GÉOGRAPHIE DES PÉAGES DE LA GARONNE ET DE SES AFFLUENTS AU MOYEN ÂGE.


Les grands fleuves de l'Occident ont fait l'objet de travaux plus ou moins poussés comme voies du commerce médiéval, généralement au miroir des péages qui jalonnaient leur cours (1). En dépit de quelques approches (2) et de son importance pour le trafic des vins gascons, la Garonne manquait à ce tableau. On ne trouvera ici, cependant, ni ce que l'on appelle ailleurs une histoire de la navigation, ni une étude du commerce fluvial. Ce sont les péages comme tels qui sont au centre de l'enquête- une enquête menée, au surplus, selon une démarche géographique, c'est-à-dire partant d'une carte générale de répartition et de la configuration du fleuve et de sa vallée pour s'élargir, de là, aux composantes et aux résultantes politiques et économiques de l'institution à la fin du Moyen-âge.
La carte des péages de la Garonne et de ses affluents que nous publions, est à la fois cumulative et chronologique (3); elle indique les lieux où étaient levés des droits de navigation sur la charge des bateaux qui descendaient, ou parfois remontaient, ce que les documents du XIIIe siècle appelaient le caminum aque, péages dits plus tard « péages de l'eau», entre le Xe et le XVe siècle.
Comme, en dehors des mémoires et des dossiers généraux constitués, du XVIe au XVIIIe siècle, à l'occasion de procès et de la réformation des péages (4), il n'existe aucun fonds particulier à l'institution, cette carte a été établie à l'aide de multiples autant que disparates documents, tant des administrations anglos-gasconnes et françaises que des chartriers régionaux et municipaux (5), et avec le secours de monographies locales.
La carte fournit d'abord une statistique globale. En fait, les chiffres avancés sont, très probablement, légèrement inférieurs à la réalité, car certains péages attestés au XVIe siècle seulement peuvent avoir été antérieurs (6) et d'autres qui n'ont eu qu'une durée toute épisodique (7), peuvent nous avoir échappé. Sous ces réserves, il aura donc existé au Moyen âge sur la Garonne, de Capens en amont de Toulouse à Bourg-sur-Gironde, quelque 39 péages, sans compter le groupe de perception des différentes coutumes de Bordeaux (8). La plupart de ces stations, 36, se trouvaient entre Toulouse et Bordeaux, soit, sur une distance de 270 km environ, un péage tous les 7 kilomètres en moyenne; mais en Agenais, d'Auvillar à Marmande, la densité croissait jusqu'à un péage pour 6 km (9). Cette concentration péagère du fleuve gascon était tout à fait comparable à celle du Rhin où, de Strasbourg à la mer, il y avait alors 64 stations, soit aussi en moyenne un péage par 8 à 10 kilomètres. Sur la Dordogne, de Souillac à l'estuaire, avec 24 péages, la densité était du même ordre, ainsi que sur la partie navigable du Tarn, avec 9 péages. Le long ruban du Lot, de Capdenac à Aiguillon, n'était jalonné, par contre, que par une dizaine de postes péagers, et seules les portions inférieures de l'Ariège, de l'Aveyron et de la Baïse en portaient quelques autres.
Les signes conventionnels qui expriment la plus ou moins grande ancienneté de ces péages, du moins telle qu'elle ressort de leur première mention dans les documents, confèrent à la carte le caractère dynamique nécessaire pour saisir la multiplication du système. Ainsi comptons-nous, sur la Garonne, 13 péages seulement avant 1200. Le groupe le plus anciennement attesté est assurément celui du bief La Réole-Langon. Dès les deux dernières décennies du xie siècle, apparaissent les quatre péages de Langon, Saint-Macaire, Caudrot et Gironde (10). Par contre, le tonlieu que le vicomte de Bezaume tenta d'instituer à La Réole en 1100-1103, n'était certainement pas encore un péage d'eau (11). En amont, à la fin du XIIe siècle, existaient les grandes articulations péagères de Marmande 12, Caumont (13), Agen (14), Laspeyres (15), Auvillar (16), peut-être Bourret et Verdun (17). Sur la Dordogne avant le XIIIe siècle, les seuls péages existant, au nombre de trois, se situaient sur le cours inférieur: Castillon, Saint-Jean de Blaignac 18 et Vayres, le plus ancien (19). Mais il semble qu'aucun péage n'ait été levé sur le Lot, le Tarn- sauf Moissac au confluent- et les autres affluents de la Garonne avant 1200.
C'est au XIIIe siècle et au début du XIVe que les stations péagères se sont multipliées dans tout le bassin fluvial gascon: 12 péages nouveaux sur la Garonne entre 1200 et 1300, 10 entre 1300 et 1400; 17 et 5 sur la Dordogne; 7 et 1 sur le Tarn; 3 sur l'Ariège même au XIIIe siècle; 3 sur la Baïse et 2 sur l'Aveyron au XIVe siècle. Poussée impressionnante, traduction numérique de la croissance du trafic sur ces rivières, voire de leur ouverture à la navigation commerciale. La situation géographique et le site particulier de ces péages appellent quelques remarques. Les situations les plus favorables paraissent avoir été de trois ordres. D'abord les « frontières ». Entre Toulouse et Bordeaux, le fleuve coule à travers trois paysages: celui des plaines et terrasses du Toulousain, celui des pays de la Moyenne-Garonne, Bas-Quercy et Agenais, celui du Bordelais calcaire et viticole (20); et, entre ces zones largement épanouies, deux petites marches, Lomagne et Bazadais, dessinent des « étroits» aux escarpements rocheux propres à contrôler la circulation. En dépit des vicissitudes de l'histoire médiévale de ces pays garonnais, ces deux passages - on n'ose pas dire ici défilés – limites des anciennes cités et des diocèses, ont constamment conservé leur rôle de frontière entre Bordelais, Agenais et Toulousain (puis Languedoc). Ainsi s'explique la concentration particulière des péages entre Langon et La Réole et entre Laspeyres et Moissac. En amont, Auvillar y était la clef de l'Agenais (21); en aval, La Réole, celle du Bordelais.
Une bonne situation était aussi le croisement du fleuve et d'une importante voie terrestre. Bourret commandait le passage de la voie médiévale de Montauban à Auch et Auvillar le chemin de Moissac en Gascogne. Vers Lafox, débouchait sur la rive droite la voie dite «clermontoise» qui par le Quercy venait de Haute-Auvergne (22); tandis que sur la rive gauche partait de Auterive la vieille voie d'Agen aux Pyrénées, dite la Peyrigne (23). Le péage de Thouars sur la rive gauche aussi était l'aboutissement du chemin protohistorique appelé la Ténarèze (24). Quant à La Réole, c'était le passage de la grande transversale jacobite de l'Aquitaine. Pareillement, les deux plus anciens péages sur la Dordogne se sont situés aux vieilles traverses du fleuve à Vayres (25) et à Castillon.
Les confluents d'où on pouvait contrôler deux courants de trafic, ont également été des situations recherchées. Le péage de Coufouleux se levait, sans doute sous la tour de la Pointe, au confluent de l’Agoût et du Tarn (26). Celui de Moissac était perçu sur le Tarn à Moissac même et sur la Garonne au lieu-dit aussi la Pointe (27). Confluent encore qu'Aiguillon, et que Libourne et Limeuil (28), dans une certaine mesure seulement car la navigation sur l'Isle et la Vézère a été peu importante au Moyen-âge.
Un tiers de tous ces péages garonnais était associé, de plus ou moins près, au site d'un château. Le péage d'Auvillar se prenait sous le haut château des vicomtes qui dominait le niveau du fleuve d'une centaine de mètres. Sur l'autre rive, Laspeyres était le poste avancé péager du château de Clermont-Dessus. Les péages d'Auterive et de Lécussan étaient primitivement attachés à une motte riveraine du fleuve (29).
A Caumont, le péage était aussi levé au pied du château (30). Sur la Dordogne, le péage de Vayres était lié au château; en amont, les sites de mottes et de hauteurs commandant les péages ne se comptaient pas: Pessac, Montravel, Couze, Bigaroque (31), Beynac (32). La Roque, dite autrefois d'ailleurs La Roque des péagers, Montfort. A côté de ces sites de châteaux, les sites de péages attachés aux ports de castra urbains tenaient une place également considérable. C'était le cas de Verdun, de Moissac, d'Agen, de Saint-Macaire, voire de Marmande, le cas sur le Tarn de Gaillac, Lisle, Rabastens, Villemur, et sur la Dordogne de Lalinde, Bergerac, Sainte-Foy et Libourne, c'est-à-dire assez souvent de bastides de la seconde moitié du XIIIe siècle. Un site assez rare était le site insulaire qui fut le cas de la tour péagère de Lafox en Agenais (33). Il faut signaler aussi le cas particulier des chenaux multiples du fleuve qui a entraîné, au niveau d'Aiguillon, l'installation sur le bras occidental de la station avec motte de Monluc (34).
Comme le fleuve médiéval était mal fixé, avec des sections de «rapides)), et encombré d'îles instables (35), les lieux les plus propices à l'établissement des ports et des péages se sont avérés être les rives concaves où le courant profond rasait la berge et permettait l'accostage en toute saison. Que ce soit sur la Garonne, le Lot ou la Dordogne, plus de la moitié des péages anciens étaient situés sous ces berges hautes, quittes à être attaqués par les érosions, voire, à la longue, envahis par les graviers ou être délaissés par un déplacement du cours, ainsi qu'il arriva à Marmande et à Saint-Macaire.
Certes, la Garonne portait probablement un trafic de matières lourdes à la descente au VIe et au VIIe siècles (36); mais aucun document précis des époques franques n'atteste que la royauté ait alors exercé ses droits sur l'utilisation du fleuve. Sur la Dordogne cependant, Pépin Ier, roi d'Aquitaine, accordait en 826 l'exemption de tonlieu pour six bateaux à l'abbaye de Saint-Philibert (37), ce qui était, au moins, affirmer encore le droit de l'autorité publique sur les grands cours d'eau et sur la taxation de la circulation des choses (38).
Mais après la période trouble du IXe et du Xe siècle, lorsque les péages apparaissent, c'est désormais aux mains de seigneurs locaux ou de princes territoriaux. Sur la haute Garonne jusqu'au confluent du Tarn, les comtes de Toulouse ont été primitivement les seuls seigneurs péagers (39). En Agenais, les évêques, qui détenaient les comitalia depuis le xie siècle (40), ont été les premiers seigneurs du péage d'Agen et de celui de Laspeyres, à raison de Clermont-Dessus (41). Mais, en dehors de Marmande, les ducs de Gascogne puis d'Aquitaine furent trop lointains pour prétendre assurer eux-mêmes le contrôle des fleuves gascons. D'Auvillar à Bordeaux, ce sont les possesseurs des rivages qui mirent la main sur les profits du fleuve. Les origines même d'une seigneurie comme Auvillar ont été assurément liées à l'institution du péage (42). A Saint-Macaire, le premier péage appartint aux vicomtes de Benauge, à Langon aux vicomtes de Gabarret. Même chose sur la basse Dordogne où les plus anciens péages furent institués par les vicomtes de Castillon et les seigneurs de Vayres.
