La Justice en Agenais

Les Magistrats
du Présidial Sénéchal.
Des Tribunaux Révolutionnaires
et de la Cour D’appel D’agen
[1551-1900]
Par Jules SERRET
Avocat
Membre des Académies des Sciences et Belles – Lettres
de Bordeaux, Toulouse, Nantes, Agen, etc.
AGEN
IMPRIMERIE ET LITHOGRAPHIE AGENAISES
1900


AVANT-PROPOS

Les magistrats de l’ordre judiciaire qui se sont succédés dans l’Agenais, depuis la fondation du présidial sénéchal en 1551 jusqu’à nos jours, semblent à peu près inconnus de la postérité.

Il m’a paru intéressant de faire revivre leur mémoire, malgré la pénurie des documents qui peuvent les concerner.

Bon nombre ont rendu d’éminents services dans la série des évènements politiques qui ont agité le pays soit durant les guerres civiles et religieuses et celles de la Fronde, soit pendant la période révolutionnaire et celle du XIXe siècle.

Celte résurrection des trépassés agenais (dont les cendres n’existent plus nulle part) avait déjà séduit ma pensée, lorsqu’en 1886, je publiai une brochure, où je fis revivre la tradition intégrale des élections annuelles municipales d’Agen depuis l’année 1222 jusqu’à nos jours.

Le même esprit de suite d’équité m’a conduit à compléter aujourd’hui celle sorte de regénération envers des hommes distingués par leur érudition supérieure, leur noble dévouement au pay natal et dont les noms restent l’honneur impérissable des anciennes familles agenaise.


LA
COUR DU PRÉSIDIAL SÉNÉCHAL D’AGEN

CONSIDÉRATIONS HISTORIQUES

Agen, municipe romain avant l’invasion des Francs, devint cité épiscopale sous les princes mérovingiens et carolingiens.

Ancienne Justice agenaise

Après avoir subi la terrible invasion des Normands, en 848, elle se releva peu à peu de ses ruines et dépendit successivement de l’autorité des Ducs de Gascogne, des Comtes de Toulouse et de Poitiers, qui lui accordèrent des privilèges et des franchises, sous forme de chartes, en 1196, 1221, 1226, 1286, 1301 et 1341.

Celle des Evêques

Les Comtes avaient en principe le pouvoir judiciaire. Toutefois, vers 1050, Guilhaume VI partagea avec Arnaud de Boville, évêque d’Agen, le droit de haute justice (justicia sanguis), et celui de basse justice.

Mais ce paréage ne subsista que jusqu’en 1217. A ce moment, Raymond VII reprit sur Arnaud de Galard, la coseigneurie, c’est-à-dire les concessions accordées aux précédents prélats.

Cette revendication fut encore plus strictement exercée en 1255, par Alphonse de Poitiers. Les Comtes déléguaient l’exercice de leur autorité à l’un de leurs principaux officiers sous le titre de Baile ou de
Sénéchal.

Celle des Bailes et Sénéchaux

L’origine de ces personnages parait difficile à établir. Doit-elle remonter à l’année 1166, comme l’indique dom Vaissette ? On peut le conjecturer d’autant plus que Pierre de Vaux de Cernay relate qu’en 1211, Hugues d’Alfar avait ce titre en Agenais, au nom de Raymond VI, comte de Toulouse.

Leurs atttributions

Une charte de 1286, donnée par Edouard III, roi d’Augleterre, les considère d’abord comme gouverneurs militaires des provinces, avec un caractère tout momentané, et selon l’idée romaine, ne pouvant se marier, ni acheter de biens fonds, dans l’étendue du lieu de leur commandement.

Comme premier magistrat judiciaire de la sénéchausée, devant sa cour étaient portées le affaires en appel du ressort et, en première instance, les cas royaux, c’est-à-dire port d’arme sur le terrains du roy, combats privé, infraction aux trèves et violations de sauvegardes accordées par l’autorité souveraine.

Cour primitive du Sénéchal

La cour du sénéchal était primitivement composée l° d’un juge mage, nommé personnellement par le Comte suzerain avec 100 livres de traitement ; 2° de notaire et de clercs qui rédigeaient la procédure et assistaient les clients à l’audience.

Les arrêts étaient le plus souvent rendus d’une façon verbale, sans transcription régulière des registres. De là, naissaient mille contestations qui provoquaient des recors ou recours à une sentence sollicitée des grâces du sénéchal.

Au point de vue financier, le sénéchal était le receveur général comptable de tout les revenus du souverain : produit du fouage, de la directe, du greffe, du sceau, du salin, du péage sur Garonne à Marmande, etc., etc.

Quant aux bailes, dont parle l’histoire, antérieurernenL aux sénéchaux et avec des attribution presque analogues, les Bajuli, apparaissent ver 954, au milieu du Xe siècle d’après Boutaric et Molinier.

Ils étaient chargés, comme délégués et puis comme fermiers, des hautes fonctions administratives et judiciaires.

Ce fermage donna lieu aux abus les plus odieux et les plus révoltants. Pour y mettre un terme, les Comtes de Toulouse déférèrent la connaissance des affaires civiles à des jurisconsultes qui prononçaient leurs sentence sous la présidence du baile, lequel jugeait seul précédémment.

Pouvoirs judiciaires octroyés aux consuls agenais

D’un autre côté, les villes, celle d’Agen entre autres, obtinrent vers 1270 l’érection de tribunaux criminels où siégèrent leurs édiles, sous la présidence nominale du baile ; de telle sorte que les attributions judiciaires de ce dernier furent de plus en plus amoindries et réduites au côté simplement administratif.

Dépendance successive des parlements de Toulouse et de Bordeaux

Le siège de la cour du sénéchal d’Agen dépendit d’abord du ressort du parlement de Toulouse, puis de celui de Bordeaux à partir de 1451, date de la fondation de ce dernier. « Et sera – dit l’article 20 de ce traité passé le 21 juin 1451 entre les commissaires du roy Charles VII et les députés des trois états de la province – Et sera le Roy content qu’en la dicte cité de Bourdaulx y ait justice souveraine pour connaître, discuter et déterminer définitivement de toutes les causes d’appel qui se feront en icelui païs, sans qu’i ceux appeaux par simple querelle ou autrement, soient traictés hors de la dicte cité. »

Les troubles survenus dans la Guyenne retardèrent l’exécution de cet article.

Ce fut Louis XI, par lettes patentes du 10 juin 1462, qui réalisa la promesse de son prédécesseur.

Ce dernier entre en exercice le 12 nov. 1462

Le Parlement entra en exercice le 12 novembre 1462,le lendemain de la fête de saint Martin.
Le roy lui donna, pour tenir ses séances, le palais de L’Ombrière (castrum Umbrariae), ancienne résidence des Ducs d’Aquitaine.

En 1469, Louis XI céda à son frère Charles, duc de Berry, la Guyenne à titre d’apanage.
Le parlement fut alors transféré de Bordeaux à Poitiers, parce que les hautes cours ne pouvaient tenir leurs séances dans les terres apanagées.

Ses changements de résidence

A la mort du duc Charles (1471), le parlement rentra à Bordeaux.
La peste, qui règnait fréquemment dans cette ville, obligea souvent les membres de cette compagnie à quitter leur résidence pour aller dans une ville relevant de la juridiction. Pour cette raison, le parlement siégea :

A Libourne, en janvier et février 1473; à Bergerac, en 1495; à Saint-Emilion, en 1501; à Libourne, en 1515, 1528, 1546, 1556, et cent ans plus tard, à Agen, en mars 1653.

Il siège à Agen en mars 1653

Ce parlement fut d’abord composé d’un très petit nombre d’officiers: un président et sept conseillers. Des édits augmentèrent successivement le nombre des charges. Elles eurent cent dix-neuf titulaires à la fin du règne de Louis XIV.

Le ressort du parlement comptaient vingt-neuf sénéchaussées, parmi lesquelles se trouvaient neuf présidiaux situés à Bordeaux, Libourne, Périgueux, Agen, Sarlat, Bazas, Condom, Nérac et Dax. La juridiction entre les deux parlements de Toulouse et de Bordeaux n’était pas bien dessinée : ainsi Laplume dépendant de Lectoure rentrait dans le parlement de Toulouse; le territoire de Condom appartenait à Bordeaux. Le transfert du parlement de Bordeaux à Agen fut un grand évènement et des plus désagreables pour les officiers du présidial.

Protestation des magistrats du Présidial évincés de leur local.

Le registre des audiences le constate ainsi qu’il suit:

SÉANCE DU 14 FÉBVRIER 1653.

« Par lettre de cachet datée de Mantes, le 16 octobre 1652, le Roy, pour cause de sédition, transfère à Agen le parlement de Bourdeaux et ordonne aux officiers du présidial de céder leur palais aux gens de Bourdeaux. Assemblés dans la chambre du conseil, Me Martial de Bordes, lieutenant, expose que la compagnie ne répugne à obéir aux ordres du Roy ; mais comme la maison où elle siège est acquise de ses deniers propres et particuliers, sans aucun bienfait du Roy, elle espère de la justice de Sa Majesté, qu’elle trouvera à propos qu’une partie du dit palais soit réservée, afin que le présidial y rende la justice, d’autant plus qu’il est impossible de trouver dans la ville un autre lieu commode. »

Signé: Boissonnade, juge mage.

Après réflexion, un accord parut intervenir. Il fut convenu que la compagnie se réserverait la chambre haulte de la Tournelle et celle qui est joignant icelle, comme aussi la la chambre des greffiers.

L’exécution de ce projet devint impossible devant les exigences des magistrats de la haute Cour, tendant à remplir l’intégralité du palais et au delà.

Ne sachant où se loger les officiers du présidial s’adressèrent aux consuls de la ville pour obtenit un local suffisant et convenable.

Refus formel de la part des édiles.

Un registre des Archives nationales KK, n• 1220, page 41, relate à ce propos, la lettre du l5 mars 1653 que les consuls Pierre Delas de Brimont, de Ratier, advocat, Baratet, marchand, Jehan Labolbène, homme d’armes, Daunefort, advocat, Bernard Gardès, marchand, firent parvenir au cardinal Mazarin.

Au milieu de beaucoup de compliments et de protestations à l’adresse de son Eminence, éclatent de vives plaintes contre Messieurs du Présidial, réclamant qu’un lieu spécial leur fut procuré, aux frais de la ville, pour rendre la justice. Leur palais étant momentanément occupé par le parlement de Bourdeaux transféré à Agen.

Intervention conciliante des consuls

« Les consuls supplient son Eminence de vouloir bien les exonérer des frais d’une nouvelle installation et d’inviter les présidiaux à siéger dans la grande salle de l’hostel de M. le président de Boissonnade, très espatieuse pour exercer commodément la justice. »

Séances du parlement

La première séance du parlement s’ouvrit à Agen, le 3 mars 1653 ; y assistaient :
MM. Lalanne, 1er président, Pichon, président à mortier. Les conseillers Pomiès, doyen, Sahourin, Lalanne d’Uzeste, du Verdier, Massiot, Martin, Muscadet, Duperier, Duburg, Montaudon, Malvin.
L’avocat général Lavie.
Msg Barthelemy d’Elbène, évêque d’Agen.
Les officiers du présidial, les consuls, etc.
Le séjour du parlement fut de très courte durée.

La peste cause sa fuite vers La Réole

La peste ayant éclaté dans la ville et ayant frappé mortellement l’un des laquais de M. le président Arnaud de Pontac, les magistrats furenl remplis d’épouvante. lis quittèrent précipitamment l’Agenais et s’installèrent à La Réole le 16 juillet de la même année.
La lettre royale de ce transfèrement fut signée à Pontoise le 8 octobre 1653.

Institution des présidiaux en 1551

Présidial, du latin proesidium, signifie secours, protection. Ce terme de palais s’appliquait à un tribunal composé de juges supérieurs devant lesquels on appelait des juges inférieur, suivant les ordonnances de Charles VIII en 1490, art. 35, et de Francois Ier en 1536.

Henri II les réorganisa par un édit spécial de mars 1551 tendant à abréger la durée des procès et à décharger les parlement d’un grand nombre de litiges sans importance.
Le présidial, placé au chef-lieu de la sénéchaussée, devait être composé de neuf magistrats au moins, y compris les lieutenants généraux ot particuliers civil et criminels ; de telle sorte qu’il devait y avoir sept conseillers en exercice.

Leur compétence

Il prononçait en dernier ressort jusqu’à 250 livres de principal ou 10 livres de rente ; et par provision, nonobstant appel, juqu’à 500 livres ou 20 livres de rentes.

A la suite d’un édit bursal, du 22 août 1552, ayant pour objet de remplir les caisses royales épuisées par la guerre avec Charles Quint, Catherine de Médici favorisa les usurpations des présidiaux.
Une ordonnance de 1777 étendit la compétence jusqu’à 2,000 livres.

Les conseillers devaient être âgés de vingt-cinq ans, licencié et gradués, et le président ne pouvait siéger qu’à trente ans révolus.

Formalités d’admissions

Le mode de réception est curieux à relater : à l’audience, un code fermé est remis aux mains du postulant au titre d’officier, celui-ci l’ouvre au hazard et choisit dans la page le texte qui doit former l’objet de son examen.

Trois jours après, l’épreuve est subie et l’advocat du roy se déclare, sauf très rares exceptions, satisfait des réponses.
Le postulant se met à genoux et, la main droite sur le livre des Evangiles, jure d’exercer loyalement les fonctions de sa charge.

Le juge mage le relève, le présente à la Cour et le conduit au siège qu’il doit occuper dans la chambre du conseil et dans le parquet.

Edits de créations des offices

Henri II, par un édit de juin 1557, créa un office de président ayant la préséance sur le lieutenant général.

Les présidents momentanément supprimés par les ordonnances d’Orléans et de Moulins (1566) furent rétablis en 1568.

Un édit de 1586 porta création des offices de lieutenants particuliers assesseurs criminels. Plus tard, une déclaration royale du 11 juillet 1765 décida que ces magistrats, en l’absence des lieutenants particuliers, ne seraient pas plus appelés à présider que les plus anciens conseillers. M. de Lacuée touché par cette ordonnance, résista à son exécution. Il y fut rappelé par une lettre du vice-chancelier de Paris, le 22 juin 1768.

Les charges créées près les cours et tribunaux furent vénales. Si elles coûtaient peu au roy, elles coûtaient énormement aux plaideurs, en présents de toutes sortes : argent, bijoux, étoffes, vins, gibiers offerts aux titulaires, à leurs femmes, secrétaires, domestiques, sous le nom mémorable d’épices.

Leurs privilèges d’hérédité et de vénalité

Les offices devinrent héréditaires. On trouvait dans une succession, avec les meubles et les immeubles, le droit de juger, d’emprisonner, de torturer et de pendre, dont, sous certaines conditions d’aptitude, on pouvait trafiquer !

La France comptait avant 1789 douze parlements qui étaient en tête de l’adminisiration judiciaire, puis les sénéchaussées ou bailliages, les chatellenies ou prévotés.
Ces trois ordres formaient la juridiction royale.
Au-dessous se multipliait à l’infini la juridiction seigneuriale.
Agen ressortait du parlement de Bordeaux.

Toutefois, en vue d’apaiser certaines difficultés qui existaient entre les consuls d’Agen et les officiers de ce parlement, Henri IV voulut par lettres patentes du 30 juin 1598 que les appels de la sénéchaussée d’Agen fussent portés pendant dix ans (jusqu’au 1er juillet 1608), devant le parlement de Toulouse. Ce qui eut lieu effectivement comme l’indique le registre des séances du présidial d’Agen.

Personnel de la cour

D’après un document des archives nationales carton K 1170, fonds français, vol. l8.712, page 544, le siège présidial d’Agen était composé :

D’un juge mage, lieutenant général,
D’un lieutenant criminel,
D’un lieutenant principal,
D’un lieutenant particulier,
D’un assesseur criminel,
De vingt-deux conseillers, plus tard réduits à seize,

Au parquet,

D’un procureur,advocat du roy,
D’un substitut, avec un greffier en chef,
Deux commis greffier,
Deux enquesteurs,
Quatre auditeurs des comptes,
Un certificateur des criées,
Trente-neuf avoués ou procureur, plus lard réduits à quinze,
Six huissiers,
Un prévost, son lieutenant et de cavaliers.

Etendue de son ressort

Le domaine de ce siège s’étendait le long de la Garonne, depuis Pomevic, à l’embouchure du Tarn, jusqu’à Marmande inclusivement ; d’un autre côté et plus loin jusqu’à Duras et La Sauvetat de Blanquefort.

Il était borné par les présidiaux du Quercy, du Périgord, de Bazas, de Condom et de Nérac.

Son étendue fut plusieur fois mise en question. Par lettre en forme de charte datée d’Auch, au mois d’avril 1528, François Ier ordonna que le ressort de la sénéchaussée d’Agenais et Gascogne, dont le siège était établi à Agen, ne serait pas démembré et qu’il ne serait établi aucun autre siège sénéchal dans la circonscription, notamment à Sainte-Foy de Dordogne et Villeneuve d’Agenais.

Cette lettre fut obtenue au prix de 5,000 livres payées par les consuls d’Agen.

Henri IV la confirma par une autre lettre datée de Lyon, le 5 septembre 1595, enregistrée au Parlement de Bordeaux, le 23 novembre suivant et à Agen le 23 janvier 1596.

Par édit daté de Follanbray, le 15 octobre 1595, le Roi créa vingt-une nouvelles charges de procureurs postulants au siège présidial d’Agen et porta ainsi à soixante le nombre de ces officiers au lieu de trente-neuf.

Le motif réel de cette mesure était le seul besoin d’argent et non l’intérêt des justiciables alléguées dans les considérants de cet édit (Reg. 3, folio 52).

Enfin, le même prince accorda aux officiers de cette juridiction l’exemption du logement des gens de guerre.

Démembrement par la formation de la Sénéchaussée d’Aiguillon 1650

Quelques années après, un démembrement eut lieu par la formation d’une sénéchaussée à Aiguillon.
Un arrêt du Conseil d » Etat de 1650, confirma à Marie de Vignerot, duchesse d’Aiguillon, nièce du cardinal de Richelieu, engagiste de l’Agenais et du Condomois, le droit de nommer aux offices royaux dans l’étendue des terres engagistes.

Le nouveau présidial comprit les terres fort riches des baronnies d’Aiguillon, de Sainte Livrade, de Montpezat et de Madaillan avec les paroisses de Coleigne, Lacépède, Granges, Le Temple et Dolmayrac.

Les magistrats du présidial d’Agen protestèrent longtemps mais en vain contre cette réduction du meilleur de leur apanage.
Ils étaient très jaloux de leurs prérogatives et très fiers de leur titre. Ils donnaient à leurs décisions le nom d’arrêts, s’affublaient de toques et de robes rouges, sans compter l’hermine dans les occasions solennelles.

Valeur de l’office de juge mage

L’office de juge mage fut toujours très ambitionné.
D’après le registre des insinuations, cette charge fut payée 33.000 livres, en 1606, alors qu’elle fut occupée par Jehan Dorty.

Elle fut vendue 40.000 livres, en août 1778, par son titulaire Joseph Médard de la Ville, à Mestre Charles de Lafitte, conseiller au parlement de Douay; le contrat fut signé chez Me Audubert, notaire à Agen.

La simple transmission d’un office de conseiller, par exemple celui de Géraud Rossannes, succédant à son père en 1605, donna lieu au minimum des frais suivants :

83 livre, 6 sols et 6 deniers.
625 livres de provisions.
108 livres pour le droit du marc d’or.
_____
816 livres.

Fiscalité royale sur toutes les charges

Un édit de juin 1715, concernant les offices de garde des sceaux, audienciers et secrétaire des sièges présidiaux, ordonne aux titulaires créés avant l’édit d’avril 1672 et qui voudront conserver les privilèges y attachés, de payer un supplément de finance calculé au denier trente.

D’où il résultat que le garde scels du présidial d’Agen eût à verser 6.000 livres, et chacun de audienciers et secrétaires 10.000 livres, à partir du 14 décembre 1715.

Les offices judiciaires se vendaient comme toute les autes charges. Outre le prix d’acquisition payé au titulaire vendeur, il élait dû un autre droit au roi, ou au seigneur, qui avait qualité pour pourvoir l’acquéreur de l’office acheté. Ce droit variait suivant l’importance de la charge qui donnait lieu aux lettres de provisions.

Il y avait encore un droit d’installation, sous la dénomination de marc d’or payé au moment de la prise de possession de la censive. Ce droit variait également suivant la valeur de la charge.

Taxe de 500 livres sur les les officiers non fils de mestres

En 1703, la caisse de la compagnie se trouva surchargée de dette. Pour les payer, les magistrats convinrent de frapper d’une taxe de 300 livres chaque nouvel officier entrant s’il n’était pas fils de mestre.

Cetle contribution fut appliquée plusieurs fois, notamment à l’égard de Dailhem (Pierre) nommé président.

Son versement fut effectué le 9 mars 1714.

Les gages des magistrats du présidial furent, dès l’origine, consignés sur un registre (page 315), dont nous retrouvons le chiffre en date du 14 juin 1554 : Pierre Redon, lieutenant au dit siège, 50 livres ; Florent du Reppaire mêmes émoluments avec Tholon, Rossannne, Dulaurens, Jordan, Roubert Ramond et Gauché.

Plus tard, un arrêt du Conseil d’Etat, n° 5574, du 9 novembre 1599, prescrivit que les gaiges des officiers du présidial d’Agen seraient payés sur le subside du sel levé tant par eau que par terre dans le ressort de la sénéchaussée, nonobstant l’opposition du Tiers Etat du pays.

Rêsidence primitive du présidial à l’Hôtel de Ville 1552

La cour du présidial sénéchal d’Agen tint primitivement en 1562 ses audiences dans la salle haute de l’hostel de ville (BB. reg. 27, arch. d’Agen).

Les consuls louèrent expressément à cet effet (nomine precario) vingt-deux sièges pour l’installation.

Il partage ce local avec la chambre de l’Edit, 1578

Mais, une ordonnance du 22 juin 1574, ayant créé à Agen, l’apaisement de la guerre civile entre les catholiques et les protestants, une Chambre tri-partie ou de l’Edit composée d’un président et de douze conseillers, parmi lesquels figurèrent Pithou et Loysel, célèbres jurisconsultes de Paris, le présidial fut obligé en 1578, de céder aux nouveaux magistrats, le local qu’il occupait à la maison de ville.

Il logea, la même année, sur les ordres de M. de Biron, à l’ancien château de Montrevel, situé hors de la vieille enceinte sur les bords du fossé de ville. Ce manoir avait été occupé par les Anglais, pendant la guerre de cent ans. Il fut acheté à damoiselle de Cibaut, veuve de Vigier, sieur de Pelleguignon et tutrice de ses enfants mineurs, pour la somme de quatre cents écus.

