Réseaux de familles au XIe siècle autour de Pommevic

par Régis de la Haye

Bulletin de la Société Archéologique et Historique de Tarn-et-Garonne, t. cxxx, 2005.

La généalogie, au Moyen Âge, est une question de prénoms. Ce n’est que vers l’époque moderne (et encore la situation est-elle très différente selon les régions d’Europe) que les patronymes, les surnoms ou les noms de provenance deviennent de véritables noms de famille. En fait, il est inexact de parler de « prénoms », puisque les noms de famille n’existent pas encore ; en réalité il faudrait parler de « noms de baptême ». Si nous parlons de « prénoms », c’est simplement pour nous conformer à l’usage moderne.

Dans ces conditions, il est très difficile, voire périlleux, en plein Moyen Âge, d’établir des généalogies fiables, puisqu’il n’y a encore ni transmission patronymique ou tradition héraldique, ni registres paroissiaux ou État Civil. Les noms de famille dans le sens moderne n’existant pas encore, on peut tout au plus parler de noms de provenance, de noms de biens ou de noms de lignage. Cela veut dire que le frère de Guillaume de La Devèze peut très bien s’appeler Seguin de Lavolvène, et que le même Guillaume de La Dévèze, dans un autre texte, peut très bien porter un tout autre nom. Voilà un phénomène que les généalogistes connaissent bien, puisque d’actualité selon les régions jusqu’à l’époque moderne, mais qu’il nous a paru utile de préciser au début de cette étude.

On ne peut donc se fier qu’aux règles non écrites de la transmission des prénoms de père en fils, de grand-père à petit-fils, de grand-mère à fille ou petite-fille, obligeant les parents à puiser, pour donner des noms à leurs enfants, dans un stock anthroponymique limité, propre à la famille, selon un système traditionnel d’attribution non écrit mais bien codifié. Ainsi, chaque famille a des prénoms qui lui sont propres, transmis fidèlement de génération en génération, si fidèlement qu’ils peuvent devenir des identificateurs, des marqueurs familiaux, – et pour le généalogiste d’aujourd’hui de précieux témoins de l’appartenance du porteur d’un prénom à telle ou telle famille. Si un nouveau prénom apparaît dans une famille, il s’agit presque obligatoirement d’un prénom venant d’une autre famille, le plus souvent d’un grand-père maternel dont le prénom est donné à un petit-fils. Une fois introduit dans une famille, ce prénom se transmettra ensuite au sein de cette famille, quitte à devenir lui-même un « prénom marqueur » pour cette famille. Les lois de la transmission des prénoms constituent ainsi l’un des premiers et des plus importants outils de recherche des généalogistes, et ce jusqu’à l’époque moderne.

Les actes de l’abbaye de Moissac nous permettent de dresser quelques généalogies solides, et surtout de démontrer qu’il existe de véritables réseaux familiaux, d’étroites relations de parenté entre les familles importantes de la région, donatrices de l’abbaye.(1) Intérêt supplémentaire: l’une de ces familles est probablement celle du moine constructeur du cloître de Moissac.(2)

LES QUARTS DE L’ÉGLISE DE POMMEVIC

En 1052, Bernard et son frère Guillaume de La Devèze (de Doeza) donnent à l’abbaye de Moissac la moitié de l’église Saint-Denis de Pommevic (Primus Vicus), cependant que Seguin de Lavolvène (de Illo Volveno) fait don du quart de la même église.(3) Il s’agit de toute évidence d’une église possédée par des laïcs (« Eigenkirche »), phénomène habituel à l’époque et auquel la Réforme Grégorienne arrivera progressivement à mettre fin. Nous connaissons donc les propriétaires des trois quarts de l’église de Pommevic. Les deux premiers cités, Bernard et Guillaume de La Devèze, sont frères. Possédant ensemble la moitié de l’église, ils en possèdent probablement chacun un quart. Seguin de Lavolvène possède également un quart. Il est donc vraisemblablement le frère des deux premiers cités ; l’acte ne le dit pas, mais cela paraît logique. Il doit donc y avoir une autre personne possédant le quart manquant, probablement un quatrième frère, sinon un membre de la famille toute proche.

Les signataires de l’acte sont d’abord les donateurs eux-mêmes: les frères Bernard et Guillaume, et Seguin de Lavolvène ; puis figurent les signatures de Guillaume Arnaud, de Dinbert d’Esmes, de Bernard Rainon, et de Seguin et d’Ainard de Lalande. Nous verrons dans la suite de cette étude que voilà réunis en un seul acte les représentants des quatre plus importantes familles de la région, qui sont en plus apparentées.

Dans une notice établie vers 1050/1060 sur les donations faites à l’abbaye de Moissac dans la paroisse de Pommevic, il est précisé que Bernard de La Devèze et tous ses frères (il en avait donc plusieurs) ont donné à l’abbaye de Moissac la totalité de l’alleu qu’ils possèdent dans la paroisse de Pommevic, que Seguin de Lavolvène a donné la moitié de son alleu dans la paroisse de Pommevic, exception faite des biens de Reisag (ce lieu-dit sera identifié ci-dessous) et de Lalande, que Seguin de Cornac (Seguinus Corna) a donné l’alleu de Cornac, et que ce même Seguin et son frère Guillaume ont confirmé le don de cet alleu et du bois adjacent de Baissaguniz.(4) Pour ne pas perdre le fil, le lecteur consultera le schéma généalogique à la fin de l’analyse de chaque famille, ainsi que la carte à la fin de cet article. Nous connaissons déjà Bernard et Seguin de Lavolvène ; ici apparaissent dans le même contexte géographique un autre Seguin et un autre

Guillaume, deux frères. Il paraît probable, puisqu’il y a identité de prénoms (Seguin, Guillaume), qu’il y a également une relation généalogique, plus précisément que Seguin et Guillaume sont cousins. Dans ce cas, leurs pères seraient frères, et les cousins Seguin et Guillaume auraient eu à la fin du xe siècle un grand-père commun, appelé Seguin ou Guillaume. Nous verrons dans la suite de cette étude que le prénom Seguin est un « prénom marqueur » de la famille Lalande, et que le prénom de Guillaume vient probablement de la famille d’Esmes. Les prénoms donnés à ces frères et cousins indiqueraient alors une ascendance Lalande et Esmes.