Les nouveaux péages du XIIIe siècle ont correspondu, beaucoup plus que les précédents, en revenant d'ailleurs à la conception carolingienne, à la rémunération de services, certaines redevances devenant de véritables taxes d'équipement et d'entretien lorsque de grands travaux ouvrirent à la navigation des biefs entiers de l'Ariège, du Tarn et du Lot.
Le lourd entretien du lit de l'Ariège depuis Pamiers et la nécessité d'ouvrir des navières ou passelis dans les barrages de pieux des moulins (paissières) ont, en quelque sorte, légitimé les péages de ce haut affluent pyrénéen (43). Le premier connu y est celui d'Auterive, tenu par Sicard de Montaut en 1255 et dont le doublement en 1268 souleva les protestations des Toulousains (44). Quelques années plus tard Arnaud de Marquefave, seigneur de Saverdun, permit aux consuls et habitants de Pamiers d'ouvrir des passelis dans les barrages de ses moulins, moyennant l'institution d'un péage (1272) (45). Mais les accords qui suivirent avec les seigneurs de Bonnac et avec l'abbaye de Calers en 1285 et 1287 n'entraînèrent pas de création de nouvelles stations, seulement des compensations en argent (47). Le chenal entre Saverdun et Pamiers fut à nouveau débarrassé de ses obstacles et régularisé en 1322 (47), et Saverdun resta dès lors le grand péage de l'Ariège (48).
Sur le Tarn, la création du péage de Saint-Géry, à une lieue en amont de Rabastens, est plus exemplaire encore du caractère de l'institution en relation avec le renouveau de la navigation (49). Le Tarn était barré là par une paissière. Sicard Alaman, alors lieutenant de Raimond VII de Toulouse, saisit l'importance de son aménagement pour l'avenir du trafic des vins d'amont: il acheta donc le barrage à Jourdain de Rabastens pour la somme considérable de 35 000 sous cahorsins, avec droit d'y ouvrir un passage pour les bateaux. Après quoi, il traita avec les consuls de Gaillac, qui consentirent à contribuer pour 10 000 sous à l'achat et aux travaux de la navière, et, désormais, à la levée d'un péage à ce passage dont le tarif fut établi d'un commun accord (avril 1248). Si les péages de Lisle, après la fondation de la bastide, de Rabastens et de Coufouleux appartinrent au comte de Toulouse, très vite Sicard Alaman «usurpa» le second et reçut en don Coufouleux, et son fils ouvrit une navière dans le barrage de Saint-Sulpice sur l'Agout, mais, semble-t-il, sans péage (1279) (50). En aval, les péages de l'eau de Villemur et de Villemade, d'abord toulousains, devinrent royaux (51); et c'est l'administration royale qui autorisa les Hospitaliers de Fronton à établir un port avec péage à la chaussée d'Orgueil (1332) (52).
Les travaux considérables entrepris sur le Lot durant les deux dernières décennies du XIIIe siècle, pour faciliter la navigation, ont aussi été la raison de la création de nouveaux péages (53). L'initiative vint des évêques et des consuls de Cahors (54); mais devant l'ampleur de la tâche, ils s'adressèrent au roi-duc d'Aquitaine (1283) et s'accordèrent avec le sénéchal Jean de Grailly sur un programme: au centre fut, une fois de plus, l'ouverture d'une paissière, celle du castrum royal de Penne, avec, en contre-partie, la perception d'un péage (1285) (55). Dès 1283, cependant, l'évêque de Cahors ayant commencé à faire ouvrir le chemin d'eau depuis la fontaine de Valentré et jusqu'à la limite du diocèse, avait instauré des droits de péage à Luzech, Belaye, et Puy-l'Évêque (56). Puis, pour construire de nouveaux barrages destinés à élever le plan d'eau, tout en y maintenant des navières, il fallut faire appel en Agenais à la contribution des seigneurs riverains, dits d'ailleurs domini pedagiorum (57), ce qui les conduisit tout droit à ce qui fut considéré par les officiers du roi-duc en 1311 comme des usurpations (58). En fait, dès 1288, le péage du Breuil passait des mains d'Amanieu de Castelmoron à celles des commandeurs du Temple de ce lieu qui le conservèrent (59); quant à ceux de SainteLivrade, Pujols et Casseneuil nous ne les avons rencontrés qu'aux XIVe et XVe siècles (60). Pour en rester à l'Agenais, mais sur la Garonne, il convient d'ajouter que les reconstructions et l'entretien d'un pont important comme celui d'Agen ont entraîné non seulement la perception d'un barragium sur sa traversée, mais aussi d'un droit de navigation sur le fleuve (61).
Anciens ou plus récents, un caractère commun à tous ces péages fut de changer souvent de mains, d'être l'objet de partages et l'enjeu de véritables compétitions. Les plus stables ont été les péages comtaux toulousains entrés après 1271 dans le domaine royal, Verdun, Bourret, Castelsarrasin, une part de Moissac, Sainte-Livrade sur le Tarn (62). Les péages tarnais, Gaillac, Lisle, Villemur, Villemade par moitié, puis Coufouleux, Rabastens et Saint-Géry passèrent aussi aux mains du roi de France (1279-1285) (63). Le péage de Marmande est également resté dans le domaine direct des princes, tantôt rois-ducs d'Aquitaine, tantôt comtes de Toulouse et rois de France, suivant le sort des armes ou des traités.
La possession des péages seigneuriaux, surtout dans la moyenne Garonne, a été l'objet d'une âpre compétition entre les maisons territoriales de la Gascogne. Le péage d'Auvillar a suivi les vicissitudes de la vicomté de Lomagne qui passa de la famille vicomtale, successivement à Hélie Talleyrand, comte de Périgord (1286) (64), au roi de France par échange (1301) (65), à son fils Philippe (1304-1305), à Arnaud Garsie de Got par donation royale (1305) (66), à la maison d'Armagnac enfin après le mariage de Régine de Got avec le comte Jean fer (1325) (67); Laspeyres, d'abord aux évêques d'Agen, fit la fortune des Premiers Durfort; mais ces derniers en laissèrent échapper une partie au profit des Jourdain de l'Isle (av. 1324-1326) (68), au moment où sa perception semblait d'ailleurs rencontrer des difficultés (69). Lafox a, aussi, souvent changé de mains: l'ayant acquis de deux seigneurs locaux, Raimond VII le donna presqu'aussitôt à son conseiller Sicard Alaman (vers 1240-1249) qui accrut ainsi son emprise péagère de l'Albigeois à l'Agenais (70); des Alaman, il passa dans l'héritage des Lautrec (71), puis par mariage à Philippe de Lévis (1304) (72). Mais un quart de la seigneurie et du péage furent acquis par Raimond de Fargues, seigneur de Mauvezin (73). Il semble qu'un Pierre de Bérard ait acheté la seigneurie avant 1466 (74); c'est enfin Arnaud de Durfort, seigneur de Bajamont, qui en fit hommage en 1478, avec le péage et la moitié de Clermont-Dessus (75). Quant au péage de Layrac, il passa en partie des vicomtes de Brulhois, par mariage, aux vicomtes de Béarn et ensuite à Mathe, comtesse d'Armagnac (1304) (76).
Entre Agen et le Bordelais, la concurrence fut plus vive encore entre les petits seigneurs locaux qui tiraient la majeure partie de leurs ressources de ces péages garonnais. Les Foussat et les Lunac qui se partageaient la seigneurie d'Aiguillon, tenaient tous les passages du confluent du Lot (77); les premiers acquirent aussi le péage de Clermont-Dessous. Les Alaman poussèrent jusqu'à Port-Sainte-Marie et Thouars; puis leur successeur Philippe de Lévis vendit ce second péage pour 3 000 livres tournois à Raimond Guillaume de Got (avant 1304) (78). Les seigneurs de Caumont étendirent leur mainmise, de Caumont, aux péages de Monheurt et de Sainte-Bazeille (79); mais au XIve siècle, ils partageaient le péage de Caumont lui-même avec les petits seigneurs de Landeron et de Taris, celui de Monheurt avec les Piis (Pins), celui de Sainte-Bazeille avec Jourdain de l'Isle (80).
Dans le bief La Réole-Langon, ce sont les Piis et les Fargues qui au XIIIe siècle se sont résolument insérés dans le système péager. A La Réole, en partage avec le prieur, on voit d'abord la famille bazadaise de Ladils, apparentée aux Fargues, exploiter le péage (81); puis, à ses côtés, apparaissent les Piis dès la fin du siècle (82) et jusque vers 1326 (83); après quoi, un Budos, héritier des Piis, vendit ses droits à Raimond de Fargues (84), et outre la part du prieuré, attestée jusqu'au xvie siècle (85), les parts seigneuriales se fractionnèrent abondamment. A Langon, c'est au tournant des xne et XIIIe siècles que les Piis prenaient déjà le péage (86); mais il paraît bien que le roi-duc d'Aquitaine l'ait repris directement entre 1254 et 1255 (87) et il l'inféoda ensuite à Jean de Grailly qui en rétrocéda la moitié aux Lamothe (88). Le péage de Saint-Macaire que détenait Bernard de Beauville, descendant des vicomtes de Benauge, lui fut confisqué provisoirement par le roi-duc en 1253 (89); puis le prieur et les d' Aulède, feudataires des Beauville, se partagèrent ses profits jusqu'à ce qu'interviennent les Albret, en concurrence avec les Durfort (90).
La poussée des Albret en direction des péages de la Gironde et de la moyenne Garonne a, en effet, été remarquable au XIVe siècle (91). Par mariages et achats, la redoutable famille de la Lande et du Bazadais acquit les seigneuries de Vayres sur la Dordogne (1288), de Gironde (1311-1319), de Rions (1299-1349), de Langoiran (1345) et enfin de Sainte-Bazeille (1357), proche de Meilhan, une de ses vieilles possessions. Assurément les mobiles de cette politique d'expansion ont été plus larges que l'accession aux profits péagers de toutes ces seigneuries; mais son résultat a bien été la mainmise sur cinq importantes stations. Et, l'appétit venant, à partir de 1342, les Albret ont, en outre, monnayé leurs services, tantôt au roi d'Angleterre, tantôt au roi de France, en se faisant concéder des rentes sur les revenus d'autres péages: par exemple, 200 livres sterling sur le péage de Saint-Macaire en 1342 par Édouard III; 600 francs d'or sur celui de Marmande en 1373 par Louis d'Anjou. Lorsqu'en 1477 le Parlement de Bordeaux enregistra un compromis entre Alain d'Albret et le syndicat des marchands de Garonne, la maison d'Albret contrôlait tout ou partie de douze péages sur le fleuve: Thouars, Monluc, Monheurt, Tonneins, Lagruère, Le Mas, Taillebourg, Caumont, Marmande, Sainte-Bazeille, Meilhan, Gironde.