Achat du vieux château Montrevel 1584

Dans cette circonstance, mestre Arnaud Delpech, conseiller et procureur du roy, signa l’acte d’acquisition en qualité de mandataire de ses collègues, le 29 juillet 1584.

Ce vieil édifice, laissé sans entretien pendant quatre-vingts ans, finit par être inhabitable. Une séance extraordinaire fut tenue le 24 janvier 1664, à ce sujet. On lit dans le procès-verbal ce qui suit :

« Après une visite opérée par les mestres maçons, sous la surveillance d’un officier spécial des finances de Guyenne, il fut reconnu que les murailles du palais menaçaient une évidente ruine ; qu’il fallait déloger et se retirer à la maison commune, car le toit d’icelle était sur le point de choir, s’il n’était promptement réparé. »

Règlement des procédures

Le règlement de la procédure suivie pour les affaires portées devant le présidial, conformément à l’art. 16 de l’ordonnance de François 1er, est relaté dans le registre 9, page 24, des actes de cette compagnie. On y trouve la forme prescrite à l’instruction, les devoirs des advocats, procureurs, greffiers, huissiers et sergents.

La nomenclature contient :

l° L’ajournement en première instance.
2° La présentation.
3° Les deffautz.
4° Les droits du greffe.
5° Procès d’appel par écrit.
6° Les appellations verbales.
7° Matières en première instance.
8° Les contrariettés.
9° Les matières possessoires et matières prophanes.
10° Matières scandalles.
11° Recognaissance de promesses.
12° Arrêts de querelle ou réintegrande.
13° Jugements exécutoires nonobstant appel.
14° Lettres royaux en revision ou relief.
l5° Criées.
16° Matières possessoires et ban fiscalles.
17° Despens.
18° Requestes civiles.
19° Surannations.
20° Bénéfice d’inventaire.
2l° Cession de biens.
22° Matières criminelles.

Rôle politique des officiers du présidial

Les officiers du présidial ne restèrent pas étrangers aux mouvements des idées politiques de leur époque.

Le 14 juillet 1594, il adressèrent à Henri IV une lettre curieuse au sujet de la soumission de la ville d’Agen à son autorité.

Le rôle qu’il jouèrent durant la tourmente des guerres de religion est diversement interprété par les annalistes agenais. La majeure partie, très dévouée au pouvoir royal et placée ou l’influence de Monluc, obéit plutôt par crainte que par conviction aux ordres du gouvernement.

Au dernier chapitre du registre de 1eur délibérations, nous trouvons cependant leur opinion fortement motivée à propos d’une lettre du subdélégué d’Agen, M. de Rissan, et intitulée Voeux des trois ordres tendant à la formation d’Etats particuliers à la province de Guyenne, émis sur la proposition de la noblesse de Bordeaux. Or, cette noblesse ne payait pas de taille personnelle, lorsque le pays d’Agenais en était écrasé.

Cette grave considération fit repousser le voeu et les motifs énergiquement formulés, qui furent transmis le l8 janvier 1789 à M. de Necker, directeur général des finances, à Paris.

Les magistrats du présidial prirent également à coeur les intérêts de la cité d’Agen.

On le voit participer aux réunions de trois ordres, notamment le 10janvier 1612, sous la présidence du sénéchal d’Esparbès de Lussan, en mars 1614, et octobre 1615, sous la présidence d’Anthoine Boissonnade, juge mage, le 15 janvier 1619. Les jurats leur reprochèrent de briguer les charges consulaires, au méprit de la défense qui leur était faite par le Roy. Ces griefs n’empêchèrent pas le compétition locales et le assemblées tenues le 5 avril et 8 juin 16l9, 13 janvier 1620, 23 février 1623, avril 1630. Les détails en sont fournis par les registres consulaires portant les numéros 42, 43, 45 et 47.

Leur esprit de charité et de réserve envers l’Evêque

Le 17 avril l707, le bureau de l’hôpital Saint-Jacques eut besoin de réunir le conseil d’administration.

L’Evêque craignit de s’y rendre à cause du grand nombre des malades, ce qui fit que les magistrats du présidial vinrent à la réunion convoquée à l’Evêché.

Ayant dérogé à leurs coutumes, des remontrances furent faites à ce sujet et consignées sur le registre de la cour, page 240.

Hiver terrible et famine de 1709

En présence de la famine causée par les froids extraordinairement rigoureux de 1709, les trois corps se réunirent à l’hôtel de ville et se cotisèrent afin de secourir les pauvres.

M. du Rosel, lieutenant-général et commandant la province, vint exprès à Agen pour les présider le 5 janvier 1709.

Souscriptions de Secours

Les sommes souscrites et réalisées s’élevèrent à 1.400 livres sur lesquelles :

L’Evêque d’Agen versa……..200 livres.
L’intendant général……….200 livres.
Le présidial ……………..50 livres.
Le chapitre Saint-Etienne…..83 livres.
Le chapitre Saint-Caprais…..51 livres.
Les élus………………….20 livres.
Les consuls……………….30 livres.
Le surplus fut fourni par les
jurats et les bourgeois……766 livres.
___________________________________________
Ensemble……………….1.400 livres.

Conflit entre les consuls et les présidiaux sur le contrôle des comptes

Jaloux d’inspirer leur autorité aux membres de l’édilité, ils invoquèrent sans cesse les termes d’un arrêt du Parlement de Bordeaux, daté de janvier 1605, enjoignant aux consuls de soumettre leurs comptes au contrôle du juge mage. Cet arrêt, expédié en décembre 1607, souleva la plus vive opposition. Il tomba en désuétude.

A ces prétentions exagérées, les jurats répondaient en invoquant un autre arrêt de la cour du parlement de Bordeaux rendu le 6 avril 1598, reconnaissant à ceux-ci l’exercice de la justice civile, nonobstant l’ordonnance de Moulin de 1551, sur les attributions des magistrats présidiaux {voir registre 37, page 354).

Leur accords unanimes pour le soulagement des malheureux

Ces désaccords passagers disparaissaient dans les circonstances graves où les intérêts généraux du pays étaient en souffrance. On doit rappeler à leur honneur la mémorable délibération des trois ordres prise en 1789, en vue d’emprunter 24.000 livres pour acheter des grains et atténuer l’affreuse misère qui aifamait les habitants du pays.

Cette délibération porte les signatures suivantes :

DE LAFITTE, président ;
SA1NT-PHILIP, lieutenant général criminel ;
BOSQ, lieutenant principal ;
UCHARD, lieutenant particulier ;
LA BOISSIÈRE, BERGOGNIÉ et MARTINELLY, conseillers.

Archives du Présidial d’Agen

Total général des affaires civiles et criminelles de 1596 à 1790

Le fonds des papiers du présidial sénéchal d’Agen, d’abord transmis au greffe de la cour d’appel d’Agen, a été définitivement déposé aux archives de la préfecture de Lot-et-Garonne.

D’après l’inventaire dressé lors du classement d’entrée, il contient 856 articles afférents aux causes civiles, à partir de l’année 1596 jusqu’en 1790.

Les dossiers sont peu volumineux comparés aux 349 articles relatifs à la procédure criminelle de 1604 à 1790.

Juges Mages de l’Agenais

Les archives de l’Agenais fournissent les noms de quelques juges mages antérieurs à la formation de la cour présidiale en 1551. On trouve en :

1279 – SAINT-LOUP (BERNARD DE)
1305 – MONT (JACQUES DU)
1308 – DÉEN (GUILHEM), alias Ramond Conselet. Avec Guilhem Descays, Jehan Bernardou pour juges ordinaires et Jehan Destevit pour trésorier des advocats.
1313 – LESPINASSE (BERNARD DE) Nommé par le roi d’Angleterre.
1316 – LACASSAIGNE (BERNARD DE)
1331 – ALIBENAS (RAMOND d’)
1332 – GAILHET (BERNARD)
1344 – AURELZIER (PIERRE)
1346 – PRULHANO (FORTANER DE) Pour le roi de France
1347 – BALBET (JEHAN). Licencié es lois, installé par le sénéchal Robert d’Houdetot ; prête serment aux consuls d’Agen, suivant les statuts locaux.
1365 – CARNELS (RAMOND DE)
1484 – TORTY (PIERRE)
1494 – PRADES (CORTÈTE DE) ?
1500 – ESTRADES (FRANÇOIS) ? Ancêtre du maréchal de France de ce nom.

1508 SEVIN (JACQUES DE)

Dont le grand-père Jehan Sevin, orignaire de Sevin, en Piémont, vint s’établir dans l’Orléanais.

Jacques abandonna sa famille des bords de la Loire et se fixa à Agen. Louis XII lui octroya l’office de juge mage vacant en 1508.

Il épousa en première noce Jehanne Coesne de Paris, et en seconde, Marie Rousseau. Il eut six enfants. Hermann, son fils ainé, lui succéda.

1540 SEVIN (HERMAN DE)

Sieur de Lagarde et de Primet, (paroisse de Port-Sainte-Marie).

D’après les registres secrets du parlement de Bordeaux, vol. 22, 367. Ce magistrat presta serment le 10 décembre 1540, dans la grand chambre du parlement.

Il épousa Françoise de Rans de Maniban. Secrètement dévoué aux idées de la Réforme, il les défendit habilement contre Monluc et le parlement de Bordeaux. Un rapport sur la prise d’Agen par les Huguenots, le l7 avril 1562 et son occupation jusqu’au 13 août suivant, le démontre d’une façon suffisante.

1567 NORT (ANTHOINE DE)

Sieur de Lamothe Ferrand, fils de Pierre de Nort, sieur de Naux, premier consul d’Agen en 1569, 1579, 1584, tué le 5 janvier 159l, en défendant la ville contre les Protestants.

Anthoine, qui habitait une vaste maison derrière l’évêché, était déjà conseiller au présidial depuis 1561, lorsqu’il fut nommé juge mage, par lettres patentes de Charles IX, le 7 septembre 1567. Ces lettres furent confirmées par celles de Henri III, du 26 décembre 1583. Il presta serment le 12 janvier 1584.

Son mariage avec Françoise de Chazotte eut lieu le 2 décembre i574. Cette dame était veuve du sieur Alain Delas, coseigneur d’Espalais et soeur d’Anthoine de Chazotte, trésorier de France.

De Nort mourut le lO février 1587, jour du mardi gras, d’nprès le mémoires du consul Trinque.

Il fit testament le 13 août 1584, laissant trois enfants. Sa deuxième fille Gabrielle fut mariée, le 14 mars 1594, avec Gratien de Godailh, sieur d’Arasse, receveur des tailles à Agen.

Sa succession au siège de juge mage fit naitre de vives compétitions entre les consuls, qui visaient à retenir l’exercice de la justice civile et criminelle et les membres du présidial.
D’après le registre n° 36 des jurades, les consuls rassemblés, le 10 mars 1587, avec les jurats, délibérèrent pour obtenir la nomination de Geoffroy Malvin, sieur de Cussac, conseiller à la cour de Bourdeaux, à l’office de juge mage.

A cette fin, ils adressèrent une supplique au maréchal de Matignon, gouverneur de la Guyenne, pour obtenir, par son puissant concours, cette nomination.

Mestre Boissonnade, juge ordinaire, se présenta comme candidat à l’office vacant et contredit les conclusions de la jurade. Il est nécessaire, dit-il, de convoquer les représentants des onze villes principales de la sénéchaussée, pour vider la question pendante et éviter des troubles à cette occasion.

Huit villes : Port-Sainte-Marie, Marmande, Monclar, Villeneuve, Sainte-Livrade, Cassanel, Pene et Aquilon, opinèrent suivant leurs intérêts particuliers.

Les magistrats du présidial tinrent, de leur côté, une assemblée dans la chambre du conseil du palais de Montrevel.
Ils réfutèrent les prétentions de leurs adversaires et furent d’accord pour demander au roi la suppression de l’un des deux états, ou bien celui de président du présidial, ou bien celui de juge mage formant double emploi.

Ces démêlés durèrent quelques mois, au bout desquels le gouvernement maintint le même état de choses et nomma:

1588 ORTY (JEHAN D’)

Sieur de la Motte Ferrand, originaire du Rouergue.
Ce magistrat était conseiller au parlement de Bordeaux, lorsqu’il épousa Nicole de Nort, fille ainée d’Anthoine de Nort.

Il reçut en 1588, ses lettres de provisions de juge mage (lieutenant général au présidial).

Il mourut le 1er septemhre i609, laissant deux filles, dont Françoise, l’aînée, mariée le 17 avril 1605 à Boissonnade (Anthoine) avec attribution de 22.000 livres de dot.

En considération de ce mariage, Jehan d’Orty obtint de la reine Marguerile de Valois, des lettres de survivance de son office, au profit de son gendre, et puis du roi de France la confirmation de ces lettres, le 26 août 1600.

1609 BOlSSONNADE (ANTHOINE DE)

Fit signer ses lettres de provisions le 26 octobre 1609, testa le 12 septembre 1652, résigna l’office de président au profit de son fils en 1656 et mourut le 25 avril 1657.

Il fit construire en i625 un spacieux hostel dans la rue de l’escole vieille, touchant les remparts de la ville. Cet immeuble fut vendu, le 11 août 1697, pour 11.000 livres à Gratien de Rémond. Il appartient encore à sa famille.

1656 BOISSONNADE (GÉRAUD DE)

Sieur de Bellerive (paroisse de Saint-Romain, juridiction de Puymirol), successivement advocat au parlement, conseiller à la cour des aydes de Guyenne, pendant l5 ans ; second président au présidial d’Agen, durant six ans.

Ses lettres de provisions de juge mage furent signées à Paris, le 20 juillet 1656 ; enregistrées au parlement de Bordeaux, le 2 septembre suivant. Il paya 1.466 livres sa nomination et 648 livres le droit du marc d’or.

Son installation eut lieu à Agen le 20 septembre de la même aunée, sous la présidence de mestre Gabriel de Couquet, lieutenant principal.

Il épousa le 30 juillet 1653 Geneviève Ropil, nièce du grand archidiacre d’Agen, Balthazard de Gélas ; mourut le 23 juin 1682. La cour assista en corps à ses funérailles célébrées à la cathédrale Saint·Etienne par quatre chanoine, sans oraison funèbre. Sa famille s’éteignit à Agen, en l768.

1683 BARRAILLON (PIERRE DE)

Originaire de Bordeaux, advocat en parlement, remplit l’office de juge mage auquel il avait été appelé par lettres de provisions du 11 juillet 1683, en payant le prix aux héritiers de Géraud de Boissonnade.

Il épousa damoiselle Anne de Gontaud et mourut le l7 février l687.

1688 COUQUET (PIERRE DE)

Fils de Gabriel de Couquet, lieutenant principal, advocat en parlement.

D’abord pourvu d’un office de conseiller au présidial, le 15 septembre 1669, installé le 14 janvier 1670.

Fit à Paris, le 16 janvier 1688, l’acquisition de la charge de premier et ancien président juge mage, moyennant 4.400 livres. Une partie de cette somme fut attribuée à la soeur de Pierre de Barraillon, nommée Anne et mariée avec Armand Delpech.

Louis XIV confirma cette vente par lettres de provisions, datées de Paris, le 20 février 1688, et payées 1.466 livres et le marc d’or 432 livres.

Pierre prêta serment le lO mars 1688, à 1a Réole, où le parlement de Bordeaux siégeait à ce moment.

Il fut installé le 17 mars i688, par mestre Jehan Joseph de Couquet, lieutenant principal, après avoir préalablement prêté le serment d’usage, à l’hostel de ville, entre les mains des consuls.

Il épousa le 3 novembre 1671, Jeanne de la Roche, fille de Charles de la Roche, baron de Guimps.

1697 COUQUET (CHARLES DE)

Fut nommé à l’office de premier et ancien président et juge mage, par lettres royales datées de Paris, le 29 août l697, enregistrées à Bordeaux, le 24 janvier l698, en remplacement de son père, Pierre, décédé le 6 novembre 1694.

Toutefois, il dut s’abstenir de présider les audiences sur la réquisition de l’avocat procureur du roy, jusqu’à ce qu’il eût atteint l’âge requis de 30 ans. Paya sa nomination l.644 livres, pour le marc d’or 432 livres, et pour sa charge, 4.933 livres.

Le 26 janvier 1701, Charles de Couquet obtint des lettres de dispenses pour monter au fauteuil de premier président.

Il mourut le 19 may 1724. Le service de ses funérailles eut lieu à la Cathédrale.

1725 SABOUROUX (JEHAN-JOSEPH)

Etait déjà conseiller en titre depuis le 8 janvier 1713, lorsqu’il acheta l’office de lieutenant général vacant par le décès de Charles de Couquet.

Provisions signées à Paris, le 27 décembre 1725.
Installé le 7 février 1726, par Darfeuille, lieutenant principal, après avoir prêté le 5 février, à l’hostel de ville, le serment d’usage, entre les mains de Singlande, premier consul (Reg. 71 des Jurades).

Au bout de treize ans d’exercice, il résigna sa charge au profit de Jehan de Redon et fut nommé, le 11 may 1738, lieutenant général honoraire. (Reg. 127).

1737 REDON (JEHAN DE)

Né le 2 février 1706, cinquième fils de Laurent de Redon, procureur du roy, en fonction au présidial.

Il dut à la générosité de Marc-Anthoine de Couquet, sieur de Mombrun, l’office de lieutenant général, vendu à son nom, par Jehan Sabouroux, le 30 décembre 1736.

Des lettres de provisions datées de Versailles, le 27 juin 1737, ratifièrent cette cession, en y joignant des dispenses spéciales, à raison de la présence de son père audit siège.

Il fut installé avec la pompe habituelle le 24 août 1737, par Paul Capot, lieutenant principal, malgré la vive compétition de Pierre Dailhem, revendiquant les attributions de la première présidence.

Il prêta serment entre les mains du· premier président du parlement de Bordeaux, le 3 septembre i737, et le surlendemain, aux consuls d’Agen, avec le cérémonial d’usage.

Jehan de Redon épousa, le 30 novembre 1742, Jehanne de Goth de Daubeze, fille de Jean du Goth, sieur de Fousseries, coseigneur de Daubeze, et de Jeanne de Rizon.

Il mourut à Agen, le 8 mars 1784. Sa fille, Marie-Anne, épousa à Agen le 19 août 1768, François-Dominique de Bastard, sieur de Saint-Denis, grand mestre des eaux et forêts de Guyenne.

1750 BARATET (JEHAN-JACQUES DE)

Né en 1723, seigneur de Parrouty, paroisse de Perville, juridiction de Puymirol, advocat au parlement de Bordeaux.

Obtint la charge de lieutenant-général par la démission de Jehan de Redon, dans un contrat passé à Agen, le 16 juillet 1746, et par lettres de provisions datées de Versailles, le 15 décembre 1750, avec dispenses de trois ans, pour présider en chef n’ayant que vingt-sept ans.

Son installation solennelle eût lieu le 21 juin 1751, sous la présidence de mestre Lacueye, lieutenant assesseur.

1755 LA VILLE SUR ILLON (JEHAN JOSEPH-MÉDARD DE)

Seigneur de Lacépède, né à Agen, le 10 juin 1712, fils d’Anthoine de la Ville, conseiller ; fut advocat au parlement de Bordeaux.

Après le décès de Jehan-Jacques de Baratet, l’office vacant de lieutenant-général (du prix de 7.500 livres) lui fut accordé par lettres royales de Compiègnes, le 18 juillet 1755, avec dispenses, à cause de la présence de son père au dit siège.

Prêta serment le 18 août suivant, entre les mains de M. Le Berton, premier président à Bordeaux.

Le 1er septembre 1755, les consuls d’Agen, Daunefort, de Sevin, Cazabonne, Mazet et Bonnet, accompagnés des jurats, furent saluer le nouveau président lieutenant-général. Daunefort lui adressa un fort gracieux compliment.

Le jeudi 4 septembre, M. de la Ville se rendit à l’hostel àe ville pour prêter le serment d’usage, les cloches sonnant à toute volée.

Il dit : « Je jure de garder et observer de tout mon pouvoir les statuts, coutumes et privilèges de la ville et y maintenir les consulz et les habitants. »

Sitôt après, à la grand’chambre, mestre Capot, lieutenant principal, reçut le nouveau juge mage, l’installa à son fauteuil et lui remit les cartels d’affaires.

Levé de son siège, le président embrassa successivement tous les officiers qui étaient en très grand nombre, les assurant, avec la plus exquise politesse, de ses meilleurs sentiments envers chacun d’eux.

Retiré dans son hôtel, après la séance, la compagnie alla le voir en corps, et Boscq, lieutenant principal, lui offrit les plus respectueux compliments au nom de ses collègues.

Sous sa présidence et sur son initiative personnelle, le Conseil d’Etat de Paris, reçut uue requeste, « exposant que l’un des deux offices de président du présidial d’Agen, était tombé vacant aux parties cazuellss de Sa Majesté, par le décès de Pierre Dailhem.

L’intention du Roy étant de diminuer le nombre des officiers de baillages et sénéchaussées, le suppliant espère que S. M. voudra bien réunir à son office de lieutenant général, celui de président dont était pourvu le sieur Dailhem, sans néanmoins être tenu de payer à cet effet aucune finance. »

Le Conseil d’Etat adopta, le 13 may 1760, les motifs de cette requeste et Sa Majesté y donna son approbation par lettres de Versailles, le ll juillet 1760, lesquelles furent enregistrées à Agen, le 2 août 1760, sous le seing de Me de Jacobet, président.

Le 28 juillet i768, M. de la Ville fit enregistrer deux brevets importants :

Le premier, du 6 octobre 1733, portant exemption du logement des gens de guerre en faveur des officiers du présidial, rappellant ainsi le lettres patentes du 26 février 1582 et 26 mars 1650.

Le deuxiome, daté do Fontainebleau, le 30 octobre 1733, permettant aux officiers du présidial d’Agen de porter la robe rouge, à l’instar des magistrats du présidial de Poitiers, sans pouvoir y rien adjouter.

Le mariage de la Ville avec Marie Lafon, dame de Madelen eut lieu en l755. sa mort arriva le 4 décembre 1783.

Il fut père du célèbre naturaliste Bernard-Germain-Etienne de la Ville, comte de Lacépède, lequel naquit à Agen, le 26 décembre 1756, très connu comme continuateur des oeuvres de Buffon et successivement, député de Paris, président du conseil des Cinq-Cents, grand chancelier de la Légion d’honneur, président du Sénat, pair de France, décédé à Epinay-sur·Seine, le 6 octobre 1825.

1778 LA FITTE (JACQUES DE)

D’une famille originaire de Fieux, près Moncrabeau, en Condomois, naquit le 10 mars 1757.

Son père, Charles de Lafitte, épousa à Saint-Domingue, demoiselle X. Bérard, puis acheta une charge de conseiller au parlement de Douai.