Nous ne saurons probablement jamais qui sont leurs mères et leurs grandsmères, car les actes du XIe siècle sont particulièrement avares de noms de mères, d’épouses et de sœurs. Pourtant, c’est aussi par les femmes que s’établissent les relations familiales, et que les biens passent d’une famille à l’autre. Quand, un mois de septembre sous l’abbatiat d’Hunaud (1072-1085), Seguin Raimond de Castels (Siguinus Raimundi cognominato de Cassels), avec l’accord de son épouse et des frères de celle-ci, Guillaume Gausbert et Bernard Gausbert, donne à l’abbaye de Moissac l’église de Saint-Mamet, il est précisé que Seguin a reçu ce bien à l’occasion de son mariage.(5) Seguin Raimond, à en juger d’après son prénom et son patronyme, est un vrai « Lalande » ; le bien qu’il donne ne l’est pas. Par les femmes, ce ne sont pas seulement les biens, mais aussi les prénoms qui passent d’une famille à l’autre. Le lieu-dit Castels est à mon avis à situer dans le « fief » des Lalande, au lieu-dit Castels au nord de Valence d’Agen, dominant la vallée de la Garonne et le confluent de la Barguelonne.(6) Comme le montrent les toponymes mentionnés (Pommevic, Lalande, Esmes, Cornac, Lavolvène), les familles citées dans ces deux actes sont à situer dans la région de Pommevic et dans la vallée de la Barguelonne.(7) Le toponyme La Devèze est trop général pour pouvoir être localisé avec précision : le mot occitan devesa désigne un pâturage interdit, une réserve ou terrain réservé.

Les biens de Reisag et de Lalande, que Seguin de Lavolvène exclut de sa donation, nous les retrouvons une bonne génération plus tard entre les mains d’un autre Seguin de Lavolvène. En 1128, Seguin de Lavolvène (appelons-le: Seguin de Lavolvène junior) et son frère Raimond vendent à l’abbaye de Moissac leurs biens « in villa de Pomerio Vico et in Raxaquo et in Landes », c’est-àdire successivement à Pommevic, au lieu appelé plus haut Reisag, ici : Raxaquo, et à Lalande.(8) Nous proposons de situer le lieu-dit Reisag ou Raxaquo à La Razère, à 2 km de Pommevic, entre Pommevic et Lalande, donc au cœur du « fief » de la famille Lalande. Le toponyme s’expliquerait par les verbes occitans rescaçar (empierrer la berge d’une rivière), d’où rascaç ou rescaça (chaussée de pierres, empierrement), dans le Quercy rescaçada (chaussée, empierrement). Rappelons que La Razère est aussi le nom du cours d’eau passant à La Razère. Seguin de Lavolvène junior est probablement un fils ou un petit-fils de Seguin de Lavolvène, donateur du quart de l’église de Pommevic en 1052.

Le samedi 2 novembre 1135, Seguin de Lavolvène donne à l’abbaye de Moissac tous ses biens, en particulier l’honneur de Lavolvène. Bernard, son avunculus, figure parmi les signataires de l’acte.(9) Un avunculus, en latin médiéval, est un oncle paternel ou un cousin. De quel Bernard s’agit-il? Cela n’est pas clair.

S’il s’agit de Bernard, donateur du quart de Pommevic en 1052, il y a une différence de plus de deux générations entre cette personne et Seguin de Lavolvène junior. En 1128, comme nous l’avons vu ci-dessus, Seguin de Lavolvène fait des dons à l’abbaye de Moissac, dons que doivent approuver son frère absent, ses sœurs, ses neveux, et son parent (consanguineus) Guillaume de Narces. Nous allons retrouver ce dernier en rapport avec la famille de Guillaume Arnaud de Moirax.

Concluons : en considérant (hypothèse de travail) les donateurs de Pommevic comme trois frères, donc en considérant Seguin de Lavolvène comme le frère de Bernard et Guillaume de La Devèze, et en tenant compte des données fournies par les autres actes, en supposant que Raimond, frère de Seguin de Lavolvène junior, a reçu son prénom d’un de ses grands-pères, probablement un Raimond de Lalande, nous pouvons dresser le schéma généalogique suivant :

Les donateurs de Pommevic

Les donateurs de Pommevic

Les cousins de Lalande (prénoms marqueurs: Raimond, Seguin) Voyons donc d’abord la famille de Lalande. En occitan, une landa est une lande ou une friche, une grande étendue de pays. C’est donc un terme général, mais l’identification du lieu-dit ne pose aucun problème: il s’agit du lieu-dit Lalande, à 3 km au nord-ouest de Pommevic, dans la vallée de la Barguelonne.

Les « prénoms marqueurs » dans cette famille sont Raimond et Seguin.

L’ancêtre de cette famille est Raimond Seguin de Lalande (Raimundus Sequin de Lalande), qui vers 1030 donne à l’abbaye de Moissac l’alleu de Moncessou avec l’église Saint-Pierre, avec l’accord de ses fils Raimond, Seguin et Guillaume et de sa fille Beliardis.(10) L’un de ses fils, Seguin de Lalande, est selon toute vraisemblance celui qui signe l’acte de donation des trois quarts de l’église de Pommevic, en 1052. Les témoins présents à la passation de l’acte de donation de Moncessou sont des personnalités de la région proche : Dignebert de Sainte-Thècle, Hugues de Nazac et Raimond de Colonges.(11)

En 1103, Raimond Seguin et son frère Seguin, avec leur mère Rengis et son mari Calvet de Favols, d’un côté, et leurs cousins Seguin de Lalande et son frère Hispaniolus,(12) de l’autre côté, chacun pour moitié, donnent à l’abbaye de Moissac l’église de Saint-Michel des Arènes,(13) au diocèse de Lectoure, juxta famosissimum flumen Garonn sita (« située vers le très fameux fleuve de la Garonne »)? S’ils sont dits cousins, ils ont sûrement eu pour grand-père commun Raimond Seguin de Lalande. Guillaume et son fils Seguin d’Esmes sont témoins lors de la passation de cet acte. Leur présence ne relève certainement pas du hasard : ils doivent être des membres de la famille. En effet, comme nous le verrons ci-dessous, Guillaume est un « prénom marqueur » de la famille d’Esmes. Si ce nom apparaît dans la famille Lalande, il pourrait venir des Esmes.