L'assiette de revenus, l'assignation de créances, l'achat de parts de recettes de péages sont devenus courants à la fin du XIIIe siècle. Ainsi en 1292, un bourgeois de Toulouse achetait-il à Bertrand de Lautrec 100 marcs d'argent de revenu annuel sur les péages de Lafox, Thouars et Port-Sainte-Marie (92). Le péage de Marmande, dont la recette était très importante, a maintes fois servi à asseoir des rentes. Déjà Raimond VI en 1208 avait accordé un revenu annuel de 200 sous arnaudins à la maison de Grandmont de Garrigue (93); puis, surtout, Raimond VII reconnut à l'ordre de Citeaux une rente de 500 livres tournois en 1231 (94). Alphonse de Poitiers continua dans le même sens: 400 livres tournois annuelles à l'abbaye de Fontevrault (95); 220 livres tournois au comte de Périgord du chef de sa femme Jeanne, parente de Jeanne de Toulouse; 20 livres en faveur des religieuses de Condom; 20 livres à la maison de Roncevaux; toutes rentes qu'Édouard Ier supporta lorsqu'il eut recouvré l'Agenais, et auxquelles il ajoute 1 450 livres sterling à sa mère Aliénor, sa vie durant (96). En 1294, pendant la guerre de Guyenne, le connétable Raoul de Clermont assigna à Raimond Bernard de Durfort une rente de 200 livres chipotoises encore sur Marmande (97). Puis c'est Amanieu d'Albret qui reçut du roi d'Angleterre en 1340 (98) 20 000 livres à payer sur le péage; et, au xrve siècle, ces opérations devinrent monnaie courante.
Les documents manquent pour décrire comment étaient alors matériellement perçus ces péages. Il est évident qu'il devait exister deux types de stations: celles qui étaient installées sur un rivage, là où par la suite on a construit en dur les «cales» des ports fluviaux (99); celles qui étaient situées à la navière ou passelis d'un barrage. Les péagers signalaient leur présence à son de cloche. Ils s'absentaient parfois volontairement pour faire attendre les mariniers qui, de ce fait, dépensaient sur place et devaient retarder leurs arrivages. Édouard III fut obligé de prendre une ordonnance portant que si les receveurs étaient absents, les bateliers pourraient laisser le montant du péage entre les mains d'un honnête homme ou faire constater la carence par trois témoins, et continuer leur route (100). En contact avec les usagers, il y avait, en effet, partout des agents appelés collecteurs, percepteurs, receveurs, messatges (101) ou publicani (102). Il semble qu'au XIIe siècle et dans les petits péages seigneuriaux ensuite, la perception ait été directe. Mais, très tôt, l'on en vint à l'affermage, plus rarement à l'acensement (103).
Les recettes et l'affermage du péage de Marmande sont les mieux documentés à partir de 1255 (104). Recettes: 400 livres, 43 sous, 10 deniers arnaudins, de la Saint-Jean (24 juin) 1255 au dimanche 27 février 1256; 3 136 l., 5 s., de la Saint-Pierre-ès-Liens (1er août) 1256 à la même fête en 1257; 1 851 l., 6 s., 3 d., en 1257-1258; 2 089 l., 44 s., 7 d. en 1258-1259; 1 740 l., 9 s., 2 d. en 1259-1260 (105). Ces recettes, quoique très inégales d'année en année, étaient alors comptées à part des autres recettes des bailies d'Agenais et, à elles seules, elles étaient plus élevées que l'ensemble des fermes des bailies d'Albigeois ou de Quercy (106). Le 12 décembre 1262, le péage fut affermé pour 2 600 livres tournois, et le procès-verbal d'affermage de 1267 fait ressortir des enchères qui atteignirent 3 000 livres (107). En 1268 la recette était enfin de 4 840 livres (108). A côté de l'affermage d'un très gros péage comme celui de Marmande, celui de Bioule, sur l'Aveyron, entre 1330 et 1336, donne la mesure d'une petite station: 30 livres tournois (1330), 40 livres (1334 et 1335), 42 livres (1336) (109). Par ailleurs, on connaît l'affermage des péages de Bigaroque sur la Dordogne qui, au milieu du XIVe siècle, était de l'ordre de 45 à 50 livres (110). Dans les ports et péages importants, outre les péagers, on rencontrait un «gardien» (Saint-Macaire, Marmande), un prévôt (Libourne) ou un contrôleur des coutumes (Marmande) (111).
Dans le duché d’Aquitaine, lorsque le roi-duc eut recours pour se procurer rapidement des fonds à l'affermage des principales coutumes à des marchands étrangers (112), les recettes de péages garonnais furent perçues par les gens des Ricardi de Lucques (1289-1291) (113) et des Frescobaldi de Florence {1309-1312), non sans provoquer quelques troubles (114). Les fermiers ordinaires étaient de moins haute volée. La ferme de la barre d'Agen, entre 1331 et 1335, fut adjugée à des bourgeois ou des clercs de la ville (115). A Bioule, les adjudicataires étaient un notaire et des associés familiaux, semble-t-il, dont une femme (116).
De la perception, on passe aux tarifs. Avec à peine deux pancartes antérieures à la fin du XVe siècle (117), la liste et les pièces du petit cartulaire des péages de l'abbaye de Grandselve (118) et de nombreuses notations éparses en donnent un aperçu. Les denrées frappées étaient, certes, diverses, vin, céréales, sel en premier lieu, pastel aussi dès 1346 à La Réole et 1362 à Agen (119); puis poissons salés, animaux, cuirs et peaux, huile, meules de moulin, métaux et merceries, et, sur la Dordogne spécialement, merrain pour la fabrication des tonneaux, chataignes et noix. Mais, dans les neuf-dixièmes des documents en notre possession, il est uniquement question de droit sur le vin.
Au XIIIe siècle, le tonneau qui passait à Moissac sur le Tarn devait un denier cahorsin, sur la Garonne à la Pointe 2 deniers (120). A Marmande, en 1221, le tarif était de 4 deniers arnaudins par tonneau (121). A Saint-Macaire, en 1260, le tonneau de vin payait également 4 deniers arnaudins (122). Et sur le Tarn, à la même époque, le tarif s'élevait à 6 deniers toulousains par tonneau à Saint-Géry et 3 deniers à Coufouleux (123). Sur l'Ariège, le péage du vin était en 1255 de 6 deniers morlans par «cubelot» (124). Ces tarifs ont subi au XIVe siècle une sérieuse augmentation. Ainsi à Agen en 1352 le tonneau de vin était-il taxé à 12 deniers tournois (125), et à Marmande en 1339, malgré les protestations des consuls d'Agen, le péage avait atteint 2 sous, 4 deniers arnaudins par tonneau (126). A Cadillac, le péage institué en 1368 fut de 15 deniers par tonneau (127). Au XIVe siècle, le tonneau de vin passant à Saint-Géry devait désormais au roi 12 deniers tournois (128). Enfin au péage de l'archevêque de Bordeaux à Bigaroque, le tarif était variable suivant la provenance: un tonneau chargé en amont de Saint-Cyprien donnait 14 deniers tournois, chargé à Saint-Cyprien et en-deça 7 seulement (129). Le mémoire sur les péages où l'abbaye de Grandselve avait obtenu des exemptions, daté de 1324-1326, fournit, à quelques exceptions, la liste des stations de la Garonne entre Toulouse et Bordeaux avec, pour chacune d'elles, les seigneurs péagers et le montant de la redevance sur le passage du vin (130). Sous la forme du tableau final, cette liste de 25 péages présente le meilleur ensemble de tarifs tout le long du fleuve à un moment donné. On serait tenté d'additionner les chiffres indiqués pour évaluer la somme totale qui grevait le transport d'un tonneau sur le parcours entre les deux capitales garonnaises. Malheureusement, les monnaies variaient à chaque bief: monnaie tolsane jusqu'à Castelsarrasin, monnaie cahorsine à Moissac, monnaie de Morlaas à Auvillar, monnaie arnaudine (131) de Laspeyres à Langon. Ce n'est pas que le problème de conversion serait insoluble (132). Mais vient se greffer la difficulté, sinon l'impossibilité, de ramener à un facteur commun des redevances qui portaient tantôt sur des tonneaux ou des douzaines de tonneaux, tantôt sur des bateaux (133) ou des charges de bateaux (134), quand ne s'ajoutaient pas des prélèvements en nature.
Quelques données permettent, néanmoins, d'avoir une idée, avec les prix de transport, de l'importance du montant des péages à la fin du XIIIe et au début du XIVe siècle. Un fragment de comptes royaux capétiens des années de 1289-1290 concerne les dépenses faites par Jean de Soisy et Jean de l'Hôpital pour l'achat de blés et de vins à Moissac et leur transport à Bordeaux et Bayonne (135). Pour le vin, il s'agissait de 192 tonneaux et 10 pipes achetés à Moissac, à diverses personnes et à divers prix, pour un total de 358 livres, 6 sous, 11 deniers tournois (136).
Le fret par le fleuve, de Moissac à Bordeaux, s'éleva à 45 livres, 5 sous chipotois, c'est-à-dire, suivant le compte lui-même, 52 livres, 4 sous tournois; ce qui mettait le prix de transport d'un tonneau à 5 sous, 3 deniers environ, et le rapport entre transport et prix d'achat à 14 %, environ aussi. Mais en dehors de frais supplémentaires occasionnés par l'arrêt des vins par les gens du roi d'Angleterre à Marmande et à Saint-Macaire, rien n'est ici indiqué comme montant des péages garonnais.
En 1304, c'est un marchand anglais qui affréta les gabarres de P. Bartas et Jourdain de Vazus, de Castelsarrasin, pour transporter 79 tonneaux et 10 pipes de vin depuis le port de Castelsarrasin jusqu'à Bordeaux (137). Le prix d'achat du vin n'est pas connu, mais le contrat stipule cette fois que le marchand donnait 30 sous tournois par tonneau pour le transport et les péages -les transporteurs reconnaissant avoir reçu au comptant 70 livres et devant recevoir le reste à Bordeaux au déchargement, le marchand promettant «s'il a été demandé des péages plus élevés qu'accoutumé» de payer le surplus. Si l'on peut raisonnablement supposer que, dans les deux cas, le prix du transport était sensiblement le même (138), il semblerait que le total des péages exigés pour un tonneau de vin, du Bas-Quercy jusqu'à Bordeaux, soit alors monté à quelque 23 sous et des deniers, c'est-à-dire que ces taxes de circulation étaient cinq fois plus élevées que le prix du transport proprement dit. Pour les tonneaux de vin achetés à Moissac, qui valaient, l'un dans l'autre, 36 sous, transport, péages et frais divers auraient, dans ces conditions, doublé le prix de revient rendus à Bordeaux. Mais, de là, on ne saurait généraliser.