Il était pourvu de cette qualité, lorsqu’il se rendit le 16 août 1778, en l’étude de Me Audebert, notaire royal à Agen, pour règler avec M. de la Ville les conditions de la cession de son office de juge mage, au profit de son fils Jacques, advocat en parlement.

Il appert de ce contrat:

Que messire Jean-Joseph Médard de la Ville, escuyer, sr de Lacépède, Colayrac et Coupat, conseiller du roy, lieutenant général et président en la sénéchaussée et siège présidial d’Agenois, demeurant en son hostel, paroisse Saint-Estienne, a vendu, en faveur de noble Charles de Lafitte, escuyer, conseiller secrétaire du roy en la chancellerie près la cour du parlement de Douay, habitant en son château de Lajoannenque, paroisse et juridiction d’Estaffort, à ce présent et acceptant, la charge et office de conseiller du roy, lieutenant général en la sénéchaussée et siège présidial d’Agenois dont le dit sieur Laville est pourvu, suivant provisions qui lui en furent accordées par S. M. le 18 juillet 1755, moyennant la somme de quarante mille livres.

Témoins: Pierre PAGANEL, prêtre du diocèse, futur conventionnel ; François LARROCHE, commissaire général aux saisies réelles de la sénéchaussée d’Agen.

Les lettres de provisions signées à Paris, le 2 septembre 1778, stipulaient que le postulant, âgé seulement de vingt-un ans et demi, n’aurait voix délibérative qu’à vingt-cinq ans, conformément à l’Edit de may 1713, et ne présiderait en chef qu’à trente ans.

Ces lettres furent enregistrées à Agen, le 25 février 1779.

Le mardy, 23 febvrier 1779, le nouveau et dernier des juges mages presta serment à l’hostel de ville, les cloches sonnant à toute volée, entre les mains de M. Raignac de Varennes, lieutenant de maire, assisté de MM. Saint Amans, Paquin, Tarry, Guitton, Cambes et Roux, consuls.

Le surlendemain jeudy, il fit son entrée solennelle à la grand’chambre du conseil, sous la présidence de M. Boscq, lieutenant principal.

Me Bory, advocat du roy requit, par un très beau discours, l’installation du nouveau président.

Et Me Laboissière, advocat du roy, prit des conclusions conformes.

Le jeudy, 12 mars 1789, avant midy, dans l’église des Jacobins d’Agen, M. de Lafitte, en qualité de commissaire du roy, assisté du dit Me Jean Baptiste Laboissière et de M. Matthieu, greffier en chef du présidial, présida l’Assemblée des trois ordres de la sénéchaussée d’Agenois, convoquée, afin de nommer des députés aux Etats généraux.

Pendant la Révolution, le citoyen Jacques Lafitte, escuyer, lieutenant général de la cidevant sénéchaussée d’Agenois, fut décreté d’accusation, le 9 floréal an II, comme suspect et pour incivisme, les scellé apposés sur ses papiers.

Le 22 floréal an II, les citoyens de la section de Sainte-Ruffine, située entre Boé et Agen, vinrent en grand nombre demander au Comité révolulionnaire d’Agen l’élargissement de Jacques Lafitte, pour le bien qu’il avait toujours fait aux habitants de celle localité.

Le président Barthe répondit à leurs instances :
« Les lois révolutionnaires donnent aux comités la faculté d’arrèter les gens suspects, mais elle leur ôte celle de prononcer leur élargissement.
Il en sera référé au Comité du Salut public. »

Jacques de Lafitte, dernier juge mage, se maria à Paris, le 27 juillet 1788 avec Demoise11e Bérard, devant Me Mouy, notaire.

Il mourut à Bordeaux en 1831 laissant un fils, Louis DE LAFITTE, qui fut maire d’Astaffort et conseiller général de ce canton.

Il épousa, le 5 novembre 1822, Demoiselle Agathe de Sevin, décédée en 1886.

Il mourut à Bordeaux, en juillet l857.

De son mariage, il eut deux fils :

L’aîné, Gustave, né le 26 février 1824, a été maire, conseiller général d’Astaffort, député de Lot-et-Garonne aux élections des 20 février 1876, 14 octobre 1877 et 2l août 1881, avec le même nombre de suffrages de 11.000 en moyenne, chevalier de la Légion d’honneur ;

Le jeune, Posper, né le 25 novembre 1827, ancien officier d’artillerie, chevalier de la Légion d’honneur.

LIEUTENANTS PRINCIPAUX

1542 REDON (PIERRE DE)

Fils de Robert de Redon, Sr de Limport, pourvu de l’office de lieutenant principal de la sénéchaussée d’Agenois le 20 septembre 1542, marié à Jeanne Ranc le 26 février 1543, laissa sa charge à son fils Florimond.

1561 THOLON (ANTHOINE)

Lieutenant général criminel, fut délégué avec plusieurs magistrats du présidial d’Agen pour juger les habitants de Fumel, qui avaient assassiné leur seigneur Esclamal le 23 novembre 1561. Une douzaine furent condamnés et exécutés en février 1562.

1572 ASPREMONT (BERNARD D’)

1573 COURTETE (FRANÇOIS DE)

Seigneur de Prades, paroisse de Saint-Christophe,juridiction d’Agen, petit-fils de Martial de Courtète, lieutenant général en la sénéchaussée d’Agenois et de Gascogne, cité pnr Darnalt, à propos de la sédition survenue à Agen, en 1513. Cette émeute était dirigée contre les consuls accusés de perpétuer le consulat dans certaines familles et de détournement des deniers affectés à la construction du pont sur Garonne.

François de Courtète, lieutenant principal criminel comme son grand-père, intervint dans la révolte suscitée par le sénéchal Saint-Chamarand, auquel il déclara que la ville n’obéirait qu’aux ordres du Roy, 25 avril 1589. Il fut l’oncle du célèbre poète François de Courtète, auteur d’un grand nombre de pièces patoises et entre autres de Ramounet et de Miramoundo.

Rose de Courtète, sa petite-fille, épousa Julien de Cambefort, Sr de Selves, consul d »Agen en 1598, 1604, 1614, 1622, et l’un des plus remarquables magistrats municipaux d’Agen.

1575 REDON (FLORIMOND DE)

Sieur des Fosses, paroisse de Monbusc, en Brulhois, fils du précédent, fut nommé lieutenant particulier le 15 mai 1571 et lieutenant principal par lettres patentes du 7 mars 1575. Il était chef du conseil de la reine Marguerite de Valois ; fonda en son nom, le collège des Jésuites d’Agen, le 19 décembre 1590, avec l’évêque et les consuls d’Agen.

Il épousa Tècle de Cieutat (de Villeneuve d’Agen), le 12 avril 1583, testa le 3 may 1619. Son fils ainé Thomas lui succéda·en 1615.

1603 DEYMIER (NICOLAS)
Lieutenant principal.

1610 LAPEYRE (JEHAN)
Lieutenant principal.

1615 REDON (THOMAS DE), domicilié place Paulin.

Fils aîné de Florimond de Redon, Sr des Fosses, fut lieutenant particulier le 22 mars 1614 et lieutenant principal le 18 may 1615, installé le 16 décembre 1615.

Il épousa le 15 février 1616, Isabeau de Cambefort, dame de Blanval, fille du consul Julien de Cambefort, originaire d’Ecosse, testa le 24 janvier 1631. Il fit entrer sa fille Tècle au couvent du Chapelet d’Agen, le 29 mars 1633.

1626 COUQUET (JEHAN DE)

Lieutenant principal, fils de Charles de Couquet, écuyer, et petit-fils, par sa mère Jehanne, de Florimond de Redon, Sr des Fosses.

Il épousa le 12 juillet 1634, Jehanne de Gouguineau (de Marmande), fut père de Jehan de Couquet, conseiller au prêsidial et testa le 29 septembre 1672.

1631 SEMBEL (MATHIEU)
Lieutenant principal.

1638 DELPECH (URBAIN)
Lieutenant principal criminel, fils d’Arnaud Delpech, épousa Lucrèce de Thiébaut.

1644 COUQUET (GABRIEL DE)

D’abord conseiller au présidial, fut nommé deuxième président par lettres patentes de Paris, du 16 ·septembre 1644, sur la résignation de Géraud Boissonnade et fut installé le 29 avril 1647.

Il avait épousé, le 6 mai 1633, Catherine de Nort, soeur d’Anthoine de Nort, avocat général au bureau des finances de Guyenne.

1648 CORNIERS (BERNARD)
Lieutenant principal.

1650 NARGASSIER (JEHAN·JACQUES DE)

Lieutenant général criminel, petit-fils de Delas de Gayon, épousa le 19 juillet 1649, Françoise Colineau, fille de Zacharie Colineau, greffier en chef au parlement de Bordeaux; testa, le 24 mars 1670, en faveur de Françoise, sa fille unique, mariée le 14 février 1663, avec Bertrand de Jayan, lequel hérita de son office.

1669 COUQUET (PIERRE DE)

Fils et successeur de Gabriel susdit, épousa Jehanne de la Roche de Guimps, fille du conseiller de ce nom, au parlement de Bordeaux.

Il fut nommé lieutenant principal par lettres de provisions de Saint-Germain en Laye, le 15 septembre 1669 et installé le 14 janvier 1670 par Boissonnade, juge mage.

1671 JAYAN (BERTRAND DE)

Ou plutôt JEYAN, d’après les titres de vérification d’origine.

Successivement capitaine du guet, conseiller au présidial en 1662, fut pourvu de l’office de lieutenant principal criminel, vacante par le décès de son beau-père, J.-J. de Nargassier.

Lettres de provisions, Paris, le 25 avril 1671. Payées 11.000 livres et 167 livres le marc d’or.

Il prêta serment au parlement de Bordeaux, le 12 août 167l.

Son portrait, peint à l’huile, le représente en costume de lieutenant général criminel, il est déposé au Musée d’Agen.

1686 COUQUET (JEHAN JOSEPH DE)

Fils et successeur de Joseph de Couquet.

Etant mineur au moment de sa nomination, l’office de lieutenant principal fut géré par Joseph Vigier.

Il fut installé le 21 juin 1686, épousa en 1688 damoiselle Malvin de Montazet (d’Aiguillon).

A cet office étaient attachées 100 livres de gages pour deux quartiers. Il fut payé en conséquence 5.500 livres pour les provisions et 540 livres pour le droit de marc d’or.

1688 BORDES (PIERRE DE)

Lieutenant principal, installé le 2 avril 1689, nommé par lettres de provisions du 6 avril 1688, après la résignation de son père, Martial de Bordes. Paya l.1OO livres sa nomination et 540 livres le marc d’or.

Il fut chargé de faire fermer les temples des protestants à Clayrac, Lafitte, Lacépède et Castelmoron.

Il épousa Antoinette de Sevin et mourut le 28 février 1688.

1702 DARFEUILLE (ANTHOINE)

Advocat en parlement, acheta l’office de lieutenant principal, par résignation en sa faveur de Jehan-Joseph de Couquet, titulaire.

Provisions de Paris, du 5 février 1702. Installé le 7 avril 1702.

Il paya à son entrée au présidial 300 livres, n’étant pas fils de maitre.

Dans une lettre adressée au premier président du parlement de Bordeaux, vers les premiers jours de 1708, Darfeuille traita très grossièrement quelques magistrats du présidial. Il fut mal reçu dans ses diatribes, car le chef de la cour de Bordeaux lui enjoignit de faire des excuses à ses collègues, en audience publique du 26 avril 1708.

Peu de temps après, le jour de la fête Dieu, une rixe eut lieu à l’issue de la procession, entre Darfeuille, d’un côté, et de Jayan, lieutenant criminel, de l’autre. Darfeuille jeta sa chandelle au visage de son adversaire et lui appliqua une volée de coups de poing.

Procès-verbal fut dressé par Caubios, commandant les deux compagnies du régiment de Ségur, en quartier à Agen, il fut affiché à la porte de l’église.

L’intendant de la province, sur la requête de l’évêque, évoqua le scandale, donna tort aux deux batailleurs et les condamna à verser chacun 150 livres qui servirent à l’achat d’une lampe d’argent destinée à être placée devant le Saint-Sacrement, en réparation du scandale, et il défendit à Darfeuille l’entrée du palais, pendant le reste du mois de juin.

1702 JAYAN (MARC ANTHOINE DE)

Obtint par la résignation de son père Bertrand, l’office de lieutenant général criminel.

Provisions signées à Versailles, le 18 mars 1702.

Il épousa, le 26 octobre 1711, Françoise Méja, fille de Joseph Méja et de Marguerite Girles ; n’eut pas d’enfants.

Il testa, en 1733, en faveur de son frère Jehan-François, qui fut maire alternatif d’Agen, par édit de création de novembre 1733. Sa belle propriété de Jayan, près Sainte-Colombe d’Agen, fut vendue en 1823 à M. Dhulier, beau-père de M. Vacquéry ainé, bâtonnier des avocats à Agen.

1708 CAPOT (PAUL}

Advocat à Bordeaux, fut nommé lieutenant principal, en remplacement de Pierre de Bordes. décédé… (prix de l’office 3.300 livres).

Provisions données à Versailles, le 27 février 1708. Installé le 18 juillet 1708.

Le titre de lieutenant particulier honoraire lui fut accordé le 1er décembre 1756, après la résignation de J.-B. Laboissière en sa faveur.

1714 DAILHEM (PIERRE)

Advocat en parlement, acheta deux offices au présidial :
L’un, de conseiller vacant depuis le décès de Pierre de Couquet, moyennant 2.200 livres; L’autre, de président lieutenant principal institué pour lui, par lettres royales du 2 décembre 1713, avec dispenses d’âge pour présider, attendu qu’il n’avait que vingt-sept ans.

Son installation eut lieu le 9 mars 1714.

Elle donna lieu à une protestation de la part des membres de la Compagnie. Ceux·ci lui firent observer qu’en qualité de simple et dernier conseiller, il devait prendre rang après les autres nommés avant lui, mais qu’ayant rang de président, sans avoir l’âge requis, il devait s’abstenir de présider.

Dailhem répondit qu’il n’entrerait pas à la cour du sénéchal présidial, qu’il ne fut mieux informé.

Il paya, néanmoins, 300 livres d’entrée : comme n’étant pas fils de mestre.

En 1713, Pierre Dailhem, étant maire alternatif d’Agen, fut
incarcéré à Bordeaux avec ses collègues de la commune, par
par ordre de l’intendant Lamoignon de Courson.

Par suite de la misère croissante qui décimait la population, Lamoignon vint à Agen, le 23 mai 1713. Les pauvres se plaignirent de ne pas trouver de pain par la faute de l’édilité. Leurs vives doléances motivèrent l’arrestation des officiers municipaux.

Monseigneur Hébert, évêque d’Agen, envoya immédiatement à Bordeaux, son secrétaire, le chanoine Molinard, afin de les faire mettre en liberté et décider la formation d’un bureau de secours, dit du Bouillon des pauvres, ayant son siège au palais épiscopal. Cette mesure contrariait l’amour-propre et les habitudes des magistrats du présidial, ainsi obligés de déléguer plusieurs d’entre eux pour les représenter au bureau et être assujétis aux prérogatives du prélat agenais.

Au jour de l’entrée solennelle du maréchal de Richelieu, à Agen, le 16 septembre 1759, Dailhem, en qualité de président du présidial, eût l’honneur de prononcer la harangue et de souhaiter la bienvenue.

Le duc, visiblement ennuyé, ne daigna pas lui répondre.

1724 SABOUROUX (JEHAN JOSEPH)

Déjà conseiller au présidial le 8 septembre 1713, fut nommé lieutenant général en 1724 ; reçut des lettres de vétérance en 1739 ; épousa Jeanne de Cunolio d’Espalais en 1730.

1726 JACOBET (ESTIENNE)

D’une famille de bourgeois et marchands, originaire de Mazières, juridiction de Sainte-Livrade.

Fils de Jehan Jacobet, trésorier du roy à Sainte-Livrade pendant vingt-six ans, advocat en parlement, succéda à Charles de Couquet, décédé, deuxième président.

Provisions données à Paris, le 11 juillet 1726.

Au moment de son installation, le 5 septembre 1733, une violente altercation s’éleva entre Pierre Dailhem, président et Sabouroux, lieutenant général, sur le fait de savoir qui procèderait aux honneurs de cette réception.

La cour, désireuse de ne pas retarder l’installation, passa outre en disant que cette question de préséance serait portée au parlement de Bordeaux.

Jacobet épousa Bertrande Léone de Mieussens, fille du conseiller de ce nom.

1734 LAFITTE (JEHAN JOSEPH DE)

Fils de Joseph de Lafitte, advocat en parlement, et d’Elisabeth de Lafon (rue des Jésuites).

Advocat en parlement, acheta l’office de lieutenant général criminel vacant par le décès de Marc-Anthoine de Jayan, au prix de 7.700 livres.

Provisions avec dispense d’âge de deux ans et demi signées à Versailles, le 12 avril 1731.

Installé par Capot, lieutenant principal, le 17 may 1734.

Epousa le 1er mai 1746 Thérèse Labenazie, fille de Jérome de Labenazie, bourgeois, et de Françoise Darribeau, dont il eut une fille, Elisabeth, mariée avec Charles Barbier de Lasserre.

Il vendit sa charge, le 23 octobre 1758, à M. Joseph de Saint-Philip pour 12.000 livres.

1742 BARRATET ?
Lieutenant général, d’après le tableau dressé pour 1742 au greffe du parlement de Bordeaux.

1747 BOSCQ (JEHAN)

Né le 8 août 1718, à Agen, rue des Jésuites.

Advocat en parlement, succéda à Darfeuille (Anthoine), décédé.

Lettres de provisions, Paris, 26 juillet 1747. Installé par Redon, lieutenant général.

Epousa, le 13 mai 1759, Thérèse Fabre, fille de Jehan-Chrysostome Fabre, président en l’élection d’Agen, et d’Anne Laurens.

1760 SAINT-PHILIP (GUILLAUME)

Né le 9 juîllet 1735 (paroisse Saint-Hilaire).

Advocat à Toulouse. Moyennant 12.000 livres, il acheta l’office de lieutenant général criminel de Jehan Joseph de Lafitte, démissionnaire en sa faveur.

Provisions de Versailles, le l7 décembre 1760.

Avec dispense d’âge – il avait 26 ans – et de parenté à raison de son père, conseiller honoraire.

Il fut installé, le 10 février 1761, par M. de la Ville, juge mage.

La qualification de lieutenant général insérée dans ses lettres de provisions était unique, car ses prédécesseurs ne l’avaient jamais obtenue.

Sans rien préjuger de ses prétentions, il fut installé dans la chambre du conseil, sans observation.

Fut marié deux fois : d’abord, le 15 avril 1767, avec Marguerite Doazan, de Bordeaux, qui eut 60.000 livres et qui paya sa charge au présidial ; et en seconde noces (mars 1782) avec Marie do Boisserie, qui lui apporta la terre de Cambes, paroisse de Mérens, près d’Agen.

Le domaine de Cambes fut dévolu plus tard, à demoiselle Jarleton, épouse de M. Labat, avocat général à la cour d’appel d’Agen.

LIEUTENANTS PARTICULIERS

1551 ESTRADES (FRANÇOIS D’)
Sr de Bonnel, consul d’Agen en 1648, grand-père du maréchal de France comte d’Estrades, fut lieutenant particulier criminel.

1560 ASPREMONT (BERNARD D’)

Descendant de Jehan d’Aspremont, seigneur de Roquecor en Agenais.

D’abord conseiller au présidial en 1559, et lieutenant particulier

le 24 mars 1560, fut l’un des meneurs du parti catholique.

Il subit les représailles des Huguenots, lorsqu’ils s’emparèrent d’Agen en 1562.

Monluc, d’accord avec les consuls d’Agen, le chargèrent de porter une lettre au roi Charles lX, à l’occasion des troubles religieux ; il s’acquitta très bien de sa mission.

Fut lieutenant principal en 1572 et chargé en 1573-74 de commander en chef à la défense de la ville.

1580 LAS (ESTIENNE DE)
Sieur de Brimont, mestre des requestes de la reine de Navarre, céda sa charge de lieutenant assesseur criminel à son gendre Arnauld Delpech.

1586 AIGNAN (ESTIENNE)
En juin 1586, Henri III créa en sa faveur un office de lieutenant particulier criminel. Il le céda par ordre d’Henri IV à Florimond de Loubatéry.

1597 ENGAYRAC (PIERRE),

1599 DELPECH (ARNAULD)
Précédemment advocat procureur du roy.
Epousa Isabeau de Las, fille d’Estienne de Las, auquel il succéda ; fut consul d’Agen en 1629 et mourut le 13 mai 1634, rue Saiut-Gilis.

1608 LOUBATÉRY (FLORIMOND)

Sieur de Bellecombe.

D’origine italienne, sa famille se fixa à Lamagistère, paroisse de Clermont-Dessus, en Agenais.

Il était fils de Laurent de Loubatéry, receveur des dixmes et de Jeanne de Raymond. · D’abord conseiller au présidial, en remplacement de Roubert de Raymond, fut pourvu par Henri IV, le 10 octobre 1608, de la charge de lieutenant assesseur criminel qui avait été créée par un édit d’Henri III, du mois de juin 1586, au profit d’Etienne Aignan, lequel fut ainsi forcé de s’en démettre.

Florimond épousa, en 1603, Constance Carbonnier (de Castillonnès).

La noce eut lieu à Agen, dans le grand hostel de Jehan de Durfort, lieutenant général de l’artillerie de France.

Il fut consul d’Agen en 1617-1623, testa le 10 janvier 1613 et démissionna en faveur de Florimond de Redon.

1610 REDON (FLORIMOND DE)

Sieur de Limport,(paroisse de Monbuscq, banlieue d’Agen).
Fils de Charles de Redon, sieur de Tort et de Françoise Domain.

Remplit l’office de lieutenant criminel ; épousa le 14 septembre 1614, Marie Bonneau, dont il eut une fille, mariée le 15 août 1637, avec le fils du marquis d’Aubeterre, sénéchal d’Agenais.

1616 BARBIER (JEHAN)

Sieur de la Serres, paroisse d’Artigue, banlieue d’Agen.
Fut pourvu de l’office de lieutenant particulier, vacant par le décès d’Etienne Delas, le 22 décembre 1616. Il paya 12.000 livres pour cet office et 124 livres pour le marc d’or. Ses gage étaient de 200 livres.

1618 SARRAZIN (SIMON)
Le 14 janvier 1618, il fut pourvu de la charge de lieutenant civil et criminel vacante par la résignation du titulaire : Pierre d’Engayrac.

1621 GODAILH (HERMAN DE)

Sieur d’Arasse et de Talive, petit-fils d’Anthoine de Nort,
juge mage, par a mère, Gabrielle de Nort.

Fut nommé lieutenant assesseur criminel en 162l, devint
consul d’Agen en 1623.

Epousa le 17 septembre 1623, Jehanne de Loubatéry, fille de Florimond de Loubatéry auquel il succéda. Il habitait une belle maison rue Saint-Anthoine, sortant au carrerot de Jacob.

