Ferréol était seigneur de Tonneins On a tiré de ce rapprochement deux conclusions simplement ingénieuses, à savoir que Tonneins devrait son nom et sa fondation à un Tonnantius et que les Ferréol du XIIIe siècle étaient les descendants de ce fondateur. N’est-il pas téméraire de supposer celte filiation d’après une homonymie quand les homonymes sont séparés par huit siècles, les temps les plus obscurs de noire histoire, une époque au cours de laquelle les noms patronymiques n’étaient pas fixés? Assurément parmi les barons qui apparaissent dans nos actes du XIIIe siècle quelques-uns devaient appartenir à de vieilles souches et avaient pour ancêtres des chefs ou seigneurs de la période franque; mais il est presque toujours impossible de les discerner des parvenus plus nombreux de la période capétienne. Sachons avouer notre ignorance et évitons de faire du roman à propos de la fondation de nos villes.
Sans nous préoccuper de leur origine, voyons ce qu'étaient les Ferréol au XIIIe siècle. Seigneurs de Tonneins-Dessous et de Grézets, ils avaient des possessions à Grateloup et à Gontaud. Ils s’étendirent notamment dans le Cayran, à Villefranche.
A la fin du XIIIe siècle et au commencement du XIVe, un Etienne Ferréol fut sénéchal du Limousin et de la Gascogne pour le roi d’Angleterre. L’élévation de ce personnage ne parait pas avoir contribué à accroître les biens de sa famille, qui s’éteignit au milieu du XVe siècle.

Les Lustrac. — Leur fortune vient d’un moulin, qu’ils fondèrent en 1292, à Montnavès, sur le Lot, et qui prit leur nom. Ils acquirent, dans le courant du siècle suivant, un autre moulin, en aval, dans les mêmes conditions, celui de Rigoulières. Les droits de passage, de pêche, s'ajoutant aux bénéfices de la mouture, ils s'enrichirent. Leurs deux moulins furent transformés en forteresse à la fin du XIVe siècle. Au XVIe siècle, ils possédaient Gavaudun et le superbe château de Caumont, sans compter le marquisat de Fronsac, hors de nos frontières.
Marguerite de Lustrac passait, sous François Ier, pour un des plus riches partis du royaume et sa fille, Anne de Caumont, plus riche encore, fut deux fois enlevée dans sa première jeunesse par des prétendants de haute lignée (16).
Cette famille avait produit, au XVe siècle, un vaillant capitaine, Arnaud dit Naudonnet, qui batailla avec succès contre les Anglais (1420-1432), mais qui eut le tort de commettre contre la ville d'Agen un acte de banditisme (1436), en s’associant au sénéchal Béraud de Faudoas et au seigneur de Boville pour lui extorquer une contribution de mille écus (17).



(1) La question des bastides agenaises est loin d'avoir été traitée dans une forme définitive. L’article que j’ai consacré à ces villeneuves, il y a plus de vingt ans, dans le volume du Congrès d'Agen ne contient que quelques aperçus archéologiques. Une étude sur l’ensemble de leurs institutions reste à faire.
Dans son Histoire de l’Agenais, M.Jules Andrieu a donné une énumération des bastides qui est incomplète et qui peut donner lieu à quelques critiques: Aubiac, Cancun, Clermont-Dessus, Clermont-Dessous, Golfech, Sainte-Colombe, qualifiés par lui de bastides, sont pareils à Pujols, à Astaffort, à Sainte-Bazeille, à Fumel, à Tonneins, à Boville, à Duras, villes seigneuriales d’une origine parfois ancienne, édifiées peu à peu et sur des plans quelquefois réguliers dans l'enceinte agrandie d'un château. Le fait de recevoir des coutumes n’implique pas la condition de bastide. Nul ne songerait à assimiler aux villeneuves la cité d'Agen, qui reçut aussi des coutumes.
Parmi les bastides omises dans la liste de M. Andrieu citons entre autres Marmande, Tournon, Vianne, Durance, Montpouillan, les deux Sauveterre, Villeneuve-de-Duras, Villeneuve-de-Mézin, Londres (commune de Puymi-clan), Felletoun (commune de Saint-Sardos), Montréal (commune de Saint-Cirq), ces trois dernières détruites peu après leur fondation.

(2) L’histoire de l'acquisition et de la perte de ces fiefs dans une période de cinquante ans doit être intéressante. Elle est, croyons-nous, tout entière dans la Saume.
Je dois à l’extrême obligeance de M. E. Cabié les cotes des documents agenais qui se trouvent dans cette collection. Il faudrait étudier les documents eux-mêmes. On reconnaîtra bien le rôle et la condition de la féodalité qu’en s’attachant à suivre un certain nombre de familles depuis leur début jusques à leur disparition.
L'inscription qui existe encore, et que Saint-Amans a publiée dans ses Antiquités (p. 154), se rapporte évidemment à l’achèvement du château, dont la construction était assez avancée quatre ans auparavant pour qu’il en fût fait mention dans le saisimentum.

(3) Cet acte n'avait été daté qu'approximativement par MM. E. Cabié et L. Mazens dans leur Cartulaire des Alaman, des de Lautrec et des de Lévis (Toulouse-ÂIbi, 1883, p. 2).
Une copie de cette pièce existe au château de Lafox ; elle fut collationnée à Paris, le 24 novembre 1767, par les notaires Dunois et Brulard.
La donation est datée du 13 février 1235 (1236 n. st.). Les témoins de l’acte sont Bertrand, frère du comte, Pons de Villeneuve de Montréal, R. de Lacaussade (de Calciata), Guillaume-Arnaud de Tantalon, Jean Anneil (Annoli), notaire.
Je profite de l'occasion pour rappeler que le Cartulaire des Alaman est un des meilleurs ouvrages qui aient été publiés sur des familles féodales rattachées quelque temps à l'Agenais. C’est de là que sont tirées ces quelques notes sur les Alaman, les Lautrec et les Lévis. L’index permettra de retrouver tous les passages se référant aux localités mentionnées. On pourra aussi consulter la notice que MM. Cabié et Mazens ont rédigée pour la Revue de l'Agenais (t. IX, p. 293), sous le titre "Notes concernant le domaine agenais des Alaman et de leurs successeurs immédiats"

(4) Cartulaire des Alaman... pp. 8, 31, 32, 45, etc.