Les comptes du péage de Marmande vus plus haut sont trop fragmentaires et globaux pour nous renseigner sur le mouvement de la batellerie et du trafic. En ce qui concerne la batellerie, les recettes d'Agen de 1331 à 1335, années de paix entre deux périodes troublées, peuvent faire apparaître un ordre de grandeur des passages. Ces recettes ont été, en effet, pendant ces quatre années pascales, respectivement, de: 214 livres tournois, 210 l., 190 l. et 160 l. Les 214 livres de l'années 1331-1332 correspondaient à 267 livres, 10 sous arnaudins. Or, nous savons que le tarif du péage variait de 6 à 18 deniers arnaudins (139): en prenant la moyenne de 12 deniers correspondant à la charge des gabarres de 10 à 20 tonneaux, on est amené à supposer un mouvement, descente plus que montée, sous le pont d'Agen, de quelque 5 350 bateaux, sans compter ceux des bourgeois d'Agen, exempts de droits - ceci représentant une bonne année, avec une moyenne de 15 bateaux par jour...
On ne dira qu'un mot des exemptions qui, ici comme ailleurs, intéressaient essentiellement les églises et les abbayes. Le cartulaire des franchises accordées aux Cisterciens de Grandselve, plusieurs fois cité, ne contient pas moins de 140 rubriques, exemptions émanant de tous les seigneurs péagers, de Toulouse jusqu'à Soulac, portant sur des quantités déterminées de sel, de poissons, de blé, de draps ou autres objets nécessaires à usage de monastère, mais aussi sur des chargements de vin de ses vignes à la descente du fleuve. Ces exemptions se multiplièrent entre les années 1260 et 1276 et concernèrent des quantités de 100 à 200 tonneaux par an; mais dans le premier tiers du XIVe siècle, à Marmande et à Saint-Macaire, cette franchise atteignait les 300 tonneaux. Avec Grandselve, il faut citer sa voisine cistercienne de Belleperche, située au bord du fleuve, qui reçut aussi un certain nombre de franchises générales et locales (140). Sur la basse Garonne et la basse Dordogne, on a vu, de même, les premières franchises accordées à l'abbaye de La Sauve Majeure (141) . Ces franchises particulières et les franchises générales obtenues par les ordres religieux donnaient lieu à la délivrance de certificats de passage, sous forme de mandements, par l'administration anglo-gasconne dans son domaine, comme celui qui fut accordé en 1279 aux Frères Prêcheurs avec la formule Reddite litteras portitori (142).
On rencontre aussi des franchises accordées localement ou temporairement: celle du prieur de Marmande à Marmande (143); celle, à titre personnel, de l'évêque d'Agen à Marmande aussi à la fin du XIIIe siècle (144). Et il y avait également les exemptions octroyées aux habitants de certaines localités, soit sur place, comme à Lafox (145) ou au péage d'eau d'Agen, soit dans des péages voisins, comme les bourgeois de Moissac à Montamat et Malause (146), les habitants d'Agen, temporairement, à Marmande (147), et ceux de Montauban à Villemade. Au XVe siècle des exemptions vinrent parfois récompenser les communautés urbaines de leur fidélité à tel camp sous la lutte franco-anglaise (148).
La perception des péages, les exigences des seigneurs péagers, les «vexations» infligées parfois par les collecteurs aux bateliers et aux marchands provoquèrent à maintes reprises de spectaculaires conflits. Telle fut, au début du XIIIe siècle, la «guerre» des péages que le consulat toulousain mena contre le vicomte de Lomagne pour faire cesser ses « rapines » et «injures» et l'augmentation des tarifs d'Auvillar: la milice communale vint assiéger le château d'Auvilar, et le vicomte Odon et son fils furent contraints de conclure le 14 juin 1204 une paix honorable par laquelle ils s'engagèrent à n'exiger dorénavant au passage d'Auvillar que la «juste et ancienne coutume» (149).
A l'entrée du Bordelais, ce sont les mariniers et marchands d'Agenais qui, dans le premier tiers du siècle, se plaignirent de vexations dont ils étaient l'objet à La Réole: péages abusifs, semble-t-il, agissements malhonnêtes des agents du prieur et de certains habitants, protestation contre le paiement du péage à Langon alors qu'il avait déjà été pris à La Réole (150); on ignore la teneur de l'arbitrage qui s'ensuivit, mais le comte de Toulouse Raimond VII intervint pour faire respecter la paix de ce caminum aque (28 décembre 1233) (151).
Les mariniers de La Réole et de Saint-Macaire furent eux-mêmes contraints avant 1289 par les barons péagers et leurs agents à payer des taxes inaccoutumées sur leurs chargements de blé et de vin: il fallut une intervention énergique d'Édouard Ier pour faire cesser ces exactions et assurer la libre circulation sur la Garonne et le Lot quand les péages avaient été acquittés (152). C'étaient parfois des seigneurs riverains qui arrêtaient toute circulation sur le fleuve au préjudice des fermiers du péage aval (153), ou des marchands qui se plaignaient d'être taxés «comme s'ils étaient juifs» (154). C'est l'archevêque de Bordeaux qui proteste contre les officiers du sénéchal de Gascogne qui empêchaient les bateaux de Dordogne de venir à son port de Pierrefite en les retenant au nouveau péage de Libourne (155).
Mais il est symptomatique que, dans tous ces conflits, et dans bien d'autres, qu'ils aient été réglés directement par les intéressés entre eux ou sur l'intervention des princes, que le principe des péages n'ait jamais été mis en cause. On proteste contre des abus, mais on tombe d'accord pour le maintien de droits «coutumiers». Le tarif apparaît comme un compromis entre les exigences du seigneur péager et ce que les intéressés estiment convenable pour l'entretien du chemin d'eau. Il est même arrivé, avons-nous vu, que les consuls de Gaillac ou ceux de Pamiers, soient intervenus pour contribuer aux dépenses des travaux et accepter la levée de péages.
La royauté française a reconnu en 1338 à tous les seigneurs la possession de leurs anciens péages (156), tout en ordonnant la destruction des barrages nuisibles à la navigation (157). Ce n'est qu'au XVe siècle qu'elle commença à s'émouvoir des inconvénients qu'ils pouvaient avoir. Charles VII, sur la plainte des Bordelais, manda aux sénéchaux de Guyenne, Agenais et Bazadais, d'examiner les titres des péages. Le conflit éclata entre I475 et I477 entre Louis XI et Alain d'Albret sur la levée des péages dans ses terres (158). Mais la réaction générale, exprimée par le traité de Mathieu de Vauzelles, par les révisions de 1505 et de 1515 et finalement par l'édit de François Ier de septembre 1535 (159), ne semble guère avoir beaucoup modifié l'état des péages du bassin garonnais, puisque le tableau du ressort du Parlement de Bordeaux comprenait toujours 22 stations d'Auvillar à Bordeaux.
Une dernière question se pose à propos de ces péages, que nous ne ferons qu'effleurer: l'étrange inexistence d'une corporation de marchands fréquentant les rivières avant l'association des Trois-Rivières, Garonne, Tarn, Aveyron, fondée en 1499, sur le modèle de la communauté des marchands de Loire, plus vieille d’un siècle (160). Dans le bassin de la Garonne, en effet, ce sont les jurades et les consulats qui ont pris eux-mêmes en mains la défense des intérêts des bateliers et des marchands. L'affaire d'Auvillar en 1204 en est un exemple. Mais des accords particuliers eurent lieu entre villes riveraines: assistance mutuelle entre Agen et Le Mas en 1222; ligue entre Agen, Condom, Le Mas, Marmande et Port-Sainte-Marie en 1224 (161). Surtout, en février 1227, un traité général fut conclu entre La Réole et Saint-Macaire, d'une part, qui dépendaient alors du duché d'Aquitaine, et Agen, Port-Sainte-Marie et Le Mas, au comté de Toulouse, pour assurer la liberté des chemins per terra et per aiga (162). Les consuls de Toulouse, Moissac, Montauban, Saint-Bars, Gaillac, L'Isle et Rabastens, négocièrent, de même, en 1284-1285 avec Jean de Grailly pour obtenir un tarif préférentiel en faveur des négociants de ces villes à la levée de la coutume de Bordeaux; et chaque fois qu'une nouvelle communauté du Haut-Pays fut admise à ce privilège, ce sont ses consuls qui traitèrent (163).
Une étape vers une organisation corporative fut assurément l'autorisation, accordée en 1357 par Édouard III aux communes de La Réole et Saint-Macaire, d'élire un syndicat de marchands marins et de patrons de bateaux pour la défense de leurs intérêts à Bordeaux (164). Un syndicat de marchands «fréquentant les rivières de Gironde, Dordogne, Garonne et Tarn» se constitua en 1475 pour attaquer Alain d'Albret devant le Parlement de Bordeaux (165). Mais dans les villes du Haut-Pays, les liens étroits entre la bourgeoisie marchande et les jurades et consulats (166) ont pratiquement rendu inutile une association jusqu'à l'ordonnance de Louis XII ouvrant la possibilité aux marchands fréquentant les rivières de faire «bourse commune» (1488-89) (167). Après l'association des Trois-Rivières, la communauté des marchands fréquentant la rivière de Dordogne s'organisa aussitôt et obtint ses lettres de François Ier en août 1520 (168), Une conclusion qui resterait étroitement liée à l'institution péagère manquerait son but. On a bien senti que cette géographie historique des péages garonnais est le reflet constant de l'histoire du commerce des vins gascons. L'apparition des premiers péages a été au rythme de la reprise de la navigation au XIIe siècle que suggère, au même moment, l'implantation des prieurés et églises riverains dédiés à Saint-Nicolas (169). La multiplication des stations, les conflits des bateliers et des péagers, la compétition des grandes familles seigneuriales pour le contrôle du trafic, les grands travaux entrepris, sont autant de manifestations, directes ou indirectes, du rôle essentiel du fleuve et de ses affluents pour la descente des vins vers le marché d'exportation de Bordeaux (170). Mais il y a plus: si l'on compare la carte des péages avec la carte de l'approvisionnement du marché bordelais en vins du Haut-Pays en 1306-1307 (171), la coïncidence est presque totale- à ceci près que les principaux vignobles et leurs ports d'embarquement se situaient légèrement en amont des gros péages. Ainsi la géographie des péages contribue-t-elle aussi, dans une certaine mesure, à la géographie des vignobles aquitains.