1633 BORDES (MARTIAL DE)

Originaire des environs de Puymirol.

Ses provisions de lieutenant particulier furent signées le 6 avril 1633.

Il avait acheté la charge de Jehan Barbier de la Serre, décédé ; il paya 750 livres sa nomination avec 270 livres pour le marc d’or.

Epousa, en 1647, Antoinette de Sevin.

1634 CUNOLIO (ANTHOINE GABRIEL DE)

Sr des Palais, succéda à Herman de Godailh, démissionnaire en sa faveur.

Provisions du 3 mai 1634. Paya 750 livres sa nomination et 216 livre de marc d’or.

Prêta serment à Bordeaux, le 20 mars 1635. Installé à Agen, le 28, même mois.

Fut marié deux fois : La première, en 1648, avec Bertrande de Saint-Gilis, veuve de Faure, sieur de Castres, et belle-soeur d’Henri de Faure, conseiller ; la deuxième, avec Anne Duval de Libersac.

Son père Cunolio (Estienne), consul d’Agen en 1629, et capitaine du guet en 1632, fut tué le 17 juin 1635, dans une émeute provoquée par certains abus de la Jurade.

Anthoine de Cunolio testa le 8 septembre 1664 et mourut le 20 avril 1665.

Il fut consul d’Agen en 1652. Légua sa charge à François Michel, son fils du premier lit.

1660 COURS (MARTIAL DE)
Lieutenant particulier, assiste, le 19 mars 1660, en cette qualité, à la fondation du couvent des Petits Carmes, au lieu de Londrade, à Agen.

1660 DELPECH (URBAIN)
Fils d’Arnaud Delpech susdit, succéda à son office en 1660.
Il épousa Lucrèce de Thibaut en 1663.

1665 CUNOLIO (FRANÇOIS MICHEL DB)

Sieur des Palais.

Lieutenant particulier assesseur criminel, par la résignation d’Antoine Gabriel de Cunolio, qui avait d’abord cédé sa charge au profit de Pierre Bordes, lequel n’avait pas désiré s’y faire recevoir.

Paya 1.100 livres ses provisions et 13 livres le marc d’or.

Prêta serment à Bordeaux, le 14 juin 1666 et fut installé à Agen, le 6 septembre suivant.

Lettres de provisions, Paris, 28 septembre 1665.

Fut marié deux fois :
La première, avec Magdeleine Barbier ; la deuxième, avec Louise de Boissonnade.
Il habitait la rue Lalande, au coin de la rue Saint·Gilis ; sa maison touchait à celle de son beau-père, Claude Barbier.

Elle devint plus tard la propriété de la famille Dumon dont l’un des enfants, Sylvain, fut ministre des travaux publics et des finances, sous le règne de Louis Philippe.

Michel de Cunolio mourut le 1er janvier 1713. Son fils Etienne lui succéda.

1688 BORDES (PIERRE DE)

Fils de Martial de Bordes susdit, advocat en parlement, succéda à son père décédé.

Lettres de provisions, Paris, 6 avril 1688.

Installé par Pierre de Couquet, juge mage, le 31 mars 1689.

Il s’était marié, le 23 septembre 1670, avec Anne de Rossannes, fille de Gabriel de Rossannes, conseiller, et de Suzanne Roche, de Sainte-Livrade.

1710 BORDES (JEHAN FRANÇOIS DE)
Fils et successeur du précédent, en qualité de lieutenant particulier.

1713 CUNOLIO (ESTIENNE)

Sieur d’Espalais, né à Agen, le 8 septembre 1675, fut nommé lieutenant particulier criminel, après la mort de son père Francois Michel, titulaire de l’office.

Lettres de provisions datées de Versailles, le 7 août 1713.
Installé le 3 février 1714.

1718 LAFITTE (ANTHOINE DE)

Sieur de Pelleguignon, advocat en parlement, acheta l’office d’Estienne Cunolio susdit.

Lettres de provision, Paris, 15 août 1718. Installé le 10 septembre 1718.

Epousa Françoise de Bégoule dont il eut quatre enfants.
Testa le 10 novembre 1738 (Barenne, notaire à Agen).

1734 LABOISSIÈRE (JEHAN BAPTISTE DE)
Advocat en parlement, lieutenant particulier criminel en 1734.

1739 LACUÉE (JEHAN-CHRYSOSTOME)

Sieur de Cessac, fils du troisième conseiller de ce nom, advocat en parlement, succéda à Anthoine de Lafitte, décédé, en qualité de lieutenant assesseur.

Lettres de provisions avec dispenses d’âge (il avait vingt-huit ans), furent signées à Versailles, le 24 avril 1739.

Il épousa, à Condom, Marie Dupleix.

L’édit de 1586, qui avait établi les offices de lieutenant particuliers assesseurs, fut revisé par une déclaration royale du 11 juillet 1765. La nouvelle disposition prescrivait qu’en l’absence des lieutenants particuliers, les assesseurs n’auraient pas plus de droit à présider que les plus anciens conseillers.

Lacuée, amoindri dans ses prérogatives, protesta contre l’application de cette mesure. Mais il fut obligé de s’y soumettre le 22 juin 1768, en présence d’une lettre comminatoire du vice-chancelier de Paris.

1772 UCHARD (JEHAN ARNAUD MARC ANTHOINE)

Né à Agen, le 28 juillet 1745, d’une famille originaire de Madaillan.

Advocat en parlement, acheta la charge de J.-B. Laboissière, démissionnaire, moyennant 2.200 livres.

Lettres de provisions, Compiègne, le 5 août 1772, avec dispenses d’âge. Installé le 4 décembre 1772.

Uchard épousa, le 10 janvier 1781, Catherine de Lafitte, fille de Joseph de Lafitte, lieutenant général criminel et de Thérèse de Labénazie, laquelle reçut 25.000 livres de dot.

Après la Révolution de 89, il fut nommé juge au tribunal civil du district d’Agen.

En 1802, il fut juge au tribunal criminel de Lot-et-Garonne et mourut le 2 décembre 1816, dans sa ·vieille maison sise rue Saint-Hilaire.

1774 LACUÉE (JEHAN CHRYSOSTOME)

Sieur de Lamassas, juridiction de Penne, né le 29 février 1747.

Advocat à Toulouse, remplaça son père, après son décès.
Provisions données à Paris, le 12 octobre 1774. Installé le 16 février 1777.

En 1789, il fut nommé par le collège électoral de Lot-et-Garonne, rédacteur du cahier des doléances du Tiers-Etat.

Durant la Révolution, il présida le tribunal de Lot-et-Garonne.

Une ordonnance signée : Cambacérès, du 4 prairial, an XIII, lui confia la présidence du tribunal d’appel du ressort.

Le 20 mai 1811, il fut confirmé dans la première présidence de la cour impériale d’Agen, fait baron de l’Empire et chevalier de la Légion d’honneur.

Admis à la retraite le 27 juillet l818, il mourut à La Massas, en octobre 1824.

De son mariage avec N. de Séry (de Condom), il eut deux fils morts glorieusement sur le champ de bataille, avec le grade de colonel.

Anthoine fut tué à Eylau, le 2 février 1807 et Gérard, à l’attaque du pont de Gunzbourg, le 9 octobre 1805.

Son frère Jehan-Gérard Lacuée, l’un des plus illustres enfants de l’Agenais, fut successivement lieutenant général, grand croix de la Légion d’honneur, ministre de la guerre, membre de l’Académie française, etc.
Décédé à Paris en décembre 1840, le jour du retour des cendres de Napoléon 1er à Paris.

CONSEILLERS AU PRESIDIAL
Ayant successivement siégé depuis 1551

1 ROSSANNES (PIERRE DE), surnommé Rufus.
Originaire de Lafitte, juridiction de Clairac-sur-Lot. Très instruit, ami de Scaliger et partisan de la réforme religieuse.

2 RUPPAYRE (PIERRE DE)
Consul d’Agen en 1534 et 1546.

3 RÉMOND (JEHAN ROUBERT DE)
Originaire de Moncuq en Quercy ; nommé conseiller par Henri II.

Epousa, le 24 fevrier 1560, Marie Gilis, de Montech, près Montauban. Fut père du célèbre Florimond de Rémond, conseiller au parlement de Bordeaux et de Roubert, qui lui succéda.

Prit peu de part, comme catholique, aux démêlés religieux, qui troublèrent la ville d’Agen, du 17 avril au 13 août 1562.

4 BÉRARD (PIERRE DE)

Petit neveu de Pierre de Bérard, évêque d’Agen de 1461 à 1477, fut consul d’Agen, en 1552, 1562 et 1570-1571.

Se démit un instant de ses fonctions municipales, pour obtenir le titre de conseiller au présidial.

5 LAURENT (DU).

6 JORDAN (JÉRÉMIE)
Originaire de Bouglon (en Albret).

7 GAUCHER (FRANÇOIS)
Natif de Moirax, en Brulhois, où il testa le 10 novembre 15.. devant Bellenger, notaire d’Agen.
Il épousa demoiselle Marie de Fraxime.

8 GODAILH (LOYS-PONS DE)
Sieur de Fontirou et de Saubabère.

Epousa, le 28 avril 1566, Françoise de Redon, fille de Pierre Redon, conseiller au parlement de Bordeaux.

Henri II, pour des raisons politiques, confisqua le château de Fontirou, sis dans la paroisse de Saint-Antoine, entre Agen et Villeneuve, et l’attribua à sa maîtresse, Diane de Poitiers.

Ce beau domaine fut réacheté par Loys, le 4 novembre 1564, pour la somme de 24.000 livres.

9 SAUBIN (PIERRE)
Fut l’un des plus chauds partisans de la Réforme religieuse.

10 THOLON (ANTHOINE)
Sieur de Guiral.

Devint lieutenant général criminel au dit siège, en 1561, mourut en 1566.

Fit cause commune avec Monluc et les consuls d’Agen, pour combattre les protestants, notamment dans l’enquête du ministre Fontaine.

11 CLARET (JEHAN)

Garde des sceaux au présidial.

Protestant des plus zélés, fut arrêté à Gavaudun où il s’était réfugié, après le combat de Ver, en Périgord, le 9 octobre 1562.

Fut pendu à Agen, à la lueur des torches, revêtu de son costume de conseiller, le 13 novembre 1562. Le sieur de la Justinie, prévôt de Monluc, procéda à cette exécution.

1559 12 ASPREMONT (BERNARD D’)
Conseiller en 1559, lieutenant particulier en 1572.

D’un caractère violent,il s’oublia dans un accès de colère, jusqu’à rosser le gardien de la porte Saint-Georges, qui lui refusait le passage, d’après la consigne.

La jurade, indignée de cette brutalité, chargea le consul Boudonnier d’incarcérer le délinquant dans l’une des chambres de l’Hostel de Ville et d’en référer à qui de droit.

La cour du sénéchal admonesta sévèrement l’irascible magistrat.

13 ROSSANNES (GRATIEN DE)

Fils·du précédent du même nom, devint l’un des chefs de la Réforme, à dater du 20 mai 1560. Participa à la reddition d’Agen, le 17 avril 1562, opérée par le capitaine Truelle, à la tête de 800 huguenots.

Fut mestre des requestes de l’hostel de Navarre, en remplacement de son père.

Epousa Marguerite de Selves (d’Agen), de laquelle il eut quatre enfants : le second hérita de sa charge, aux termes de son testament du 15 septemhre 1603.

14 PIN (PIERRE DE)
L’un des adversaires les plus déterminés des huguenots.

15 LAS (GRATIEN DE)
Fils cadet de Martin de Las, advocat, procureur du roy, au présidial.

16 CANTAREL (PIERRE)
Epousa Bertrande Scaliger, fille de Jules-César Scaliger.

Il assista à la prise d’Agen, par les huguenots, avec son collègue Jehan Claret, escortés de seize advocats, dix-sept procureurs et cinq notaires de la ville.

17 NORT (ANTHOINE DE)
Fils de Martial de Nort, fougueux partisan de la Réforme.

Premier consul d’Agen en 1558-1559, 1563-1564 ; fut nommé juge mage par Charles IX, le 7 septembre 1567.

Il était frère de Pierre de Nort, premier consul d’Agen en 1568, 1569, 1579 et 1584.
Se montra très habile dans ses opinions politiques et religieuses.

18 PLÉZIER (JEHAN)
Habita une grande maison de la rue Grande-Horloge, laquelle passa plus tard, aux mains de Jehan Aunac, bourgeois de Laroque-Timbault.

19 ROSSANNES (GÉRAUD DE)
Deuxième fils de Gratien de Rossannes.

20 AGIROUS (JEHAN D’).

21 MAYDIEU (NICOLAS)

Fils d’un marchand de Castelnaud de Grattecambe (en Agenais).

Epousa, le 19 décembre 1577, damoiselle Foy de Touron.

Fut l’un des plus vaillants défenseurs de la ville en 1575.
Devint conseiller honoraire du présidial en 1598.
Sa postérité bourgeoise a été dignement représentée jusqu’à nos jours.

22 ROCHE ou LA ROCHE (ANTHOINE)

Natif de Sainte-Livrade sur Lot.

Epousa,le 5 juin 1577, Jehanne de Cursol, fille du trésorier des finances de Bordeaux, laquelle lui apporta 2.000 livres de dot et plusieurs métairies. Habita une maison rue Saint-Caprais.

Céda sa charge à son fils Marc-Anthoine.

Il défendit les intérêts de la ville en 1575 et fit partie du comité dirigeant avec les consuls Langelier, de Lescaze et Gardès.

23 LACHIEZE (JEHAN)
Se maria avec Gabrielle de Cassoles.

1573 24 RUPPAIRE (FLORENS DE)
Fils de Pierre de Ruppaire.
Devint conseiller en 1573, d’après le registre des Jurades d’Agen, numéro 35.

25 GORDON (FRANÇOIS)

26 PHÉLIP (ANTHOINE)
Fils d’un notaire royal d’Agen.
Epousa Laurence Gautié et céda le siège à son fils Isaac, en 1599.

27 TORNADE (JEHAN DE)

28 VALIER (JEHAN DE)
Petit-neveu de Jehan de Valier, secrétaire-général du cardinal de Larovère, auteur du manuscrit relatif à la composition du diocèse d’Agen, le 21 novembre 1520.

Marguerite de Valois formente la guerre civil à Agen mai 1585

29 BRESSOLLES (JEHAN)

Né à La Magistère, paroisse de Clermont-Dessus (en Agenais) ; était allié à la famille de Groussou, de la même localité.

Avant de poursuivre la nomenclature des conseillers, il est intéressant d’ouvrir une parenthèse et de dire un mot d’un évènement grave survenu à cette époque.

Durant le séjour à Agen, de la reine Marguerite de Valois, soeur de Henri III et femme de Henry de Navarre, plus tard Henri IV, alors qu’elle y avait fait son entrée incognito, le 19 mars 1585, et qu’elle logeait dans la maison de la veuve Pierre de Cambefort, rue Garonne, une affreuse guerre civile fomentée par cette princesse éclata dans )’Agenais.

La cité fut livrée à un tel pillage, que les principaux habitants, pressurés et ruinés, s’enfuirent dans la campagne. En mai 1585, les conseillers au présidial : Boissonnade et Jehan de Rémond se réfugièrent dans la citadelle de Castel-culier.

Dispersion des officiers du présidial

Valier se cacha auprès des chanoines de Pujols près Villeneuve-sur-Lot ; Laroche et de Ruppaire chèrchèrent un abri au château du Castella.

Florimond de Redon, lieutenant principal, se retira secrètement à Villeneuve, chez sa femme Tècle de Cieutat.

Les membres du présidial restèrent ainsi plusieurs mois disséminés, jusqu’au départ de la princesse.

30 BÉCHON (JEHAN FRANÇOIS DE)

Né en 1567, sieur de Caussade, près Monclar.

Sa famille était originaire des montagnes de l’Auvergne.
Un arrêt du Conseil d’Etat, du 9 mars 1588, numéro 540 du Recueil, lui attiibua l’office d’Isaac Lubert, sous prétexte que celui-ci était mort avant d’être installé.

Il céda sa charge, en l623, à Bernard de Bressolles.
Il avait épousé le 20 mars 1601, Jehanne de Gardès, fille de Jehan de Gardès, consul d’Agen en 1574-l579 et 1585, demeurant rue des Juifs.

31 NARGASSIER (JACQUES DE)

Originaire de Penne, en Agenais, se maria avec Anne de
Curtis, fille du sieur Pech-Joly. Testa le 7 novembre 1616, en
faveur de son fils ainé, auquel il légua son office.

Il habitait, au coin de la rue de l’Ave Maria, aujourd’hui
des Colonels-Lacuée, la maison appartenant actuellement à
la famille Martinelly.

32 CUNOLIO (ESTIENNE RÉMOND ANTHOINE)

Sieur de Lagarrigue, originaire de Piobis, en Piémont (Italie), résidait rue Paulin, au débouché de la rue Saint-François.

Avait épousé, le 9 décembre 1590, damoiselle Catherine de Cambefort. Fougueux partisan d’Henri IV, il assista ce prince dans le maintien de la cité d’Agen sous son obéissance.

Les consuls le députèrent à Paris, avec Pierre Ancelin, médecin, et plusieurs membres du haut clergé, pour reconnaitre Henri IV, à son avènement.

Le roy lui accorda, en récompense, une charge de conseiller au parlement de Bordeaux, 1596.

33 LAMOUROUX (BERTRAND)
Sieur de Lagarde.

34 GARDÈS (JEHAN DE)

Originaire de Fauguerolles, près Bajaumont, en Agenais, et fils de Jehan de Gardès, riche bourgeois et marchand, consul d’Agen en 1574, 1579 et 1585.

Il habitait dans la rue des Juifs, une maison voisine de celle de Monluc, léguée ensuite, à Jehan de Couquet, lieutenant principal.

1599 35 PHÉLIP (JEHAN)

Fils d’Anthoine Phélip, épousa Anne Delpech.

Assista, le 6 août 1626, au mariage de son filleul, Isaac Landas, avec Anthoinette Lespès de Lostelnaud.

1601 36 GRANGIER (DE), ou Granchier.

37 BERDUC (PIERRE)

1602 38 LEBLANC

39 LA CROMPE (JEHAN DE)

Sieur de la Mothe, d’une famille irlandaise divisée en deux branches : l’une dite de Brignola, se fixa à Villeneuve d’Agen ; l’autre, dite de la Boissière, s’établit à Monflanquin.

De la Crompe habita rue Porte-Neuve, au coin de celle de Montrevel, une maison appartenant actuellement à la famille de M. de Chaudordy, ancien ambassadeur de France à Constantinople.

1603 40 LAVOLVÈNE (JEHAN DE)

Fils de Bernard de Lavolvène, bourgeois d’Agen et de Françoise Desplat.

Epousa le 1er juin 1603, Jacqueline Lachièze, fille de Jehan de Lachièze, conseiller au présidial et de Gabrielle de Cassoles.

Habitait la rue Puits du Saumon.

Il teste en 1618, devant Bellenger, notaire, et meurt à Agen, en 1663, laissant un fils Jehan, advocat en parlement et marié le 27 août 1643, à Jeanne Montesquiou Saintraille.

Il tua en duel Charles de Raignac, consul d’Agen, le 6 mars 1671.

41 BRAYAC ou BRAGERAC (GUY DE)

Se maria avec Anne de Charrié dont il eut deux filles : l’ainée Marie, épousa le 3 mai 1611, Joseph Timbrune, seigneur de Valence ; la cadette, Marthe, fut mariée à Géraud de Couquet, demeurant rue Pont-de-Garonne.

Ce dernier hérita de la charge de son beau·père.

42 BERTRAND (FRANÇOIS DE)

Originaire de Toulouse, où son père tenait un comptoir de banque.
Il maria sa fille unique avec Malhoc.
Habita dans la rue Lalande.

1604 43 RÉMOND (ROUBERT DE)

Fils de Jehan susnommé, épousa le 23 septembre 1609, Françoise d’Orty, fille de Boissonnade d’Orty, juge mage.

Il paya ses lettres de provisions 1.600 livres et il acheta le 28 octobre 1628 la charge de trésorier de France, à Bordeaux, 55.000 livres.

Sa famille fut anoblie en 1667.

1604 44 LOUBATÉRY (FLORIMOND)
Conseiller en 1604, fut nommé en 1608, lieutenant particulier, assesseur criminel, au même siège.

45 VIGNES (CHARLES DE)
Habitait dans la rue Floyrac, au coin de la rue Fon-Nouvelle, la maison occupée ensuite par M. R. Barsalou, ancien député.

1605 46 LABARTHE (PIERRE)
Maria sa fille Tècle, à Sibaud de Saint-Médard, le 17 avril 1621.
Il vendit la même année, devant maitre Bellenger, notaire à Agen, son office à Anthoine de Raignac.

47 ROSSANNES (GÉRAUD DE)
Succéda à son père susnommé.

1606 48 LEDOUBLE (PIERRE)
Né à Agen vers 1565, poète et conseiller clerc au présidial d’Agen, et plus tard au parlement de Bordeaux ; habitait la rue des Prêtres, derrière la cathédrale Saint-Etienne.

1607 49 LA CROMPE (ANTHOINE), dit le Jeune
Epousa Charlotte Douzon, et mourut en t630. Son fils Jehan lui succéda.

50 LAIONE (JEHAN DE)

51 BEAULACQ (PIERRE DE)
Habitait la rue Saint-Anthoine, près la porte de ce nom.

1608 52 SARRAU (JEHAN), dit Sarrasinus.

Protestant, originaire de Monflanquin, habitait rue Porte-Neuve la maison occupée actuellement par la Miséricorde.

Epousa Jehanne de Bressolles, nièce de Jehan de Bressolles, conseiller.

53 COUQUET (GÉRAUD DE)
Epousa Marthe de Brayac. Occupa l’office de son beau-père susdit et la maison qu’il habitait sous les Cornières, ayant sortie sur la rue Fon Nouvelle.

1609 54 RUPPAYRE (CLÉMENT CLAUDIN DE)

Succéda le 15 avril 1609, à Jehan Dumolin, démissionnaire en sa faveur ; fut installé le 26 juin suivant, par Jehan d’Orty, juge mage.

Il épousa Marguerite de Godailh, et habitait rue Saint-Gilis, une maison touchant à celle de Barbier de la Serre.

Testa en 1614, devant Bellanger, notaire.

Le 6 juin 1626, sa fille ainée, Gilette, épousa Gratien de Latour, conseiller qui suit, et la cadette, fut mariée à Delas de Mazères, qui vendit la charge de son beau-père à Barthélemy Lamouroux.

1610 55 NARGASSIER (JEHAN JACQUES DE)
Fils du précédent, épousa, le 7 novembre 1610, Françoise de Las, fille de Joseph de Las de Gayon et de Gabrielle de Nort.
Fut élu consul d’Agen en 1656 et mourut le 15 janvier 1657.