Seguin de Lalande figure encore comme signataire le 28 juillet 1125 lors de la donation par Arnaud de Brimont de la moitié de l’église de Saint-Michel du Pin.(14) Est-il en famille?

Les données des actes de 1030 et 1103 nous permettent d’établir la généalogie suivante :

Famille de Lalande

Famille de Lalande

La famille d’Esmes (prénoms marqueurs: Dignebert, Hugues, Guillaume)

Il est donc urgent maintenant d’étudier la famille d’Esmes ou de Sainte-Thècle (Oxima, Oisma, Usma, de Sancta Tecla), autre grande famille de la région, ayant également des liens privilégiés avec l’abbaye de Moissac. Elle est établie à Sainte-Thècle et à Esmes,(15) deux hauteurs stratégiques, et remonte au moins au xe siècle. Le prénom le plus typique dans cette famille, revenant à chaque génération, prénom en outre assez rare pour ne pas être remarquable, est Dignebert (Diabert, Deibert, Dimbert).(16) Dans les années 1030/1040, Hugues, archiclave de l’abbaye de Moissac, fait don à son monastère, en accord avec son neveu Deibert d’Esmes, de l’alleu de Til, pour le repos de l’âme de son frère Dimbert et de Hugues, son neveu.(17) Le mot occitan tilh signifiant tout simplement « tilleul », ce qui ne nous avance pas vraiment, l’alleu est donc difficile à localiser : il s’agit probablement de Plan del Thil, lieu-dit sur la commune de Montesquieu, situé à côté du Bois de Roques et de Saint-Christophe. Deibert d’Esmes est peut-être à identifier avec Dignebert de Sainte-Thècle, qui assiste vers 1030 à la donation par Raimond Seguin de Lalande de l’église de Moncessou. Dinbert d’Esmes souscrit en 1052 l’acte de donation de l’église de Pommevic. Il doit toujours s’agir de la même personne.

En 1097, Guillaume d’Esmes confirme la donation faite par son père Humbert (connaissant la mauvaise qualité des copies de Doat, il faut certainement lire « Dignebert » ou « Dimbert »), de quelques barrages de pêche.(18) Dans l’acte sont mentionnés son épouse Domnucia et son fils Seguin, cependant que Raimond Bernard de Gandalou souscrit. Bien que cette famille ait déjà un Seguin à la fin du Xe siècle, il n’est pas impossible que le prénom Seguin vienne de la famille de Lalande.

Toutes ces données nous permettent de proposer la généalogie suivante :

Famille d’Esmes

Famille d'Esmes

En remontant plus avant dans le temps, nous lisons dans un acte moissagais de novembre 954/985 (« sous le règne du roi Lothaire ») que les frères Seguin, Hugues, Guillaume et Dignebert donnent à l’abbaye de Moissac le bien de Monsalvi, en Agenais.(19) Dans un autre acte, dressé un dimanche de décembre sous le règne du roi Lothaire (954/985), Seguin, fils de Dimbert et de Bertana, époux d’Ermesendis, fille d’Étienne et de Richeldis, fait oblation de son fils Diabert, et donne des biens à Saint-Christophe.(20) L’expérience diplomatique nous apprenant que les actes à dater dans une large fourchette sont généralement de la date la plus récente, nous plaçons ces donations vers 980. Le couple des parents, Dignebert et Berthe, donne en septembre 933 à l’abbaye de Moissac des biens à Chauffour et l’église Saint-Christophe.(21) Les frères Seguin, Hugues, Guillaume et Dignebert seraient donc les fils de Dignebert et de Berthe (Bertana). En supposant ensuite que le dernier nommé Seguin, fils de Dimbert et de Bertana, est identique au donateur du premier acte, nous obtenons le schéma généalogique suivant :

Famille d'Esmes

Est-il possible de combiner les deux généalogies ? De toute évidence, il s’agit de la même famille, mais il manquerait une génération autour de l’an Mil. L’homonymie de tous ces Dignebert de père en fils ne permet guère d’y voir clair.

Dignebert, père de l’archiclave Hugues, est probablement le fils d’un des fils de Dignebert et Berthe. Ceux-ci seraient donc ses grands-parents, ce qui correspondrait mieux à la règle bien connue des généalogistes qui comptent trois générations par siècle.

Les familles Arnaud Guillaume (prénoms marqueurs: Guillaume, Arnaud) Branche de La Pradelle

Nous avons déjà rencontré les prénoms Guillaume et Arnaud. On les retrouve avec une grande fréquence dans une famille intéressante, mais très étendue, ce qui ne facilite pas le démêlage de l’écheveau généalogique. Une première branche de cette famille, immédiatement en rapport avec les donateurs de l’église de Pommevic, est celle de La Pradelle. Le mot occitan pradèla vient de prat, et signifie tout simplement « petite prairie ». C’est donc un toponyme très courant, et plusieurs lieux-dits dans notre région sont susceptibles d’être le berceau de cette famille. On n’a que l’embarras du choix. Si La Prade, à 1,250 km au nord de Sainte-Thècle, non loin de la Barguelonne, paraît excentrée par rapport au « fief » des Pradelle, trois lieux-dits sur la rive gauche de la Garonne paraissent plus probables : Pradelle, que la carte de Cassini situe à 0,8 km au sud-ouest de Donzac, La Prade, située par la carte de Cassini à 1 km au nord-ouest des Arènes, et Pradal, lieu-dit sur une île de la Garonne entre Castelsarrasin et Saint-Nicolas. C’est dans la famille de la Pradelle que nous allons retrouver la moitié du quart manquant de l’église de Pommevic.