Charles Higounet





(1) On citera, notamment; pour la Seine: G. GUILMOTO, Etude sur les droits de navigation de la Seine de Paris à La Roche-Guyon, du XIe au XVIIIe siècle, Paris, 1889; R. H. BAUTIER et M. MoLLAT, Le trafic fluvial de la Seine, au pont de Meulan, au milieu du xve siècle, dans Bull. philol. et hist. du Comité des travaux, 1959 (1960), pp. 251-296; pour la Loire: P. MANTELLIER, Histoire de la communauté des marchands fréquentant la rivière de Loire et fleuves descendant en icelle, Orléans, 3 vol. 1867-1869; J. M. BIENVENU, Recherches sur les péages angevins aux XIe et XIIe siècles, dans Le Moyen âge, 1957, p. 209 et s.; pour le Rhône: L. IMBERT, Les péages du Rhône, de Tournon à la mer; étude sur les droits de navigation au Moyen âge, dans Pos. thèse École des Chartes, 1903; P. MOULINIER, Le «sel du Rhône» au Moyen âge, dans Ibid., 1960; pour la Meuse: M. L. FANCHAMPS, Étude sur les tonlieux de la Meuse moyenne du XIIIe au milieu du XIVe siècle, dans Le Moyen âge, 1964, p. 205-264; J. RIGAULT, La navigation sur la Meuse au XIVe siècle, vue du péage de Château-Regnault, dans Actes du 95e Congrès national des Sociétés savantes, Reims, 1970 (1975), p. 133-142; pour le Rhin: Th. SOMMERLAD, Die Rheinzolle im Mittelalter, Halle, 1894; G. DROEGE, Die kurkôlnischen Rheinzôlle im Mittelalter, in Annalen des hist. Vereins für den Niederrhein, 1967, pp. 21-47; pour l'Elbe: B. WEISSENBORN, Die Elbzolle und Elbstapel im Mittelalter, Halle, 1900; pour le Pô: P. RACINE, Aperçu sur les transports fluviaux sur le Pô au Bas Moyen âge, à paraitre dans Société des médiévistes, Congrès de Rennes, 1976; C. F. ZAMBONI, La navigazione dell'Adige, Venezia, 1925.

(2) Ch. HIGOUNET, Un mémoire sur les péages de la Garonne au début du XIVe siècle, dans Annales du Midi, 1948, p. 320-324; Ph. WOLFF, Commerces et marchands de Toulouse (vers 1350-vers 1450), Paris, I954. pass.; P. Tucoo-CHALA, Contribution à l'étude des péages de la Moyenne-Garonne aux XIV-XVe siècles, dans Bazas et le Bazadais, Bordeaux, 1961, pp. 1O1-11O.

(3) Elle s'inspire, dans ce sens, de la carte des péages et routes de la région rhénane jusqu'à la fin du Moyen âge du Geschichtlicher Handatlas der deutschen Lander am Rhein, nouv. éd. Kôln, 1950, n° 34.

(4) On retiendra un important mémoire intitulé: Extraits dès péages qui sè lèvent dans le ressort du Parlement de Bordeaux sur les rivières de Garonne et Loth par ordonnance de la cour, in-4°, s.d. [fin XVIe s.], Bibl. mun. Bordeaux, H. 3295; les listes contenues dans Arch. dép. Gironde, C 1261 (1560), 2580-2598 (XVIIe s.); et surtout les dossiers de la Commission des péages, Arch. nat., H 4, 2940 (1480-1784), 2945 (1662-1769).

(5) Parmi les principaux, parfois factices, mentionnons ceux d'Albret, Auvillar, Caumont, Durfort, le cartulaire des Alaman, les fonds de l'archevêché de Bordeaux, des abbayes de Sainte-Croix et de Grandselve, des commanderies d'Agenais et du Bas Quercy, les archives municipales d'Agen, Cahors, Gaillac, Moissac, Rabastens et Toulouse.

(6) Ce pourrait être le cas de La Magistère et Nicole, sur la Garonne; Castelnaud des Milandes et Clérans sur la Dordogne; Nérac sur la Baïse.

(7) Comme Blagnac sur la Garonne en aval de Toulouse en 1339 (WOLFF, Commerces, p. 469, n. 161).

(8) Voir J. P. TRABUT-CUSSAC, Les coutumes ou droits de douane perçus à Bordeaux sur les vins et les marchandises par l'administration anglaise de 1252 à 1307, dans Annales du Midi, 1950, pp. 135-150.

(9) Cette densité des péages garonnais, et celle de l'isthme languedocien, justifiait l'assertion des consuls de Narbonne en 1337 que de Leucate à La Réole descendendo per flumen Garonae il y avait quelque 70 péages (Bibl. nat., coll. Doat, t. 52, fol. 230 1°).

(10) Bibl. mun. Bordeaux, ms 769, Grand cartulaire de La Sauve-Majeure, pp. 254-255. Les pièces relatives à ces péages sont toutes datées de l'abbatiat de Gérard de Corbie (1079-1095). En fait, il y est question du libre passage accordé aux bateaux de l'abbaye, transitus navis in Garona, qui pourrait s'entendre aussi bien comme la traversée du fleuve que comme un arrêt de la navigation. Néanmoins, la préposition ad (ad Lengon, ad Sanctum Macharium, ad Caudroz, ad Gorzon ou Girondam) suggère bien l'accostage sur une rive du fleuve, et l'on voit mal, d'autre part, un passage transversal à l'aplomb de Saint-Macaire où les deux rives ne dépendaient pas de la même seigneurie. - Il faut renoncer à. faire du péage de Gironde le plus ancien de ce groupe, car les coutumes de La Réole où il est mentionné (éd. M. MALHERBE, Les institutions municipales de La Réole, th. Droit, Bordeaux, 1977, p. 728). ne sont pas de 977, mais peut-être de la fin du XIIe siècle (IMBART DE LA TOUR, Les coutumes de La Réole, dans Annales de la Faculté des Lettres de Bordeaux, 1893, pp. 260-261.)

(11) Cartul. du prieuré Saint-Pierre de La Réole, dans Arch. hist. de la Gironde, t. V, 1863, p. 129.

(12) L'allusion dans une charte d'Agen de 1221 au tarif des péages «du temps du roi Henri» (A. MAGEN et G. THOLIN, Arch. mun. d'Agen. Chartes, première série (1189-1328), Villeneuve-sur-Lot, 1876, n° XI, p. 15) est corroborée par l'indication dans le Cartulaire des privilèges de Grandselve sur la Garonne (Bibl. nat., ms lat. 11010, fol. 119 v°) des franchises accordées à l'abbaye par Henri, roi d' Angeterre, et par Richard Coeur-de-Lion.

(13) Hist. gén. de Languedoc, éd. Privat, t. VIII, col. 1849 (mai 1198).

(14) Divers privilèges mentionnés dans le cartul. de Grandselve, et indiqués par Hist. gén. de Languedoc, t. VIII, col. 1834 (1183-1189) et 1848 (vers 1195).

(15) Documents sur la Maison de Durfort, publ. par N. de Pena, Bordeaux, 2 vol., 1977, no 13 (1187).

(16) Hist. gén. de Languedoc, éd. Privat, t. VIII, col. 505 (1204).

(17) Le port de Bourret existait en 1180 (Hist. gén. de Languedoc, t. VIII, col. 1824); le péage de Verdun est attesté dès nov. 1164 (R. LIMOUZIN-LAMOTHE, La commune de Toulouse et les sources de son histoire, 1120-1249, Toulouse, 1932, p. 265). Un paréage conclu le 10 octobre 1230 pour Bourret entre le comte de Toulouse et Bernard Alègre décida que le péage d'eau de Verdun serait désormais levé à Bourret (TEULET et DELABORDE, Layettes du Trésor des chartes, t. II, n° 2077).

(18) Grand cart. de La Sauve, pp. 255-256: ad Blaiac; per Dordoniam ... [de Castillon] usque ad castrum quod dicitur Sivrac (avant 1147).