1610 56 ROCHE (MARC ANTHOINE)
Succéda à son père susnommé, épousa Catherine Lasbordes.
Il testa le 29 mai 1620, devant Bellanger, notaire à Agen.

57 BOISSONNADE (GÉRAUD DE)

1613 58 BARROUSSEL (PHILIPPE)
Sieur du Pin, né à Sainte-Livrade. Epousa Charlotte d’Alleguedès, de Monclar.

59 BÉCAYS (ISEBAU DE)

Sieur de la Caussade, fils d’Isaac de Bécays, gouverneur de Monflanquin en 1575.
L’un des plus ardents promoteurs de la Réforme religieuse.

Habitait une maison sise rue Lagasse, sortant sur celle du Paradis, successivement vendue à M. Lamouroux de Pléneselve et à M. Bouet, président de chambre à la cour royale d’Agen et député de Lot-et-Garonne.

1618 BRESSOLLES (BERNARD DE)

Sieur de la Grange, d’une famille originaire du Bourbonnais, fixée au XVIe siècle dans la paroisse de Saint-Loup-sur-Garonne, non loin d’Auvillars. Etait proche parent de Jehan de Bressolles, susdit.

Fut pourvu de l’office de conseiller vacant par la résignation de Jehan Bégon. Lettres de provisions de Meaux le 8 octobre 1618. Paya au Roi 800 livres et 108 de marc d’or. prit séance le 16 février 1619.

Il habitait la rue Mailhé, à l’angle de la rue de la Reine (Régina Goth), succéda à Jehan de Béchon résignataire en sa faveur (1623).

Fut marié deux fois : en 1618 et 1642, et cette dernière avec Marie de Ranse (d’Aiguillon).

Du premier lit, il eut une fille, Sérene, qui épousa le 19 septembre 16.. Jehan de Lacueye, conseiller au présidial.

1620 MONTMÉJAN (JEHAN DE)

D’une famille sortie du Causse noir du Rouergue. Son père François, marié avec Anne de Nort, fut consul d’Agen en 1597.

Habitait dans la rue des Juifs une maison occupée, aujourd’hui, par le Musée municipal.

Il mourut en 1646 et fut remplacé par Douzon, le jeune.

1620 mai JOYE (SIMON DE LA)
Beau-frère de Jehan de Vivant, seigneur de Noaillac, entre Agen et Villeneuve.

1621 VIGNES (CHARLES DE)

Nommé conseiller le 13 octobre 1621 et conseiller honoraire le 31 mars 1653.

Un curieux incident se produisit dans la maison de M. de Godailh, que Vignes avait en location.

D’après les récits du temps, le colonel Laurent d’Hallot enleva de cette demeure, en pleine nuit, le 27 mars 1624, la jeune Françoise Galiné (de Clairac), d’une beauté remarquable et couchée auprès du lit du dit conseiller.

Le ravisseur et la donzelle franchirent le mur de ville, au moyen d’une échelle à cordes et ne reparurent plus dans le pays.

Un procès criminel s’en suivit. Le valet de chambre Jacob, Léonard, qui avait facilité le rapt, fut emprisonné.

1621 TORNADE (PIERRE DE)
Epousa Jehanne de Redon.
Habitait la rue Floyrac ou de Bourdeilles (Bordeaux).

1622 BÉRARD (PIERRE DE}
Neveu et héritier de Philippe de Bérard.

1622 FAURE (BERNARDIN DE)
Sieur de Lapeyrière, originaire de Monflanquin.
Epousa Anthoinette de Cambefort (d’Agen) et fut l’oncle d’Henry de Faure, qui hérita de sa charge.

1623 TOUR (GRATIEN DE LA)

Sieur de Saubabère, originaire de Beaumont-sur-Lomagne, occupa la charge de son beau-père Clément de Ruppaire.

Il vendit son office pour devenir conseiller à la cour des Aydes. Mal lui en prit, car il fut assassiné à Agen, le 17 juin 1635, dans une émeute provoquée par des surtaxes sur les vins et les denrées du pays).

1624 CHEMILLAC (JEHAN DE)

Originaire du château de Caussade, près de Saint·Pastour, en Agenais.

Par lettres du 23 novembre 1624, Chemillac, avocat du roi en la sénéchaussée, fut pourvu de l’office de conseiller au présidial, à la suite de la résignation de Charles de Couquet, en sa faveur.

A son tour, le 25 février 1638, il se démit de sa charge au profit de Pierre Ducros.

Chemillac fut consul d’Agen en 1641.

Il épousa Marie de Pigoussa et mourut le 10 janvier 1676.

1625 BRIENNE (JEHAN DE)
Signa plusieurs actes, en qualité de conseiller au présidial, le 24 décembre 1625, devant Me Bellanger, notaire à Agen.

1625 ROSSANNES (GRATIEN DE)

Deuxième fils du susdit, auquel il succéda le 3 octobre 1625.

Ses lettres de provisions, datées de Saint·Germain-en-Layes, le 21 octobre 1625, coûtèrent 625 livres pour le Roy, 108 livres marcs d’or, et 83 livres pour dispense d’âge de quarante jours.

Fut nommé conseiller honoraire, le 18 juillet l686.

11 épousa Anne de Roche, fille du conseiller de ce nom et fut héritier de son oncle Gérard Rousselly, évêque d’Oléron.

1626 LAMOUROUX (BARTHÉLEMY)

Sieur de Lagarde. Neveu de Bertrand Lamouroux susnommé.

Ses lettres de provisions furent signées à Blois, le 16 juin 1626, pour succéder à Clément du Repaire, démissionnaire en sa faveur, le 1er avril 1626.

Paya 625 livres de provisions et 108 livres de marc d’or.

Il avait épousé le 18 avril 1626, Françoise de Boissonnade, fille du juge mage et de Françoise d’Orty, avec 6.000 livres de dot.

Il mourut en 1652, un an avant son père Pierre Lamouroux de Pleneselve.

Habitait la rue Porte-Neuve, à l’angle de celle Notre-Dame du Bourg.

1628 DOUZON (JEHAN), dit le Vieux Douzon.

Bourgeois originaire de Monclar en Agenais (voir état-civil de cette paroisse), habitait la rue Grande-Horloge.

Acheta la charge de François de Bertrand, au prix de 625 livres.

Sa nomination fut signée à Paris, le 31 décembre 1628. Il fut installé le 4 mai 1629, par Pierre Ledouble, doyen des conseillers.

Devint honoraire le 24 juillet 1679. Avait épousé, le 22 mars l628, Marguerite de La Crompe, fille du conseiller de ce nom.

Son fils Henry hérita de sa charge.

1629 RAIGNAC (ANTHOINE DE)

D’une famille bourgeoise vivant noblement, originaire des environs de Montpellier.

Fils du seigneur de Beauville et frère ainé de Raignac qui suivra.

Nommé conseiller en remplacement de Pierre de Labarthe, démissionnaire en sa faveur.

Ses lettres de provisions furent données à Paris, le 13 février 1629. Installé le 30 mai suivant, par le conseiller doyen de Lavolvène.

Devint honoraire le 25 février 1662.

Il épousa le 10 juin 1628, Marthe Tourtonde, qui porta en dot une belle maison sise rue Moncorny, à l’angle de celle du Paradis ; plus tard occupée par les familles Bergognié, Guizot et Mourgues.

Le 22 novembre 1677, jour de son décès et en sa qualité de vétéran de la compagnie, tout le présidial assista à ses funérailles.

1631 CROMPE (JEHAN DE LA)
Sieur de la Boissière, succéda à son père Anthoine susdit.

1632 DANSELIN (ANTHOINE)

Conseiller par résignation de Gratien de La Tour.
Lettres de provisions du 14 avril 1632.

Fut installé le 28 juin suivant par Anthoine Boissonnade, juge mage.

Il épousa damoiselle Françoise de Saint-Gilis, nièce de Bertrand de Saint-Gilis, conseiller.

Habita une grande maison rue Floyrac, à l’angle de celle de Fon-Nouvelle, longtemps résidence de M. Rotch Barsalou, ancien député de Nérac.

Décéda en août 1660. Sa famille acheta des titres de noblesse en 1708.

1632 BEAULACQ (NICOLAS DE)

Epousa Jeanne Maurès, fille cadette de Guillaume Maurès, advocat, syndic du pays d’Agenois et soeur de la célèbre Anne Maurès, plus connue sous le nom de Manon d’Artigues, maitresse du duc d’Epernon.

Il habita un hostel dans la rue Saint-Hiérosme et eut un fils, Jehan, qui lui succéda en qualité de conseiller.

1632 PONS (JEHAN)

Originaire de Saint-Pastour, en Agenois.

Prit une part active aux troubles civils provoqués par le prince de Condé. Fut fait prisonnier avec son fils, Jehan Pons, qui servait comme officier au régiment de Lauzun.

Paya, pour obtenir sa propre liberté, une rançon de 3.000 livres et pour celle de son fils, 1.500 livres.

li avait épousé le 20 avril 1637, Françoise de Phelippe, fille de Guillaume de Phelippe, conseiller au présidial, et d’Anne Delpech.

Mourut le 23 août 1654. Son fils se maria le 9 juillet 1663, avec damoiselle Louise de Nouville, fille du juge royal de Saint-Pastour.

Dans la généalegie de sa descendance, on trouve Anne-Sophie Pons, mariée deux fois : en première noce, avec Caprais Sarrette (de Monflanquin), mort en 1875, et père de M. Hermann Sarrette, député du Lot-et-Garonne du 8 février 1871 à 1889. En deuxième noce, avec Louis-Martin du Gravier de Lagolée, dont la fille unique épousa Placide Frayssingue, conseiller à la cour d’appel d’Agen, de 1846 à 1862, et père d’Anne Frayssingue mariée avec M. Félix Aunac, banquier à Agen.

Enfin, le plus distingué de cette vielle famille, Pons, Louis, né à Bordebasse, près Monclar en 1822, successivement maire et conseiller général de son canton, depuis le 8 octobre 1871, élu sénateur de Lot-et-Garonne, le 5 janvier 1879 et mort subitement à Bordebasse, le 9 mai 1888.

1632 DUPLEZIN (JACQUES)
Consseiller au présidial en 1632.
Epousa Jehanne Domain et testa le 13 mars 1663, devant Bellenger, notaire à Agen.

1633 RAIGNAC (JEHAN DE)
Frère cadet du précédent, Conseiller clerc, nommé par le roi le 31 juillet 1633, sur la présentation de Charles Froumartin, chanoine de la cathédrale Saint-Estienne et pour remplacer Pierre Ledouble, dernier titulaire décédé. Prêta serment au parlement de Bordeaux, le 6 avril 1624.

1633 COUQUET (GABRIEL DE)

Nommé conseiller par résignation de Géraud de Couquet moyennant 4,00 livres.

Lettres de provisions signées au camp devant Nancy, le 2 septembre 1633.

Gabriel fut promu deuxième président au présidial, le 26 août 1643.

1635 SAINT GILIS (BERTRAND DE)

Sieur de Grabes, paroisse de Saint-Cyr, banlieue d’Agen.

Advocat en parlement de Bordeaux.

Anthoine de la Crompe lui céda sa charge (sur le refus de son fils Pierre de la Crompe), moyennant 600 livres et 216 livres pour marc d’or.

Reçut ses lettres de provision signées à Paris, le 13 février 1635. Installé le 18 août 1635, par Anthoine Boissonnade, juge mage.

Fut élu cinquième consul d’Agen en 1634.

Epousa Marie Secondat de Roques, fille de Pierre de Secondat et d’Anne de Pontac. Mourut le l9 mars 1678, en son hostel rue Saint-Gilis, joignant celle des Prestres et sortant sur la place du poisson salé, aujourd’hui place Lafayette, siège du Splendide Hôtel.

1635 BOURGON (PIERRE)

Originaire de Villeneuve-d’Agen, acheta l’office de Géraud de Couquet décédé. Le contrat passé à Bordeaux, avec sa veuve Marthe de Brayac, stipulait le prix de 8.400 livres.

Le roi ratifia cette vente par lettres de provisions signées à Paris, le 26 février 1635.

Mais Bourgon, marié avec Marsuerite de Beaumont, étant mort, sans solder entièrement sa charge, celle-ci fit retour au fils de Marthe de Brayac, c’est-à-dire à Charles de Couquet qui la revendit à

1635 LAFITTE (THOMAS)

Sieur de Pelleguignon.

Celui-ci obtint les lettres de provisions le 28 may 1635.

Fut marié deux fois : la première, le 15 janvier 1648, avec Catherine de Malvin ; la deuxième, le 8 février 1653, avec Antoinette Lamouroux de Pleneselve, fille de Barthélemy de Pléneselve et de Françoise Boissonnade.

Mourut après avoir testé le 13 mars 1663, en l’étude de Me Cruzel, notaire à Agen.

1635 LARIVIÈRE (JOSEPH DE)

Fut pourvu du titre de conseiller d’honneur créé par un
édit de décembre 1635.

Ce titre fut momentanément supprimé en décembre 1663,
mais, par suite de besoins d’argent, il fut rétabli par ordonnance du 20 février l690 et rendu héréditaire.

1638 DUCROS (PIERRE)

Sieur de Planazès, frère et neveu de deux chanoines d’Agen, advocat en parlement, devint conseiller par la résignation en sa faveur de Jehan de Chemillac, moyennant 600 livres.

Lettres de provisions du 2 juin 1638. Installé le 4 janvier 1639, par Anthoine de Boissonnade, juge mage.

Fut chargé par le Roy, avec l’intendant général Pelot, de vérifier, en 1667, les titres de la noblesse de Guyenne.

Elu consul d’Agen. en 1657 et 1674. Son fils, Joseph, fut attaché à l’ambassade de France, en Angleterre, sous les ordres du maréchal d’Estrades, puis nommé ministre plénipotentiaire en Suède. Il épousa la fille de lord Gordon.

Pierre Ducros était le cousin de Jacques Ducros, jurisconsulte distingué, auteur des commentaires sur les coutumes d’Agen.

Il s’était marié avec Anthoinette de Carmentran (de Casteljaloux) ; habitait dans la rue Saint-Antoine, proche les Jacobins.

Testa le 1er Octobre 1678 et mourut la même année.

1642 FAURE (HENRY DE)

Sieur de Lagarde (près Puymirol).

Originaire de Monflanquin, fils d’Henry de Faure, lieutenant général du sénéchal, et de Marguerite de Rémond, (soeur du célèbre controversiste Florimond de Raymond).

Succéda à son oncle, Bernardin de Faure, par contrat passé le 9 décembre 1642, devant Me Cruzel, notaire à Agen.

Epousa le 28 septembre 1643, Bertrande Saint-Gilis, testa le 5 juillet 1651 et mourut en 1654.

1643 PHELIPPE (GUILLAUME DE)

Avocat au parlement de Bordeaux, devint conseiller après résignation de Jehan de Pons, signée à Saint-Pastour le 10 juillet 1642 en sa faveur, moyennant l.100 livres et 216 livres de marc d’or.

Lettres de provisions données à Paris, le 13 janvier 1643.

Installé le 6 mai 1643, par A. Boissonnade, juge mage.

Fut consul d’Agen en 1656.

Marié avec Anne Delpech.

Testa le 16 janvier 1676 et mourut le 23 mars, suivant en sa maison rue de la Grande Horloge, sortant rue Floyrac.

1643 LACUEYE (JEHAN)

Originaire du hameau de La Massas (juridiction de Penne), d’une famille de cultivateurs bourgeois.

Conseiller premier du nom, succéda à Jehan de Gardès, au prix de 1.100 livres.

Lettres de provisions signées à Paris, le 13 janvier 1643.

Installé par A. Boissonnade, le 16 mai 1643.

Fut syndic temporel des cordeliers d’Agen.

Epousa, le 19 septembre 1643, Sérène de Bressolles, fille du conseiller Bernard et de Marie de Ranse.

1643 DAUZAC (GUILLAUME)

Fils de Jehan Auzac, bourgeois de Beauville et de Jehanne Guary.

Nommé conseiller garde des sceaux du présidial, par lettres de provisions de Paris, 8 janvier 1643, après résignation de Jehan Sarrau, dernier titulaire, moyennant 1.980 livres, le 15 octobre 1642. Installé le 8 mai 1643, par A. Boissonnade, juge mage.

Epousa, le 31 août 1642, Jehanne Quitterie d’Audebard, fille du deuxième lit de Bertrand d’Audebard de Ferrussac et de Françoise de Monlezun.

Fut nommé conseiller honoraire, par lettres datées de Saint-Germain-en Laye, le 12 juin 1686.

1644 BARROUSSEL (JEHAN DE)
Fils de Phélippe de Barroussel susdit.

1646 DOUZON (JEHAN)

Fils de Guillaume Douzon, conseiller en l’élection d’Agenais.

Advocat en parlement à Bordeaux, conseiller après résignation de Jehan Montméjean, moyennant 7.500 livres, stipulées devant Leydet, notaire à Agen, le 11 janvier 1646.

Provisions données à Paris, le 8 juillet 1646. Prêta serment à Bordeaux, le 19 décembre 1646 ; devint conseiller honoraire le 24 juillet 1679. Paya sa nomination 990 livres et plus l62 livres de marc d’or.

Epousa Francoise de Goguineau. Acheta le 5 juillet 166l, à Julien de Nort, seigneur de Savignac, le grand domaine de Tourtarel, sis dans la paroisse de Cayssac, aux environs d’Agen.

1646 SABAROS {JEHAN DE)

Sieur de Saint-Laurent, d’une famille bourgeoise vivant noblement, fils de Jehan Sabaros, Sr de Lamothe-Rouge, député le 6 août 1614, aux Etats Généraux, succéda le 26 août 1646 à Gabriel de Couquet, nommé deuxième président le 26 août 1643.

Epousa, le 8 décembre 1648, Marguerite de Saint-Gilis, fille de Saint-Gilis, sieur de la Chapelle de Coupet. Il mourut le 7 janvier 1695.

1651 REYRE (ANTHOINE)

Advocat en parlement, conseiller par résignation de Jacques Nargassier, moyennant 1.320 livres et 216 livres le marc d’or.

Lettres de provisions, Paris, 10 juillet 1651. Prêta serment au parlement de Bordeaux, le 16 août 1651.

Epousa Anne de Roquier, soeur de Jehan de Roquier, conseiller.

1651 PÉLISSIER (JOSEPH)
Conseiller en l651.

1651 GARDÈS (JEHAN-VINCENT DE)

Sieur de Coleyrac et de Bassignac.
Epousa Marthe de Pau, veuve de Francois-César Imbert, lieutenant particulier au présidial de Condom.

Mourut en 1664, laissant deux filles, dont l’une, Gabrielle, se maria avec Gaston de Secondat, seigneur de Coleyrac.

1652 REDON (JEHAN DE)

Troisième fils de Laurent de Redon, advocat du Roy.

Epousa le 23 février 1661, Gabrielle Roche, fille d’Anthoine Roche, sieur de Pontous, près Sainte-Livrade, et de Marguerite de Lachièze. De cette union nacquit un fils, Redon des Fosses, qui fut misérablement tué en 1687, dans la rue Molynier, par le fils de Lamothe Delas, jurat d’Agen.

On essaya d’étouffer cette triste affaire, mais le parquet du parlement de Bordeaux, auquel elle fut dénoncée, envoya sur les lieux le conseiller Duval, de la Grand’Chambre, avec mission d’instruire une procédure en forme.

Plusieurs magistrats du présidial parurent compromis, à tel point que le juge criminel fut condamné à mort par défaut, et le procureur du Roy, suspendu de ses fonctions pendant trois mois : tous les conseillers vertement réprimandés.

Enfin l’assesseur et le greffier furent relaxés.

Sa famille fut anoblie en 1698.

1652 CUNOLIO (MICHEL)
Fils du précédent Cunolio.

1653 ROSSANNES (GRATIEN DE)
Devint conseiller honoraire doyen, le 18 juillet 1686.

1653 ROQUIER (JEHAN DE)
Epousa Anne Tourtonde.

1654 VIDALOT (JEHAN JACQUES)

Originaire de Valence-d’Agen, advocat en parlement, conseiller par la résignation d’Anselin, Anthoine.

Provisions : Paris, 12 mai 1654, prête serment le 19 janvier 1655, installé à Agen, le 16 février suivant.

Se maria avec Marguerite Girles, fille de Jehan Girles, bourgeois et marchand, consul d’Agen en 1634, 1643, 1649.

1658 VIGNES (JEHAN JACQUES DE)
Fils de Charles Vignes, susdit, fut marié à Isabeau de Lafont et devint consul d’Agen en 1670 et 1698.

1658 MONMÉJEAN (JEHAN DE)
Parent du précédent du même nom. Epousa Anne de Belloc, donna la main de sa fille Marie, à Jehan de Sabaros, sieur de la Mothe Rouge, juge royal.

1660 MUCY (ETIENNE DE)

D’une famille bourgeoise vivant noblement, advocat en parlement de Bordeaux, conseiller en remplacement de Bécays, sur la présentation de sa veuve Magdeleine et de son fils Hiérosme de Bécays.

Epousa, le 1er février 1660, Isabeau de Codoing, fille de François de Codoing, contrôleur en l’élection d’Agen.

Lettres de provisions : Paris 27 juillet 1660. Prêta serment à Bordeaux, le 23 juillet 1661.

Mourut à Paris, en avril 1688.

1661 RAIGNAC (JEHAN DE)

Advocat en parlement de Bordeaux, succéda à son père, Anthoine, démissionnaire en sa faveur, et nommé conseiller honoraire le 24 février 1662.

Lettres de provisions : Fontainebleau, 22 octobre 1661, payées 910 livres et 412 livres d’or. Prêta serment le 12 mars 1662.

Epousa Elisabeth de Bladbourg, le 28 février 1661, acheta le 7 mai 1704, à la duchesse de Roquelaure, la terre et le château de Frespech, en Agenais, croyant acquérir de cette dame, le titre de baron dudit lieu.

Cette qualification lui fut vivement disputée par les habitants de la localité. Il dut renoncer à ses prétentions, après un long procès.

1662 COUQUET (PIERRE JOSEPH DE)

Advocat en parlement de Bordeaux, conseiller par résignation de Bernardin Defaure, prête serment à Bordeaux le 8 juillet de la même année, installé le t 7 août suivant.

Epousa, le 3 juin 1668, Antoinette Malvin de Montazet, d’Aiguillon, apportant 15.000 livres de dot.

Son fils, Charles de Couquet, sieur de Gueyze, fut maire d’Agen en 1723.

Pierre-Joseph mourut le 18 juin 1693.

1662 CUNOLIO (ESTIENNE DE)

Fils d’Anthoine-Gabriel Cunolio et frère de Michel de Cunolio, lieutenant assesseur au présidial, docteur utriusque juris, chanoine de Saint-Estienne d’Agen, nommé conseiller clerc, après le décès de Raignac (Jehan), prestre, précédent titulaire.