Nous avons vu qu’en 1052, les trois quarts de cette église sont donnés à l’abbaye de Moissac. Mais qui possédait donc le quart manquant? Il faut attendre toute une génération, pour voir apparaître dans nos textes la huitième part de l’église de Pommevic. Il appartient alors à Arnaud Guillaume de La Pradelle (Arnadus Willelmus dictus de Pradella), qui en fait don à Moissac en 1097, en accord avec ses frères Guillaume, Hugues et Pons. Avec l’assentiment de sa femme Arsendis, il se fait moine, et règle également l’oblation de son fils Arnaud. Nous pensons que ce fils, offert par son père à l’abbaye de Moissac, pourrait être Y ope rarius de l’abbaye, le moine-constructeur du cloître de Moissac. Nous ne pouvons que renvoyer à notre étude sur ce sujet.(22) L’acte est dressé en présence de Guillaume et Dinbert d’Esmes, « seigneurs » d’Arnaud Guillaume de La Pradelle. Nous revenons sur ce terme ; il est trop intéressant. Sont également témoins Seguin Raimond, et Seguin de Lalande, son cousin (Siguini consobrini sui de illa Landa).(23) Que Seguin de Lalande soit bien son cousin nous est confirmé du fait qu’Arnaud Guillaume donne à deux de ses fils les prénoms de Raimond et de Seguin, « prénoms marqueurs » de la famille de Lalande. Nous connaissons encore les prénoms des frères d’Arnaud Guillaume de La Pradelle par un acte de 1102, par lequel Guillaume, Pons et Hugues de La Pradelle donnent à l’abbaye de Moissac la moitié de la dîme de Bayne, avec l’accord de leurs neveux, fils d’Arnaud, leur frère.(24) Dans les souscriptions, les neveux sont cités après leurs oncles: Seguin, Bernard et Raimond. Arnaud Guillaume n’est plus cité; c’est logique, car il est désormais moine à l’abbaye de Moissac. Le grandpère commun d’Arnaud Guillaume de La Pradelle et de Seguin de Lalande pourrait donc être Raimond Seguin de Lalande, donateur en 1030 de l’église de Moncessou. Le père des dits frères était probablement marié à une fille de Raimond Seguin de Lalande. En tout cas, la possession d’une part de l’église de Pommevic, et les prénoms donnés prouvent que les familles Pradelle et Lalande sont étroitement apparentées.

Le lecteur attentif aura remarqué que nous avons mis ci-dessus le mot seigneurs entre guillemets. En effet, le mot senior, en latin médiéval, ne signifie pas seulement ‘seigneur’, mais aussi, au pluriel, ‘aïeuls’, ‘parents et grands-parents’, voire, au singulier, ‘mari’, ‘époux’ou ‘beau-père’. Le mot peut donc très bien indiquer une relation familiale. Dans ce cas, le prénom de Guillaume serait venu dans la famille de La Pradelle par les Esmes.

Comme nous l’avons fait pour la famille de Lalande, les actes en notre possession nous permettent d’établir la généalogie suivante :

Famille Arnaud Guillaume, branche de La Pradelle.

Famille Arnaud Guillaume, branche de La Pradelle

Parmi les prénoms des Pradelle, nous remarquons deux « prénoms marqueurs » de la famille De Lalande : Raimon et Seguin, et deux « prénoms marqueurs » de la famille Esmes : Guillaume et Hugues. Le prénom de Bernard, celui d’un des donateurs de l’église de Pommevic en 1052, ne peut venir que de la famille de Gandalou, que nous étudierons ci-dessous.

Branche de Moirax et Layrac En 1059, un nommé Guillaume Arnaud, avec son fils Pierre, donne à l’abbaye de Cluny l’église de Moirax, l’église d’Albar, le quart de l’église Saint-Martin de Layrac, une part de Salenis, la moitié de l’église de Kirs (s’agit-il de l’église Saint-Gervais de Cirsols, donnée en 1062 par Hunaud lors de sa conversion, dont la situation est inconnue ?), puis tout ce qu’il possède entre Gers et Garonne, l’église d’Amans, le port d’Agen, l’église de Launianum, la villa de Sainte-Colombe(25) et la terre de Karrils avec la terre Desluc, et enfin l’église de Saint-Luperque au diocèse de Bazas. Anne, mère de Pierre, approuve et signe l’acte.

Ces biens appartiennent à son père Arnaud, certains également au fils de celuici, Garsias.(26) Guillaume, comte de Poitiers et duc d’Aquitaine, figure parmi les signataires. Rien d’étonnant à cela, car il est tout simplement en famille, étant un cousin par alliance de l’abbé moissagais Hunaud.(27) En 1062, Garsia Arnaud dit « Gaillard » (Guarsia Arnal cognomento Gualiar) signe l’acte de conversion d’Hunaud de Layrac, le futur abbé de Moissac.(28) Or, Hunaud devenant en 1072 abbé de Moissac, la généalogie de sa famille nous intéresse particulièrement. Et nous constatons, une fois de plus, que l’abbaye recrute parmi les plus grandes familles de la région. En 1076, Garsias Arnaud dit « Dembrus »(29) (Garsias Arnaudus vocitatus Dembrus) – est-ce le même? – donne à Moissac l’église de Saint-Martin de Christinac et quelques autres biens.(30) La branche de MoiraxLayrac de la famille Arnaud Guillaume est donc une famille importante, qui possède plusieurs biens sur la rive gauche de la Garonne. Selon Robert-Henri Bautier, Guillaume Arnaud de Moirax serait le fils d’Arnaud II, vicomte de Lomagne, et donc proche parent des vicomtes de Brulhois, famille étudiée par cet auteur, et oncle d’Hunaud de Layrac, abbé de Moissac de 1072 à 1085.(11)