(19) L. DROUYN, Droits de péage et de passage dans la juridiction de Vayres et dans quelques autres seigneuries des bords de la Dordogne, extrait des Actes de l'Académie impériale des Sciences, Belles-Letttes et Arts de Bordeaux, 1870, p. 7 (première mention 1092).

(20) Voir P. DEFFONTAINES, Les hommes et leurs travaux dans les pays de la Moyenne Garonne, Lille, 1932, pp. 1-27: un nom; des frontières.

(21) La juridiction d'Auvillar et les limites de son district ont fait l'objet de procès et de contestations entre le roi de France et le roi-duc d'Aquitaine à la fin du XIIIe siècle et au début du XIVe. Voir en particulier G. P. CUTTINO, The gascon calendar of 1322, London, 1949 (Camden third series, vol. LXX), pp. II6-II8; je reviendrai ultérieurement sur l'affaire des limites entre Auvillar et Valence de 1304-1309. En définitive, le château et les hommes d'Auvillar sont restés dans l'obédience française.

(22) DEFFONTAINES, Les hommes, pp. 392-394.

(23) En fait, après la traversée de la Garonne à Boé, au Sud-Est d'Agen, un complexe péager était constitué sur la rive gauche par Lécussan, Auterive et Layrac, qui ne semble avoir fonctionné dans le sens d~ la navigation qu'à partir de la fin du xme siècle. Voir P. DUBOURG, Origine du fief et du péage de Lécussan, dans Rev. de l'Agenais, 1906, pp. 36-41; J. DUBOIS, Inventaire des titres de la maison d'Albret [concernant l'Agenais], 1904, p. 51 (Auterive, 1302); E. BOUTARIC, Actes du Parlement de Paris, t. II, 1867, n° 6865 (Layrac et Auterive, 1322).

24. Voir Ch. BASTARD, La Ténarèse, voie préhistorique, dans Rev. de l'Agenais, 1923, pp. 431-444.

(25) Vayres est l'antique Varatedo au passage de la voie romaine de Burdigala à Vesunna (Périgueux) et Avaricum (Bourges); voir R. ÉTIENNE, Bordeaux antique, Bordeaux, 1962, pp. 132-135.

(26) E. ROSSIGNOL, Monographies communales ... du Tarn. Arr. de Gaillac, Toulouse, 1865, t. IV, pp. 240-241 (première mention du péage en 1227).

(27) A. LAGRÈZE-FOSSAT, Droits de pêche et navigation sur le Tarn et la Garonne, dans Congrès scientifique de France [Bordeaux], 1861, pp. 552 et s.

28. G. LAVERGNE, Limeuil en Périgord, Montignac, 1927, pp. 6 et 14.

(29) Voir ci-dessus, note 23.

(30) Abbé R. L. ALIS, Histoire de la ville, du château et des seigneurs de Caumont-sur-Garonne, Agen, 1899, pp. VII-VIII.

(31) A. VIGIÉ, Possessions des archevêques de Bordeaux en Périgord, spécialement dans le Sarladais, dans Bull. Société hist. et archéol. du Périgord, 1910, pp. 360 et s.

(32) L. CARVÈS, Le péage de Beynac, dans Bull. Société hist. et archéol. du Périgord, 1888, pp. 310-311.

(33) Voir G. THOLIN, Notes sur la féodalité en Agenais au milieu du xxue siècle, dans Revue de l'Agenais, 1897, p. 49. L'ile de Lafox se trouvait à l'ancien confluent de la Séoune, reporté depuis lors par les atterrissements à 500 m. en aval.

(34) Abbé R. L. ALIs, Histoire de la ville d'Aiguillon et de ses environs, depuis l'époque gallo-romaine jusqu'à nos jours, Agen, 1895. essai de reconstitution du confluent Garonne-Lot, au XIVe-XVe siècles, b.t.; Tholin, Notes, p. 260.

(35) Voir sur tout ceci P. DEFFONTAINES, Les hommes, pp. 314-326.

(36) Ch. HIGOUNET, Bordeaux pendant le haut Moyen âge, Bordeaux, 1963, pp. 225-226.

(37) R. POUPARDIN, Monuments de l'histoire des abbayes de Saint-Philibert (Noirmoutier, Grandlieu, Tournus), Paris, 1905, p. 108, n° 2 (18 mai 826; intéresse aussi la Loire, l'Allier, le Cher).

(38) Sur ce point, en général, bonnes pages de L. VERRIEST, Institutions médiévales, dans Le Hainaut. Encyclopédie provinciale, Mons et Frameries, 1946, pp. 66-71.

(39) C'est Raimond V qui fixa en 1164 le tarif de Verdun (voir plus haut, note 17).

(40) Ph. WOLFF, Évêques et comtes d'Agen au xxe siècle, dans Villeneuve-sur-Lot et l'Agenais, Agen, 1962, pp. 115-120.

(41) Pour Agen cela ressort du fait que ce fut ensuite un chevalier de la Tour, avoué de l'évêque, qui tint ce péage des bateaux (Arch. hist. de la Gironde, t. VIII, 1866, no 121, p. 352); pour Laspeyres, l'évêque réclamait en 1267 à Raimond Bernard de Durfort la juridiction du péage qu'il disait être tenu en fief de lui (Documents sur la maison de Durfort, éd. N. de Pena, n° 57).

(42) Voir A. LAGRÈZE-FossAT, La ville, les vicomtes et la coutume d'Auvillar, Paris-Montauban, 1868.

(43) Très bonne étude de l'abbé Ferran, Les rivières du département de l'Ariège; leur passé, leur présent, leur avenir, dans 2e Congrès du Sud-Ouest navigable, 1903, pp. 204-218.

(44) Hist. gén. de Languedoc, éd. Privat, t. VIII, col. 1367-1370 (23 avril 1255); Correspondance administrative d'Alphonse de Poitiers, éd. A. Molinier, Paris, 1894, t. I, n° 830: novum instituit pedagium .... necnon fecit ibidem novam portam fieri (6 juillet 1268).

(45) Bibl. nat., coll. Doat, t. 93, fol. 15-22 (12 oct. 1272); Hist. gén. de Languedoc, t. V, col. 1624.

(46) 30 livres tournois au seigneur de Bonnac, 120 livres à l'abbaye de Calers (coll. Doat, t. 93, fol. 53-55.)

(47) Bibl. nat., coll. Doat, t. 93, fol. 109 (11 février 1322); Hist. gén. de Languedoc, t. V, col. 1633).

(48) C. BARRIÈRE-FLAVY, Histoire de la ville et de la chatellenie de Saverdun, Toulouse-Paris, 1890, p.j. n° X, pp. 256-262 (1327). - Il est à noter que les Marquefave, seigneurs de Saverdun, tenaient aussi depuis le XIIe siècle le péage de Capens sur la rive droite de la haute Garonne, en amont de Muret (Ch. HIGOUNET, Le comté de Comminges, de ses origines à son annexion à la couronne, Toulouse-Paris, 1949, p. 297).

(49) Sur tout ce qui suit, voir Ch. HIGOUNET, Les Alaman, seigneurs bastidors et péagers du XIIIe siècle, dans Annales du Midi, 1956, pp. 227-253; également E. RosSIGNOL, Droits de navigation sur le Tarn à Saint-Juéry [corriger Saint-Géry] et de passage au pont de Gaillac, dans Congrès scientifique de France, Bordeaux, 1861, t. 4, pp. 577-583.

(50) Cartulaire et divers actes des Alaman, des de Lautrec et des de Lévis, éd. E. Cabié et L. Mazens, Toulouse, 1882, p. 19 (août 1279).

(51) Arch. nat., J J 25, fol. 354 (Villemur, 1272); Arch. nat., J 1031, n° II (Villemade, ac. 1267); voir É. LAVAL, Les chartes de coutume du Bas-Quercy octroyées par Alphonse de Poitiers, dans Bull. hist. et philol. du Comité des travaux, 1914, p. 85.

(52) A. Du BOURG, Histoire du Grand-prieuré de Toulouse, Toulouse, 1883, pp. 277-278.

(53) Sur les travaux, voir G. THOLIN, Notes sur la féodalité ... , dans Rev. de l'Agenais, 1897-1898.

(54) G. LACOSTE, Histoire générale de la province de Quercy, Cahors, r883, t. II, pp. 351 et s.

(55) Rôles gascons, éd. Francisque-Michel et Ch. Bémont, t. II, n° 753 (1283) et 920 (18 juin 1285). Il est question de la paissière de Penne en 1268 dans le compte du sénéchal Jean d'Angerville (Bibl. nat., ms lat. 9019, fol. 28).

(56) E. ALBE, Cahors, Inventaire raisonné et analytique des Archives municipales (XIIIe-XIVe siècles), dans Bull. de la Société des études du Lot, 1914, p. 114, n° 117.

(57) Rôles gascons, t. II, n° 1121 (27 juin 1289).

(58) Enquête faite par Guillaume Cazes, juge d'Agenais, en 1311, ind. par G. THOLIN, Rev. de l'Agenais, 1898, p. 173.

(59) J. CHAUMIÉ, De quelques commanderies de l'Ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem en Agenais, dans Revue de l'Agenais, 1931, p. 291.

(60) P. TUCCO-CHALA, Contribution ... , dans Bazas et le Bazadais (note 2 ci-dessus), p. 102; G. THOLIN, Les péages en Garonne, dans Rev. de l'Agenais, 1923, pp. 276-277.

(61) Voir Ch. HIGOUNET, Un compte de ferme de la barre d'Agen au début du XIVe siècle, dans Annales du Midi, 1950, pp. 351-354; la perception du barragium fut accordée à la communauté en 1283; l'existence du péage sur l'eau est de 1298.

(62) Saisimentum comitatus tholosani, éd. Y. Dossat, Paris, 1966, nos 101 (§ 14, Sainte-Livrade), 102 (Moissac).

(63) Cartulaire des Alaman, éd. Cabié et Mazens, pp. r6 et 58-6o: après la mort de Sicard Alaman (1279), son fils Sicard le Jeune restitua à la couronne ce qu'il levait au péage de Coufouleux (1279); puis, son héritier Bertrand de Lautrec, céda au roi sa part de Rabastens et surtout le péage de Saint-Géry contre 3 500 livres tournois et une rente annuelle de 400 livres. Voir HIGOUNET, Les Alaman, Annales du Midi, 1956, pp. 252-253.