Provisions : Paris, 28 juin 1662 ; payées 916 livres et 432 livres le marc d’or. Prêta serment le 8 août suivant au parlement de Bordeaux.

Installé le 17 du même mois.

1662 BEAULAC (JEHAN DE}

Sieur de Cussacq (près Saint-Caprais de Lerm, juridiction de Puymirol), advocat en parlement de Bordeaux, conseiller par la résignation de Nicolas de Beaulac, son père.

Provisions : Paris, 7 juin 1662. Payées 916 livres et le marc d’or 432 livres.

Prêta serment à Bordeaux, le 26 août suivant. Réception à Agen, le 4 septembre même année.

Epousa Marthe Maurel. Fut élu consul d’Agen en 1676 et 1686, contribua beaucoup à la fondation du grand hopital de cette ville, mourut en 1695.

1662 DOUZON (JOSEPH)

Advocat en parlement, conseiller après résignation de Jehan Jacques Duplezier.

Provisions : Paris, 12 octobre 1662. Payées 907 livres et 432 livres le marc d’or. Prêta serment à Bordeaux, le 13 avril 1663. Réception à Agen, le 12 mai suivant.

1662 JAYAN (BERTRAND DE)

Advocat en parlement. Par lettres patentes du 22 juin 1662 fut pourvu de l’office de conseiller par la résignation de Bertrand de Saint-Gilis. Paya sa nomination 916 livres et le droit du marc d’or 432 livres.

Prêta serment à Bordeaux, le 9 décembre 1662. Réception à Agen, le 4 janvier 1664.

1663 MURAILLE (ANTHOINE)

Originaire des environs de Valence-d’Agen.
Conseiller par provisions : Paris, 22 septembre 1663, après
résignation de Thomas Lafitte, titulaire, moyennant le prix
de 916 livres. Prêta serment à Bordeaux, le 3l mars 1664.

Epousa le 31 janvier 1665, Anne de Filartigue, fille du seigneur de Gueyze ; habita rue Garonne, la maison au-dessus du pont d’Angoyne, plus tard propriété de M. Noubel, ancien maire, député et sénateur d’Agen.

1666 GARDÈS (PIERRE DE)

Neveu et successeur de Jehan de Gardès susdit.

Epousa Catherine Bayon et mourut en 1694. Sa fille unique, Marie, épousa, en l701, Pierre de la Tour, sieμr de Fontirou, décedé en 1738.

1667 BRESSOLES (JEHAN JOSEPH DE)

Fils de Bernard de Bressoles, conseiller, succéda à son père en 1667.

Il épousa le 10 août 1666, Marguerite Genevois, fille de Claude Genevois, bourgeois et marchand d’Agen, et de Jehanne Dumoulin.

Elle reçut en dot 11.200 livres dont une partie servit à payer les frais d’entrée à l’office de conseiller au présidial. Contrat de mariage retenu en l’étude de Me de Lacvivier, notaire à Agen.

1678 LACUEYE (MARC ANTHOINE)

Advocat en parlement, deuxième conseiller du nom, après résignation de son père Jehan.

Provisions données à Saint-Germain-en-Laye, le 10 juillet 1678, avec dispense d’âge. Payées 4.400 livres et le marc d’or 432 livres. Installé le 12 août 1678.

Epousa, le 10 novembre 1670, Anthoinette Sevin de Ganet.

1680 DOUZON (HENRY)
Sieur de Fontayral, successur de son père, Jehan Douzon,
démissionnaire en sa faveur, août 1677.
Provisions signées en 1680.
Epousa Marguerite Sarrasin (de Penne) en 1677.

1686 DAUZAC (JOSEPH)
Advocat en parlement, reçut l’office de conseiller et de garde des sceaux du présidial, après la résignation de son père Guillaume, et par provisions datées de Versailles, le 13 mars 1686.

Estimation de la charge : 1.650 livres et 432 livres pour le marc d’or. Installé le 5 septembre 1686.

1686 GROUSSOU (JEHAN DE)

Originaire de Clermont-Dessus (en Agenais), fils de François Groussou, procureur d’office audit Clermont, paroisse de Coupet, juridiction de Valence d’Agen, et de Bernarde Pradié.

Advocat en parlement, conseiller après la résignation de Gratien de Rossannes, paya 9l6 livres pour provisions et 432 livres pour le marc d’or.

Lettres provisions : Versailles, 29 Juin 1686. Installé le 5 septembre suivant.

Epousa, le 14 juin 1680, Anne Marie de Couquet, fille d’Anthoine de Couquet, conseiller au présidial et de Françoise de Montaugouzi.

1687 LA VILLE SUR ILLON (JEHAN DE)

Issu d’une famille des plus illustres de la Lorraine, dit le généalogiste Saint-Allais, tirant son nom de la seigneurie de la Ville sur Illon, à trois lieues de Mirecourt.

Arrière petit-fils d’André de la Ville établi en Agenais, en 1477 et fils de Pierre de la Ville et de Louise de Muraille.

Fut avocat en parlement, succéda à Jehan de Barroussel, décédé ; paya sa charge 1.750 livres.

Lettres de provisions signées à Versailles, le 27 janvier 1687. Paya 2.750 livres sa nomination et 432 livres le marc d’or. Installé le 22 mai suivant.

Epousa le 9 juillet 1685, Françoise Nargassier, nièce et héritière de Marc-Anthoine de Las, sieur de Lacépède, et du général de Las de Gayon, commandant la Guyenne en 1655.

Il mourut le 25 janvier 1735.

1690 LUGAT (PIERRE DE)

Advocat en parlement, conseiller assesseur en l’élection, acheta la charge héréditaire de conseiller honoraire au présidial, à Joseph Larivière, moyennant 2.700 livres et 60 livres pour le marc d’or.

Provisions, le 10 décembre 1690, conformes à l’édit de décembre 1689.

1691 MURAILLE (JEHAN)
Fut pourvu de l’office de conseiller d’honneur au présidial d’Agen, par lettres du 29 mars 1691, conformes à l’édit de création de février 1690, paya 2.700 livres sa nomination et 60 livres le marc d’or d’instàllalion le 24 avril 169l.

1693 BESSIÈRE (JOSEPH)

Advocat, succéda à l’office d’Anthoine Reyre, décédé.

Provisions : Paris, 30 janvier 1693 ; payées 2.200 livres et 216 livres le marc d’or. Installé le 10 mars suivant.

Marié le 27 novembre 1693 avec Paule-Serène-Sevin de Ganet ; habita la rue des Jacobins.

1695 VIDALOT (JEHAN)
Fils ainé de Jehan-Jacques Vidalot, conseiller, auquel il succéda le 11 juillet 1695.
Il épousa Françoise de Gardès.

1699 BIENASSIS (JEHAN SANSON)

Sieur des Arrodès-sur-Garonne (paroisse de Montesquieu), était originaire de Caulusson en Bretagne.

Advocat en la sénéchaussée, conseiller après le décès de Pierre Ducros.

Provisions: Versailles, 2 mai 1699. Payées 2.200 livres. Marc d’or 432 livres. Installé le 16 juillet 1699.

On raconte à son sujet, dans le registre du présidial, ce qui suit:

« Le 15 aôust 1710, la ville estant déserte, à cause de la peste, le conseiller Bienassis, seul au présidial, se rendit la procession de la cathédrale. Il y trouva quatre consuls qui lui disputèrent la préséance et, dans la rixe, lui déchirèrent la robe. »

Bienassis porta plainte à ses collègues, qui firent la sourde oreille.

Mais, à l’audience du 14 mars 1711, de Jayan, lieutenant criminel, crut devoir rappeler l’incident à l’encontre de Bienassis.

Il dit qu’il sortait de la lie du peuple, le traita de maraud, de fat, ne sachant que braire.

Bienassis riposta vivement qu’il connaissait sa famille, ayant vécu avec honneur et que Jayan était fat et fou. Celui-ci, armé d’un manche à balais, tapa sur la tête de Bienassis, lequel saisit un tabouret pour se défendre. Les conseillers interloqués, les séparèrent.

Jayan fut condamné à faire des excuses à Bienassis, à s’abstenir pendant un mois d’entrer au palais et pendant quatre ans de passer devant la porte de son adversaire.

Bienassis épousa Marie de Luero du Portal, dont il eut un fils, qui lui succéda dans son office.

1699 DAUNEFORT (FRANÇOIS)
Originaire d’une famille bourgeoise de Layrac, en Brulhois. Advocat au parlement, conseiller, après le décès de Guillaume Phélip, titulaire.
Provisions : Paris, 28 mai 1699. Payées 2.200 livres, et 432 livres pour le marc d’or. Installé le 13 juillet suivant.

1699 BOSCQ (PIERRE)

Seigneur du château du Boscq, juridiction de Tournon d’Agenais, aujourd’hui à M. de Lisleleferme.

Advocat au parlement, succéda à Bernard de Bressoles, décédé.

Provisions : Paris, 1er août 1699. Payées 2.750 livres, marc d’or, 432 livres. Installé le l6 septembre suivant.

Epousa Marianne de Lambon, dont il eut un fils, Jehan, plus tard lieutenant principal au présidial.

1699 HUGONIS (JEHAN)

Advocat au parlement, remplaça Jehan Douzon, décédé.

Prix de la charge: 2.750 livres.

Provisions : Versailles, 30 novembre 1699. Prêta serment
à Bordeaux, le 13 février 1700.

1700 VERGNES (CHARLES)

Fils de Pierre Vergnes, praticien, et d’Anne Barrier, de Golfech, en Agenais.

Acheta l’office de conseiller vacant depuis le 2l janvier 1676, par la promotion du titulaire Bertrand de Jayan, à la charge de lieutenant principal criminel.

Provisions : 10 janvier 1700.

Epousa le 24 janvier 1695, Marguerite Lagarde, d’Agen, paroisse Saint-Hilaire, dont il eut un fils, Jean-Louis, marié avec Anne de Lescale de Véronne, descendante de Scaliger et morte en 1764.

1702 GIGNOUX (JEHAN ANTOINE)

Sieur de Bernède, juridiction de Puymirol, advocat en parlement. Succéda à Jehan-Baptiste Brousse, démissionnaire en sa faveur.

Provisions: Versailles, 5 février 1702.

Devint conseiller honoraire, mourut le 23 mai 1732. Lors de son installation, il paya à la Compagnie 300 livres d’entrée, n’étant pas fils de magistrat au présidial. Il avait épousé Isabeau Orliac, dont il eut un fils marié en l752.

1702 MURAILLE (ANTHOINE)

Fils et héritier de Jehan Muraille susnommé. Conseiller honoraire en décembre 1702, installé à ce titre en janvier 1703.

Epousa, le 28 décembre 1701, Anne Marie Lacueye, fille de Marc Anthoine susdit et d’Anthoinette de Sevin.

1703 BROUSSE (JEHAN-BAPTISTE)
Conseiller honoraire en remplacement de Pierre de Lugat, décédé, le 17 avril 1698. Fut installé le 5 février 1703.

1703 DOUZON (JEHAN)
Succède à Joseph Douzon, décédé.
Provisions : Versailles, 3 mars l703, avec dispenses, à raison de sa parenté avec Henry Douzon, conseiller. Installé, le 30 avril 1703, par Couquet, juge mage.

1711 ROUX (JEHAN)
Advocat à Bordeaux, remplaça Jehan Sabouroux, décédé.
Provisions : 9 août 1711. Installé le 23 novembre suivant. Epousa Toinette Singlande, petite-fille de Pierre Latour de Fontiroux et de Gabrielle de Sevin.

1712 VILLE (ANTHOINE DE LA)

Sieur de Lacépède, fils de Jehan de la Ville susdit.

Advocat à Bordeaux, succéda à Jacques de Vignes, décédé. Provisions: Versailles, 7 janvier 17l2, avec dispense, à ceause de son père, conseiller. Installé le 3 mars l712.

Epousa Germaine Aurière, fille de Pierre Aurière, riche bourgeois de Sainte-Livrade, et d’Anne Denis.

Acheta, le 26 mai 1755, la charge de conseiller à la cour des aydes de Montauban, au prix de 21.585 livres, à Jehan Lhulier, démissionnaire en sa faveur.

Fut père de Joseph-Médard de la Ville, avant-dernier juge mage du présidial.

Hérita de ses deux oncles Nargassier, décédés sans enfant : l’un, capitaine en Piémont ; l’autre, général, maréchal de camp.

1712 LACUEYE (JEHAN CHRYSOSTOME)

Sieur de Cessac, fils de Marc-Anthoine susdit.

Né le 7 juin 1680, fut le troisième conseiller du nom, remplaça Jeban de Beaulacq, décédé.

Provisions : Fontainebleau, 4, septembre i712, avec dispense, à raison de sa parenté avec son beau-frère Muraille, conseiller. Installé le 7 janvier 17l3.

Prix de l’office : 1.610 livres.

Epousa Marie Lajus, nièce de Pichon, conseiller au parlement de Bordeaux.

Son fils devint lieutenant assesseur au présidial.

1713 SABOUROUX, alias SABAROS (JEHAN JOSEPH)

Originaire de Saint-Pastour en Agenais.

Advocat en parlement, occupa le siège de Jehan Hugonis, décédé.

Provisions : Versailles, 8 janvier 1713, avec dispense d’âge, n’ayant pas encore vingt-cinq ans. Installé le 22 mars 1713, en payant 300 écus d’entrée, n’étant pas fils de mestre, c’est-à-dire de magistrat au présidial.

Devint, le 25 décembre 1725, lieutenant général en remplacement de Charles Couquet, juge mage.

Epousa, le 21 juillet 1730, Jehanne Cunolio d’Espalais.

1715 BIENASSIS (JEHAN)

Fils de Jean-Simon susdit.

Fut nommé conseiller le 24 décembre 1715. Il conserva
sa charge pendant quarante-six ans jusqu’en 1761. Habitait
la maison et la rue portant son nom, dans la paroisse Saint-Hilaire.

1724 SÉGURAN (JBHAN JOSEPH JAUDOUNENC)
Originaire de Saint-Maurin, en Agenais, conseiller, installé le 15 janvier 1724.
Paya 300 livres d’entrée.

1731 CHARRIÉ (PIERRE)
Originaire du Bourg de Visa, conseiller en 1731, mentionné dans les registres du parlement de Bordeaux.
Aïeul de MM. Chabrié père et fils, avocats et députés de Moissac.

1732 MURAILLE (JEHAN)
Fils d’ Anthoine Muraille.
Advocat en parlement, succède à son grand-père Jehan Muraille.
Provisions : 18 avril 1731, avec dispenses, à raison de sa parenté avec son oncle maternel Lacueye, conseiller.

1734 LAURANS (CHARLES)
Advocat en parlement, succède à Pierre Boscq, décédé.
Provisions : Paris, 4 juin 1734. Prix de l’office : 1.650 livres.
Installé le l2 août suivant.
Epousa, vers 1730, Françoise de Raignac Varennes. Il habita une grande maison attenant à la tour de la Grande Horloge.

1734 COULOUSSAC (PIERRE GUILLAUME DE)

Frère du prieur de la collégiale Saint-Caprais. Conseiller
en l731.

Epousa Françoise de Laprade.

Son portrait, en costume de magistrat, avec la robe rouge et le chaperon, est conservé actuellement, par Mme de Guirengau, son arrière-petite-nièce, à Agen.

1734 SAINT-PHÉLIP (JOSEPH)

Sieur de Cambes, paroisse de Mérens, banlieue d’Agen.

Advocat en parlement, succéda à Gignoux (Anthoine), décédé ; paya l’office 1.100 livres.

Lettres de provisions signées à Versailles, le 19 août 1734.

Installé le 2 septembre 1734, par Sabouroux.
Epousa Jehanne Charrière et testa le 27 février 1776, devant Me Gayral, notaire à Agen.

1739 GROUSSOU (FRANÇOIS DE)

Fils de Jehan de Groussou susdit.

Advocat en parlement, succéda à Muraille (Anthoine), décédé.
Prix de la charge: 1.980 livres.

Provisions : Fontainebleau, 22 octobre 1739. Installé le 7 janvier 1740, par Redon, lieutenant général.

Devenu doyen des conseillers, ses collègues le nommèrent le 8 mai 1772, garde des sceaux du présidial, conformément à l’Edit de juin 1771.

Il épousa damoiselle Françoise Gignoux de Bernède, voisine de sa propriété à Clermont-Dessus.

1740 MIEUSSENS (FRANÇOIS)
Habitait la rue Rossannes.

1741 LABASTIDE-CORNIER (GABRIEL, dit Luzard)

Originaire de Lusignan-Petit, fils du juge seigneurial de Madaillan, dépendant du duché d’Aiguillon.

Fut conseiller au présidial en 1741, habitait sous les Cornières, d’où son surnom de Cornier.

1743 CHABRIÈRE (ANTHOINE DE)
Advocat en parlement, occupa l’office de Jehan Douzon, décédé, au prix de 1.300 livres.
Provisions : Paris, 15 juin 1743. Installé le 18 juin 1744.

1748 LACHIÈZE (ANTHOINE LÉONARD)

Parent du précédent de ce nom, advocat en parlement, greffier en chef de la cour du présidial pendant vingt ans et successeur de son père, dans cette dite charge.

Fut nommé conseiller en remplacement de Sabouroux (Jehan-Joseph), décédé, moyennant 1.320 livres.

Provisions : Compiègne, 10 août 1748. Installé le 10 novembre suivant, par M. de Lafitte, lieutenant général criminel et sur la réquisition de Guyon des Gardes, procureur advocat du Roy.

1750 DAUBAS (MARCELLUS-LÉONARD)

Sieur de Gratiollet et de Ferrou, originaire de Jegun, en Gascogne, advocat en parlement de Toulouse, acheta l’office de Jehan de Groussou, décédé, moyennant 1.320 livres.

Provisions : Paris, 17 janvier 1750. Installé le 6 mars suivant.
Habitait la rue Saint-Anthoine (paroisse Saint-Hilaire).
Testa le 21 juin 1772, devant Gayral, notaire à Agen.

1750 COSTAS (LOUIS DULCIDE DE)
Fils d’Alexandre Costas, avocat à Toulouse, fut pourvu de l’office de François Mieussens, décédé, au prix de 1.650 livres.
Provisions : Paris, 6 mars 1750. Installé le 11 mai suivant.
Testa en 1771.

1750 VIGUÉ (JOSEPH)
Né le 2 juillet 1722, advocat à Bordeaux, succéda à Jehan Roux, décédé, moyennant 1.320 livres.
Provisions : Paris, 24 avril 1750. lnsallé le 15 juin suivant.

1763 BEAUBENS (FRANÇOIS DE}

Originaire de Prayssas, advocat en parlement, fut conseiller par résignation de Pierre-Guilhaume de Couloussac, en sa faveur, au prix de 1.916 livres.

Provisions : Paris, 23 février 1763. Assermenté à Bordeaux, le 18 mai suivant.

Devint conseiller honoraire le 17 août 1785 et installé à ce titre le 15 mars 1787.

1766 VACQUÉ DE FALAGRET (JEHAN)
Advocat à Bordeaux, remplaça Anthoine de la Ville, démissionnaire
en sa faveur, moyennant 1.833 livres.
Provisions: Paris, 26 novembre 1766. Installé le 24 janvier
1767.

1767 BARRET DE ROUX (BARTHELEMY)

Fils d’un notaire et jurat d’Agen, habitant la rue des Embans.

Advocat à Toulouse, remplaça Charles Laurans, démissionnaire, moyennant 963 livres.

Provisions : Paris 4 mai 1767. Installé le 3 septembre suivant.

Fut consul électif d’Agen en l758.

Epousa, le 4. août 1761, Marie Caussé, fille de Marc Caussé (de Puymirol) officier de marine et de Marie Ladebat.

Son fils ainé, Barret de Rivezol, devint consul d’Agen en 1768 et 1770 et son fils jeune fut nommé secrétaire général de la ville en 1773.

1774 LEROUX (JEHAN PAUL)

Né le 22 novembre 1746, advocat en parlement, devint conseiller par la résignation de Gabriel Labastide Cornier, en sa faveur.

Provisions: Paris 19 mars 1774. Installé le 22 décembre suivant.

1774 BIEN ASSIS (JEHAN-ESTIENNE)
Fils du précédent de ce nom.

1780 BERGOGNIÉ (PIERRE)

Originaire de Layrac(en Brulhois), fils d’Isaac Bergognié, conseiller à la Cour des Aydes de Montauban, né le 3 juillet 1734.

Advocat en parlement, remplaça François de Baubens, démissionnaire en sa faveur.

Provisions : Paris; 6 avril 1780.

1784 MAILHÉ DE LA BOISSIÈRE
Dernier des conseillers admis au présidial en 1784.

GENS DU ROY
Advocats. Procureurs du Roy

1498 DELAS (JEHAN BERTRAND)

Advocat procureur du roy à Agen, originaire du Béarn, obtint de Charles VIII, la restitution des biens de son père Guilhaume Delas, consul de Lectoure et mestre d’hostel de Jehan V, comte d’Armagnac.

Ces biens avaient été saisis à la suite du siège et de la prise de Lectoure, par les armées royales.

Bertrand fut élu consul d’Agen, en 1498 et 1504.

Il épousa le 11 mai 1508, Isabeau de Masencomme, fille d’Amanieu, sieur de Monluc.

Il fut remplacé dans son office par son fils aîné.

1540 DELAS (MARTIN)

Sieur d’Espalais, près le Port-Sainte-Marie, consul d’Agen, en 1533.

Epousa le 7 janvier 1532, Louise Prouilhac ; fille d’Anthoine Prouilhac, conseiller au parlement de Bordeaux, et de Françoise Beclier, fille de François Beclier, premier président au dit parlement et décédé en 1563.

1563 DELAS (CAPRAZY)

Advocat procureur du roy.

Sieur de Brimont, deuxième fils et successeur du précédent.

Fut marié deux fois : d’abord, à Claude de Vergès, héritière de Brimont (en Brulhois), et puis à Isabeau de la Viguerie dont il eut Estienne Delas, lieutenant particulier au présidial d’Agen et Alain, dont la veuve Françoise de Chazotte se remaria avec Anthoine de Nort, juge mage à Agen.

1573 FILHOL
Advocat du roy.

1577 FABRE
Advocat du roy.

1577 SAUX.

1580 DELPECH (ARNAUD)

Advocat procureur du roy, succéda à Delas Caprazy en 1580.

Il acheta le 24 juillet 1584, à dame Cibaut, veuve Pelleguignon, titutrice de ses enfants mineurs et pour 400 écus, l’ancien château-fort de Montrevel, bâti en regard de l’hostel de ville de la commune, afin d’y loger la cour du sénéchal présidial.

1597 DARNALT (JEHAN)

Né à Villeneuve-sur-Lot vers 1565, nommé procureur du roy, le 6 février 1597, d’après le registre des Insinuations du parlement de Bourdeaux.