Mais bientôt s’élèvent des conflits à propos de Moirax. Un acte du cartulaire de Cluny du 8 août 1115 nous en rappelle l’histoire. L’église Sainte-Marie de Moirax avait été donnée en son temps, dit le texte, par Guillaume Arnaud de Moirax (Willelmus Arnaldi de Moyriaco), de bonne mémoire (il est donc décédé avant le 8 août 1115), qui à cette occasion était entré dans les ordres et avait offert son fils Pierre comme oblat à Cluny ; celui-ci était même devenu prieur de Moirax. Mais un membre de sa famille, Raimond Bernard de Durfort, fils d’Arsendis dite « Passercula » (diminutif féminin du latin passer, donc ‘moineau femelle’, en occitan passerat, qui donne aussi passerata, terme hypocoristique pour désigner une jeune fille), sœur dudit Pierre, fit des difficultés et revendiqua une partie des biens. Après avoir d’abord confirmé la donation des biens, il réclama la moitié de la terre de Fangosa. Alité à Lectoure en raison d’une blessure, il demanda à son oncle Pierre de lui pardonner, en présence de Vivien, vicomte de Lomagne. Mais après la mort de Guillaume Arnaud, c’est Guillaume Bernard de Narces qui revint à l’attaque, et Pierre fut obligé de lui céder la moitié des villages de Sainte-Colombe et de Loniacum ; en plus, il donna des vignes à Albar. Ensuite, ce fut au tour de Pierre, vicomte de Gabarret, fils de Pierre, parent (consanguineus) de Pierre, fils du donateur, de venir contester les droits de Cluny. Il revendiqua la moitié de la paroisse d’Esquirs, 32 et la terre de Fresonia.(33)

Nous n’avons pu identifier tous les biens de cette famille, mais il semble évident qu’ils se situent tous sur la rive gauche de la Garonne, du Gers à l’Arrats.

Famille Arnaud Guillaume, branche de Moirax-Layrac

Famille Arnaud Guillaume, branche de Moirax-Layrac

Branche de Brimont

Une autre branche de cette famille apparaît également en 1059, autour de Brimont, une hauteur à 5 km au sud-ouest de Moirax. Un dimanche de juin de cette année, à l’initiative de Guillaume Arnaud de Brimont(34) (Guillelmus Arnaldi de Brunomont), Donat et ses neveux Arnaud de La Barthe, un autre Arnaud « fils de l’abbé », un troisième Arnaud, et Bernard, ces deux derniers fils de Garsias, donnent à l’abbaye de Moissac l’église de Sainte-Geneviève, au diocèse de Lectoure.(35) En 1076, Guillaume Arnaud de Brimont (Vuillelmus Arnaldus de Brunomonte) et son épouse Bella, avec leurs fils Arnaud, Sance, Raimond et Guillaume, donnent à l’abbaye de Moissac, à l’instigation du moine Garsia (ferait-il partie de la famille?), la moitié de l’église Saint-Michel en Agenais.

Arnaud donne en plus une condamine sise vers la Garonne, sur le côté sud de ladite église (ad meridianem plagam).(36)Cette église se situant au bord de la Garonne, il ne peut s’agir de Saint-Michel d’Ursaud, dans la vallée de La Barguelonne, comme nous l’avons supposé dans une publication antérieure.(37) Nous pensons plutôt à l’église de Donzac, dont l’ancien titulaire était précisément Saint-Michel.(38) L’autre moitié de la dite église est donnée au même moment par les frères Aspermont et Katurcinus. Ces deux frères seraient-ils cousins? Ou plutôt frères ?

Une bonne génération plus tard, le 28 juillet 1125, Arnaud de Brimont (Arnaldus de Brinamont), que je suppose être le fils de Guillaume Arnaud de Brimont et son épouse Armesendis, donnent aux abbayes de Moissac et de Cluny la moitié de l’église de Saint-Michel du Pin. Bernard de Pommevic et Seguin de Lalande sont témoins lors de la passation de l’acte, ce qui prouve qu’il existe des liens entre cette famille et les Pradelle et les Lalande.(39) On remarque les liens très étroits de cette famille avec la Lomagne. Nous pouvons pour le moment dresser la généalogie suivante :

Famille Arnaud Guillaume, branche de Brimont

Famille Arnaud Guillaume, branche de Brimont

Branche d’Auriol (Lomagne) Pour tout compliquer et désespérer le généalogiste, les actes de Moissac nous font connaître encore une autre branche de la famille Arnaud Guillaume, également aux « prénoms marqueurs » Guillaume et Arnaud, implantée sur la rive gauche de la Garonne et en Lomagne. En août 1082, Bernard Guillaume d’Auriol(40) (Bernardus Guillelmus cognomento de Arriols) et son épouse donnent à l’abbaye de Moissac le quart de l’église Saint-Cirice de Cumont,(41) avec l’accord de leurs fils Guillaume, Arnaud et Raimond. En même temps, Charles et Agenon donnent la moitié de la même église, avec l’accord d’Agenon et son fils Raimond, cependant que Raimond Bernard de Fenils, avec l’accord de son épouse, donne le dernier quart.(42) Ce Raimond Bernard de Fenils est probablement à localiser à Sérignac, au lieu-dit Les Granges ou au lieu-dit Féniès, le mot occitan fenil signifiant « grange à foins ». S’agit-il de quatre frères, possédant chacun un quart de cette église? Cela paraît fort probable. Les prénoms portés par les enfants donnent à penser que le père des quatre frères pourrait s’appeler Raimond. Cela donne la généalogie suivante :

(40). L’église de Lauriol ou Auriol, aujourd’hui démolie, se trouvait au bord de la Garonne, à l’est d’Auvillar: cf. ADTG, G 605. Moulencq, Documents, t. 3, p. 389, la situe entre Auvillar et Merles. Voir la notice dans: Apogée, p. 209-210. Voir aussi: André Dupuy, Dictionnaire des communes, anciennes communes ou paroisses, seigneuries et terroirs de Lomagne (Lavit s.d.), p. 15-16. La carte de Cassini situe « Lauriole » sur la rive droite de la Garonne, à 1,5 km à l’ouest de Malause. On l’attendait sur la rive gauche. Les caprices des méandres de la Garonne ont dû jouer des tours. Ainsi, le lieu-dit Camparole, situé tout près, se trouve aujourd’hui sur la rive droite, tandis que la carte de Cassini le situe encore sur la rive gauche.
(41). Cumont (Tarn-et-Garonne, arr. Castelsarrasin, canton Beaumont-de-Lomagne), église Saint-Cyr (Cirice) et Sainte-Juliette. Sur Cumont, voir: Dupuy, Dictionnaire, p. 54-55.
(42). Doat 128, f. 167r-169v.