(64) Arch. dép. Pyrénées-Atlantiques, E 269 (4 avril 1286).

(65) Arch. nat., J 292, n° 91 (nov. 1301).

(66) Arch. nat., J J 38, n° 126, fol. 59 (10 déc. 1305) et fol. 60 v° (14 déc. 1305).

(67) Régine de Got, fille de Bertrand de Got, avait épousé Jean Ier d'Armagnac en 1311; elle fit donation de la vicomté à son mari en 1325 (voir MOULENQ et GALABERT, Documents historiques sur le Tarn-et-Garonne, Montauban, 1874, t. III, pp. 343-344).

(68) HIGOUNET, Un mémoire, Annales du Midi, 1948, p. 322.

(69) Documents sur la Maison de Durfort, éd. N. de Pena, introd. p. XXIII (1318): MOULENQ et GALABERT, Documents, t. I, p. 133 (1379).

(70) Cartulaire des Alaman, éd. Cabié et Mazens, p. 2.

(71) Bertrand de Lautrec récupéra par échange en 1285 le onzième du péage sur Jourdain de l'Isle, le jeune (ibid., p. 61).

(72) Ibid., p. 129 (28 avril 1304).

(73) Abbé ALIS, Notice sur le château ... et la paroisse de Mauvezin, Agen, 1887, pp. 67 et 82.

(74) J. R. MARBOUTIN, Notices historiques sur la juridiction de Lafox, dans Rev. de l'Agenais, 1910, p.180.

(75) Arch. dép. Gironde, C 1621 (9 janv. 1478, copie de 1670 à l'occasion d'un procès au sujet du péage).

(76) Hist. gén. de Languedoc, éd. Privat, t. IV, p. 262.

(77) Abbé ALIS, Histoire de la ville d'Aiguillon, pp. 77, 80, 125.

(78) Cartulaire des Alaman, éd. Cabié et Mazens, p. 7.

(79) Abbé ALIS, Histoire de la ville et de la baronnie de Sainte-Bazeille, depuis l'époque gallo-romaine jusqu'à nos jours, Agen, 1892, p. 515 (Monheurt, 1260; Sainte-Bazeille, 1248).

(80) HIGOUNET, Un mémoire, Annales du Midi, 1948, pp. 323-324; ALIS, Sainte-Bazeille, p. 66 (1304).

(81) Arch. hist. de la Gironde, t. VII, 1865, n° 140, pp. 382-387 (testament de Guillaume Arnaud de Ladils, 16 sept. 1283) et n° 144, pp. 394-400 (partage et dévolution de la part du péage, 23 mai 1308).

(82) Ibid., t. XXXVI, 1901, p. 37 (1297).

(83) HIGOUNET, Un mémoire, Annales du Midi, 1948, p. 324.

(84) Arch. hist. de la Gironde, t. VII, 1865, n° 149, pp. 406-408 (28 mars 1327).

(85) Ibid., t. XXXVI, 1901, p. 59 (1551).

(86) R. de Pis que pres lo peatge a Lengo (MAGEN et THOLIN, Chartes d'Agen, n° XX,. p. 31, vers 1233; mais O. GAUBAN, Histoire de La Réole, La Réole, 1873, p. 527, date de 1187-1206).

(87) Rôles gascons, t. 1, n° 2501 (6 avril 1254, adressé aux domini pedagiorum de Langon); t. 1, suppl., n° 4402 (30 mars 1255, adressé au connétable de Saint-Macaire pour pedagium nostrum de Langone).

(88) Rôles gascons, t. II, n°8 295 (1279), 906 (1285), 1476 (1289); HIGOUNET, Un mémoire, Annales du Midi, 1948, p. 324 (1324-1326).

(89) J. P. TRABUT-CUSSAC, L'administration anglaise en Gascogne, de 1254 à I307, Paris, 1972, p. 311.

(90) Voir D. A. VIRAC, Recherches historiques sur la ville de Saint-Macaire, Paris-Bordeaux, 1890, pp. 68-75.

(91) Sur ce qui suit, voir P. Tucoo-Chala (ci-dessus, note 2) et, surtout, J. B. MARQUETTE, Les Albret. Les hommes et le patrimoine (1230-1360), dans les Cahiers du Bazadais, 1977.

(92) Rôles gascons, t. III, n° 2063 et 2107 (1292-1293).

(93) Arch. nat., J 464, n° 1.

(94) Arch. nat., J 309, n° 10.2 (18 nov. 1231). L'abbé de Citeaux devait installer un ou deux moines ou convers pour prélever par priorité cette somme annuelle jusqu'à concurrence de 5 000 livres tournois.

(95) Arch. nat., J 310, n° 30 (1253).

(96) Rôles gascons, t. II, n° 408, 491, 582, 812, 1975.

(97) Documents sur la Maison de Durfort, éd. N. de Pena, n° 138 (14 nov. 1294).

(98) Rôles gascons, t. III, n° 4670 (2 déc. 1304).

(99) DEFFONTAINES, Les hommes, pp. 370-375. On peut encore en voir au port d'Auvillar, à Thouars, à Tonneins, à Langon.- La toponymie ne donne aucune indication: les noms comme Le Port ou Le Péage (au Sud d'Aiguillon) correspondent à un état de choses moderne.

(100) Indiqué par L. DESSALLES, La Dordogne et ses péages, dans Echo de la Dordogne, 12 avril 1868 (1358).

(101) Els messatges del prior de la Reula (MAGEN et THOLIN, Chartes d'Agen, no XX, p. 32).

(102) Ibid., n° LXXIV, p. 117.- Lorsque fut instauré en 1285 le péage de la navière de Penne, deux percepteurs représentèrent les deux parties intéressées, le roi-duc et l'évêque de Cahors.

(103) Abbé DUBOIS, Inventaire, pp. 174-75 (acensement par Guillaume de Piis à Arnaud Canes, bourgeois de Caumont, de la moitié de son péage de Tonneins, 16 avril 1319); ibid., p. 72 (bail de la terre et partie de péage de Caumont et Taillebourg à Arnaud de Pariac, 1371).

(104) Voir Ch. HIGOUNET, Le développement urbain et le rôle de Marmande au Moyen âge, dans Rev. de l'Agenais, 1952, pp. 3-17.

(105) Arch. nat. J 317, n° 61, fol. 11-15.

(106) BOUTARIC, Saint Louis et Alphonse de Poitiers, Paris, 1870, pp. 266 et 276-277.

(107) Correspondance administrative d'Alphonse de Poitiers, éd. Molinier, n° 1884 (12 déc. 1262), et 456 (juillet 1267).

(108) Bibl. nat., ms lat. 9019, fol. 31.

(109) Arch. dép. Tarn-et-Garonne, 5 E 11790 et 11792, communiqué par M. Y. Dossat. Voir Y. DossAT, Les registres de notaires de Bioule, dans Bull. hist. et philol. du Comité des travaux, 1953-1954, p. 202.

(110) VIGIÉ, Possessions des archevêques, Bull. Soc. hist. et archéol. du Périgord, 1910, p. 393: 50 l. (1336); 47 l. (1337); 45 l. (1338).

(111) Publ. Record Office, E 101/160/2, ind. par J. P. Trabut-Cussac (compte de Raimond Marquès, receveur d'Agenais, 1304-1305): Gaillard d'Agudol, collecteur du péage de Marmande aux gages de 5 s. arnaudins par jour; maitre Bernard de Brax, contrôleur dudit péage aux gages de 3 s. par jour; Bibl. nat., coll. Bréquigny, t. 18, p. 82 (commission de maitre Bernard de Brax comme contrôleur du péage de Marmande, 27 oct. 1309).

(112) TRABUT-CUSSAC, L'administration, pp. 315-317.

(113) Rôles gascons, t. II, n° 1476 (Langon, 4 mai 1289); t. III, n° 1975 (Marmande, 3 juillet 1291).

(114) Ibid., t. IV, éd. Y. Renouard, n° 359 (Marmande, 17 mars 1310), et pp. 560 et 565 (pro papiro empto ad ceribendum exitus pedagii Marmande).

(115) Ch. HIGOUNET, Un compte de ferme, Annales du Midi, 1950, pp. 353-354: maitre Bernard de Malmusso, Raimond Bos, Gr. del Port, Hélie del Fraychenet, Huguet del Bost, Bernat Pascal, Raimond Sirven, Guilhem de Vernet.

(116) Voir note 110 ci-dessus: Hugues Gasbert, de Bioule; Jean Peleri et maître R. de Brètes, notaire; na Malvina Gasca et R. et Durand Gasc, ses fils; na Malvina Gasca et son fils R.

(117) Deux tarifs généraux se trouvent dans les lettres de Louis XI portant règlement des péages des rivières de Garonne, Dordogne, Lot et Tarn du 11 mai 14 78 (voir copie dans Arch. nat. H 2940) et dans le mémoire de la fin du XVIe siècle sur les péages du ressort du Parlement de Bordeaux (Bibl. mun. Bordeaux, H 3295). Le tarif le plus ancien est celui de Saint-Géry, de 1248 (Bibl. nat., coll. Doat, t. 116, fol. 15); le plus complet celui de Bigaroque, de 1364 (Arch. dép. Gironde, G 184 {copie XVIIIe siècle); voir A. Vigié, Extraits du cartulaire de Philipparie, dans Bull. Société hist. et archéol. du Périgord, 1909, pp. 99-119, et J. L. BoNNEFOND, Le temporel des archevêques de Bordeaux en Périgord, T. E, R. Univ. de Bordeaux III, 1972, fasc. 2, pp. 132-137.

(118) Bibl. nat., ms lat. 11010.

(119) Arch. hist. de la Gironde, t. I, 1854, n° 152, p. 302 (concession aux bourgeois de La Réole par le comte de Derby de percevoir 20 deniers bordelais par tonneau de vin, de blé et de pastel, à la montée comme à la descente, pour la réparation du castrum, 26 janvier 1346); ibid., t. XXXIV, 1899, n° 77, p. 179 (concession aux consuls d'Agen par Jean de Chevreston, sénéchal de Guyenne, de percevoir 2 esterlins sur chaque tonneau de pastel ou de vin pour dix ans, pour la réparation du pont, 25 oct. 1362). Le pastel est indiqué en 1251, mais seulement au passage sur le pont de Gaillac (RossiGNOL, Droits de navigation, Congrès scientifique de France, 1861, t. IV, p. 581).