Fut l’auteur de l’ouvrage intitulé :

« Remonstrance ou harangue solennelle, faicte en la seneschaucée et présidial d’Agenois et Gascogne à Agen,
• aux ouvertures des plaidoyers après la Saint-Luc, par maistre Jehan Darnalt, conseiller du roy et procureur de Sa Majesté en la dite seneschaussée et siège présidial. Où se voit la conférence et comparaison de la mer avec la profession et exercice de la justice : ensemble les antiquitez de la ville d’Agen et pays d’Agenois, année par année, depuis dix-sept cens ans en ça jusques a l’estat présent de la dite ville et pays. Avec le panegyrique de la reyne Marguerite, duchesse de Valoys, comtesse d’Agenois, dédié à la reyne Marguerite. »

1609 VlLLEMONT (JEHAN DE)

Successeur de Jehan Darnalt.

Fut élu le 6 août 1614, député du pays d’Agenais à l’ Assemblée des trois ordres du royaume et s’y distingua avec ses collègues Cambefort sieur de Selves, premier consul d’Agen, et Jehan de Sabaros, advocat au parlement de Bordeaux, syndic du pays.

1615 CHEMILLAC (GÉRAUD DE)
Advocat du roy au présidial d’Agen en 1615.

1620 REDON (LAURANS DE)

Troisième fils de Florimond de Redon et de Tècle de Cieutat.

Fut conseiller et procureur du roy.

Epousa, le 1er mai 1619, Marguerite Giral, d’Agen, petite-fille du conseiller Chemillac.

Il habitait place Paulin, entre la rue de l’Ecole-Vieille et celle de l’Argenterie, une maison possédée par M. Gaston Séré, l’un des avocats les plus érudits de la Cour d’appel d’Agen.

1625 MALGUA (JEHAN)

Pourvu de l’office d’advocat du roi au présidial par lettres de Louis XIII datées de Paris le 11 janvier 1625 à la suite de la résignation de Géraud Chemillac.

Paya 800 livres pour provisions et 108 pour marc d’or. Fut reçu en charge le 31 mars 1626, par le parlement de Bordeaux.

1634 JAYAN (FRANÇOIS DE)

D’une famille bourgeoise fixée à Montagnac-sur-Lède, près Montflanquin, frère de Bertrand de Jayan dit Ramel, vice sénéchal d’Agenois.

Reçut ses lettres de provisions, le 28 avril 1634.

Il épousa Catherine Gardès et fut père de Bertrand de Jayan, lieutenant général au dit siège. Il habitait une grande maison, rue Porte Neuve, à côté du petit Séminaire actuel.

1638 LESCAZES (PIERRE DE)

Conseiller, advocat du roy, fils de Géraud de Lescaze, syndic du pays d’ Agenois, en juillet 1601 et de Foy Tremollière.

Epousa le 27 avril 1650, Marguerite Mathieu, fille de Joseph Mathieu, juge royal à Monclar, et soeur de Joseph Mathieu, conseiller au parlement de Bordeaux.

Il laissa un fils, Anthoine de Lescaze, qui épousa le 14 avril 1683, Françoise de Lafitte, fille de Thomas de Lafitte, conseiller au présidial d’Agen.

Il était propriétaire du grand domaine de Nautou, paroisse de Doulougnac, banlieue d’Agen.

Sa fille épousa le comte Villeneuve de Bargemont, préfet d’Agen sous le premier empire.

1653 REDON (JEHAN DE)

Fut pourvu par lettres du 30 décembre 1653,de l’office de
procureur du roi au présidial, sur la résignation de Laurent
de Redon, son père.

Il paya 1.100 livres pour sa nomination et 216 livres pour
le marc d’or.

Il prêta serment à La Réole, où siégeait le parlement de
Bordeaux, le 16 août 1654.

1653 FABRE (JEHAN)

Sieur de Goth, originaire du château de Goth, paroisse de Saint-Romain, juridiction de Puymirol.

Habita Agen, en sa maison des Cornières et rue Lalande. aujourd’hui à M. Jules Serret.

Par lettres patentes du 30 décembre 1653, devint conseiller, advocat du Roy, par la résignation de Guillaume Fabre, sieur de Goth, son père.

Paya 1.000 livres sa nomination et 260 livres le marc d’or.

Prêta serment à La Réole où siégeait le Parlement le 14 juillet 1654. Installé à Agen, le 23 du même mois.

Il mourut le 21 avril 1701. Ses funérailles qui eurent lieu aux Cordeliers, coûtèrent dix livres qui furent payées par les officiers du présidial.

Sa fille unique Rose Marthe Fabre de Goth, épousa le sieur Lafontan Anthoine, fils du notaire, originaire de Donzac, près Valence-d’Agen, et dont les héritiers ont, plus tard, siégé à la Cour d’appel d’Agen.

1660 COUQUET (JOSEPH DE)

Avocat en parlement, est pourvu de l’office d’avocat du roi par la résignation de Pierre Lescazes.

Lettres de provisions du 21 juin 1660. Payées 916 livres, et le droit du marc d’or 432 livres. Prêta serment au parlement de Bordeaux ; le 19 janvier 1661.

1696 LABAT (JEHAN)
Advocat du roy, décédé à Agen, le 20 juin 1732.

1733 LEYDET (PIERRE)

1741 GIRARD (JEHAN)

1743 BOUDON (CLÉMENT-BERNARD)

Advocat en parlement de Toulouse, acheta son office moyennant 4.400 livres en l’étude d’Espinasse, notaire à Agen.

Lettres de provisions : Versailles, le 5 août 1743.

1767 BONHOMME DE POMMARET (JEHAN-JOSEPH)

Originaire de Sainte-Colombe, en Brulhois.

Advocat à Toulouse, nommé conseiller advocat du roy après la mort de Pierre Leydet, au prix de 4.400 livres.

Provisions : Paris, 18 février 1767. Installé le 6 avril suivant.

1774 BOUDON (CLÉMENT-GERMAIN)

Advocat à Bordeaux, nommé conseiller, advocat du roy, en remplacement de son père Clément Charles Boudon, décédé, et qui avait rempli la charge pendant trente ans.

Lettres de provisions : Paris, 25 mai 1774. Fut installé le 7 septembre suivant.

1775 LABOISSIÈRE (JEHAN-BAPTISTE)

Advocat en parlement, avait rempli pendant seize ans l’office de conseiller lieutenant particulier, lorsqu’il fut pourvu de la charge d’advocat du roy par la résignation de Bonhomme de Pommaret en sa faveur, le 5 juin 1775.

Lettres de provisions : Paris, 13 décembre 1775. Fut installé le 8 février 1776.

GREFFIERS DU PRÉSIDIAL

1554 REPPAIRE (FLORENT DU)
Signe, le 14 juin 1554, un reçu de 50 livres, pour ses gaiges à lui fait par le trésorier du présidial.

1561 BOISSIÉ (JEHAN)
Signa, en qualité de greffier du présidial, le procès-verbal du i6 novembre 1561, relatif à la réunion à l’hostel de ville d’Agen, des députés de la généralité de Guyenne.

1565 SIRYS (PIERRE)
D’abord procureur en 1551 et puis greffier en chef du
présidial, rut élu consul d’Agen en 1565, 1570 et 1571.

1570 ECLOBELHAC (ALEM)

1582 BARJOU (ANTHOINE)

1582 SÉVIGNAC (FLORINS)
Consul d’Agen en 1598, 1605.

1598 FAUVEAU (JEHAN)
Par lettres de la reine Marguerite de Navarre, datées du château d’Usson le 7 septembre 1598, il fut pourvu de l’office de greffier d’appeaux d’Agen, par la résignation de Florent Sévignac et installé le 7 octobre suivant. Fut consul d’Agen en 1599, 1603 et 1617.

1604 DÉPAU
Greffier criminel.

1633 DESCAYRAC (JOSEPH)
Greffier en chef, fut propriétaire des terrains où ses héritiers fondèrent, en 1780, la manufacture royale des toiles à voiles.

1650 SARRAU (JACOB)
Sieur de Lacassaigne, consul d’Agen en l662-1668, habitait rue Saint-Hiérosme.

1697 LACHIEZE (JEHAN)
Par lettres du 3 février 1697, il fut nommé greffier garde scel des sentences et autres actes judiciaires du présidial.

1727 LACHIEZE (ANTHOINE-LÉONARD)
Succède à son père en 1727 et devient conseiller titulaire au présidial le 10 août 1748, en remplacement de Jehan-Joseph Sabouroux décédé.

1748 NODIGIER (JEHAN-JOSEPH)
Etait simple greffier en 1744, lorsqu’il succéda au précédent (1748), en qualité de greffier en chef.

1781 MATHIEU (JEHAN-PIERRE)
Né à Agen en 1736, succéda à la charge de Nodigier, fut le dernier greffier du présidial.
Il conserva ces mêmes fonctions auprès des tribunaux d’appel d’Agen, pendant la durée de la période révolutionnaire, celle du Consulat, de l’Empire et de la Restauration jusqu’à sa mort, le 4 juillet 1818 à l’âge de 72 ans.

TRIBUNAUX ET COMITÉS
RÉVOLUTIONNAIRES

L’Assemblée nationale, voulant donner à la France une nouvelle organisation politique, rendit le 15 janvier, les 16 et 26 février 1790, des décrets en vertu desquels le pays était divisé en quatre-vingt-trois départements et chaque département en districts.

Formation du Lot-et-Garonne (31 mars 1790)

Le 31 mars 1790, MM. de Fumel, de Saint-Amans et Lacuée de Cessac procédèrent, en qualité de commissaires royaux, à la formation du Lot-et-Garonne.

Il résulte de leurs travaux que ce département, composé de la totalité de l’évêché d’Agen et de portions démembrées des évêchés de Bazas, Condom et Lectoure, s’étendit sur une surface de 493 lieues, avec 367.800 habitants sur lesquels 61.300 citoyens actifs et 613 électeurs.

Il fut subdivisé en 9 districts englobant les 252 juridictions anciennes, transformées en 301 municipalilés et 73 cantons.

Son organisation judiciaire

Dans chacun des 9 districts fut établi un tribunal civil composé
de cinq juges nommés pour six ans, par les électeurs ;
D’un Commissaire du roi nommé à vie ;
De quatre Juges suppléants nommés pour six ans par les électeurs ;
D’un Greffier nommé à vie par les Juses.

Tribunaux civils

Le tribunal civil du district d’Agen embrassa 8 cantons.
Marmande 6
Nérac 9
Villeneuve 10
Casteljaloux 6

Le tribunal civil du district de Tonneins embrassa 9 cantons.
Lauzun 9
Monflanquin 8
Valence 8

Personnel

En 1791, le tribunal du district d’Agen fut composé d’anciens magistrats du présidial.

Juges : MM. LAFITTE (DE), président ;
BERGOGNIÉ ;
VIGUÉ, père ;
LACUÉE, ainé ;
FALAGRET, ainé.
Juges suppléants : MM. PAQUIN, fils ; UCHARD ; Bonaventure
DURAND ; MATHIEU.
Commissaire du roi: M. MARTINELLY.
Greffier : M. MATHIEU.
Hommes de loi (avocats) : MM. BENAUD, CANUET, PAQUIN fils, BÉCANNES, YBRES.

L’année suivante (1792), les événements politiques avaient amené un remaniement du personnel.

Juges: MM. PHIOUEPAL, président ;
CASSAIGNIAU (de Damazan) ;
DURAND, Bonaventure ;
BERGOGNIÉ ;
UCHARD.

Juges suppléants : MM. CANDELON, FIZELIER (de Marmande), BEAUBENS (de Prayssas), GRANGENEUVE.
Commissaire national: M. MARTINELLY.
Greffier en chef : M. MATHIEU.

Unique Tribunal civil d’Agen, an IV

En l’an IV, les neuf tribunaux de districts du département furent remplacés par le tribunal civil de Lot-et-Garonne, siègeant au chef-lieu.

Il fut divisé en deux sections et composé :
De vingt juges nommés pour cinq ans par les électeurs ;
D’un commissaire du Directoire exécutif ;
De deux subslituts ;
Et d’un greffier nommé par les juges.

Les présidents de sections étaient choisis par et parmi les vingt juges.
Celui de la première fut M. Bergognié,
Et de la deuxième, M. Lacuée de Cessac.

Quatre tribuneaux correctionnels

Il y avait quatre tribunaux correctionnels séant : à Agen, Tonneins, Nérac et Villeneuve. Chacun était composé d’un président pris tous les six mois et par tour, parmi les membres du tribunal civil du département (les présidents exceptés) ; de deux juges de paix de la commune, d’un commissaire du Directoire exécutif et d’un greffier.

Il y avait également quatre jurys d’accusation.

Tribunaux de paix

Dans chaque canton, il y avait, comme aujourd’hui, un juge de paix, assisté d’assesseurs (ou suppléants) élus tous les deux ans par les assemblées primaires et d’un greffier nommé par le tribunal.

Tribunal de commerce d’Agen

Composé d’un président (alors M. Paulin Hébrard), de quatre 1uges, de quatre juges suppléants et d’un greffier.

Tribunal criminel départemental 24 août 1790

Le décret du 24 aout 1790 disposa qu’il serait établi un tribunal criminel dans chaque département.

Celui du Lot-et-Garonne fut installé, le 5 mai 1791, dans le palais de l’ancien présidial et y fonctionna jusqu’en 1810.

Il fut composé :

D’un président nommé pour six ans, par les électeurs départementaux ;
De quatre juges pris à tour de rôle, chaque trimestre, dans les neufs tribunaux des districts ;
D’un accusateur public nommé pour quatre ans ;
D’un commissaire du roi ;
D’un greffier nommé à vie par les électeurs,
Et de deux huissiers.
BORY (de Tournon), élu président en 1791,conserva le fauteuil jusqu’en 1810 ;
MOUYSSET (de Villeneuve), plus tard député du département, eut l’office d’accusateur public ;
TROUPEL-LARIVE (de Buzet), substitut ;

LESPÈS, greffier ;
BROSTARET (de Casteljaloux), remplaça, en 1792, TROUPEL-LARIVE, dans la charge de substitut.

Dans le cour de cette année, le tribunal criminel examina les causes de 90 accusés dont :

30 furent relaxés ;
33 condamnés à la prison ;
18 condamnés aux fers ;
3 condamnés à mort.

Sa transformation en tribunal révolutionnaire

Par arrêté du citoyen Paganel, représentant du peuple en mission, 2 brumaire an II (23 octobre 1793), le tribunal criminel fut transformé en tribunal révolutionnaire avec :

BORY, président ;
DUTROUILH, juge ;
DEAUZE, juge ;
FIZELIER (de Marmande), juge ;
MOUYSSET, accusateur public ;
BROSTARET, substitut ;
LESPÈS, greffier.

Condamnations et exécutions capitales

Ce tribunal prononça le condamnations capitales suivantes, pour raison politique :

RIVES-FOUSTIÉ (FRANÇOIS)
Agé de 27 ans, accusé comme émigré, le 10 mai 1793, condamné à mort et exécuté le lendemain, 11 mai.

PEYRAUD (BERNARD)
Agé de 18 ans, accusé d’avoir occasionné des troubles lors du recrutement, le 14 nivôse an II (3 janvier 1794), condamné et exécuté le lendemain, 4 janvier.

LACAZE-DUTHIERS (JOSEPH)
Agé de 36 ans, accusé de provocation au rétablissement de la royauté, condamné le 11 décembre 1793 (21 frimaire an II), exécuté le lendemain.

ABZAC (JEAN-CHARLES D’)
Agé de 38 ans, accusé comme émigré, le 27 germinal an II (l6 avril 1794), condamné et exécuté le même jour.

DELSUC (JEAN-JOSEPH)
Prêtre, àgé de 45 ans, accusé d’émigration 1e l3 fructidor an II (30 août 1794), condamné et exécuté le même jour.

JOLY-BLAZON (ANTOINE)
Agé de 24 ans, accusé d’émigration le l7 frimaire an IV (8 décembre 1795), condamné et exécuté le même jour.

DORLAN-POLIGNAC (LOUIS-FRANÇOIS)
Agé de 55 ans, accusé d’émigration le 3 fructidor an IV (20 août 1796), condamné et exécuté le même jour.

Extrait des archives de la famille de Lacaze-Duthiers et communiqué à M. Jules Serret par Mlle Albaret, petite-fille de la victime de la Terreur.

M. de Lacaze-Duthiers, baron du Castella, vivait depuis trois ans, avec sa femme et ses enfants, au lieu de Dons, paroisse de Saint-Pierre de Buzet, lorsque le représentant Paganel, délégué de la Convention, vint tenir une séance chez le secrétaire de la société républicaine de Damazan.
Au moment d’occuper le fauteuil, Paganel trouva entre le tiroir du bureau et la couverture de la table, un billet en lettres défigurées et portant ces mots :

Au diable la République, nous voulons un roi.

Ce billet, contenant des propos jugés inciviques, fut attribué, bien à tort, à Lacaze-Duthiers.

Il n’était que l’une des mille reproductions d’une chanson anodine très répandue dans l’Agenais à cette époque.

Chanson incivique incriminée

En voici des fragments :

Latour Dupin est pasteur d’Auch,
Barthes en porte le nom faux,
Voilà la ressemblance (bis).

Latour doit à ses vertus
Barthes aux brigues de Camus,
Voilà la différence (bis).

Tons les deux ont leurs partisants,
Leurs disciples et leurs agents,
Voilà la ressemblance (bis).

Bonnac (1) a les honnêtes gens,
Constant (2) le club et les brigands,
Voilà la différence (bis).

Tous les deux sont crossés, mitrés,
Tous les deux ont été sacrés,
Voilà la ressemblance (bis).

Le premier par de vrais prélats
Et Constant par des apostats,
Voilà la différence (bis).

Tous les deux leurs ordres donneront,
Les fidèles confesseront,
Voilà la ressemblance (bis).

Bonnac remplira son devoir,
Constant fera tout son pouvoir,
Voilà la différence (bis).

Toujours Bonnac nous instruira,
Constant nous endoctrinera,
voilà la ressemblance (bis).

Bonnac, an ciel nous conduira.
Constant au diable mènera,
Voilà la différence (bis).

Croyez-moi, fidèle troupeau,
Dans les anciens et les nouveaux,
Aucune ressemblance (bis).

Les anciens seuls nous sauveront
Et les nouveaux nous damneront,
Voilà la différence (bis).

(1) Jean Louis d’Usson de Bonnac, sacré évêque d’Agen en 1767, refusa de prêter le serment civique et suivit le comte de Provence, en exil. Il mourut à Paris en 1821, aumônier de Louis XVIII.
(2) Constant fut élu le 3 mai 1791 évêque constitutionnel d’Agen durant la période révolutionnaire.

Arrestation de Lacaze-Duthiers

Dénoncé, le 20 septembre 1793, par le comité de surveillance et de salut public de Damazan, Lacaze-Duthiers fut arrêté, malgré son titre de capitaine de la garde nationale de cette petite ville.

Les scellés furent apposés à son domicile par Larrieu et Sallagrand, lesquels ne trouvèrent que des pièces de comptabilité privée et quelques titres de noblesse.

Le mandat d’arrêt signé Laclotte, maire de Damazan, et de Renier-Bussière, officier municipal, le 28 septembre 1793, fut mis à exécution le 6 octobre.

Transféré à la maison d’arrêt de l’ancien Couvent du Chapelet fondé à Agen en 1614, il fut interrogé par l’un des juges du tribunal criminel, expressément érigé en tribunal révolutionnaire par arrêté du 27 brumaire an II, signé : Paganel, représentant du peuple.

Procédure

Le tribunal fut composé de :

MM. BORY Raymond, président ;
DUTROUILH, DEAUZE et FIZELIER, juges ;
MOUYSSET, accusateur public ;
LESPÈS, greffier.

Le ministère public fit assigner douze témoins et l’accusé un nombre équivalent.

A l’audience du 14 frimaire an II (4 décembre 1793), Duthiers protesta contre l’imputation d’être l’auteur dudit billet mis sur le bureau du club de Damazan, le jour où Paganel assista à la séance.

Les experts Desbarat et Lespès déclarèrent que l’écriture n’était pas de lui.

Le 19 frimaire an II (9 décembre 1793), le jury composé de Castelnau ainé, Charpentier, Lavalée, Massiol, Cartan, Dupérier, Fournié, Latour, Jausenque, Hugon, Sarrau, Gramache, Laboulbène et Ricard, fut convoqué pour le 21 frimaire (ll décembre), afin d’entendre le rapport de Fizelier.

L’accusé fut extrait de la maison de justice départementale où il avait été déposé.

Sentence du jury

Après le réquisitoire et la plaidoirie, chaque juré dit individuellement, et à haute voix :

« Sur l’honneur et la conscience, je déclare qu’il est constant qu’il a été débité de fausses nouvelles et qu’on les a exagérées dans l’objet de décourager les patriotes et les détourner du service de la République.

Que Duthiers est convaincu d’être l’auteur de ce délit.

Qu’il est constant qu’il a été tenu des propos tendant à avilir et à dissoudre la représentation nationale et à soulever les citoyens contre l’exercice de l’autorité légitime.

Que l’accusé est convaincu d’être l’auteur de ce délit.

Qu’il est constant qu’il a été tenu des propos tendant à provoquer le rétablissement de la royauté en France.

Que l’accusé est aussi convaincu d’être l’auteur de ce délit.

Que l’accusé a tenu ces propos méchants et dans une intention contre révolutionnaire.

Qu’il existe un écrit tendant à provoquer le rétablissement de la royauté.

Que l’accusé n’est pas convaincu d’être l’auteur de cet écrit. »

La quelle déclaration a été signée par le président Bory et le greffier Lespès.

Condamnation et exécution capitale 12 décembre 1793

L’arrêt de condamnation à mort n’existe plus depuis lontemps dans les dossiers des archives du palais de justice d’Agen.

Mais l’exécution eut lieu sur la place publique d’Agen, le 22 frimaire an II (12 décembre 1793), au milieu d’une population véritablement effrayée et consternée.

Gages des magistrats du criminel

Extrait d’un registre spécial relatif aux dépenses du tribunal criminel de Lot·et-Garonne, en exécution de l’article V de l’arrêté de Jean Lambert Tallien, représentant du peuple, lu en séance du 25 septembre 1793.

CHAPITRE IV. – MEMBRES
BORY (de Tournon), président, aux appoint. de 1.800
BROSTARET, accusateur public 1.350
SATNTE-MARIE, commissaire du pouvoir exécutif (provisions) 160

Juges (quartier d’août 1793) :

DUDEVANT 450
BARRETÉ 450
DUBOSQ 450
DUTOUR 450

Juges (quartier de janvier 1793):

LUCINET (de Seyches) 445
FALQUES 390
TARTANA 405

Juges (quartier d’avril 1793) :

LÉGIER 450
DAULIÈME 450
LESPÈS, greffier 1.200
ROUX, huissier 300
BRUN 300
________________________________
Total 8.660

COMITÉ RÉVOLUTIONNAIRE D’AGEN

Le Comité révolutionnaire de surveillance du district d’Agen fut organisé en vertu de la loi du 13 fructidor, an II (30 août 1794).