(5) Ibid, pp. 7, 128, 135. On remarquera que lea Alaman, les Lautrec et les Lévis ne figurent pas dans les hommages du XIIIe siècle qui furent reçus en Agenais. C’est vraisemblablement à Toulouse ou à Albi, à leur résidence ordinaire on au centre de leurs domaines, qu'ils remplissaient cette formalité. Nous avons ici la preuve que les séries d'hommages de 1259 et de 1286 ne sont pas complètes pour notre pays.

(6) Sur cette famille, voir en plus des hommages de 1259 et 1286, et des archives de Montagnac (II. 3), l'Abrégé de la généalogie des vicomtes de Lomagne, Paris, Ballard, 1757.

(7) Faut-il rectifier Tayrac? Je crois plutôt qu’il faut lire Tusac, aujourd’hui Tonzac, commune du Lot assez rapprochée de Pestillac.
Le château de Pestillac (commune de Moncabrier) est un des plus remarquables de la région par son type et par son ancienneté. Son enceinte, flanquée de tours semi-circulaires à l’extérieur, ouvertes à l'intérieur, englobe une charmante église romane; il paraît contemporain de l’église, c’est-à-dire du XIIe siècle.
On peut compléter une visite au château de Bonaguil par une excursion à Pestillac.

(8) Ce dernier a été l’objet d’une excellente monographie : Alain-Le-Grand, sire d’Albret, par Luchaire, Paris, Hachette, 1877, in-8°. Le même auteur avait publié, en 1870, une Notice sur les origines de la maison d’Albret.

(9) Archives de Nérac, II-5.

(10) « Protestatus fuit dictus Amanevus quod, cum ipse sit juvenis et novus vassallus in predictis, si appareat ipsum pro prædictis ad plura teneri, ipse paratus est complere alia deveria si quæ appareant debita pro prædictis eidem. »

(11) Cette dernière indication est empruntée à la généalogie des Montpezat, dressée par notre excellent confrère si regretté M. Jules de Bourrousse de Laffore (Nobiliaire de Guienne et de Gascogne, t. IV). Cette généalogie est fort documentée et d’un grand intérêt. J'y renvoie le lecteur.
Le texte des coutumes de Montpezat est, m'a t-on dit, conservé dans les archives de M. le marquis de Chabrillant.
Le château de Montpezat doit être classé, à notre avis, parmi ceux qui furent édifiés dans la seconde moitié du XIIIe siècle. On sait qu’au siècle suivant les incidents de Montpezat marquèrent le début des hostilités de la fameuse guerre de Cent ans. (Voir un mémoire de Bréquigny reproduit dans la Revue de l'Agenais, t. XII, p. 560; XIII, p. 61, 187).
Pour des articles très sommaires comme celui ci, je ne puis indiquer toutes les références. On en trouvera sur les Montpezat dans Ville libre et barons ; — le Livre de raison de Bernard Gros, etc.

(12) Il faut cependant ajouter à la décharge des Montpezat qu'ils pouvaient produire un titre. En 1348, Edouard III avait donné à Rainfroid de Montpezat Saint-Sardos, Granges, Sainte-Foy de Pechbardat, Lacépède, Saint-Michel, Rides.
Mais les rois de France devaient-ils admettre la validité des actes passés par leurs ennemis?

(13) On peut en juger par un curieux procès-verbal d'élection de Charles de Montpezat comme député de lu noblesse aux Etuts-Généraux de 1484. Cette pièce intéressante, qui fuit partie du fonds du Grand Prieuré de Toulouse, transcrite par M. O. Fallières, doit être prochainement adressée à la Société des Archives historiques de la Gironde.

(14) Trésor des Chartes, J. 314. Toulouse, VII, n° 46. — Cette pièce m’a été indiquée par M. A. Ducom. Elle fut rédigée en présence de grands personnuges alors à Agen. En voici la fin: « Actum est upud Agennum, quarto idus Junii, anno Domini millesimo ducentesimo quadragesimo nono. Testes presentes interfuerunt vocati et rogati dominus Geraldus episcopus Cuturcensis et dominus Amalricus, vicecomes et dominus Narbonne, etc., et ego Bernardus Aimericus, publicus Tholose notarius, qui, mandato ipsius domini comitis et Arnaldi Garsie, hanc cartam scripsi. »

(15) J’ai cru devoir réduire à ces quelques lignes les nombreuses données sur les du Fossat qui ont été utilisées dans Ville libre et barons et Le château de Madaillan.

(16) Voir: Une grande chrétienne au XIIIe siècle. Anne de Caumont..., par le Père Chérot, Paris, imp. Dumoulin, 1896, in-8°.

(17) Voir sur cet incident Revue de Gascogne, 1877, p. 297 et 493.
J'ai emprunté aux notes prises sur des actes par Mme la comtesse de Raymond la mention de l’acquisition du moulin de Rigoulières par les Lustrac et la date de la transformation de leurs deux moulins en forteresses.



Source: Georges Tholin, Notes sur la féodalité en Agenais, au milieu du XIIIe siècle, Revue de l'Agenais 1896/1899



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