(120) LAGRÈZE-FOSSAT, Droits de navigation, Congrès scientifique de France, 1861, t. IV, pp. 553-554.

(121) MAGEN et THOLIN, Chartes d'Agen, n° XI, p. 15 (25 août 1221). Quelques années après, le tarif fut considérablement majoré provisoirement à 4 sous pour le remboursement d'une dette de Raimond VII au bourgeois bordelais Gaillard Colom et à plusieurs autres créditeurs (Ibid., n° XXXI, p. 48, 20 déc. 1239).

(122) Arch. hist. de la Gironde, t. XXVII, 1892, n° 297, pp. 72-73 (12 décembre 1260).

(123) ROSSIGNOL, Droits de navigation, Congrès scientif. de France, 1861, t. IV, p. 578 (avril 1248); Cartulaire des Alaman, éd. Cabié et Mazens, p. 19.

(124) Hist. gén. de Languedoc, éd. Privat, col. 1367-1370 (23 avril 1255).

(125) Arch. hist. de la Gironde, t. XXXIV, 1899, n° 6o, p. 158 (28 avril 1352).

(126) Ibid., t. XXXIII, 1898, n° 41, pp. 103-104 (12 décembre 1339).

(127) Ibid., t. VI, 1864, n° 174, p. 371 (10 février 1368).

(128) Cartulaires de l'Hôtel de ville de Rabastens, éd. R. Marty, Albi, 1902, p. 28.

(129) VIGIÉ, Extraits, p. 109.

(130) Voir notre publication indiquée ci-dessus, note 2. Il y manque essentiellement, à cette date, Agen, les autres péages antérieurs ayant été parfois regroupés.

(131) Sur la monnaie arnaudine, voir D. NoNY, La monnaie arnaudine, essai de numismatique, dans Annales du Midi, 1959, pp. 5-20.

(132) En ce qui concerne la monnaie arnaudine, ayant cours dans la sénéchaussée d'Agenais, une ordonnance de Philippe VI du 22 juin 1331, fixa que 5 sous arnaudins équivalaient à 4 sous petits tournois (Arch. hist. de la Gironde, t. XXXIII, 1898, pp. 82-83). Un mémoire sur les monnaies anciennes fourni par l'abbé Sauvage, chanoine de Bazas (1734), est annexé au dossier des péages Arch. nat., H 2940.

(133) On prendra l'exemple de Saint-Nicolas de la Grave, dans tableau ci-joint, où le péage était de 10 deniers tolsans si le bateau avait 10 brasses et plus, et de 10 deniers tournois si le bateau avait moins de 10 brasses.

(134) La charge des bateaux était très variable ainsi que le montre le tarif d'Agen en 1331: 18 deniers arnaudins pour un bateau de plus de 20 tonneaux; 12 deniers pour une charge de 10 à 20 "cubelos"; 6 deniers au-dessous de 10 (HIGOUNET, Un compte de ferme, Annales du Midi, 1950, p. 352).

(135) Ph. LAUER, Fragments de comptes royaux des années 1289 et 1290, dans Bibl. École des Chartes, t. XCIV, 1933, pp. 317-327.

(136) Sur le tonneau et sa capacité, voir Y. RENOUARD, La capacité du tonneau bordelais au Moyen âge, dans Annales du Midi, 1953, pp. 395-403, et Recherches complémentaires sur la capacité du tonneau bordelais au Moyen âge, ibid., 1956, pp. 195-207. Le tonneau gascon avait une capacité d'au moins 750-800 litres, peut-être même 900; un tonneau valait deux pipes. Le transport de 1289 était donc de quelques 1 500 hl et a dû nécessiter un convoi de 10 à 20 bateaux.

(137) R. LATOUCHE, Un registre de P. Alègre, notaire à Castelsarrasin, 1303-1306, dans Annales du Midi, 1914, n° VII, pp. 84-85. Ce transport représentait environ 672 hl et le convoi devait être de 5 à. 10 gabarres. Le contrat fut passé le 15 décembre 1304, ce qui implique la descente du fleuve en hiver.

(138) On est à peine à une quinzaine d'années de distance et Castelsarrasin est à deux lieues seulement de la Pointe du confluent du Tarn et de la Garonne.

(139) Ci-dessus, note 134.

(140) Ch. V. LANGLOIS, Documents relatifs à l'Agenais, au Périgord et à la Saintonge, dans Bibl. École des Chartes, t. II, 1890, p. 304 (11 février 1282); MOULENQ et GALABERT, Documents, t. 1, pp. 112-121 (1178-1265).

(141) Ci-dessus, note 10.

(142) Ch. HIGOUNET, Reddite litteras portitori: un laissez-passer de péages gascon du XIIIe siècle, dans Annales du Midi, 1957, pp. 253-255.

(143) Bibl. nat., coll. Bréquigny, t. 22, p. 149 (vers 1320).

(144) Ibid., t. II, p. 183 (13 juin 1269); Rôles gascons, t. III, n° 2069 {6 janv. 1293).

(145) MARBOUTIN, Notices historiques, Rev. de l'Agenais, 1910, p. 525 (coutumes de Lafox, 1254).

(146) LAGRÈZE-FOSSAT, Études historiques, t. I, p. 332 (1197).

(147) MAGEN et THOLIN, Chartes d'Agen, n° XIII, pp. 17-18 (1221).

(148) ISAMBERT, JOURDAN, DECRUSY, Recueil général des anciennes lois françaises ... t. X, p. 226 (Charles VI accorde aux habitants de Marmande exemption de péages sur toutes les terres du roi de France, décembre 1414).

(149) Hist. gén. de Languedoc, éd. Privat, t. VIII, col. 504-505; R. LIMOUZIN-LAMOTHE, La commune de Toulouse et les sources de son histoire (1120-1249), Toulouse-Paris, 1932, n° LIII, pp. 361-364. Les autres actions menées entre 1202 et 1205 par les Toulousains contre les seigneurs ou habitants de Rabastens, de Villemur, de Saverdun, de Gaillac, n'intéressent pas les péages des rivières. Par contre, Bernard IV, comte de Comminges, confirma le privilège du péage d'eau et de terre de Muret (28 juillet 1202), et l'enquête sur les péages du Toulousain de 1205 consacra le péage sur la Garonne à Castelsarrasin (Limouzin-Lamothe, ibid., nos L et LVI, pp. 366-371).

(150) MAGEN et THOLIN, Chartes d'Agen, no XX, pp. 31-34, et no XXI, p. 34 (2 juin 1233). Voir GAUBAN, Histoire de La Réole, p. 527.

(151) Ibid., n° XXII, p. 35.

(152) Arch. hist. de la Gironde, t. X, 1868, n° 50, p. 98 (26 mai 1289); Rôles gascons, t. II, n° 1602 et 1673 (2 juin 1289).

(153) Correspondance administrative d'Alphonse de Poitiers, éd. A. Molinier, n° 1609 (28 mars 1270).

(154) Layettes du trésor des chartes, t. IV, éd. E. Berger, n° 5487, p. 325 (1268-1269).

(155) Cartulaire de l'église collégiale Saint-Seurin de Bordeaux, éd. A. Brutails, p. 359 (7 juillet 1277).

(156) ISAMBERT, Recueil général, t. II, p. 127 (juin 1338).

(157) Arch. hist. de la Gironde, t. XXXIII, 1898, pp. 101-103 (26 sept. 1339).

(158) M. GOURON, L'amirauté de Guienne, Paris, 1938, p. 95 (14 janvier 1456); P. Tucoo-CHALA, Contribution, pp. 104-105.

(159) ISAMBERT, Recueil général, t. XII, pp. 414.

(160) A. BRUTAILS, Une organisation régionale au XVIe siècle, dans Revue philomatique de Bordeaux, 1919, p. 120; J. BERNARD, dans Bordeaux de 1453 à 1715, Bordeaux, 1966 (Hist. de Bordeaux, t. IV), pp. 105-106.

(161) MAGEN et THOLIN, Chartes d'Agen, nos XIV et XVI, pp. 18-23.

(162) Ibid., n° XVIII, pp. 25-29.

(163) Voir TRABUT-CUSSAC, L'administration, pp. 314-315. Cette affaire, très vaste, dépassait la question proprement dite des péages de la Garonne et de ses affluents.

(164) GAUBAN, Hist. de La Réole; p. 166, indique les lettres d'Édouard III du 13 octobre 1357, enregistrées dans les Rôles gascons.

(165) TUCCO-CHALA, Contribution, p. 105.

(166) Voir, par exemple, la pression exercée par Bergerac sur la politique anglo-gasconne sur la Dordogne, dans J. BEAUROY, Vin et société à Bergerac, du Moyen âge aux temps modernes (Stanford french and italian studies, 4), 1976, pp. 208-225.

(167) ISAMBERT, Recueil général, t. XI, p. 373.

(168) BEAUROY, ibid., pp. 224-225.

(169) Ch. HIGOUNET, Saint-Nicolas et la Garonne, dans Annales du Midi, 1976, pp. 375-382.

(170) Le fermier du péage de Marmande, Jean le Valet, était bien conscient de la relation entre le développement de la navigation des vins et les profits des péages, quand il recommandait à Alphonse de Poitiers dès 1269 l'ouverture de la paissière de Penne in utilitatem patrie et pedagii nostri de Marmanda (Correspondance administrative, éd. A. Molinier, n° 1545. 10 sept. 1269).

(171) Ch. HIGOUNET, L'arrière-pays de Bordeaux au XIIIe siècle; esquisse cartographique, dans Revue historique de Bordeaux, 1955, p. 209, et Bordeaux sous les rois d'Angleterre, p. 246.



Charles Higounet

Géographie des péages de la Garonne et de ses affluents au Moyen Âge


Higounet Charles. Géographie des péages de la Garonne et de ses affluents au Moyen Âge. In: Journal des savants. 1978, N° pp. 105-130.