Il se composa des citoyens :

BARSALOU, fils de Louis, président ;
BÉZIAT, secrétaire;
PÉBERAT, (ancien chantre à la cathédrale de Condom.)
Fut déclaré suspect le 14 prairial, an II, mais devint plus tard greffier en chef au tribunal de 1re instance d’Agen ;
BARTHE ;
MONESTÉS, fils (tanneur), chargé du service des prisons ;
MIGNOT, professeur de musique, appelé à la direction de la poste aux lettres ;
DUTROUILH, l’ainé ;
CHAMPMAS (le jeune), chargé de l’inspection des prisons ;
BORY, fils, plus tard conseiller et président à la cour d’appel ;
CAUSSADE, Auguste, chargé d’examiner les papiers des suspects ;
BROSTARET, d’abord accusateur public, déclaré suspect le 21 prairial an II, fut incarcéré onze mois ;
MARTINELLY, commissaire national au tribunal du district.

Sa réorganisation le 4 décembre 1794

Le 14 frimaire an III (4 décembre 1794), le citoyen Isabeau, représentant du peuple, en mission à Bordeaux, réorganisa le Comité révolutionnaire d’Agen et nomma les citoyens :

CHAMPMAS, président ;
BORY, secrétaire ;
AUGUSTE ;
CASTELNAUD, l’ainé ;
FAUCON, dit Poitevin, cloutier ;
FERFIED ;
BOISSOL (du port la Montagne), Le Passage-d’Agen ;
RIVIÈRE (de Puymirol) ;
PRAIGNAN (d’Astaffort).

Aux termes du décret du 14 frimaire an III (4 décembre 1794), le bureau du tribunal révolutionnaire était renouvelable chaque mois.

Le registre des écrous des reclus était tenu par le citoyen DUPLAN.
Il a disparu.

COMITÉ MUNICIPAL D’AGEN

Extrait des registres municipaux non catalogués contenant les procès verbaux des séances, à partir du 17 vendémiaire an II (9 octobre 1793).

Le comité était composé des citoyens :
Dr GÉRAUD aîné, maire, assisté des officiers municipaux :

DELBOURG aîné, tanneur;
LAFITTE;
MARCHAND;
MACARY, horloger;
GARRIC, ancien magistrat ;
FOURÈS ainé, peintre vitrier.

Des notables : LANNES et FOURNET jeune, géomètre ;
Du procureur de la commune : GARDETTE ;
Du substitut du procureur : BARSALOU ;
Des préposés aux prisons : BATAILHEY et SEGOND.

En prévision d’évènements funestes, le citoyen Sevin ainé (baron de Segougnac et autres lieux), qualifié de cultivateur, demanda un passeport pour aller à Pavie, district d’Auch.

Le même jour, le citoyen Laroche Monbrun, sieur de Tuquet, près Monbran (aujourd’hui magnifique domaine de M. Aunac, banquier), se disant cultivateur, sollicite un passeport pour les Pyrénées.

Le comité prit, relativement aux citoyens incarcérés comme suspects, l’arrêté suivant :

ART1CLE PREMIER. – Les reclus ne pourront sortir de leurs chambres qu’au jour et ils ne pourront, sous aucun prétexte, se promener dans les corridors de la prison ou dans la cour du centre.

ART. 2. – Les reclus resteront dans leurs chambres aussitôt après le soleil couché, y resteront tranquilles et n’auront aucune dispense pour obliger la garde à se déplacer.
Ils pourront garder leur lumière jusqu’à neuf heures précises.

ART. 3. – Il sera placé deux réverbères sur la terrasse des jardins et dans la cour du centre, afin d’éclairer les sentinelles.

Séances du 24 avril 1794

Le citoyen DE SEVIN (Thérèse-François-Xavier), chevalier, né à Agen, et plus tard, sous Napoléon Ier, maire de la ville, renonce à sa qualité de Français pour rester attaché, comme étranger, à l’ordre de Malte.

Lui refusant un certificat d’hospitalité, le Comité de surveillance arrête qu’il sera expulsé de France dans les trois jours, du département; dans la décade, du territoire de la République.

Du 5 mai 1794

RAIGNAC-VARENNES, ancien lieutenant du maire d’Agen, est arrêté par ordre du comité ; le citoyen Bory est chargé de ce soin.
FRONTIN (de Montflanquin), arrêté, incarcéré au collège.
PASSELAIGUE (de Montflanquin) est libéré par le représentant Paganel, en mission.

Du 8 mai 1794

LAFITTE (Jacques), écuyer, lieutenant général, dernier juge mage de la ci-devant cour du sénéchal présidial d’Agen, est décrété d’accusation et arrêté comme suspect et pour incivisme, les scellés sont mis sur ses papiers.

Du 1er juin 1794

Le 13 prairial an III, sur la proposition du citoyen Géraud, maire, le comité révolutionnaire, en égard à l’extrême cherté des vivres, fixe la ration quotidienne de chaque reclus à une livre de pain et une demi bouteille de vin.

Prescription sur la célébration des fètea nationales

Le comité d’Agen, après un long considérant sur la célébration des fêtes nationales prescrite par la Convention et à l’encontre de celles de l’ancien culte,arréte et nomme dans l’article premier un certain nombre de citoyens pour noter tous ceux qui ne se conformeraient pas am décrets publiés par la Covention â ce sujet.

ART. 2. – Une liste des suspects sera dressée en vertu des ordres du représentant Monestès, le 5 prairial an II (23 mai 1794).

ART. 3. – Les individus qui refuseront à porter la cocarde nationale sur leur coiffure seront traduits devant les tribunaux.

ART. 4. – Les citoyennes qui coifferont des noeuds blancs (emblème de la royauté), seront citées en justice.

ART. 5. – Tous 1es citoyens sont autorisés et invités à traduire en justice le contrevenants.

Odieux ! Pas de commentaire.

Séances du 5 juin 1794

COUTAUSSE (de la Sauvetat du Dropt), qui fut député du Lot-et-Garonne au Conseil des anciens et sous le Consulat, et
LAMARQUE (de Marmande), anciens administrateurs du département (en 1792) reclus, sont relaxés.

9 juin

BROSTARET (de Casteljaloux), accusateur public à Agen, incarcéré comme suspect, est relaxé avec un certificat disant :

« Qu’il a assez expié par la détention les erreurs dans 1esquelle il était tombé. »

15 juin

Le citoyen de RAYM0ND (Jean-Joseph), né en 1754, et sa femme Marie de Secondat de Roquefort, remettent au Commité leur profession de foi républicaine.

Cette profession de foi fut très discutée ainsi que celles des citoyennes de BARRAIL (femme Montalembert), DUVIGNEAU, LAFORE, jeune, et du citoyen de RAIGNAC, Gabriel.

17 juin

Des certificat de civisme sont accordés aux citoyens SERRET, François, MAGEN et LASSABATIE.

23 juin

ROUZET (père d’émigré), reclus est relaxé.
DAUZAC, père, est consigné chez lui avec la caution de Rousset, amidonnier.

30 juin

Le Comité déclare n’être pas assez édifié sur les professions de foi des ci-devant nobles de SEVIN, ainé (baron de Segougnac), plus tard maire d’Agen de 1800 à 1815, et de RAYMOND (comte).

Il consigne comme suspects :

LANTOURNE, baron, (de Valence d’Agen) ;
CASTÉRA (d’Artigues, près Tonneins) ;
LAVIEILLE (de Port-Sainte-Marie).

1er juillet

Le comité vise les professions de foi des citoyens :

LUGAT (DE) père, plus tard maire d’Agen, de 1815 à 1830 ;
PRADES (DAURÉE DE), descendant du poète Cortète de Prades, et des soeurs de SECONDAT de MONTESQUIEU.

Il prescrit d’établir une infirmerie dans chaque maison de reclusion.

Le citoyen ARMAGNAC est chargé de ce service.

2 juillet

Malgré cette précaution humanitaire, CAUSSÉ, riche propriétaire de Puymirol, malade et détenu, est autorisé à se faire soigner en ville.

5 juillet

CAMPAGNAC (DAUZAC DE), noble, est consigné chez lui, gardé par un sans-culotte.
LASSERRE (BARBIER DE), noble, obtient le visa de sa procession de foi républicaine.
BARRET DE ROUX, SALAT et SAINT-PHILIP, ancien conseiller au présidial d’Agen.
BARRET-LAGARENNE (grand-père de l’avocat de ce nom), ces deux malades et soignés chez eux, sont remis en prison.

juillet

Le scélérat de GUITARD, agenais, se disant agent de la
Convention, est arrêté et incarcéré à Paris !!

La profession de foi républicaine du ci-devant noble de RAYMOND est visée sur l’affirmation complaisante de plusieurs sans-culottes.

Visa de certificats de civisme obtenus par
GALIBERT (Mathurin DE), ci-devant maréchal de camp ;
BROUSSE DE GIRONDE (d’Auvillars), ancien administrateur du département de Lot-et-Garonne.

LARRETAIRIE, BONALD et DAMBLAT {de Layrac), reclus, s’insurgent contre Dupérier, officier de santé de la prison, et contre le maréchal des logis Batifolie, qui veulent les transférer à la Conciergerie.

A la suite de cette lutte, Dupérier donne sa démission et est remplacé par Dessoliès (de Moirax), officier de santé.

9 juillet

M. CICÉ DE BOSCQ, infirme et très âgé, est autorisé, sous caution, à se faire soigner chez lui.

4 août 1794

Etaient détenus comme suspects :

DAUBAS DE FERROU, ex-conseiller au présidial.
DE BEAULAC, ex-conseiller au présidial.
DUCAUZE.
DE NAZÈRES.
DE MONTPEZAT, sieur de Poussou et autres lieux.
DELPECH.
DESCUDÉ.
DE VERNÉJOUL, ex-juge royal à Montflanquin.
SAINT-GILLIS, sieur de Grave.
RENAUT, Charles, homme de loi distingué, fut reclus onze mois.
BARRET DE ROUX.
LACAUSSADE.
REBEL (de Prayssas).
DE BIRAL (de Puymirol), grand-père du docteur-médecin de ce nom.
DE ROUX (Léonard).
MARBOUTIN.
DUCROS ainé.
BARRET-LAGARENNE.
TARRY, fils de l’ancien consul d’Agen.
MAYNADIÉ.
DE LAVAL (de Villeneuve).
FRONTIN DE BELLECOMBE (de Montflanquin).
DE PARADE.

Certificat de civisme accordé au citoyen AMBLARD (Cadet), apothicaire aux Cornières, grand-père du docteur Amblard et de M. Joseph Amblard, père de M. Amblard, gendre de M. l’ex-conseiller Gustave Labat.

11 août 1794

Le citoyen DE BOISSE, de Montflanquin, a la chance d’obtenir la liberté de trois recluses de sa localité : Julie et Babet PASSELAIGUE, filles de l’ex-receveur des tailles, et de la citoyenne DE VERNÉJOUL, fille du juge royal de ce nom.

Arrestation de la veuve CARUAC, sur la délation de son ancienne domestique, passée au service du citoyen Géraud, maire d’Agen.

12 août 1794

MÉLET (Pépinès), jeune, arrêté comme frère de Melet, ainé, seigneur de Monbalen, émigré, est relaxé.

LANTOURNE (le baron DE), est autorisé à résider chez lui, au château de Goudourville, sur la demande du comité républicain de Valence-d’Agen.

2 septembre

LAFITTE-PELLEGUIGNON et sa femme Jeanne MIRABEAU, sont déclarés fanatiques, mais excusables et inoffensifs.

Visa des mémoires des citoyens suspects :

CICÉ DE BOSCQ, ancien général de brigade.
REBEL, (de Prayssas).
CHOLLET DE LASCABAN.
SANSAC-TAPOL.
D’IMBERT-LASSERRE.
LAIGNAU, (de Fourtic).
MONTMEYRAN.
ROUZET.
DAUBAS, (de Ferrou).
BAYLE, (de Port-Sainte-Marie).
BOUSSAC, (de Layrac), grand-père de l’inspecteur général des télégraphes.
MARABAL, (du Port-de-Pascaud).

Visa des mémoires des citoyennes suspectes :

MONTEILS (veuve).
SIRBEN (veuve).
CANUET, Anne, épouse du citoyen Léonard de Puymirol.
SOUBIRAN, Jeanne, veuve Daux.
LAGRANGE-LAGASSAN.
DE CAUSSÉ (de Puymirol).
BELLIN, épouse Barret, divorcée.
LAGARDE, Christine, veuve Boubée.
LÉOTARD, mère et fille.
FRONTIN et sa femme Bellecombe de Montpezat.

BONNEFONS,
BEAUPOIL-LASSEGRIVE,
CASSIUS, (de Layrac),
SEVIN-BEAULAC,
LAMOTHE, Catherine,
VILLENEUVE,
BOÉ, Jeanne.

2 septembre 1794

LAVOLVÈNE, Jeanne, certificat de civisme.
BERTIN, Sérene, libérée sous caution.
GASSOU, Marie, veuve Molinié (de Layrac), libérée sous caution.
Citoyenne CAHUAC, libérée sous caution.
Citoyenne, DAUZAC, de la Salève, libérée sous caution.
BERTIN DE RIOLS, détenue, libérée sous caution.
ROUX ainé, pauvre et très âgée, libérée sous caution.
DAUBAS DE FERROU, libérée sous caution.
DAUSEBARD, Léotard, et sa femme (de Puymirol), libérés sous caution.

26 décembre 1794

TARDIEU, maire du Port-la-Montagne (lisez Port-Sainte-Marie), est incarcéré.
DELPECH, homme de loi, avoué, arrêté, est relaxé deux heures après, sous caution.

PRÊTRES ARRÈTÉS

Prêtres du diocèse d’Agen, arrêtés en vertu de la loi des suspects, 27 germinal an II, incarcérés le 13 mars 1794, dans l’ancien couvent de Paulin et destinés à la déportation d’après la liste signée par
LACOSTE, président du Directoire exécutif.
CHABRIÈRE, loco DICHÉ, secrétaire ;

BOURGÈS, Arnaud.
VILLEPREUX, Thimothée, issu d’une famille originaire du bourg de Villepreux, (Villa petrosa), canton de Marly (Seine-et-Oise), fixée d’abord à Bordeaux et plus tard à Senestis, près Marmande.
BARRET, Joseph.
BERNÈDE, Martin.
GRAS, Jean.
CHARRIÈRE, Jean (aîné). Ses meubles furent saisis et vendus.
DÉMICHES, Louis.
BOUCHER, Pierre.
BONNEFONT, Jacques.
LOZE, Jean-Baptiste.
DUVERGER, Antoine.
DE VÉRONNE, Jean·Marie-François, descendant de Scaliger, dénoncé par le comité de Bourges, arrêté à Bordeaux, le 8 octobre 1793, libéré le 25 décembre 1794, 5 nivose an III.
PONS, Jacques.
BESSIÈRE, Marc.
COLOMBIER, Joseph.
DUNOYER, Jean-Baptiste.
LAUNET, Antoine.
SALLES, Jérôme.
BORIE, Armand.
DARGUIL, Jean.
REDON, Gratien, quelques jours après déclaré prêtre de nom et patriote, libéré.
DUFOUR, Jean.
L. DE MOTHES-LABEZIADE.
DAUROS, J.B.
MARTIN, curé du Passage-d’Agen. Ses biens furent confisqués et vendus.
MAURON, (d’Agen). Ses biens furent confisqués et vendus.
DESSALONS (d’Agen). Ses biens furent confisquées et vendus.

11 juillet 1794

Le comité révolutionnaire ayant appris que les prêtres détenus à l’ancien couvent de Paulin y disaient la messe, célébraient leurs offices et paraissaient aux barreaux des fenêtres en habit ecclésiastique, requiert la Commune de détruire l’autel et d’interdire la célébration de la messe.

Etienne Collet, âgé de 41 ans, concierge, fut chargé de
cette inique exécution.

FEUILLERADE, prêtre, âgé de 88 ans, ancien desservant de Martinet, détenu à Paulin, frappé de paralysie, est transféré à l’hopital, sous caution.
LACOSTE, curé de Lauzun, reclus, malade, va à l’hôpital.
CAULET, ancien vicaire général, est du nombre des reclus.
LABARTHE, prêtre, est du nombre des reclus.
DELPECH, prêtre, très âgé, est transféré à Flages, pour cause d’infirmités.
PÉLISSIER, Claude, chanoine de la collégiale Saint-Caprais, reclus, mais ayant prêté le serment de liberté, égalité, le 30 mars 1793, quatre jours après l’expiration des délais prescrits, est libéré. ·
FONBLANC, prêtre détenu, est mis en liberté.
RANGOUZE, sieur de Beauregard, est mis en liberté.
BOURRIÈRE, grand oncle de l’architecte de ce nom, est libéré avec la caution du citoyen Dalby.
DURRIEUX, prêtre récollet, reste reclus.
BOUDON LACOMBE, prieur, reste reclus.
BONFILS, prêtre, reconnu malade, est interné dans une maison de santé.
CONDOM, prêtre, infirme, est libéré avec la caution de Carbonnel, perruquier.
DE REDON, noble, est libéré.

Sur le rapport de Dupérier, officier de santé et médecin
de Paulin, le comité révolutionnaire décida d’installer une
infirmerie dans les prisons des prêtres et des religieuses.

Le 5 thermidor an II, Dessoliès, officier de santé, remplaça Dupérier trop humanitaire.

Le 21 vendémiaire, an III (12 octobre 1794):

COSTAS, prêtre, reclus et malade, envoyé à l’hopital.
TESSIÉ, prêtre, reclus et malade, remis sous caution au citoyen Bajon, boulanger, pour le soigner.
NICOT, prêtre de la maitrise de Saint-Caprais, libéré sous caution.
FORT, prêtre âgé de 90 ans, reclus, envoyé dans une maison particulière.
VIDOUZE, prêtre détenu, suspect.
DUBÉDAT, chanoine reclus, parvint à s’évader.
HÉMERIFORT, prêtre, 92 ans, reclus libéré.
DURAND, prêtre reclus, obtient de se faire soigner chez sa soeur.
DARGUIL, J., prêtre, réintégré en prison.
BEAUFILS, prêtre, réintégré en prison.

RELIGIEUSES ARRÊTÉES

30 avril 1794

Les deux soeurs LAFITTE-PELLEGUIGNON (d’Agen).
SOURREIL.
DURROIS.
LA ROQUE.
MARQUET, Marianne (de Saint-Maurin).
BARTILOTTE-DAUZAC, Anne (d’Agen).
DE BOURRAN (de Villeneuve).
MARTEL, Jeanne (de Colayrac).
DUPÉRIER (de Saint·Antoine, près Villeneuve).

7 mai 1794

Les religieuse du diocèse furent arrêtées en masse.

Elles furent incarcérées au collège des Jésuites fondé en 1565 et dont le docteur Fonfrède fut le médecin pendant trente ans et Duplan, le concierge féroce et brutal.

Liste du 18 floréal an II (7 mai 1794).

GUÉRIN-LACHEZE, Marie-Françoise (de Monflanquin).
DU BARTHE, Jeanne (de Laplume).
MURAILLE, Antoinette (d’Agen).
GUIMOUNETTE (de Bordeaux).
DUMOULIN, Jeanne (d’Agen).
NASSE, Marie (de Sainte-Marthe).
LACOMBE DE CLERMOND DE BEAUREGARD, Catherine (Périgord)
MAURABIDISSE, Françoise (du Bourg-de-Visa).
FONTAINE, Angélique (de Marmande).
JACOUBET, Bonaventure (de Sainte-Livrade).
DANOIS, Scholastique (de Marmande).
SECHIRIN, Jeanne (d’Agen).
LAGARDELLE, Jeanne (de Saint-Romain).
DELCUSSOT, Marie (de Pomevic).
DU GOUTS, Jeanne (de Miradoux).
RENAUD, Jeanne (de Valence-d’Agen).
DELAREM, Jeanne (Américaine).
PÉLISSIER, Foy (d’Agen).
ROUDIL, Marie (de Villeneuve).
ROUBY, Jeanne (d’Agen).
UCHARD, Thérèse (d’Agen).
GALIBERT (d’Aiguillon).
BERTIN (d’Agen).
DUBLANC (de Bordeaux).
UCHARD, Marie (d’Agen).
DESPALENGOS (d’Agen).
REVEZAC (d’Agen).
ROBERT (de Cardonnet).
ROGOLLE (de Saint-Barthelemy).
BRU, ainée (de Saint-Caprais de Lerm).
BRU, Marie, cadette (de Saint-Caprais de Lerm).
MARQUET, Marianne.
DURROIS, Maris
GIGNOUX, Marie-Anne (d’Agen).

Ces trois dernières libérées le 11 frimaire an III (22 novembre
1794).

Le 22 messidor an II (10 juillet 1794) des certificats de civisme furent accordés aux religieuses :

DUCOS, Marguerite.
CAUSSÉ, Jeanne (de Puymirol).
REDON, Marguerite (d’Agen).
LAYDET, Marthe.
BOUCHER, Elisabeth.

12 octobre 1794

Pour cause de maladie, furent élargies sous caution :

DESPALANGUE, Rosalie,
LABARTHE, Marie,
MOTHES, Elisabeth,
qui étaient religieuses du Chapelet d’Agen.

22 novembre 1794

DU BOUZET, Marie,
BEDRY, Marie,

Toutes deux religieuses de lectoure prêtent le serment civique.

Enfin, un arrêté du 23 pluviôse an III (11 février 1795), signé à Bordeaux, par Treilhard et Bordas, conventionnels en mission dans les départements du Bec d’Ambès, Lot-et-Garonne, Charente et Dordogne, dispose :

Que les religieuses incarcérées au cy devant Collège d’Agen, pour n’avoir pas prêté le serment civique de liberté, égalité, seraient remises en liberté.

En 1800, le tribunal criminel de Lot-et-Garonne avait toujour à sa tête :

BORY, comme président.
CANUET, commissaire du gouvernement.

1802

MARRAUD du TOLZAT, remplaça ce dernier.
UCHARD ; VIGUÉ, père, furent nommés juges.
La même année PHIQUEPAL remplaça au même titre VIGUÉ, père.

Aucune affaire mémorable depuis la fameuse et triste audience nce du 12 décembre 1793, où le malheureux Lacaze-Duthiers fut condamné à mort, ne fut portée devant cette terrible juridiction.

En résumé, la période de la Terreur, si ensanglantée à Bordeaux, Auch, Toulouse et ailleurs, fut relativement modérée dans l’Agenais.

Extrait : La Justice en Agenais, Jules Serret, Agen 1900.