Famille Arnaud Guillaume, branche d’Auriol-Lomagne

Famille Arnaud Guillaume, branche d'Auriol-Lomagne

La famille de Gandalou (prénoms marqueurs: Raimond — Bernard — Rainon) Nous avons déjà remarqué plusieurs fois, notamment chez les Pradelle, la présence de personnes portant les prénoms Raimond et Bernard. Ce sont des « prénoms marqueurs » de la famille de Gandalou. Voyons maintenant ce que l’on sait de cette famille.

Parmi les signataires de l’acte de donation de Pommevic de 1052 figure un certain Bernard Rainon. Il appartient à une famille possédant des biens autour de Castelsarrasin et entre Castelsarrasin et Moissac. Son fils Bernard Raimond de Gandalou (Bernardus Ramonis de Gwandalorum Castro) est de toute évidence une personnalité importante dans la région: le 9 juin 1063, il signe l’acte par lequel Gausbert de Gourdon, abbé séculier, remet au comte de Toulouse la defensio de l’abbaye de Moissac, événement qui réunissait autour du comte de Toulouse les personnages les plus importants de la région.(43) Un mardi d’août entre 1083 et 1085 est établi un accord entre Raimond Bernard, Arnaud, Guilhem, Gérald et Odon, frères, d’une part, et l’abbaye de Moissac, d’autre part, à propos de la terre de Botirans et de Serre.(44) Le nommé Gérald est certainement identique à Géraud de Sainte-Marie de l’Herm (= d’Alem) (Geraldus dictus de Sancta Maria de Erma), le « propriétaire » des deux tiers de l’église de NotreDame d’Alem, dont il fait don en 1108/1115 à l’abbaye de Moissac.(45) En 1109, il possède encore des biens à Garnouillac, au nord de Castelsarrasin.(46) Selon un autre acte de donation, de 1110/1120, Odon de Glatens et Coton, son frère, Arnaud de Varazag et Raimond son frère, qui donnent à Moissac le tiers restant de Notre-Dame d’Alem, sont ses cousins.(47) Arnaud de Varazag a un fils Raimond, cité en 1115/1120 dans le cadre d’une donation de biens par Raimond Bernard de Gandalou.(48) Le père d’Arnaud et de Raimond pourrait donc s’appeler Raimond.

Le 1er août 1105, Raimond Bernard de Gandalou, fils de Bernard Rainon, restitue à Moissac la terre d’Escatalens, tenue par son père Bernard Rainon.

Dans cet acte, il est précisé que Raimond Bernard a un frère Guillaume Bernard, absent pour cause de « pélerinage » à Jérusalem; il s’agit bien entendu de la Première Croisade.(49) Il figure également comme témoin dans l’acte d’une donation faite en 1097 par Guillaume d’Esmes.(50) En 1109, Raimond Bernard vend au monastère de Moissac la terre de Garnouillac.(51) Vers 1110/1115, Raimond Bernard et Rainald de Gandalou donnent à l’abbaye de Moissac plusieurs biens situés autour de Gandalou.(52) Dans le même texte nous lisons que vers 1110/1114, Raimond Bernard engage un bien pour la sépulture de son frère Guillaume Bernard, le croisé. Raimond Bernard de Gandalou meurt en 1114. Le 14 août de cette année, Raimonde, sa femme, et ses fils Odon, Raimond, Rainald et Ricard donnent à Moissac l’église de Saint-Germain, au sud de Castelsarrasin ; en échange, les moines promettent de donner aux membres de la famille une sépulture à Moissac.(53) Nous voyons apparaître ici le prénom Odon. Or, Arnaud et Odon sont au Xe et au XIe siècle des « prénoms marqueurs » de la famille des vicomtes de Lomagne. Vu l’importance de la famille de Gandalou, une union entre ces deux familles paraît très probable.

En 1126, Rainald de Gandalou, sentant ses forces faiblir, avec l’accord de son « seigneur » Raimond Bernard et de ses fils Raimond et Hugues, donne à l’abbaye de Moissac, entre les mains d’Arnaud Guillaume, « ouvrier » de l’abbaye, certains biens, en échange de quoi Arnaud Guillaume lui fournira le gîte et le couvert jusqu’à sa mort. Après sa mort, les deux fils contestent la donation, mais parviennent finalement à un accord avec l’abbaye.(54) Nous obtenons le schéma généalogique suivant :

Famille de Gandalou

Famille de Gandalou

Parmi les frères de Raimond Bernard de Gandalou, nous remarquons un Arnaud et un Guillaume. Ces deux prénoms ont toutes les chances de venir soit de la famille de La Pradelle, soit de la branche de Moirax, et, plus loin, des vicomtes de Lomagne. Les relations des Gandalou avec les Pradelle expliquent aussi la présence de Bernard Rainon à la donation de l’église de Pommevic en 1052. Inversement, nous avons remarqué parmi les enfants d’Arnaud Guillaume de La Pradelle, possesseur en 1097 d’un huitième de l’église de Pommevic, un fils Bernard ; ce prénom pourrait bien venir de la famille de Gandalou.

La famille de Gandalou possède des biens dans les plaines entre Moissac et Castelsarrasin, et au sud de Castelsarrasin, mais il y a de bonnes raisons de croire qu’elle est originaire d’Escatalens. Comme nous l’avons déjà signalé, Raimond Bernard restitue en 1105 à Moissac des biens situés à Escatalens. Un demi-siècle plus tôt, selon un acte du 3 septembre 954, un nommé Raino possède des biens à Escatalens.(55) On remarque enfin les nombreuses relations d’affaires que la famille de Gandalou entretient avec Arnaud Guillaume, « ouvrier » de l’abbaye de Moissac et constructeur du cloître, « obédiencier » de la paroisse de Gandalou, déjà analysées dans ma précédente publication.(56) Les relations d’affaires étant souvent, en cette période, déterminées par des relations familiales, il est permis, vu la fréquence des relations entre ces familles, de se demander si le moine Arnaud Guillaume n’était pas un lointain cousin des Gandalou. Il paraît clair en tout cas qu’il était apparenté aux grandes familles de la région, les Pradelle, les Lalande et les Esmes.

La famille de Gandalou ne disparaît pas de l’histoire, bien au contraire. Le 20 avril 1197, un Ramun Bernard de Gandalor signe deux accords conclus entre Raimond VI, comte de Toulouse, et les habitants de Moissac, et une génération plus tard, en avril 1225, Raimond Bernard de Gandalou est cité comme membre du Conseil de la ville de Moissac, acte qui porte le premier sceau de la ville.(57)

UNE GÉOGRAPHIE FAMILIALE

Géographie familiale

(1). Axel Müssigbrod, Die Abtei Moissac 1050-1150. Zu einem Zentrum Cluniacensischen Monchtums in Südwestfrankreich (Munster 1988 = Münstersche Mittelalter-Schriften, Band 58), p. 162-189, donne quelques généalogies de ces familles nobles autour de Moissac, mais son travail (incomplet) aurait mérité d’être approfondi. Plus grave, l’auteur n’a pas vu les liens de parenté entre ces familles, ni leur implantation géographique.
(2). Régis de la Haye, Arnaud Guillaume, constructeur du cloître de Moissac, in: BSATG 120 (1995), p. 27-35.
(3). Paris, BN, collection Doat (copies de documents réunies entre 1663 et 1670 en 258 volumes par Jean de Doat), vol. 128, f. 45r-47r. Sur la qualité des copies de Doat, voir l’Introduction à mon ouvrage : Les archives brûlées de Moissac. Reconstitution du chartrier de la ville de Moissac brûlé le 1er novembre 1793 (Maastricht/Moissac 20052).
(4). Doat 131, f. 298r-299r.
(5). ADTG, G 569 1 (Andurandy 1656), p. 7. – Saint-Mamet est un hameau de la commune de Montesquieu (Tarn-et-Garonne, arr. Castelsarrasin, canton Moissac II), à 4 km au sud-est de Lagarde-en-Calvère. Il ne figure pas sur les cartes d’état-major. L’église ne figurait déjà plus sur la carte de Cassini : Auguste Longnon, Pouillé du diocèse de Cahors [.] (Paris 1877), p. 150.
– Cf. François Moulencq, Documents historiques sur le Tarn-et-Garonne. Diocèse, abbayes, chapitres, commanderies, églises, seigneuries, 4 tomes (Montauban 1879 – 1894; réédités sous le titre « Histoire du Tarn-et-Garonne », Paris 1991), t. 3, p. 123-124.
(6). Castels, ancien château et ancienne fortification romaine, à 3 km au nord de Valence-d’Agen, sur la commune de Gasques. Le lieu-dit Haut-Castel, dans la commune de Saint-Amans-de-Pellagal, à 1,250 km au nord-est de Lagarde-en-Calvère, ancienne maison de Moissac, ne se trouve pas dans le « fief » de la famille de Lalande.
(7). Lalande, lieu-dit sur la commune de Goudourville (Tarn-et-Garonne, arr. Castelsarrasin, canton Valence); Esmes, lieu-dit sur la commune de Montesquieu (Tarn-et-Garonne, arr. Castelsarrasin, canton Moissac-II); Cornac, lieu-dit sur la commune de Saint-Paul-d’Espis (Tarn-et-Garonne, arr. Castelsarrasin, canton Moissac-I); Lavolvène, lieu-dit sur la commune de Montesquieu, près du château de Montesquieu.
(8). ADTG, G 569 II, f. 12v.
(9). ADTG, G 569 II, f. 12v; f. 14v-15r.
(10). ADTG, G 570 (Andurandy 6823). – Moncessou, église Saint-Pierre-ès-Liens, au diocèse d’Agen, dans la vallée de la Séoune, sur la commune de Lauzerte. Cf. P. Gayne, Dictionnaire des paroisses du diocèse de Montauban (Montauban 1978), p. 134.
(11). Sainte-Thècle, village de la commune de Montesquieu (Tarn-et-Garonne, arr. Castelsarrasin, canton Moissac II) ; Nazac ou Najac, lieu-dit et église à 1 km au sud de Miramont-de-Quercy (Tarn-et-Garonne, arr. Castelsarrasin, canton Bourg-de-Visa), sur la Barguelonne ; Colonges, lieu-dit sur la commune de Saint-Clair (Tarn-et-Garonne, arr. Castelsarrasin, canton Valence), dans la vallée de la Barguelonne.
(12). Est-ce lui qui a donné son nom au lieu-dit Spanels, situé à 2,5 km au nord de Pommevic?
(13). ADTG, G 737 (Andurandy 6549). – Saint-Michel de Varennes ou des Arènes (Tarn-et-Garonne, arr. Castelsarrasin, canton Auvillar). Église aujourd’hui disparue ; le lieu-dit Les Arènes en garde le souvenir. Les pierres dont était construite l’église ont été réemployées dans les maisons du Quartier.
(14). ADTG, G 569 II, f. 11 r- 1 2r.
(15). Sainte-Thècle, village de la commune de Montesquieu. – Esmes, lieu-dit sur la commune de Montesquieu (Tarn-et-Garonne, arr. Castelsarrasin, canton Moissac-II).
(16). Cette famille, avec d’autre familles du Bas-Quercy, fera l’objet de la thèse que prépare actuellement Didier Panfili.
(17). ADTG, G 569 II, f. 5r.
(18). Doat 128, f. 264r-265v.
(19). Doat 128, f. 29r-v.
(20). Doat 128, f. 21r-22v.
(21). Doat 128, f. 13r-14v.
(22). Régis de la Haye, Arnaud Guillaume, constructeur du cloître de Moissac, in: BSATG 120 (1995), p. 27-35.
(23). Doat 128, f. 253r-254v.
(24). Doat 128, f. 285r-286r.
(25). Sainte-Colombe-en-Brulhois (Lot-et-Garonne, arr. Agen, canton Laplume), église Sainte-Colombe.
(26). Cet acte est habituellement daté de 1049, mais Müssigbrod, Die Abtei Moissac, p. 63-65, donne d’excellents arguments pour la dater en 1059. Dans les archives de Moissac, nous ne possédons de cet acte que la copie d’une brève notice: ADTG, G 569 II, f. lOr. Le texte complet de l’acte de donation est imprimé dans Auguste Bernard, Alexandre Bruel, Recueil des chartes de l’abbaye de Cluny, tome 4 (Paris 1888), t. 4, n. 2978, p. 174-176. – Moirax (Lot-et-Garonne, arr. Agen, canton Laplume) ; Layrac (Lot-et-Garonne, arr. Agen, canton Astaffort), sur le Gers, église Sainte-Marie; Amans, église aujourd’hui ruinée à 5 km au sud-ouest de Layrac.
(27). Il doit s’agir de Guy-Guillaume VI (VIII), comte de Poitou et duc d’Aquitaine de 1058 environ à 1086, plutôt que de son père Guillaume III (V) le Grand, comme le pense Robert-Henri Bautier, Les origines du prieuré de Layrac et l’expansion clunisienne, in: Bulletin de la Société Nationale des Antiquaires de France 1970, p. 48-49, puisque celui-ci est décédé en 1030 Detlev Schwennicke, Europdische Stammtafeln, Band II (Marburg 1984), Tafel 76.
(28). Il existe deux traditions de cet acte, l’une, clunisienne, dans le Cartulaire de Cluny (Bernard Bruel, t. 4, n. 3385), l’autre, moissagaise, dans la Chronique d’Aymeric de Peyrac: Régis de la Haye (éd.), Chronique des Abbés de Moissac (Maastricht-Moissac 1999), f. 159vb-160ra.
Les deux versions ont été éditées de façon synoptique par Bautier, Les origines, p. 60-64.
(29). Peut-être L’Emprunt, lieu-dit de la commune de Layrac.
(30). ADTG, G 569 1 (Andurandy 1656), p. 16. – Saint-Martin, lieu-dit sur la commune de Saint-Loup (Tarn-et-Garonne, arr. Castelsarrasin, canton Auvillar), sur la route d’Auvillar à Saint-Loup, non loin de la Garonne.
(31). Pour les vicomtes de Lomagne, voir: Detlev Schwennicke (éd.), Europäiische Stammtafeln, Band III, Teilband 3 (Marburg 1985), Tafel 570; pour les vicomtes de Brulhois, voir: Bautier, Les origines, p. 28-65.
(32). Il y a bien entendu identité entre Esquirs et Kirs, cité plus haut. S’agit-il de Cirsols?
(33). Bernard-Bruel, Recueil, t. 4, n. 3915, p. 262-267.
(34). Brimont, lieu-dit et église sur la commune de Laplume (Lot-et-Garonne, arr. Agen, ch.l.c.), à 5 km au sud-ouest de Moirax. L’endroit est situé sur une hauteur stratégique.
(35). Doat 128, f. 56r-60r. Cette église Sainte-Geneviève pourrait être celle d’Astaffort (Lot-et-Garonne, arr. Agen, ch.-l.c.)
(36). Doat 128, f. 126r-128v.
(37). Sur les différentes églises Saint-Michel, voir mon ouvrage : Apogée de Moissac. L’abbaye clunisienne Saint-Pierre de Moissac à l’époque de la construction de son cloître et de son grand portail (Maastricht — Moissac 1995), p. 214.
(38). Donzac (Tarn-et-Garonne, arr. Castelsarrasin, canton Auvillar).
(39). ADTG, G 569 II, f. llv-12r.
(43). Version originale de l’acte: Doat 128, f. 64r-66r. Il existe aussi une version interpolée: Régis de la Haye, Moines de Moissac et faussaires, in: BSATG 121 (1996), p. 7-28.
(44). ADTG, G 569 II, f. 9v-1 Or. – Botirans et Serre sont des alleus situés entre Sère et Gimone. Pour leur localisation, voir: Mireille Mousnier, Peuplement et paysages agraires: Saint-Nicolas-de-la-Grave et Saint-Aignan au début du XIIe siècle, in: BSATG 116 (1991), p. 121-132.
(45). Régis de la Haye, La plus ancienne mention de Notre-Dame d’Alem, in: BSATG 129 (2004), p. 7-13.
(46). ADTG, G 684. – Garnouillac, lieu-dit sur la commune de Castelsarrasin, entre Moissac et Castelsarrasin au bord de l’ancienne route de Toulouse.
(47). Doat 131, f. 278r-281r.
(48). ADTG, G 569 II, f. lr.
(49). ADTG, G 698, en deux exemplaires (Andurandy 5948 et n° 2).
(50). Doat 128, f. 264r-265v.
(51). ADTG, G 684.
(52). ADTG, G 684.
(53). ADTG, G 571 (Andurandy 5799).
(54). ADTG, G 684 (Andurandy 2831).
(55). Doat 129, f. llr-20v.
(56). Régis de la Haye, Arnaud Guillaume, constructeur du cloître de Moissac, in: BSATG 120 (1995), p. 27-35.
(57). Voir les textes dans: De la Haye, Archives brûlées, n° 1-2, p. 27-29; n° 5, p. 32-35. – Didier Panfili nous promet une généalogie encore plus étoffée de cette famille, sur la base entre autres du fonds de Grandselve.

Bulletin de la Société Archéologique et Historique de Tarn-et-Garonne, t. cxxx. Réseaux de familles au XIe siècle autour de Pommevic, par Régis de la Haye, 2005.